Le Bonheur avec Spinoza – Bruno Giuliani – 2011

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Spinoza est à ma connaissance le seul à avoir apporté une réponse satisfaisante à la grande question socratique : comment bien vivre, non seulement individuellement, mais tous ensemble ?

Il résout l’énigme ontologique : pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Il élucide l’énigme cosmologique : comment expliquer l’ordre du monde ? Il éclaire le mystère éthique : quel est le sens de la vie ? Il offre les bases de la sagesse politique : comment créer une société juste ? Enfin il solutionne le paradoxe central de la condition humaine : que nous soyons à la fois toujours perfectibles et toujours parfaits.

Spinoza est le fondateur de la philosophie de l’immanence, ou philosophie de la joie (du Divin, de la vérité, de l’amour et pourquoi pas de l’Eveil) : la vérité du monde est accessible à l’humanité grâce à l’éveil de la conscience.

Philosophe du Pantheisme, il démontre que Dieu est tout. Tout ce qui existe est donc parfait, et même divin…

L’univers ne peut être rationnellement conçu que comme un système géométrique dans lequel tout est relié à tout dans une harmonie parfaite.

Quand nous pensons de manière adéquate, c’est dieu qui pense en nous, ce qui apporte ainsi une explication à la fameuse boutade d’Einstein : « ce qui est incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible. »

Eudémonisme : doctrine philosophique posant comme principe que le bonheur est le but de la vie humaine.

Spinoza reste insupportable pour beaucoup parce qu’il détruit avant Nietzsche toute possibilité d’une morale. L’unique source des valeurs est la joie présente.  Il faut sortir des oppositions stériles de la morale (bien/mal) et favoriser l’éveil de la conscience à la véritable nature de la réalité.

Comment transformer nos tristesses en gaieté, nos peurs en sérénité : par la joie de comprendre leur cause. Comprends le monde à partir de sa véritable source et tu deviendras de plus en plus sage, libre et heureux.

Lorsqu’on raisonne correctement on s’aperçoit que tout ce qui existe est l’expression de l’unique énergie-conscience cosmique impersonnelle qui constitue toute chose et dont toute réalité particulière émerge. Rien n’est absurde. Tout est parfaitement organisé. Tout a un sens. Tout est compréhensible par notre « divine »intelligence naturelle : l’intuition (perception immédiate et directe).  La substance infinie que Spinoza a choisi d’appeler Dieu (ou son équivalent la nature) est le fond invisible et sans forme de toute réalité. Ce que les sages de l’Inde nomment Brahman.

Spinoza fait voler en éclats le dualisme en affirmant l’existence d’une seule réalité qui est tout simplement l’expérience vivante de la conscience d’être que nous connaissons à chaque instant quand nous nous contentons de vivre le monde dans l’éternité du moment présent en pleine conscience (et non a la penser en catégories du langage)

J’ai compris le sens de la « joie active » qui est au cœur de toute l’Ethique et dont la porte d’entrée est l’enthousiasme serein autrement dit la foi.

La Vie est la force cosmique qui organise l’Univers – elle désigne la source et la substance de tout. Elle est aussi la sensation d’être vivant, l’expérience sensible que chaque conscience peut faire à chaque instant.

Spinoser (de Spinoza et de oser) serait oser entrer dans une véritable spiritualité – la mystique- sans renoncer à la philosophie – la raison.

 

Avec Spinoza, nous n’avons plus à choisir. Plus de choix entre idéalisme et matérialisme, entre dogmatisme et scepticisme, entre ontologique et phénoménologie…chacune de ces positions apparait avec Spinoza comme autant de visions partielles d’une seule et même réalité que l’Ethique permet de comprendre.

L’Ethique nous propose de rejoindre le réalisme : comprendre le réel par la science et faire de son mieux par l’éthique du dialogue pour favoriser le bonheur de tous.

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L’éthique dans tous ses états – Axel Khan – 2019

Axel Kahn par Claude Truong-Ngoc octobre 2015.jpg

 

L’éthique c’est l’interrogation sur la vie bonne et sur les valeurs qui la fondent. Interrogation signifie la réflexion mais aussi les actions dont le but est de suivre cette vie bonne, le chemin correct, mais aussi ce qu’il convient de faire. Plus précisément, ce qu’il convient de faire lorsque la réponse n’est pas uniquement déterminée par l’intérêt que l’on peut y trouver. (NDLR : ou la contrainte ?)

L’éthique concerne des questions que la déontologie, la jurisprudence, la loi n’ont résolues. Il constitue le moyen de se positionner  entre ce bien et ce mal laisser à notre libre arbitre. L’éthique est sollicitée afin de choisir la « meilleure option », souvent en fait la « moins mauvaise ».

L’éthique est la pensée et l’action sur la vie bonne et les valeurs qui la fondent, sachant que ces valeurs font forcement appel au bien et au mal, c’est-à-dire la morale.

Gilgamesh, l’enfant sauvage, Frankenstein diffusent une même leçon ; pour être humain, il faut être humanisé par l’autre que l’on humanise soi-même. N’est-ce pas la preuve que la pensée éthique repose sur un socle universel et éternel, la valeur de l’autre ? Est-ce que l’ancienneté des valeurs morales n’est pas contestable ?  Cela me semble invalider l’hypothèse d’une radicale relativité des bases morales de l’action bonne.

Toutes espèces vivantes se caractérisent par une potentialité génétiquement déterminée ; mais pour que surgisse la flamme de l’humanité, l’ensemble de ces potentialités doivent s’exprimer dans le cadre d’un échange entre sujets. Et la théorie de l’évolution veut que ce qui autorise cet échange mutuellement humanisant soit favorisé.

A partir du moment où grâce à vous j’ai eu accès a une certaine capacité mentale (et vice versa), c’est qu’il doit exister entre nous une certaine réciprocité.

Si de manière très ancienne (Gilgamesh), sans doute consubstantielle à l’apparition des premiers groupes humains, il existe un noyau de valeurs morales, c’est qu’il est à l’origine de l’humain lui-même !

Quelles que soient les époques, les civilisations, nuire à l’autre est mal, secourir l’autre est bien.  L’application et le champ de la valeur de l’autre peuvent varier. Mais ladite considération, en aucun cas. C’est à elle que l’homme doit avoir émergé. Toute l’histoire de l’humanité s’emploie vers la tentative d’universaliser la notion d’humanité et les valeurs qu’elle implique.

Léguer demain à l’humanité une terre compatible avec l’accomplissement d’une vie authentiquement humaine. Voilà une injonction éthique fondamentale.

L’exigence éthique commande de penser l’éthique dans le monde tel qu’il est.

L’argent est éthique lorsqu’il a une finalité éthique.

Qu’elle est la valeur éthique de la Fondation Google de lutte contre la pauvreté quand l’entreprise Google échappe à ses devoirs fiscaux ?

Cette pensée selon laquelle l’organisation économique de la société doit en pratique faire l’économie du concept de bien commun a si bien triomphé qu’elle met en danger le squelette même du libéralisme, c’est-à-dire sa soutenabilité par des populations confrontées à des inégalités inacceptable.

L’arrivé d’Hitler aux élections de 1933, le FIS en Algérie en 1992 (suivi par 10 ans d’une guerre civile et 200,000 morts). Au nom de la démocratie, fallait-il prendre ces risques? Je ne le crois pas, mais j’ai  conscience de la fragilité de ma position. Cette tension sur la démocratie et l’approche éthique qu’elle sollicite est une immense difficulté, elle ne connait pas de réponse manichéenne.

L’activité électrique des cellules et des connexions cérébrales mettent en exergue l’existence d’un signal qui se déclenche environ 350 millisecondes avant que la personne prenne conscience de  l’acte qu’elle va engager, et encore 150millisecondes avant l’action elle-même. Des casques capables de percevoir le premier signal « préconscient » sont expérimentés.

Dans cet intervalle se concentre l’expression possible d’une conscience morale, la manifestation de la responsabilité qui en découle. Court-circuiter ce temps signifierait déshumaniser le soldat.

On ne peut totalement négliger la grille de lecture utilitariste de la légitimité éthique, celle qui prend en compte la somme algébrique des bienfaits et des méfaits pour considérer ce qui au total l’emporte. (Ex. attentat contre Hitler, utilisation de violence pour atteindre des effets heureux)

De façon générale, réparer un corps blessé et augmenter un corps bien portant relèvent de deux finalités bien différentes : Corriger des inégalités de nature, comme dans le domaine du handicap, confère aux progrès de la science une dimension éthique ; créer de nouvelles inégalités, ce à quoi aboutirait le transhumanisme, possède une autre connotation.

La conscience de soi est parfaitement accessible à une machine. Les machines pourront développer une conscience d’elle-même et, sans doute, de nous.

Aux sources de la vie – Eric Karsenti – 2018

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Ilya Prigogine: la vie, non pas comme une conséquence du hasard, ni comme une création divine, mais comme une émergence de processus physico-chimiques : si vous chauffez un liquide par en dessous, il se produit des tourbillons dans lesquels des milliards de molécules se suivent l’une l’autre…le non-équilibre c’est la voie la plus extraordinaire que la nature ait inventée…pour rendre possible des phénomènes complexe.

La vie ne peut exister que dans un monde en déséquilibre énergétique, en « non-équilibre » comme l’écrivait Prigogine, fait de gradient d’énergie. J’estime que la vie est une forme particulière de la matière et de l’énergie, qui devait apparaitre nécessairement dans notre univers.

Kant met le doigt sur une caractéristique de tout être vivant que la biologie mettra progressivement au jour : l’auto-organisation, la capacité des organismes à s’organiser selon des causes internes.

Brown avait décrit un phénomène physique fondamental : l’agitation aléatoire et incessante de petites particules plongées dans un fluide, nommée par la suite le mouvement brownien….Ces molécules d’eau, agités par la chaleur, entrent en collision avec les molécules biologiques, les poussent en tous sens et les font interagir entre elles de façon aléatoire. Ce mouvement aléatoire est à la racine de l’organisation du vivant.

Seuls vingt acides aminés composent toutes les protéines du monde vivant actuel (en fait 22, mais les 2 additionnels sont un peu spéciaux). On connait aujourd’hui environ 500 acides aminés. Les protéines sont de grandes molécules constituées d’acides aminés.

L’homme possède environ 20 000 gènes et peut produire en théorie plus d’un million de protéines différentes. Il est composé de plus de 200 types de cellules ayant des formes et des fonctions extrêmement variées…pourtant toutes ont le même stock de gènes.

L’évolution des contraintes physiques et les interactions avec les cellules environnantes et d’autres processus qui se mettent en route pendant le développement embryonnaire conduisent à des changements dans l’expression relative des gènes. Dans une cellule donnée, a un moment donné, il existe un groupe de gènes qui sont transcrits en protéines. Par exemple, seuls 74% de tous les gènes sont exprimés dans le cerveau. L’information stockée dans le génome est utilisée comme une sorte de coffre aux trésors au sein duquel les cellules puisent pour changer leur forme et leu fonction. La pioche s’auto-construit à partir du génome, le système « génome-protéines-cellule-organisme » s’auto-organise. Les cellules de l’embryon, en changeant de forme suite à leur division, s’auto-reprogramment ! Il n’y a pas de programme pré-écrit dans le génome. Ce n’est pas UN gène qui définit une forme cellulaire, puis un organe, mais un ensemble, un réseau de gènes et leur interactions (cet ensemble interagit lui-même avec l’environnement).

Les phénomènes de rétroaction (feedback) négatifs ou positifs, sont une composante essentielle de l’auto-organisation. Toutefois ce mécanisme de régulation des gènes n’est pas permanent ; dès que le signal disparait, l’expression des gènes revient à son état initial. Pourtant, pour permettre la différenciation cellulaire, le gène doit être transmit modifie de façon permanente…mais par quelle mécanisme ?

Les cellules souches pluripotentes induites sont capables de proliférer sans limite et de former n’importe quel type de cellule. Les cellules adultes peuvent être reprogramme en réactivant certains gènes actifs dans les cellules souches embryonnaires. Seulement la reprogrammation ne marche bien que sur une petite partie des cellules adultes testées ou est incomplète (les modifications de la cellule adultes étant conservé). En cause, l’épigénétique. L’activité des gènes peut être modulée de façon durable par des modifications chimiques directes de l’ADN, en général induites par des signaux venant du milieu extérieur à la cellule. Ils sont héritables : dans une cellule exposée à un environnement donné à un moment donné, une combinaison de gènes actifs est « choisie ». Cette cellule et ses descendantes conserveront cette mémoire. Les cellules ont des molécules à leur surface qui servent de récepteurs capables de détecter des signaux de l’extérieur et de les relayer à l’intérieur de la cellule vers le noyau.

Le « grand architecte » de la vie commence à ressembler à un agitateur : le mouvement brownien qui en définitive est la température et donc de l’énergie. Cette énergie permet de faire émerger des formes complexes de plus grandes tailles que les molécules individuelles, jusqu’à former des cellules. Ces cellules en interagissant de façon plus ou moins aléatoire, génère des contraintes qui font émerger des structures plus grandes, des organes et des organismes. Il n y a pas de causalité qui conduirait à une finalité inscrite dans nos génomes.

La formation de la première cellule est le point le plus obscur de l’origine de la vie.  La cellule primitive extrayait son énergie de composés chimiques dont la dégradation produisait le pétrole de la vie : la molécule adénosine triphosphate – ATP. Tout a commencé par la mise ne place d’une machine à hydrogène reposant sur le sucre pour fabriquer l’ATP.  Le glucose est riche en carbone et hydrogène, sa dégradation produit des composés carbonés, des alcools et des ions hydrogène riche en énergie. Cette énergie est transformée en ATP.  Une chimie de petites molécules a pu conduire par complexification à l’émergence de métabolismes stables dans des cellules, les bases isolées des acides nucléiques se seraient liées en ARN et en ADN…Il a dû y avoir au départ formation d’une grande diversité de gènes qui ont circulés d’une proto-cellule a une autre, soit par fusion cellulaire, soit par des transferts directs d’ADN, soit par des particules virales. Les formes les plus stables ont proliféré.

La vie primitive a du se construire au cours d’une période de quelques dizaines de millions d’années, peut-être beaucoup moins.

Les cellules eucaryotes sont celles qui constituent tous les êtres pluricellulaires : membrane lipidique, ADN dans un noyau  séparé du cytoplasme par une enveloppe lipidique, leurs formes sont déterminées par des fibres, le cytosquelette. L’énergie interne est fourni par des organites, les mitochondries, (auxquels s’ajoutent des chloroplastes dans les cellules végétales). Les archées n’ont pas de noyau, mais elles ont de l’ADN, et synthétisent des protéines. Les bactéries sont dépourvues de noyau. La cellule est protégée par une membrane doublée d’une enveloppe rigide. Les bactéries produisent leur énergie directement à partir de sucres et de graisses.

Il n’y a probablement pas de LUCA (Last Universal Common Ancestor). Plutôt un continuum d’organismes, une masse encore indéterminée de vie.

Il y a 300 ou 400 millions d’années, les animaux ont peuplé les continents a partir de la vie marine. Il y a 500 millions d’années, les plantes terrestres ont proliféré. Il y a 3.8 milliard d’année, premier microfossiles. Il y a 3 milliard d’année, les cellules aquatiques ont « inventé » la photosynthèse, une nouvelle façon de fabriquer de l’énergie. Ce fut la clé de la complexification. Il y a 2.5 milliard d’année,  les premières bactéries photosynthétiques utilisant de l’eau (H2O) comme source d’hydrogène. Elles produisent de l’oxygène, dans les océans pendant un milliard d’année, l’excès étant absorbé par le fer abondant en mer (oxydatin). Puis l’oxygène a diffusé dans l’atmosphère jusqu’a atteindre 30% des gas atmosphérique vers – 800 millions d’années. Nous descendons ainsi d’espèces nées d’un saut évolutif il y a environ 1 milliard d’année lorsque la concentration d’oxygène dans les océans a commencer a augmenter considérablement.

Si la vie a commencé avec des vésicules lipidiques, la prédation a certainement commencé comme une fusion : les membranes lipidiques peuvent fusionner les unes avec les autres et partager leur contenu. Les eucaryotes sont nés d’une combinaison de différents types de cellules, par symbiose, certaines cellules en absorbant d’autres qui, au lieu d’être digérée, sont resté active dans le cytoplasme. Le séquençage de l’ADN des chloroplastes et des mitochondries  s’est révélé sans rapport avec celui  des noyaux de cellules qui les abritaient (l’ADN des mitochondries ressemble a celui présent dans un groupe de bactéries responsable de la peste – ces proto-bactéries datent de 2.5 milliard d’année.

L’énergie est essentielle : il n’y a pas de grands eucaryotes sans mitochondries. Chaque gramme de cellule produit cent mille fois plus d’énergie qu’un gramme de soleil. Cette concentration locale d’énergie permet la fabrication de structures  incroyablement complexe.

La plus petite bactérie fonctionne très bien avec 517 gènes (le nombre minimal de gènes semble être 473, en laboratoire). La diversité génétique du vivant dans les océans devrait plafonner pour les archées et les bactéries autour de 50 millions de gènes, 200 millions chez les eucaryotes. Les premières cellules fonctionnaient avec un génome de quelques dizaines ou centaines de gènes. La diversité génétique est née durant les 3 milliard d’années suivants.

Les éponges constituent de bons exemples d’animaux multicellulaires primitifs. Ils sont composés de cellules collées les unes aux autres.

Chonanoflagellés sont soupçonnés d’être a l’origine des organismes multicellulaires (un protiste en forme de spermatozoide, proche des cellules formant les éponges) : il semble bien que certaines bactéries servant de proies a des choanoflagellés aient été a l’origine, par le biais de molécules qu’elles sécrétaient (un lipide soufré), de l’assemblage stable de ces unicellulaires en forme de rosette. Ces rosettes ont en commun avec les animaux qu’elles ne se forment pas par agrégation de cellules individuelles, mais bien parce que les cellules restent attaché entre elles a chaque fois qu’elles se divisent.

La vie existe car, actuellement, l’énergie n’est pas distribuée de façon homogène dans l’univers : des gradients d’énergie se forment naturellement.

Il faut surtout retenir que des interactions spatio-temporelles dynamiques entre différents systèmes moléculaires conduisent à l’auto organisation des structures du corps des animaux. Ensuite des phénomènes cellulaires faisant intervenir des migrations et des interactions, les microtubules etc. conduisent à la formation des muscles et des vertèbres.

Le tube neural est à l’origine du système nerveux…et des yeux.

Beaucoup de molécules de protéines sont multifonctionnelles, leur fonction dépend du contexte.

Il est possible de fabriquer des fuseaux mitotiques avec des microtubules in vitro, sans chromosomes.  Les microtubules s’auto-organisent bien en fuseaux, mais ils n’ont pas de fonction, puisqu’il n’y a pas de chromosomes. Cela signifie que la fonction émerge de l’interaction entre deux systèmes auto-organisés (les chromosomes et les micro-tubules). La fonction est  « contingente » : elle est la conséquence d’une auto-organisation, non celle d’une nécessité prédéterminée.

La morphogenèse des organes peut être induite par des «  gènes maitres » qui activent des voies de différenciation spécifique…. A chaque étape du développement, des signaux provenant du nouvel environnement dans lequel se trouvent des cellules embryonnaires y activent l’expression des gènes-maîtres spécifiques (qui font conduisent alors a la formation d’un organe).

La formation de l’œil serait due à un évènement purement aléatoire qui a regroupé un photorécepteur et une cellule pigmentée dans un organe de vision.

La morphogenèse du cœur est très semblable chez tous les vertébrés. Il est le premier organe a devenir fonctionnel dans l’embryon (car essentiel à la distribution d’oxygène).

On sait depuis le XIXe siècle que la gangue des œufs de salamandres contient des algues vertes unicellulaires photosynthétiques. En 2011, on a découvert que ces algues se trouvent également à l’intérieur des cellules de l’embryon, formant une symbiose qui fournit de l’oxygène à l’embryon en utilisant l’énergie solaire….Des salamandres solaires!

L’agitation thermique à l’échelle microscopique est une source d’énergie créatrice d’ordre à une échelle supérieure. Les structures organisées qui ont des tailles de quelques micromètres commencent à résister partiellement à l’agitation thermique. Elles forment un squelette sur lequel se construisent des composants encore plus stables. Ainsi structurés, les composants cellulaires ont besoin de bouger pour « fonctionner ». D’où la nécessité d’une source d’énergie : l’ATP. Les mouvements à l’échelle microscopique ne sont plus aléatoires, ils deviennent en partie déterministes car les molécules du vivant (protéines et acides nucléiques) sont riches en information. Chaque molécules réagit de façon très précise avec d’autres : ces interactions résistent plus au choc, ainsi une direction émerge, une causalité.  A partir de là, les cellules peuvent se structurer et interagir pour former organes et organismes. Beaucoup de molécules ne forment pas de structures et restent en solution dans l’eau. Leurs rôles vont de la production d’énergie, a la communication ; ils fondent le métabolisme.

La complexité des génomes a été largement créée dans les océans avant l’apparition de la vie sur les continents. On est passé de quelques centaines de gènes à plusieurs centaines de millions en juste 3 milliard d’année. Comme les organismes y interagissent et échangent leurs génomes, l’océan est un créateur de complexité fabuleux.

Morales Provisoires – Raphaël Enthoven – 2018

 

Les hommes endurent aisément ce qu’ils peuvent comprendre. Mais ils restent cois devant le drame qu’il leur tombe dessus. Et, pour surmonter l’épreuve, se doivent d’interpréter la catastrophe comme un message qui leur serait destiné.

L’enjeu, en politique, n’est pas de dire la vérité, mais de sauver les apparences.

Quand c’est un désert qu’on déserte, est-on encore un déserteur ? (la défection de Manuel Valls du PS)

Marx et Engels : « ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, c’est la vie qui détermine la conscience » : les idées que nous croyons avoir tout seuls nous sont, en réalité, dictées par notre situation dans le monde et les rapports de forces auxquels nous sommes exposés.

Un socialiste libéral (ou un libéral de gauche) se résout à l’existence des inégalités mais il refuse l’accroissement des inégalités, car la justice sociale est, à ses yeux, une condition de la liberté. Rawls : « les inégalités sociales et économiques sont autorisés a condition qu’elles tournent à l’avantage du plus mal loti ».

Aucun passé n’est plus lointain que celui qui vous rappelle, impitoyable, que, vingt ans plus tard, « vingt ans » se dit vintage.

Catachrèse : emploi abusif d’un mot qui a survécu aux circonstances de sa naissance. Quand vous démarrez, vous n’enlevez pas vos amarres…

Les émeutes de Watts au milieu des années 1960 : J’appelle « société de provocation » toutes sociétés d’abondance qui se livre à l’exhibitionnisme constant de ses richesses…. Tout en laissant en marge une fraction importante de la population qu’elle provoque a l’assouvissement de ses besoins réels ou artificiellement créés, en même temps qu’elle lui refuse les moyens de satisfaire cet appétit.

Twitter : un vacarme de pépiement insipides, où les idées reçues côtoient les lieux communs, ou la virulence donne l’illusion de la liberté, ou le débat des idées est remplacé par leur juxtaposition conflictuelle.

Facebook revendique 2 milliards d’utilisateur (2017). Nietzsche à la fin du XIX : « Grace à la liberté des communications, des groupes d’hommes de la même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées (Fragments posthumes).

Le négationnisme:  c’est un tour de passe-passe qui consiste a présenter comme solide une thèse non réfutée (irréfutée seulement parce qu’elle est délirante) et qui, renversant la charge de la preuve, considère (à tort) qu’on a raison tant que personne ne nous a donné tort.

On choisit un médecin, un cordonnier pour leurs compétences. La politique ne doit pas échapper à cette exigence de compétence. Les affaires publiques supposent, elles aussi, un savoir spécifique.

L’idée fausse que puisque la politique est l’affaire de tous, alors elle peut être le métier de chacun. Bref, le dévoiement de la sublime égalité des droits en l’absurde équivalence des compétences.

Christine Lagarde, coupable par négligence de n’avoir pas étudié toutes les possibilités de recours contre Bernard Tapie, mais dispensée de peine par la cours de justice au nom de sa « personnalité » et de sa « réputation internationale ». Un tel verdict est le cauchemar de toute personne qui n’a pas renoncé à soutenir les institutions républicaines à l’ère du soupçon généralisé.

Pourquoi aucun des candidats à l’élection présidentielle n’échappe-t-il au rite du salon de l’agriculture? Le mythe de l’authenticité agricole contre la fourberie citadine remonte à Jean Jacques Rousseau, qui le premier transforme l’innocence primitive en arme politique («la nature ne ment jamais»).

La plus haute sagesse est de consentir à ce qu’on est. Et d’aimer mieux « les choses moyennes, comme dit Montaigne, que les éminentes».

La tolérance peut-elle, sans se nier, tolérer ce qui la contredit ? Si la tolérance tolère tout, elle doit tolérer l’intolérable. Quand la tolérance interdit ce qui la contredit, elle se contredit elle-même, mais quand la tolérance tolère ce qui la contredit, elle se tire une balle dans le pied. Que choisir ? Les deux. La tolérance impose de tolérer les deux visions de la tolérance. C’est un débat sans fin entre la défense d’un principe et le refus de toute défense.

On ne peut pas défendre la liberté tout en s’indignant que X (ou Y) en fasse l’usage qui nous déplait. La liberté n’est pas réductible à ce qui est souhaitable.

Le tour du monde d’un écologiste – Jean Marie Pelt – 1990

Les pluies d’acide ne tardèrent pas à être la réponse cinglante à une telle incurie, frappant 60% des forêts de Tchécoslovaquie ou d’Allemagne de l’Est. Fort accroissement des pluies acides entre 1956 et 1965 en Europe. En Virginie aux Etats Unis il tomba en 1979 une pluie dont l’acidité était à mi-chemin entre celle du jus de citron et celle de l’électrolyte d’un accumulateur de batterie.

Le projet « Europoles » visant à relier Bruxelles à Genève par TGV fut torpillé il y a 10 ans (1980) : pouvait-on imaginer un axe ferroviaire qui ne passerait pas par la capitale ?

Les conifères sont forts pour conjurer le froid : leurs feuilles, ramenées à l’état d’aiguilles, réduisent la surface de transpiration ; sur ces aiguilles, les stomates, ces pores microscopiques, se ferment pendant l’hiver, bloquant toute émission d’eau.

Transpirant peu en été, en raison de ses étroites aiguilles, et pas du tout en hiver, puisqu’il les perd, le mélèze cumule ainsi les avantages des conifères et des feuillus. D’où ses extraordinaires performances : résister à -70° en Yakoutie et remonter jusqu’à 72°5 de latitude nord, bien au-delà du cercle polaire.

Un anglais réussit a s’emparer de 2400 graines d’hévéa, point de départ des plantations en Malaisie. Des 1913, elles ruinèrent celle de Manaus provoquant un brutal effondrement des cours.

Si la nature en Europe panse ses plaies avec une surprenante efficacité (en quelques décennies), ce pouvoir de régénération spontanée n’existe pas en Amazonie. L’humus est rare et le sol peu profond ; comme il pleut beaucoup, ça pousse quand même et ça pousse bien. Mais cette forêt est fragile. Le précieux humus est emporté et les bactéries décomposent la matière organique du sol. Le rayonnement solaire très intense achève son travail: au bout de quelques années ces sols rouges deviendront durs et stériles comme la brique.

Un arbre qui pousse stocke sans conteste du gaz carbonique dans son bois. Mais la décomposition des arbres (morts) restitue à l’atmosphère ce même gaz. Tout laisse à penser que le bilan des exchanges gazeux de la forêt dense est, en gros, équilibré. Donc pas de  « poumon vert »!

La forêt dense équatoriale bat tous les records de productivité des écosystèmes terrestres : 22 tonnes de matière végétales produites chaque année en moyenne par photosynthèse à l’hectare (avec des pointes à 30 tonnes). A comparer avec 13 tonnes en forets tempérés à feuilles caduques ou 17 tonnes pour les forêts plantées de conifères.

Le minuscule état du Panama contient à lui tout seul autant d’espèces végétales que toute l’Europe. Bornéo, en Malaisie détient le record : 700 espèces d’arbres sur dix parcelles d’un hectare, soit autant d’espèces qu’en Amérique du Nord, et beaucoup plus que toute l’Europe (4 à 6 espèce d’arbres par hectare en moyenne).

Pacifique : et chacun de se distinguer avec force pour affirmer son identité, il en va ainsi de chaque ethnie, de chaque tribu, de chaque ile. Sitôt perçue comme différente, sitôt donnée un nom : chaque ile en Polynésie se distingue par son nom.  Sauf à Pâques où l’isolement total dispensa les Pascuans de nommer leur ile, puisqu’il n’en avait jamais vu d’autres

Il faut imaginer les problèmes de coexistence d’une population dense sur un territoire réduit. Les poissons, les rats sont d’autant plus agressifs entre eux que leur territoire est plus limité.

Bref, en ce qui concerne les climats, l’idée qu’on s’en fait évolue plus vite qu’ils n’évoluent eux-mêmes, et que l’effet de mode est au moins aussi fort que l’effet de serre ! Il y a dix ans – 1980 – il fallait dire refroidissement. Aujourd’hui il faut dire réchauffement.

En l’absence d’atmosphère, la température moyenne de la terre ne serait que de -18°, au lieu de 15° actuellement.

Or Lovelock note que depuis 10 ans la densité des algues dans l’océan Pacifique a fortement augmenté : serait-ce une régulation spontanée visant à fixer le gaz carbonique ? Et ces algues dégagent en outre de l’anhydride sulfureux, gaz nécessaire a la formation des nuages (qui diminue la tendance au réchauffement en renvoyant la lumière)

1972 ratifications de CITES (convention sur le commerce des especes sauvage menacées d’extinction). 100 pays en 1990. (183 en 2018)

Le jeu simultané d’une crise climatique de grande ampleur et d’une démographie galopante a déclenché la plus important catastrophe écologique de notre siècle, non seulement au sud du Sahara (Sahel), mais aussi dans toutes les zones arides du globe.

La Mésopotamie faisait vivre 25 millions d’habitants or l’Irak actuel est une des régions du monde où le rendement à l’hectare est le plus misérable. La  Mésopotamie est morte de la salinisation des sols après 2000 ans d’irrigation continue.

Avant 1955, la forêt était habitée et entretenue, les incendies étaient rarissimes. Aujourd’hui les incendies sont mille fois plus nombreux. Ces métiers disparus (scieurs, bucherons, charbonniers, récolteurs, cultivateurs sur clairières, bergers) du au dépeuplement des campagnes et les habitants des montagnes qui se chauffaient avec le bois mort ramassé en été. Les chèvres et les moutons maintenaient les sous-bois dans un état de propreté qui interdisaient aux feux de se transformer en incendies.

Seriously Curious – The Economist – 2018

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Why swedes overpay their taxes: a bizarre result of negative interest rates. As central bank kept rates below 0%, in an efforts to avoid deflation, and government promised to pay a positive interest (0.56%) for any funds that had been overpaid in tax, individual and companies are better off storing their savings in the form of overpaid tax.

Why Chinese born in years of the dragon are more successful: they are 11% more likely to go to university than others. The reason: their parents believe in them more: they spend more money and more time educating them, speak to the teacher and give less chore around the house. When these factors are controlled for, the academic edge of dragon children disappear.

Why food packaging is good for the environment: wrapping meat extent its lifespan, from 2-4 days to 5-8 days. Less meat is marked down or thrown out.  As meat is costly in terms of cash and resources, reducing waste is a plus for the environment, even if resources to produce the packaging are considered (as it represent 1/3 to max ½ of the saving from less waste).

The easiest way to get rich in America is by being born to rich parents. The second is to find a rich spouse. The third is to get into a top college.

How China reduced air pollution 2013-2018:  nationwide cap on coal use were imposed, banning of new coal burning capacity, installation of filters. Those measures were outright bans on polluting activities, rather than incentives to clean up production (though prices or taxes). There were output control on steel and aluminum smelters, they mothballed construction projects to reduce smog from dement production and diesel trucks. New environment protection agency was created, with tough enforcement powers. It worked well in China 1st because many polluters are state owned, so more easily controlled. 2nd with coal being so important, China can focus reducing its use only (unlike in places for pollution sources are more varied). 3rd, the economy moved from heavy industry to services (thus with lower emissions). 4th pollution was reduced overall, and shifted from north to south china (which saw emission increased as a result of polluting industries moving there).

Why forest are spreading in the rich world: 28 to 37% forest cover in Spain from 1990 to 2017; America, Australia going up. Ireland went from 1% in 1922 to 11% today. 2 reasons: the abandonment of farmland and government subsidies (notably to promote carbon sinks)

Nouveau tour du monde d’un écologiste – Jean Marie Pelt – 2005

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Ces cactacées à allure d’agaves vivent précisément parmi les agaves.  Par quel étrange phénomène les habitants de ces milieux ont-ils adopté exactement la même allure, le même port végétatif ?  Des convergences de ce genre ont été observées en différentes parties du globe. Difficile d’y voir une adaptation particulière aux contraintes spécifiques du milieu, car ces plantes occupent des habitats très divers. Nous avons aussi affaire ici à des espèces très différentes bien incapables de se croiser. Les transferts de gènes d’une espèce à une autre sont connus des biologistes qui qualifient ces gènes de transposons. Ceux-ci se serait accrochés à des virus qui auraient eux-mêmes été véhiculés par un quelconque vecteur – champignons, nématodes etc.

La biomasse totale de la matière organique vivante et morte s’élèvent à 392 tonnes à l’hectare  dans la forêt tempérée de Meathop Wood (140t d’arbres, 1.5t d’herbes, 3kg d’animaux, 454kg de champignon, 35kg de lombrics et animaux de sol, 5.2t de bois tombé et 240 de matière organique mortes du sol. La biomasse est supérieure dans les forêts tropicales (450t).  La productivité primaire est de 13t/an/hectare (production de biomasse du la photosynthèse), l’accroissement net (hors chute de feuilles et rameaux) est de 8t/an/hectare.  Dans les forêts tropicales, cet accroissement est de 26t/an/hectare. Dans les forêts, la biomasse au-dessus du sol et très supérieure à la biomasse qui s’y trouve enfouie (75-25%). Dans les prairies en revanche, 80% de la biomasse totale est sous le sol. Le réseau de racines y est si dense qu’il interdit l’installation d’autre végétaux, notamment arbustifs. La biomasse totale de la prairie normande est de 18.5t. La productivité primaire est  de 17t/an/hectare (la prairie se renouvelle donc chaque année)

Les Grandes Plaines connurent 32 tempêtes en 1934, 68 en 1936, 72 en 1937. Les températures dépassaient les 40° en été, soit une sécheresse mortelle pour les plantes sauvages ou cultivées. Les Etats Unis durent, grenier à céréales du monde, durent importer du blé tandis que la catastrophe déclenchait un véritable exode vers la Californie – exode que John Steinbeck mit en scène dans les raisins de la colère.

La végétation évolue par paliers, chacun étant provisoire, jusqu’à ce que soit enfin atteint un équilibre final entre le sol, le climat et la végétation – autrement dit le climax.

Platon écrivait déjà au siècle de Péricles (494-424BC) que « notre terre est demeurée par rapport à celle de jadis comme le squelette d’un corps décharné par la maladie ». 1835  Lamartine enchainait en déplorant que « cette terre de Grèce n’est plus que le linceul d’un peuple ; cela ressemble à un vieux sépulcre…dont les pierres sont dispersées et brunies par les siècles ». Plus trace, donc, de l’abondante végétation méditerranéenne qui couvrait peut-être encore la Grèce il y a trois millénaires.

La déforestation des forets du Liban était quasi consommée à l’arrivée des romains…Hadrien fit graver en l’an 125 de notre ère sur le rocher du Liban l’ordre de ne plus couper de cèdres, les quelques arbres restants devant être considérés comme appartenant au domaine impérial : ils devenaient par la même intouchables.

Les ouragans sont aujourd’hui plus fréquents et plus intenses. Depuis 1995 de 10 à 14 par an en moyenne dans cette région du monde (Caraïbes). Haïti = 278 people/km2  (394 in 2017) et son augmentation annuelle est de 2.3%  (1.2% in 2017). Il y a aujourd’hui seulement 1.5% (3.7% in 2016) des forêts tropicales qui la recouvraient jadis. 70% (42% in 2017) de la population vit sans eau potable, 85% (52% in 2016) sont analphabètes, espérance de vie de 49ans (61 in 2018) pour les hommes et 56 (65 in 2018) pour les femmes, mortalité infantile de 7% (??) ) (2.5% in 2017, le taux le plus élevé des Amériques)

 

Nauru : population de 12,570 (13,600 en 2017). Exploitation de phosphate. Une telle situation a connu précédent avec l’ilot de Banaba, complètement ravagé lui aussi par l’exploitation de ses phosphates, dont les habitants s’expatrièrent dans l’archipel des samoans.