Souvenirs concernant Jules Lagneau Pléiade NRF -Alain – 1925

 

 Emile-Chartier-Alain

L’ombre du maître m’ordonne de comprendre par les causes, et, s’il reste un peu de passion, comme il est inévitable, de mépriser seulement. 713.

 

Cette méthode de penser n’attaquait qu’un objet réel et présent. J’appelle abstraites ces pensées qui n ‘offrent jamais passage ni solution. 715

 

Chez Spinoza, la présente existence est maintenue comme le seul objet possible devant le sage en méditation. 716

 

a propos de l’ordre humain, cet avertissement de n’entreprendre jamais de le changer, et surtout de ne point donner au peuple l’idée qu’on pourrait le changer…717

 

Toujours choisissant de penser  la politique sous l’idée des droits de l’autre, plutôt que sous l’idée de mon propre devoir.

 

On raconte qu’Hegel voyageant trouvait à dire devant les montagnes : « c’est ainsi ». Les montagnes nous servent à épeler ; mais enfin il faut lire et de proche en proche, devant la guerre, devant l’inégalité, dire enfin : « c’est ainsi ». En Spinoza on peut apprendre cette sagesse. 718

 

C’est où l’on existe et comme l’on existe, de sa place enfin, comme Goethe l’avait compris, que l’on contemple en éternité et que l’on connaît Dieu.

 

La circonstance singulière est appui pour l’homme au contraire, et instrument d’action. Qui cherche sa puissance, qu’il la cherche là. 719

 

Considérons l’ordre humain comme une partie de l’ordre extérieur, et nous ne serons plus tentés de confondre les lois imaginaires, ou arbitraires, qui ne sont qu’abstraites, avec les véritables lois, dont la géométrie nous donnes bien une idée, pourvu que nous scrutions l’idée et non la chose dans le triangle. De la il nous paraîtra aussi vain de vouloir changer les lois réelles de l’ordre politique que de souhaiter d’autres cieux et une autre terre.

 

Qui rassemblera son attention sur les choses antagonistes, et je dirai même sur les hommes comme choses, sera délivré de souhaiter, comme aussi d’hésiter et d’attendre. Mais qui peut se vanter d’avoir seulement saisi cette vérité amère et forte, quoi qu’encore préliminaire, que la morale est pour soi et non pour autrui.

 

Il n’y a point de connaissance subjective. 721

 

Autrement c’est chose ne m’intéressaient pas trop, et il me semble que j’en appris assez pour mon salut, comme dirait quelques Pascalien. 725

 

Qu’est ce que je pense réellement dans mes pensées les plus naturelles ?

Spinoza : la maison s’est envolée dans la poule de mon voisin.

 

De l’utilisation d’un exemple trivial…Je fais argent de tout, n’ayant que peu de matière….

 

On naît homme de troupe.

 

Les mots permettent tout et les maisons s’envole .

 

728 Et prit-il le parti de s’accommoder de la sottise régnante selon le mode de l’ironie ; cela mène fort loin.

 

Cette crainte qu’il montrait toujours qu’on ne prit le pouvoir de penser pour le droit d’oser tout dire.

 

Une pensée est toute la pensée. (Un bonheur est tout le bonheur, deux c’est  comme s’il n’existait plus. Histoire du soldat Stravinsky – même époque…)

 

734 Qu’est ce que le détour politique, sinon un essai de recevoir plus qu’on ne donne, et enfin d’assurer la paix sans que chacun y sacrifie autre chose que ce à quoi il ne tient pas ?

 

739 La morale en discours est trop facile.

Dieu ne peut être dit exister, puisqu’exister c’est être pris dans le texte de l’expérience.

 

La vue première n’est rien parce qu’il n’y a que la réflexion qui puisse faire tenir ensemble l’apparence et le vrai.

 

751 Des doctrines faibles dont la force est qu’elles traduisent très bien nos faibles pensées.

 

761 Ma vie sera ce qu’elle peut être.

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