L’Hypercapitalisme mondial -Alain Cotta- 2017.

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Deux révolutions: la révolution digitale et la mondialisation des activités économiques. La symbiose  des deux assure aujourd’hui l’envahissement planétaire du capitalisme.

Deux capitalismes : l’un occidental, d’Entreprise, instigateur de la conquête de la planète, l’autre plus oriental, d’Etat, ou la volonté de ne rien céder á la conquête de son prédécesseur historique prévaut désormais.

Le capital réel (tous les biens durables) s’élève a 200 trillions de dollars en 2014, la richesse financière a 300 trillions. L’économie mondiale est plus financière que réelle. Cette supériorité va en s’accroissant puisque le taux de croissance du produit réel est de 2.5% sur le long terme, celui du capital financier de 5%.

La stratégie des fonds de gestion il y a 25 ans obéissait aux objectifs de leurs déposants dont l’age moyen, 2 ans avant celui de leur retraite, expliquait qu’ils se contentaient du revenu assuré même modeste. Depuis, ces entreprises de gestion ont pris des participations importantes et croissantes dans des entreprises d’un même secteur. Elles ont ensemble le pouvoir d’orienter la stratégie de ces entreprises.

Le grand projet des instigateurs de la mondialisation est désormais aux oubliettes. Les états-nations ne se sont pas dissous dans la parousie ‘libérale’. Et la démocratie demeure un régime politique des plus minoritaires, qui donne même quelques signes de fatigue.

[Ces révolutions donne naissance] á une société mondiale dont la stabilité devrait être durable. La mondialisation s’accompagne de l’existence d’une classe moyenne de plus en plus homogène et de moins en moins combative, et de l’inévitable exclusion économique d’une fraction croissante de sa population.

Transformer en peu de temps un paysan en ouvrier non spécialisé est relativement aisé. En faire un employé digital implique d’avantage d’effort et surtout de temps, donc beaucoup plus d’exclus pour longtemps.

La naissance d’un gouvernement mondial est attendu par tous les pères de la révolution digitale. Et pourquoi pas un Etat universel tel qu’entrevu par Ernst Junger en 1961 (au début de la coexistence pacifique de l’après-guerre)

Etat assurance, Etat confort, Etat providence : trois fonctions dont aucun individu ne saurait se passer, légitimées par une mondialisation qui crée spontanément des inégalités.

Une crise systémique mondiale parait désormais fort improbable (meilleurs moyens pour maitriser a court terme les économies nationales ; début de  comptabilité mondiale permettant de porter un jugement sur la situation a tout moment)

La montée de la Chine, demain celle de l’Inde, rendra de plus en plus fragile et contesté l’imperium financier des Etats-Unis. Sans doute trois monnaies (dollar, euro, renminbi) dans leur zone de prééminence. Deux grandes nations, Inde et Russie, resteront a l’extérieur, sans mettre en cause la caractère permanent d’une instabilité limitée et ordonnée. Des adaptations permanentes mais sans que la mondialisation elle-même soit mise en cause, sinon par des ajustements locaux.

Des 2050, la population africaine devrait atteindre 2 milliard d’individus, 20% de la population mondiale, contre 5% en Europe. 6 fois plus de pauvres que de riches – si proches.

De tous les désordres, les désordres démographique seront les plus violents et les plus malaisés a traiter lorsqu’ils deviendront très pressants.

Opposition courante entre régime démocratique et régime autoritaire : la différence essentielle réside moins dans l’exercice du pouvoir que dans son origine.

Les décisions sociales importantes exclut un nombre croissant d’individus, ce dont manifestent les niveaux d’abstention aux différentes élections, qui ne peuvent qu’augmenter, les choix sociaux á effectuer devenant de plus en plus difficiles á exposer et á comprendre.

L’importance de la redistribution (pour permettre a un nombre croissant d’exclus de vivre) est condamnée a croitre et a devenir de moins en moins familiale mais étatique. Mais sur qui prélever ?

‘L’ordre social, devenu celui de tout l’espace, reposera sur la patience et la résignation des nouveaux pauvres’ (Mme de Staël).

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Le miracle Spinoza – Frederic Lenoir-2017

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Comment cet homme a-t-il pu, en moins de 2 décennies, édifier une construction intellectuelle aussi profonde que révolutionnaire ?

Il libère l’esprit humain des traditions et des conservatismes.

Spinoza place la raison au centre de tout.

L’homme n’est pas un ‘empire dans un empire’, il est une partie de la nature.

Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas détester, mais comprendre.

L’ignorance est la cause de tous les maux, comme l’affirmaient déjà le bouddha et Socrate.

La recherche du ‘bien véritable’ est l’essence même de la quête de la sagesse selon les anciens : un bonheur profond et durable que l’on peut obtenir en devenant indifférent aux événements extérieurs.

L’œuvre de Descartes a exercé une influence considérable sur Spinoza. Mathématicien et physicien, Descartes a cherché a émanciper la philosophie moderne de la théologie chrétienne.

Spinoza ne cesse de s’interroger sur les raisons qui font que le peuple préfère souvent être asservi a un pouvoir fort plutôt que de s’émanciper au sein d’une république tolérante et libérale.

La religion comme « les vestiges d’un asservissement antique de l’esprit », fondée sur la superstition qui nous aide a conjurer la crainte et à allumer l’espoir dans une vie incertaine.

Le discours prophétique ne doit jamais être pris à la lettre, mais toujours interprété, relativisé, précisément parce qu’il est relatif au mode de vie du prophète. C’est la raison pour laquelle les prophètes divergent entre eux sur de nombreux points.

Dieu a élu les Hébreux parmi les autres nations pour les exhorter à la connaissance de la loi et a cause de la « puérilité de leur esprit ». Comme il ne pouvaient accéder à la véritable béatitude par les lumières naturelles de la raison, il fallait, en les flattant, les inciter a suivre la loi divine qui se résume dans la pratique de la justice et de la charité.  L’élection du peuple hébreu comme un artifice pédagogique.

Dieu comme les lois universelles de la nature : une telle conception est aux antipodes de celle dominante chez les juifs et les chrétiens, qui imaginent un Dieu extérieur, doué de sensibilité et de volonté à la manière humaine.

Notre souverain bien et notre plus grande félicité consistent dans la perfection de notre esprit.

On peut considérer Spinoza comme le fondateur de l’exégèse moderne. Sa méthode propose trois critères : maîtrise des langues dans lesquelles les écritures ont été rédigées ; regrouper les thèmes abordés et révéler les contractions et ambiguïtés, recueillir le maximum d’informations historiques sur la période. Il conclut que la Torah n’a pas été écrite par Moise mais par un prêtre (Esdras) bien plus tard qui ramena des juifs de Babylone vers la Judée en 459 avant notre ère, dans un soucis de revivifier la religion juive.  Cette interprétation fait aujourd’hui l’unanimité chez les savants.

Ce qui frappe dans le discours du Christ, c’est que cet homme simple, qui n’a reçu aucune éducation poussée, ne prononce que des paroles véritables, profondes et universelles. Au fond, le Christ incarne le modèle du sage.  L’essentiel du message de Jésus allait ressurgir dix-huit siècle plus tard, de manière laïcisée et contre les Eglises, a travers la morale universelle des droits de l’homme.

Selon Spinoza, c’est le particularisme des juifs et leur refus de s’assimiler qui suscitent l’antijudaïsme. De la dire que les juifs sont responsables de leurs malheurs, il n’y a qu’un pas (que Spinoza ne franchit pas). En fait, Spinoza fait personnellement  peu de cas de l’identité juive. Il se sentait citoyens du monde par la raison.

Il propose un dépassement de toutes les religions par la sagesse philosophique, qui conduit a un « amour intellectuel » de Dieu. La religion est utile a ceux qui ne peuvent accéder a la compréhension des décrets éternels de Dieu par la raison.

Le traite théologico-politique : il s’agit de démontrer que la meilleure organisation publique est celle qui laisse a chacun la liberté de croire, de penser et de s’exprimer. La démocratie n’est pas nécessairement le système le plus vertueux d’un point de vue moral, mais c’est le plus efficace, le plus à même d’assurer la cohésion sociale.

« Ce qu’on ne peut interdire, il faut nécessairement le permettre, malgré le dommage qui en résulte souvent. »

Il a perçu les limites de nos démocraties : le manque de rationalité des individus qui suivent la loi plus par peur de la punition que par adhésion profonde.

Spinoza avait compris, trois siècles avant Gandhi, que la véritable révolution est intérieur et que c’est en se transformant soi-même (en délaissant les émotions au profit de la raison) qu’on changera le monde.

Deleuze : Spinoza fait de la philosophie a coup de marteau (il touche a la morale, aux sentiments établis)

A la suite de Descartes, Spinoza est convaincu que la structure du monde est mathématique, et que l’exposition d’un problème et de sa solution sera d’autant plus parfaite qu’elle  aura une forme géométrique.

Marcel Maus : le don et le contre don, les humains échangeaient des biens avec les Dieux, en échange d’une protection divine. On passe de croyances polythéistes – ou tous les dieux sont égaux, à l’hénothéisme (un Dieu est supérieur aux autres – Egypte, Grèce) au monothéisme.

« la volonté de Dieu, cet asile de l’ignorance » Pour lui, la religion est superstition destinée a rassurer l’humain fondamentalement mû par les affects de crainte et d’espoir.

Spinoza identifie Dieu à la nature « Deus sive Natura » entendu comme le cosmos entier dans toutes ses dimensions, visibles et invisibles, matérielles et spirituelles.

Chaque pensée ou idée est donc un mode singulier et concret de l’esprit infini, comme chaque corps et chaque chose est un mode singulier de la matière infinie.

La nature est réglée par des lois immuables (« les décrets de Dieu »). Ce déterminisme rend tout aussi absurde la notion de pêché que celle de miracle, et il n’est pas sans poser de questions essentielles sur la liberté humaine.

C’est une vision moniste du monde – Dieu et le monde ne font qu’un.

L’itinéraire de la sagesse ne sera donc pas une ascension vers le ciel ou l’au-delà indicible, mais un approfondissement de l’existence elle-même, dans notre monde unique, la Nature.

Einstein : je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle dans l’harmonie de tout ce qui existe, mais non en un Dieu qui se préoccuperait du destin et des actes humains.

L’esprit ne peut penser ou imaginer sans le corps, le corps ne peut se mouvoir ou agir sans l’esprit. Nous retrouvons [l’idée de] connaissance prophétique : elle est toujours relative á l’imagination, á la sensibilité, á l expérience corporelle du prophète.

La philosophie pessimiste de Schopenhauer est certainement liée a sa santé fragile, comme la pensé optimiste de Montaigne á sa puissance corporelle et sa joie de vivre.

Il existe une forme de dualité en nous, pas entre le corps et l’esprit, ni entre la raison et les passions, mais entre la joie et la tristesse, deux sentiments fondamentaux affectés par de nombreux autres corps et idées qui proviennent du monde extérieur, et qui augmentent ou diminuent notre puissance.

C’est le désir qui nous fait apprécier qu’une chose est bonne, et non l’inverse : voila de quoi relativiser toute la morale traditionnelle (qui affirme avec Platon qu’on désir une chose parce qu’elle est bonne). Une chose n’est jamais bonne dans l’absolue (certains n’aiment pas le chocolat ou la musique de Bach). C’est parce qu’on désir la chose qu’on la dit bonne.

C’est la grande difficulté de Spinoza, que tout est déterminé et que le libre arbitre n’existe pas. Le liberté individuelle n’est pas le libre arbitre qui est une illusion (seulement parce que nous ne connaissons pas les causes de leur désirs). Pourtant la liberté existe lorsque nos actes sont déterminés non plus par des causes extérieures mais en fonction de notre propre nature, par notre raison. Cependant notre conduite ne sera pas due au hasard, mais a la détermination de notre propre nature. Pour Spinoza, la liberté c’est l’intelligence de la nécessité (les lois de la nature) et libération par rapport aux passions.

Alors qu’il a réussit á dépasser les préjugés de sa culture et de son temps en maintes domaines, Spinoza n’a pas su pousser plus loin sa réflexion sur la question de la femme ( ‘la condition de la femme dérive de leur faiblesse naturelle’). Il est ancré dans la misogynie congénitale des sociétés patriarcales…

La société hyper-industrielle – Pierre Veltz – 2017

Paris-Saclay

La production de biens et services industrialisés est en croissance continue, et représente un part a peu près stable de la valeur ajoutée globale. Il faut relativiser le déclin manufacturier.

La société hyper-industrielle : l’industrie manufacturière, les services, les entreprises du numérique font désormais parti du même ensemble.

En 2010, 330 millions de personnes étaient employés dans l’industrie manufacturière. Le ratio de 5% de la population mondiale employé dans le secteur manufacturier semble être resté relativement stable. Depuis 1990 la croissance de l’emploi s’est concentrée dans un petit nombre de pays, et d’abord la chine.

Les vieux pays continuent à présenter une part essentielle de la production des biens industriels à fort contenu technologique.  Chine, Mexique, Corée, Taiwan, Turquie et quelques pays de l’Est européen (base arrière de l’industrie allemande) sont les bénéficiaires de la mondialisation.

La stratégie chinoise se recentre aujourd’hui sur le marché intérieur et surtout sur une rapide montée en gamme technologique.

Globalement on constate que les services ont plus contribués à la croissance des pays pauvres que l’industrie.

L’industrie a permis de structurer les catégories dominées de la population autour d’intérêts partagés par de grandes masses de travailleurs : intérêts plus difficiles à faire émerger dans un monde de services, plus éclatés, informel ou artisanaux. La désindustrialisation prématurée des pays du sud (hors Asie de l’Est) n’est donc guère favorable à une consolidation démocratique.

Peter Menzel a photographié des familles de 30 nations étalant toutes leurs possessions matérielles.

Les US ont consommé 4.56 gigatonnes de ciment durant tout le XXème siècle. La Chine en a englouti autant en 3 ans (2008-2010).

Effet Jevons : la consommation (par exemple de canettes) a augmenté beaucoup plus vite que la dématérialisation (une canette pesait 85g en 1960, 9.5g aujourd’hui et avec 50% d’alu recyclé). Optimiser pour dématérialiser de manière relative n’est donc pas suffisant.

Nous sommes entrés dans une société où l’industrie est devenue très minoritaire en termes d’emplois. La chute (de 5M a 3M entre 1980 et aujourd’hui) va continuer du fait de l’automatisation.

Les français ont eu vision négative de l’industrie : 36% seulement la juge attractive ; contre 67% des américains et 82% des Chinois.

Gains de productivité après 2000 : la production industrielle française a été multiplié par 2 ; le total des heures de travail divisé par 2 : le produit par heure a donc été multiplié par 4. C’est une industrie largement robotisée.

La society hyper industrielle

L’étape nouvelle consiste a ne plus vendre le bien, mais a sa mise a disposition, son usage et sa fonctionnalité (Michelin vend des pneus au kilomètre parcouru, Rolls Royce vend de l’heure de vol de réacteur). Dans cette économie de la fonctionnalité a normalement intérêt a faire durer la vie du produit (sauf si le client est captif – Apple, Microsoft).

La vague technologique semble se traduire par une élévation considérable des inégalités, surtout au Etats-Unis et en Chine, et une concentration des richesses au profit d’une couche sociale de plus en plus mince, et non par une élévation de la demande globale.

Design, marketing et contrôle de la logistique sont les piliers stratégiques, et la production est complètement sous-traite (Nike, Apple, Zara, H&M…).  Cette monte de l’amont et de l’aval se traduit aussi en volume d’emplois car les taches y sont moins automatisées que celles de la production.

Le changement majeur ne sera pas celui du véhicule (voiture dans les villes) mais celui du système de mobilité. Ce sont les villes qu’il faut repenser: réinvention des villes, création de systèmes énergétiques a la fois plus étendus, plus diversifies et plus décentralises, l’ingénierie des territoires et des ressources naturelles a grande échelle, la conversion écologique de l’agriculture. On peut aussi parier sur la montée spectaculaire des biens et services centres sur l’individu, le corps,  la sante, le sport, l’alimentation, le Plaisir, le divertissement, l’éducation. Comment éviter que l’économie centre sur l’individu débouche principalement sur l’abêtissement médiatique et le narcissisme de masse.

Cette concurrence par la recherche du moins-disant en termes de salaire ou de conditions de travail et contraintes environnementales existe. Mais elle ne concerne qu’une partie limitée de l’économie internationale. La chine cherche aujourd’hui a sortir de ce positionnement de fin de chaine.

L’organisation consiste a faire des choses extraordinaires avec des homes ordinaires (Peter Drucker)

Le nouveau modèle d’entreprise est un centre de coordination mettant en œuvre des ressources  de manière totalement flexible, le travail étant défini comme une ressource liquide de contributeurs indépendants mobilisable a volonté. Certains parlent de ‘human cloud’.  Le travail devient une prestation de services dans une logique de gestions par objectifs et non plus par les moyens.

Le synchronisme des techniques a l’échelle de la planète a une conséquence radicale: il réduit a néant l’une des plus vieilles forces structurantes de l’économie, a savoir la protection des innovations et activités par la géographie, la distance physique.

De 2002 a 2013, la part de R&D en Asie (chine, Corée, japon) a augmenté de 27% a 37% du total mondiale. US+Canada a 29%, l’Europe a 24%. En Asie 80% sont des dépenses de développement. La recherché continue d’être finance par les US et l’Europe. Il y a un rééquilibrage vers l’Asie mais encore très limite. Les revenues de licences technologiques sont de 130 milliard pour les US (2013); 55 milliard pour l’Europe, moins de 1.5 milliard pour la Chine et l’inde réunies. Le rattrapage des pays émergents est limites a un tout petit nombre de pays. Il y a en outre une forte polarisation aux échelles infranationales. En France, 40% de la recherché est concentrée en région parisienne. L’internet n’a pas entamé cette polarisation: dans les sciences et la technologie les relations face a face restent essentielles.

Le ‘Made in Monde’ devient la règle. L’IPhone réunit des composants de 10 pays et de plusieurs centaines de fournisseurs.

Pour la plupart des produits, le cout de transport maritime est devenu quasiment négligeable. Les trajets maritimes créent des délais mais pas de couts. Sans cette économie du transport maritime, la montée de la Chine eut été impensable.

L’iPhone: Samsung fournit près de 30% de la valeur (des composants) l ‘IPhone 4  (pour lphone 7 TSMC a remplacé Samsung).  L’assemblage est fait en Chine. Les salaires sont verses au deux tiers aux USA. Les salaires chinois ne représentent que 2-3% du cout total. Les marges sont considérable et vont a Apple au US essentiellement. L’Iphone 6 vendu 600 dollars, le cout des composants est estime à 200-240 dollars.

Aucune usine américaine n’est capable de concurrence la capacité quasi instantanée de monter et de descendre en volume de production des unités chinoises (ceci même si les couts salariaux en Chine venaient a augmenter)

Apres 20 ans de forte croissance, le commerce mondial croit désormais moins vite que le PIB, et s’est stabilise autour de 30% de ce dernier. Les investissements directs à l’étranger ont atteint leur maximum historique en 2006. Les politiques focalisées sur la défense des intérêts nationaux font leur retour. On a pu parler de de-mondialisation. Mais est-ce une pause ou un retournement? La part de la valeur ajoute étrangère dans les exportations est partout en hausse…les relocalisations dont la presse parle souvent sont très rares.

Le poids économiques des grandes villes ne cesse d’augmenter: NY ou Tokyo (de poids similaire) équivalaient grosso modo au Brésil ou a l’Espagne, 5 fois le Portugal, 3 fois la Suède.

Vers une guerre de religion – Roger Garaudy – 1995

 

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1995 : les 20% les plus riches de la plante disposent de 83% du revenu mondial, les 20% les plus pauvres de 1.4%. L’écart entre pays pauvres et pays riches est passé de 1 à 30 à 1 à 150. 40,000 êtres humains meurent chaque jour de faim ou de malnutrition.

Depuis 1970 la productivité a augmenté de 89% (grâce à la science et aux techniques, informatique, robotiques, ordinateurs)

A l’échelle des millénaires, les prétentions occidentales à être le peuple élu, chargé de civiliser le monde [sont dépassées] : l’Occident est un accident.

Même si les formules [du texte] prêtent, par leur inintelligibilité, à toutes les confusions et engendrèrent maintes « hérésies ».

Ce serait une erreur de voir dans l’islamisme qu’une forme récente née seulement de l’échec des projets nationalistes ou socialistes dans le monde musulman. Tout comme il est faux de le réduire à des influences extérieures (Iran, financement saoudien…)

L’islamisme est une maladie qui consiste à vouloir appliquer un code pénal du VIIe siècle. Le Coran nous enseigne à distinguer la « voie » divine éternelle (shari’a) qui occupe 5800 versets sur 6000 et des versets consacrés à des prescriptions législatives historiques, qui étaient l’expression des conditions de l’époque. Le Coran s’adresse au arabes du VIIe siècle, une communauté patriarcale su Moyen-Orient, celle de la lignée des Hébreux, consacrant l’infériorité fondamentale de la femme : celle du christianisme de saint Paul, profondément misogyne, celle de la péninsule arabique, avec sa tradition tribale de la domination du mâle.

La sourate « les femmes » : « Votre seigneur vous a créé d’un seul être »,  un seul être divisé en deux, égaux en dignité, et divers seulement par leurs fonctions.

Théologie de la libération (Amerique du Sud) : repressions des généraux, la haine de la CIA, attaque du Vatican.

Ce n’est pas Marx qui a le premier dénoncé le capital (Babeuf en 1791 flétrissait la loi Le chaperon contre les syndicats. Ce n’est pas Marx qui a inventé la lutte des classes. En 1833, Leroux decrivait déjà la lutte des prolétaires contre la bourgeoisie. Ce n’est pas Marx qui a démystifié le premier les mensonges de la liberté. Le Père Lacordaire en 1838 annonce que c’est la liberté qui opprime et la loi libère.

Comme le disait Trotski, le parti parle au nom de la classe, puis l’appareil au nom du parti, les dirigeants au nom de l’appareil, et finalement un seul parlera et pensera au nom de tous.

Marx voit en la religion comme une expression de détresse humaine et aussi une protestation contre cette détresse.

Comme si l’economie était seulement une science des choses et non pas une organisation volontaire des hommes.

La guerre [du golf] terminée, l’on apprit que pour 10 millions de dollars, grâce à l’image télévisée, Hill et Knowlton avaient manipulé 250 millions d’américains : la « réfugiée » était la fille de l’ambassadeur du Koweït aux Nations Unies, l’histoire des bébés arrachés de leur couveuse une invention dont George Bush accrédita la véracité en y faisant référence à maintes reprises.

Il n’existe aucune trace de l’Exode et de son passage de la mer, même pas dans les archives égyptiennes où l’on notait pourtant la transhumance des troupeaux. L’on y aurait omis le déferlement de centaine de milliers de migrants, la levée d’un armé égyptien, la mort d’un pharaon et l’engloutissement de ses chars !

C’est ainsi que tant de révolutionnaire veulent tout changer, sauf eux-mêmes.  Changer le monde, mais pas leur propre vie.

On ne lit pas une peinture, une sculpture comme on lit un traité de mathématique, avec sa seule intelligence. Comprendre une œuvre d’art requière la participation de la totalité de l’homme et d’abord de son corps.

L’art est le plus court chemin d’un homme à un autre.

Le monothéisme du marché et les polythéismes qu’il engendre : ceux de l’argent, de la nation, de la mondialisation du non-sens).

Dostoïevski : sans dieu tout est permis.

The Undoing Project, Michael Lewis, 2017

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The ‘35’: a group of Israeli soldiers who intended to march under cover of darkness, but the sun rose to find them still marching. They met an Arab shepherd and decided to let him go. The shepherd inform the Arab fighters, who ambushed and killed all 35 young men. They were killed because they could not bring themselves to shoot a shepherd.

Behaviorism: all animal behavior is driven not by thoughts and feelings but external rewards and punishment.

I have always felt ideas were a dime a dozen. If you had one that did not work out, you should not fight too hard to save it, just go find another.

If an officer thought a soldier physically impressive, he also found him impressive in other way.  Obviously a halo of general merit is extended to influence the rating of special abilities. This is called the halo effect.

The nice things about things that are urgent is that if you wait long enough they aren’t urgent anymore.

Eckhard Hess described the results of experiments he’d done measuring the dilatation of pupil in response to all sort to stimuli. You showed a man a picture of a scantily dressed woman and his pupils expanded. The same thing happen when you showed a woman a picture of a good looking man. Show people a picture of a shark, their pupils shrank. Give people something tasty, their pupils dilate.

The cocktail party effect was the ability of people to filter a lot noise for the sounds they wished to hear – as they did when they listen to someone at a cocktail party.

Education is knowing what to do when you don’t know.

The understanding of decisions had to account not just for financial consequences, but for emotional too. It’s not regrets that determines the prior choice of a course of action, it is the anticipation of regret that affect decision, along with the anticipation of other consequences. People did not seek to avoid other emotions with the same energy they sought to avoid regrets.

If you could calculate what people needed to be paid to accept a 1% chance of being killed on the job, you could in theory calculate what they needed to be paid to accept a 100% chance of being killed on the job. The number Thaler came up with was 1.4M, in 2016 dollars.  Later he’d think of his method a little silly.

It was a took to make sense of a world of infinite possibilities by reducing them. The imagination obeyed rules: the rules of undoing. One rule was that the more items there were to undo in order to create some alternative reality, the less likely the mind was to undo them. Another rule was that an event becomes gradually less changeable as it recedes into the past. With the passage of time, the consequences of any event accumulated, and left more to undo. This was perhaps one way time heals wounds, by making them feel less avoidable.  Another general rule was that a person is less likely to undo his own actions than to undo the situation in which he found himself. A most important rule was that in undoing an event, the mind tended to remove whatever felt surprising or unexpected. The rule of undoing : We shall explore the role of unrealized possibilities in our emotional  response to reality and in our understanding of it.

The theory of alternative states:  the context of alternatives or the possibility set determines our expectations, our interpretations, our recollection and our attribution of reality, as well as the affective states which it induces.  Reality is a cloud of possibility, not a point.

Evolutionary psychology had in it that the human mind, having adapted to its environment, must be very well suited to it. Amos found that notion absurd. The mind was more like a coping mechanism than it was a perfectly designed tool. The brain appears to be programmed to provide as much certainty as it can. It is apparently designed to make the best possible case for a given interpretation rather than to represent all the uncertainty about a given situation. Like a Swiss army knife, the mind is a good enough tool for most jobs but not exactly suited to anything – and certainly not fully evolved.

Thaler, the father of behavioral economics or prospect theory, based on the work of Amos and Danny on decision making applied to economics.

Qui va prendre le pouvoir? Pascal Picq (2017)

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Il n’y a pas de malédictions du milieu pour expliquer les structures sociales.

Le supplice de Tantale : on l’enchaina dans une rivière bordée d’arbres fruitiers. Dès que Tantale voulait boire, l’eau baissait. Dès qu’il désirait manger un fruit, les branches se relevaient.

Les macaques d’Indes forment des communautés écologiques interdépendantes, s’associant avec d’autres singes mais aussi aux daims. Les singes étant les yeux de la foret et les daims les oreilles de la forets, ce genre de collaboration ne rend pas la tâche facile aux tigres et autres prédateurs.

Parmi tous les grands singes, l’orang outang est celui le plus proche de l’extinction. Ses dernières populations sont sur les iles de Sumatra et Bornéo et sont de plus en plus isoles, sans possibilité de transferts génétiques entre elles : c’est le déclin inéluctable.

Les orangs outang vivent dans des systèmes sociaux archaïques pour des mammifères et surtout pour des singes. Un males résident défend un territoire qui couvre plusieurs femelles. Le male alpha se transforme, grande taille, toison à long cheveux et bourrelets faciaux entourant la face.

Macaque, le plus répandu dans la nature avec une vingtaine d’espèce. Son génome se montre identique à 93% à ceux de l’homme et du chimpanzé, sachant que le génome de ces derniers se montre identique à 99%. Il se montre d’une grande souplesse écologique, pouvant vivre dans des environnements arides, forêts denses ou dans les villes. De telles espèces sont dites eurytopique : capables de s’adapter aux circonstances environnementales du moment.

Il existe une hiérarchie très stricte entre les clans matrilinéaires : les jeunes qui naissent dans un groupe dominant sont dominants de fait sur tous ceux des clans dominés. Nous somme en Indes et cela s’appelle un système de castes. Les femelles restent toute leur vie dans leur groupe natale. Les males sont exogames – ils partent pour fonder leur propre groupe. De ce fait ils n’ont pas automatiquement de position dominante et doivent avoir une capacité à fonder des alliances.

Les babouins: nom donne par Buffon venant d’une riche famille du XVIIIème qui prêta de l’argent a Buffon et qui lui envoyèrent les huissiers lorsqu’il ne put rembourser, ce qui le fâcha…Et il en donna aussi une description péjorative.

Picrocholine : définition – opposant Picrochole à Grandgousier et à Gargantua dans Gargantua, roman de Rabelais ; conflit entre des institutions, des individus, aux péripéties souvent burlesques et dont le motif apparaît obscur ou insignifiant.

Les chercheurs de Yale ont voulu transformer les capucins en capitalistes en leur donnant des jetons en monnaie d’échange. Les singes ont appris très vite et donne rapidement un prix aux transactions, échangeant leurs jetons contre tel ou tel type de fruits.

Les capucins n’adoptent pas le même état d’esprit suivant que l’opération se présente comme un gain ou une perte. Ils assurent les gains mais prennent plus de risque sur les pertes. L’aversion de la perte est un des biais que l’on observe dans les populations d’hommes et de capucins (un tien vaut mieux que deux tu l’auras).

Le dieu singe Hanuman, dans l’épopée de Ramayana, apporte son aide au prince Rama, une des incarnations de Vishnou. Car le roi des démons a enlevé la femme de Rama. Les singes construisent un grand pont de pierres et d’arbres au-dessus de l’océan, pour atteindre le Lanka, ou se déroule une bataille gagnée par Rama et ses alliés.

Curieuse corrélations entre géographie et mœurs sociales des singes et des hommes. Les sociétés de singes polyandres (une femme, plusieurs hommes) se trouvent chez les petits singes d’Amazonie (mythe des amazones). Les harems polygynes (un homme, plusieurs femelles) les plus strictes se rencontrent en Ethiopie et en Arabie Saoudites avec les hamadryas et il existe un système de castes en Inde chez les entelles.

C’est au Zoo d’Arnhem que De Waal observe pour la première fois les conséquences d’un meurtre commis pas deux males coalisés à l’encontre d’un troisième et motivé par des seules raisons politiques. Depuis cela a été observé pas des chercheurs sur le terrain en Afrique.

Mike est un jeune male qui a peu de chance d’occuper un rang de leader à cause de sa très faible constitution physique. Très observateur, il s’aperçut que ses congénères s’effrayaient lorsque les chercheurs manipulaient des bidons d’essences métalliques (faisant beaucoup de bruit). Alors il s’empara de deux bidons, se présenta devant les dominants et les chargea en faisant rouler devant lui les deux bidons, ce qui fit fuir les grands males. Mike acquit ainsi le rang de dominant et se maintint pendant plusieurs années.

Chez les chimpanzés, comme chez les hommes, on trouve une acception sociale de la violence qui, si elle s’exacerbe, peut finir par se retourner contre les tyrans.  Les chimpanzés ont une propension (comme les hommes) à faire la guerre. Les males apparentés d’une communauté peuvent former des coalitions dans le seul but de s’en prendre aux males de la communauté voisine, voire de les exterminer méthodiquement, sans oublier d’accaparer les femelles.

Quand on demande à un chimpanzé élevé avec des hommes s’il se sent plus humain que simien, il revendique le statut d’humain. Quand on lui fait trier des photographies d’hommes et de femmes connus et d’autres de chimpanzés tout aussi connus, il range son portrait du côté des humains.

 

Bad Banks – Alex Brummer – 2014

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In January 2013, for example, Bank of America Merril Lynch agreed to pay the government $11.6 billion in penalties relating to the mortgage transactions it had conducted with intermediary Fannie Mae. Withholding punishment until such a time as the banks were strong enough to take the pain was a shrewd move. Retribution may have come too slowly for some critics, but it did come eventually, and at a time when the offenders could afford to pay.

Draghi : “the ECB will do whatever it takes to preserve the euro. And believe me, it will be enough.” He was a major European figure making a clear and unequivocal guarantee.

The lack of substance to Drgahi’s plan symbolized a fundamental problem at the heart of euroland: so complicated are its central institutions and so diverse the political and economic outlooks of its various members that it is difficult to bang heads together and agree on decisive action.

Greece: Early 2010 an EU report highlighted severe irregularities in its public accounts. Aided by its adviser, the US investment bank Goldman Sacks, some critics argued it had used derivatives to shift debt obligations off its balance sheet and disguise the terrible underlying state of its finance. “Greece with the assistance of Goldman Sachs cooked the books totally.”

Ireland: the medicine doled out was strong and hard to swallow. Public sector employees had to accept real wage cuts of up to 40%. Pensions and workplace benefits were cut….It even look set to become the first country to leave the programme imposed by the troika. The Irish economy was projected to grow by 2% in 2014. But public debt that amounted to 25% of GDP in 2007 soared to a peak of 123% in 2013.

Out of control banks were not at the root of every struggling economy. Portugal had simply become uncompetitive (as opposed to Ireland and Greece, where crisis resulted from poor banking business).

Cyprus : a 20% levy was imposed on those depositors with over €100.000 in their accounts. Nicosia was obliged to sell off a range of assets, including €400 million of its gold reserve. Large deposits were paying the heavy price. It was a message that reverberated across the Eurozone. Russians seeking to leave the country with their aluminium suitcases found themselves out of luck. A combination of temporary bank closures and new capital controls made it far more difficult to extract funds.

By the spring of 2013, the EU had created the European Stability Mechanism, the ECB had cut interest rates and launch a huge three-year €1 trillion loan programme to stabilize over 1,300 debt-ridden banks in the region and the long term refinancing operations bought time for banks and trouble nations to begin restructuring the debt built up. But little was done to resolve the underlying problems of a banking system too weak to support any kind of economic recovery.

If one country can be said to embody both the wishful thinking and the huge problems still lurking in Europe it is Italy. The most emotive struggle for Italy has been the battle to save Banca Monte dei Paschi di Siena. Founded in 1472, the bank is regarded as the world’s oldest. Despite its distinguished history the bank has been brought low by cultural corruption that affected the bankers across the piece.

More than 3 years after the collapse of Lehman Brothers there was no indications that bonus structures which incentivize employees to take irresponsible decisions had been curbed. Under the ‘volker rule’ the type of risky activity these individuals became involved with would be banned by a bank insured by the US government.

Libor: the most important number in finance, it underlies some $800 trillion worth of financial instruments (about 6 times the world economy) ranging from interest rate derivatives to mortgages.  Each day 16 major banks have been asked at what rate could they borrow funds from the inter-banking market just before 11.00am. They would submit estimates to borrow across 10 currencies and 15 lengths of loan (from overnight to 12 months). Once submitted, Thomson Reuters (who collect the data) would remove the four highest and four lowest submission and average the remaining 8. Traders routinely asked banks’ submitters (of Libor data) to submit particular rates to benefit their derivatives trading positions which were priced on Libor.

Looking back over 30 years of investment banking he noted with regrets how bankers had gone from building businesses to focusing purely on increasing returns.

In 1969 just 6.6% of the UK stick market was held by institutions outside Britain. By 2013, this figure had leapt to 53.2%. This reflect globalization and Britain openness to trade.

Mervyn King (Governor of the Bank of England: It is not in our interest to have banks that are too big to fail, too big to jail, or simply too big.  His successor Mark carney : Fairness demands the end of a system that privatizes gains but socializes losses.