Qui va prendre le pouvoir? Pascal Picq (2017)

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Il n’y a pas de malédictions du milieu pour expliquer les structures sociales.

Le supplice de Tantale : on l’enchaina dans une rivière bordée d’arbres fruitiers. Dès que Tantale voulait boire, l’eau baissait. Dès qu’il désirait manger un fruit, les branches se relevaient.

Les macaques d’Indes forment des communautés écologiques interdépendantes, s’associant avec d’autres singes mais aussi aux daims. Les singes étant les yeux de la foret et les daims les oreilles de la forets, ce genre de collaboration ne rend pas la tâche facile aux tigres et autres prédateurs.

Parmi tous les grands singes, l’orang outang est celui le plus proche de l’extinction. Ses dernières populations sont sur les iles de Sumatra et Bornéo et sont de plus en plus isoles, sans possibilité de transferts génétiques entre elles : c’est le déclin inéluctable.

Les orangs outang vivent dans des systèmes sociaux archaïques pour des mammifères et surtout pour des singes. Un males résident défend un territoire qui couvre plusieurs femelles. Le male alpha se transforme, grande taille, toison à long cheveux et bourrelets faciaux entourant la face.

Macaque, le plus répandu dans la nature avec une vingtaine d’espèce. Son génome se montre identique à 93% à ceux de l’homme et du chimpanzé, sachant que le génome de ces derniers se montre identique à 99%. Il se montre d’une grande souplesse écologique, pouvant vivre dans des environnements arides, forêts denses ou dans les villes. De telles espèces sont dites eurytopique : capables de s’adapter aux circonstances environnementales du moment.

Il existe une hiérarchie très stricte entre les clans matrilinéaires : les jeunes qui naissent dans un groupe dominant sont dominants de fait sur tous ceux des clans dominés. Nous somme en Indes et cela s’appelle un système de castes. Les femelles restent toute leur vie dans leur groupe natale. Les males sont exogames – ils partent pour fonder leur propre groupe. De ce fait ils n’ont pas automatiquement de position dominante et doivent avoir une capacité à fonder des alliances.

Les babouins: nom donne par Buffon venant d’une riche famille du XVIIIème qui prêta de l’argent a Buffon et qui lui envoyèrent les huissiers lorsqu’il ne put rembourser, ce qui le fâcha…Et il en donna aussi une description péjorative.

Picrocholine : définition – opposant Picrochole à Grandgousier et à Gargantua dans Gargantua, roman de Rabelais ; conflit entre des institutions, des individus, aux péripéties souvent burlesques et dont le motif apparaît obscur ou insignifiant.

Les chercheurs de Yale ont voulu transformer les capucins en capitalistes en leur donnant des jetons en monnaie d’échange. Les singes ont appris très vite et donne rapidement un prix aux transactions, échangeant leurs jetons contre tel ou tel type de fruits.

Les capucins n’adoptent pas le même état d’esprit suivant que l’opération se présente comme un gain ou une perte. Ils assurent les gains mais prennent plus de risque sur les pertes. L’aversion de la perte est un des biais que l’on observe dans les populations d’hommes et de capucins (un tien vaut mieux que deux tu l’auras).

Le dieu singe Hanuman, dans l’épopée de Ramayana, apporte son aide au prince Rama, une des incarnations de Vishnou. Car le roi des démons a enlevé la femme de Rama. Les singes construisent un grand pont de pierres et d’arbres au-dessus de l’océan, pour atteindre le Lanka, ou se déroule une bataille gagnée par Rama et ses alliés.

Curieuse corrélations entre géographie et mœurs sociales des singes et des hommes. Les sociétés de singes polyandres (une femme, plusieurs hommes) se trouvent chez les petits singes d’Amazonie (mythe des amazones). Les harems polygynes (un homme, plusieurs femelles) les plus strictes se rencontrent en Ethiopie et en Arabie Saoudites avec les hamadryas et il existe un système de castes en Inde chez les entelles.

C’est au Zoo d’Arnhem que De Waal observe pour la première fois les conséquences d’un meurtre commis pas deux males coalisés à l’encontre d’un troisième et motivé par des seules raisons politiques. Depuis cela a été observé pas des chercheurs sur le terrain en Afrique.

Mike est un jeune male qui a peu de chance d’occuper un rang de leader à cause de sa très faible constitution physique. Très observateur, il s’aperçut que ses congénères s’effrayaient lorsque les chercheurs manipulaient des bidons d’essences métalliques (faisant beaucoup de bruit). Alors il s’empara de deux bidons, se présenta devant les dominants et les chargea en faisant rouler devant lui les deux bidons, ce qui fit fuir les grands males. Mike acquit ainsi le rang de dominant et se maintint pendant plusieurs années.

Chez les chimpanzés, comme chez les hommes, on trouve une acception sociale de la violence qui, si elle s’exacerbe, peut finir par se retourner contre les tyrans.  Les chimpanzés ont une propension (comme les hommes) à faire la guerre. Les males apparentés d’une communauté peuvent former des coalitions dans le seul but de s’en prendre aux males de la communauté voisine, voire de les exterminer méthodiquement, sans oublier d’accaparer les femelles.

Quand on demande à un chimpanzé élevé avec des hommes s’il se sent plus humain que simien, il revendique le statut d’humain. Quand on lui fait trier des photographies d’hommes et de femmes connus et d’autres de chimpanzés tout aussi connus, il range son portrait du côté des humains.

 

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Bad Banks – Alex Brummer – 2014

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In January 2013, for example, Bank of America Merril Lynch agreed to pay the government $11.6 billion in penalties relating to the mortgage transactions it had conducted with intermediary Fannie Mae. Withholding punishment until such a time as the banks were strong enough to take the pain was a shrewd move. Retribution may have come too slowly for some critics, but it did come eventually, and at a time when the offenders could afford to pay.

Draghi : “the ECB will do whatever it takes to preserve the euro. And believe me, it will be enough.” He was a major European figure making a clear and unequivocal guarantee.

The lack of substance to Drgahi’s plan symbolized a fundamental problem at the heart of euroland: so complicated are its central institutions and so diverse the political and economic outlooks of its various members that it is difficult to bang heads together and agree on decisive action.

Greece: Early 2010 an EU report highlighted severe irregularities in its public accounts. Aided by its adviser, the US investment bank Goldman Sacks, some critics argued it had used derivatives to shift debt obligations off its balance sheet and disguise the terrible underlying state of its finance. “Greece with the assistance of Goldman Sachs cooked the books totally.”

Ireland: the medicine doled out was strong and hard to swallow. Public sector employees had to accept real wage cuts of up to 40%. Pensions and workplace benefits were cut….It even look set to become the first country to leave the programme imposed by the troika. The Irish economy was projected to grow by 2% in 2014. But public debt that amounted to 25% of GDP in 2007 soared to a peak of 123% in 2013.

Out of control banks were not at the root of every struggling economy. Portugal had simply become uncompetitive (as opposed to Ireland and Greece, where crisis resulted from poor banking business).

Cyprus : a 20% levy was imposed on those depositors with over €100.000 in their accounts. Nicosia was obliged to sell off a range of assets, including €400 million of its gold reserve. Large deposits were paying the heavy price. It was a message that reverberated across the Eurozone. Russians seeking to leave the country with their aluminium suitcases found themselves out of luck. A combination of temporary bank closures and new capital controls made it far more difficult to extract funds.

By the spring of 2013, the EU had created the European Stability Mechanism, the ECB had cut interest rates and launch a huge three-year €1 trillion loan programme to stabilize over 1,300 debt-ridden banks in the region and the long term refinancing operations bought time for banks and trouble nations to begin restructuring the debt built up. But little was done to resolve the underlying problems of a banking system too weak to support any kind of economic recovery.

If one country can be said to embody both the wishful thinking and the huge problems still lurking in Europe it is Italy. The most emotive struggle for Italy has been the battle to save Banca Monte dei Paschi di Siena. Founded in 1472, the bank is regarded as the world’s oldest. Despite its distinguished history the bank has been brought low by cultural corruption that affected the bankers across the piece.

More than 3 years after the collapse of Lehman Brothers there was no indications that bonus structures which incentivize employees to take irresponsible decisions had been curbed. Under the ‘volker rule’ the type of risky activity these individuals became involved with would be banned by a bank insured by the US government.

Libor: the most important number in finance, it underlies some $800 trillion worth of financial instruments (about 6 times the world economy) ranging from interest rate derivatives to mortgages.  Each day 16 major banks have been asked at what rate could they borrow funds from the inter-banking market just before 11.00am. They would submit estimates to borrow across 10 currencies and 15 lengths of loan (from overnight to 12 months). Once submitted, Thomson Reuters (who collect the data) would remove the four highest and four lowest submission and average the remaining 8. Traders routinely asked banks’ submitters (of Libor data) to submit particular rates to benefit their derivatives trading positions which were priced on Libor.

Looking back over 30 years of investment banking he noted with regrets how bankers had gone from building businesses to focusing purely on increasing returns.

In 1969 just 6.6% of the UK stick market was held by institutions outside Britain. By 2013, this figure had leapt to 53.2%. This reflect globalization and Britain openness to trade.

Mervyn King (Governor of the Bank of England: It is not in our interest to have banks that are too big to fail, too big to jail, or simply too big.  His successor Mark carney : Fairness demands the end of a system that privatizes gains but socializes losses.

Slavoj Zizek, Trouble in Paradise, 2014

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There is something very hypocritical in the formula ‘forgive but do not forget’ which I deeply manipulative as it means: I forgive you, but by not forgetting your misdeed, I will make sure that you will for ever feel guilty about it.

One of the main danger of capitalism: although it is global and encompass the whole world, it sustains a stricto sensu worldless ideological constellation, depriving the large majority of people of any meaningful cognitive mapping. Capitalism is the first socio-economic order which de-totalizes meaning: it is not global at the level of meaning. There is no global ‘capitalist world view’: the fundamental lesson of globalization is precisely that capitalism can accommodate itself to all civilisations.

While modernization in Europe was spread over centuries, the Muslim world has been exposed to this impact directly, without temporal delay, so their symbolic universe has been perturbed much more brutally – they have lost their symbolic ground with no time left to establish a new balance. No wonder, then, that the only way for some of these societies to avoid total breakdown was to erect in panic the shield of fundamentalism.

People do no rebel when things are bad but when their expectations are disappointed (the French revolution, 1956 revolt in Hungary, Egypt in 2011).

Willy Brandt knew that the capitalist system is ready to make considerable concessions to the workers and the poor only if there is a serious threat of an alternative, of a different mode of production which promises workers their rights. The moment this alternative vanishes, one can proceed to dismantle the welfare state.

Fareed Zakaria has pointed out that if developing countries are prematurely democratized, the result is a populism which ends in economic catastrophe and political despotism. No wonder that today’s economically most successful third world countries (Taiwan, South Korea, Chile) embraced full democracy only after a period of authoritarian regime. Does this line of thinking not provide the best argument for the authoritarian regime in China?

Austerity politics is not really a science, not even in a minimal sense. It is much closer to a contemporary form of superstition – a kind of gut reaction to an impenetrably complex situation.  Austerity is not ‘too radical’, as some leftist critics claim, but, on the contrary, too superficial: an act of avoiding the true roots of the crisis.

The ultimate triumph of capitalism comes about when each worker becomes his or her own capitalist, the ‘entrepreneur of the self’ who decides to invest in his or her own future (education, health) paying for these investment by becoming indebted. What were formally rights (to education, to health, to housing) thus become free decision to invest.

Philanthropic colonialism (by Peter Buffett, Warren’s son): As more lives and communities are destroyed by the system that creates vast amounts of wealth for the few, the more heroic it sounds to give back. But this just keeps the existing structure of inequality in place.  With more business minded folks getting into the act, business principles are trumpeted as an important element to add to the philanthropic sector….micro-lending and financial literacy: doesn’t all of this just feed the beast?

The work of charity (of Gates, Soros etc.)  is not a personal idiosyncrasy, whether sincere or hypocritical, it is the logical concluding point of capitalist circulation, necessary from the strictly econonomic stand point since it allows the capitalist system to postpone its crisis.

Velle bonum alicui : charity is the past-time of those who are indifferent.

Jean Claude Milner – the stabilising class: the class of those who, even when they call for change, do so only to enforce changes that will make the system more efficient and ensure that nothing will really change.

Zardoz (1974) – post apocalyptic, a world radically divided along class line.

Peter Sloterdijk – the world interior of capitalism which is inhabited by one and a half billion winners of globalisation. Three times this number are left standing outside the door. After the process that transformed the world into the globe, social life could only take place in an extended interior. As cultural capitalism rules, all world-forming upheavals are contained: no historic event could take place, only domestic accident.

One of the terrifying effects of the non-contemporaneity of different level of social life is the rise of violence against women – not just random violence, but systemic violence, violence specific to a certain social context, follows a pattern, and transmit a clear message (e.g. gang rape in India by poor people)

The social dislocation due to fast industrialisation and modernisation (in Canada, Mexico, India) provokes a brutal reaction of men who experience this development as a threat.

The Pope to Napoleon: I know your aim is to destroy Christianity. But believe me, Sire, you will fail – the Church has been trying to do this for 2000 years and still hasn’t succeeded.

T.S. Eliot : there are moment when the only choice is the one between heresy and non-belief, when the only way to keep a religion alive is to perform a sectarian split from its main corpus.

Kant : all actions relating to the right of other men are unjust if their maxim is not consistent with being rendered public. A secret law would legitimise the arbitrary despotism of those who exercise it.  Compared this to title of a recent report on China : ‘Even what’s secret is a secret in China.’

The ideological stakes of such individualisation (of the efforts to save the planet through recycling, use of different transport system etc.) are easily discernible: I get lost in my own self-examination instead of raising much more pertinent global questions about the entire industrial civilisation.

Fukuyama: the protest movement that toppled Mubarak was predominantly the revolt of the educated middle class, with the poor workers and farmers reduced to the role of observers. But once the gates of democracy were open, the Muslim Brotherhood, whose social base is the poor majority, won the elections. The core of secular protester understandably turn against them and was ready to endorse even a military coup.

Jean Pierre Taguieff: Islam is turning out to be the Marxism of the twenty first century, prolonging, after communism, its violent anti-capitalism.

Is the rise of radical Islam correlative to the disappearance of the secular Left in Muslim countries?

Arab countries were all more or less authoritarian, so that the demand for social and economic justice was spontaneously integrated into the demand for democracy, as if poverty was the result of the greed and corruption of those in power, and it was enough to get rid of them. What happens is that we get democracy, but poverty remainsWhat to do then?

Badiou: a true idea is something that divides, in a true idea, universality and division are two sides of the same coin.

IN hindsight, we can now see that the original trouble in paradise was the Khomeini revolution in Iran, a country which was officially thriving, on the fast track to pro-western modernization, and the West staunchest ally in the region.

Turkey : the protesters intuitively sensed that market freedom and religious fundamentalism are not mutually exclusive, that they can work hand in hand – a clear sign that the eternal marriage between democracy and capitalism is nearing divorce.

Sometimes, because it lacks legitimacy, an authoritarian regime can be more responsible towards its subjects than a democratically elected one. On the contrary a democratically elected government can fully exert its power for the narrow private interest of its members.

It is crucial to see this ethical regression (racism, protest against gay marriage etc.) as the obverse of the explosive development of global capitalism – they are two sides of the same coin.

Aid resemble the case of domestic social welfare policies within those (donor) countries: in both cases, redistribution simply functions as another link in the process of capitalist accumulation. Far from eliminating inequality, redistributive justice actually proliferates inequality.

Incentives may be useful in getting people to accomplish boring routing work, but with more intellectually demanding tasks, the success increasingly depends on being nimble and innovative, so there is more need for people to find intrinsic value in their work.

The best use of money as a motivator is to pay people enough to take the issue of money off the table.

The stabilization under the reign of Putin mostly amounts to the newly established transparency of these unwritten rules: now, again, people mostly know how to act or react in the complex cobweb of social interaction.

In the 1990s, a silent pact regulated the relationship between the Western power and Russia: Western states treated Russia as a great power on condition that Russia effectively didn’t act as one.

The British colonization of India created the conditions for the double liberation of India: from the constraints of its own tradition as well as from colonization itself.

Steve Jobs: a lot of times, people don’t know what they want until you show it to them.

The French revolution offered the promise of a state founded on a set of principles as opposed to one based upon a nation or a people.

China: As an organization, the Party sits outside, and above the law. It should have a legal entity, in other word, a person to sue, but it is not even registered as an organization. The Party exists outside the legal system itself.

Sapiens, Yuval Noah Harari, 2011

 

 

Fiction has enabled us not merely to imagine things, but to do so collectively. We can weave common myths (such as the biblical creation story, the Dreamtime myths of aborigines). Such myths give sapiens the unprecedented ability to cooperate flexibly in large numbers.

As far as we can tell, changes in social patterns, the invention of new technologies and settlement of alien habitats resulted from genetic mutations and environmental pressures more than from cultural initiatives. This is why it took humans hundreds of thousands of years to make these steps.

When two strangers in a tribal society want to trade, they will often establish trust by appealing to a common god, mythical ancestor or totem animal.

In the savannahs they inhabited, high calorie sweets (ripe fruits) were extremely rare and food was in short supply. A Stone Age women would eat as many fruits as possible on the spot, before the local baboon band picked the tree bare. The instinct to gorge on high calorie food is hard wired into our gene.

Evidence from fossilized skeletons indicates that ancient foragers were less likely to suffer from starvation and malnutrition than their peasant descendants. The forager’s secret of success was their varied diet (while pre-modern agricultural population got their calories from limited number of crops -wheat, potatoes, rice) .

New agricultural tasks demanded so much time that people were forced to settle permanently next to their wheat fields. We did not domesticate wheat. Wheat domesticated us.

The Agriculture revolution made the future far more important than it had ever been before. Farmers work in its service. Peasants were worried about the future [not only because it impact on their corps but also because] they could do something about (e.g. clear another field etc.). The stress of farming has far-reaching consequences: it was the foundation of large-scale political and social systems.

Bureaucracy (methods of cataloguing information, schools for scribes) proved to be more difficult than writing to invent.  Many writing systems developed independently. But most of those remain curiosities because those who invented them failed to invent efficient ways of cataloguing and retrieving data.

Rape in many legal systems, falls under property violation – the victim is not the woman who was raped, it the male who owns her. The legal remedy was the transfer of ownership – to pay a bride price to the woman’s father or brother. The Bible consider this a reasonable arrangement ( if a man meets a virgin and lies with her….he shall give 50 shekels of silver to the father and she shall be his wife).

One theory is that, in order to ensure her own survival and the survival of her children, the woman had little choice but to agree to whatever conditions the man stipulated so that he would stick around and share some of the burden. As time went by, the feminine gene that made it to the next generation belong to women that were submissive caretakers. [But women could have been dependent on other women instead…and as women have superior social skills to collaborate, why are they not in charge?] – we have no good answer.

The best known religions (Islam, Buddhism) are universal and missionary. People tend to believe that all religion are like them. In fact the majority of ancient religions were local (local deities) and exclusive (no interest in converting the entire human race).

 

The insight of polytheism is conducive to far-reaching religious tolerance. Polytheists believe in many partial and biased powers: they have no difficulty accepting the existence of other gods. Polytheism is inherently open minded, and rarely persecutes heretics and infidels.

Roman persecuted a few thousand Christians who would reject all attempts at compromise. In contrast, over the course of the next 1500 years, Christians slaughtered Christians by the millions to defend slightly different interpretations of the religion of love and compassion.

St Mathew lent a hand to tax collector in distress…

Dualism explains that the entire universe is a battleground between good and evil, and that everything that happen in the world is part of the struggle.

Sometime between 1500 and 1000 BC a prophet named Zoroaster was active in the middle east. It was an important religion during the Achemenid and later the Sassanid, and inspired Gnosticism and Manicheism. Today only a handful of communities survive in India and the Middle East

The Chinese and Persians did not lack technological inventions such as steam engine (which could be freely copied). They lacked the values, myths, judicial apparatus and sociopolitical structures that took centuries to form and mature in the West and which could not be copied and internalized rapidly. Chinese and Persians did not catch up quickly because they thought and organized their society differently.

What did Europe develop in the early modern period that enable it to dominate the late modern world? There are two complementary answers: modern science and capitalism.

In year 2000 only 1.6% of dead bodies in the world are related to war and violent crimes.

Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux – Frans De Waal (2017)

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La perspective d’une récompense n’avait rien à voir (avec le comportement du chat). La présence d’une personne amicale était le seul élément nécessaire pour provoquer le frottement de flanc, qui est le geste de tous les félins pour dire bonjour et faire la cour.

Les grands singes et les humains n’ont pas eu assez de temps pour produire indépendamment des comportements d’une ressemblance frappante, comme s’embrasser sur la bouche ou respirer bruyamment quand on les chatouille. [Il y a là] des connections évolutives évidentes.

Je n’étais pas convaincu que le comportement animal put être réduit à une histoire d’incitations. Cette théorie présentait les animaux comme passifs, alors que je les voyais chercher, vouloir et lutter. Les behavioristes ont complètement occultés les inclinations propres aux espèces (le lapin ne rapportera jamais une balle, peu importe le nombre de balles que vous lui jetterez).

Les mouettes tridactyles nichent sur d’étroites aspérités des parois de falaise pour dissuader les prédateurs. Ces oiseaux lancent rarement des cris d’alarmes et ne défendent pas leur nid – ce n’est pas nécessaire. Le plus étonnant est qu’elles ne reconnaissent pas leurs petits et ne font pas la différence avec un étranger : les oisillons normalement ne peuvent pas bouger du nid. En revanche, les mouettes qui nichent au sol, et dont les oisillons circulent aux alentours après l’éclosion, reconnaissent leurs petits en quelques jours et n’hésitent pas à expulser les intrus.

Chez les espèces de rongeurs a promiscuité sexuelle, les males s’orientent plus facilement dans les labyrinthes que les femelles, alors que chez les rongeurs monogames il n’y a aucune différence entre les sexes (car les mâles et les femelles occupent le même territoire et ont acquis le même talent pour apprendre à se repérer dans l’espace).

De nombreux laboratoires maintiennent leurs animaux à 85% de leur poids normal pour être certain qu’ils seront motivés par la nourriture. Il est curieux de supposer qu’un estomac vide favorise l’apprentissage.

Puisque la musculature faciale des hommes et des chimpanzés est pratiquement identique, le rire, le sourire et la moue des deux espèces doivent surement remonter à un ancêtre commun. La compréhension de ce parallèle en anatomie et comportement a été un grand pas en avant.

Je n’ai rien contre l’anecdote mais je la considère toujours comme un point de départ pour la recherche, jamais comme un aboutissement.  « Le pluriel d’anecdote n’est pas données »

Hans le malin – un cheval qui semblait savoir compter mais qui en réalité était sensible aux signaux que son propriétaire lui envoyait sans intention (notamment la position du chapeau de son propriétaire qui relevait la tête lorsque le cheval atteignait le chiffre voulu).

Le lavage des patates douces par de macaques japonais a été la première preuve de culture animale. Au départ la tradition de lavage s’est diffusée chez les singes du même âge, mais aujourd’hui elle se transmet d’une génération à l’autre, de mère à enfant.

Je ne peux que m’étonner, je le répète, du décalage entre conviction et expertise.

Les chimpanzés tentent de comprendre l’ordre des évènements : ils cherchent une logique fondée sur la façon dont ils pensent que le monde fonctionne, ils remplissent les blancs (lorsqu’ils participent à une expérimentation dont une partie ne leur est pas accessible).

Il n’est pas rare qu’une dispute d’enfants dégénère en conflit d’adultes. Les deux mères se toisaient nerveusement tout en observant la scène. L’une d’elle a remarqué la femelle alpha assoupi non loin de là et est allé lui tapoter le flanc. La mère lui a montré la querelle en balançant le bras dans cette direction. Mama a fait un pas en avant avec un grondement menaçant. Son autorité était telle que les jeunes se sont tus. La mère avait trouvé une solution rapide et efficace à son problème.

L’altruisme chez les chimpanzés : de jeunes femelles vont chercher de l’eau ou des fruits pour une femelle plus âgée.

La reconnaissance des visages, a conclu la science, est une compétence cognitive spécialisée des primates. Ensuite on à découvert la reconnaissance des visages chez les corbeaux, les moutons et même les guêpes (les guêpes qui vivent dans des colonies hiérarchiques reconnaissent les marques faciales des individus – celles dont la vie sociale est moins différenciée ne possèdent la reconnaissance des visages – la cognition dépend de l’écologie)

Lorenz était tellement persuadé de l’aptitude à la rancune des corbeaux qu’il se déguisait chaque fois qu’il devait capturer et baguer ses choucas. De toute évidence ils sont capables de différencier les individus.

Les scientifiques ont situé l’aptitude des moutons à reconnaitre les visages au même niveau que celle des primates, et jugé qu’un troupeau soit en fait très différencié. Mêler des troupeaux, comme on le fait parfois, doit causer plus de stress que nous le pensions.

La science de l’évolution distingue l’homologie (les traits dérivés d’un ancêtre commun dans deux espèces – la main et l’aile de la chauve-souris) et l’analogie (les traits similaires que l’évolution fait apparaitre indépendamment dans les deux espèces – l’aile de la chauve-souris et celle de la libellule). La sensibilité aux visages est apparue indépendamment chez les guêpes et chez les primates (deux espèces dont les cerveaux diffèrent fondamentalement, celui de la guêpe étant constitué de minuscules ganglions nerveux).

Pour se servir de leurs outils, les chimpanzés doivent anticiper et planifier plusieurs étapes, ce qui correspond au type d’organisation des activités souvent soulignées chez nos ancêtres humains. Les outils peuvent paraitre primitifs (pierres et bâtons) mais l’usage qu’ils en font est extrêmement avancé. Les chimpanzés sauvages utilisent 15 à 25 outils différents par communautés (bâton pointu pour chasser, ouverture de noix avec pierre, bâton collecteur pour récupérer le miel, cuillères en écorce pour ramasser le miel…). L’usage d’outils existe chez les bonobos, le gorille ou l’orang-outan mais les observations sont rares : il n’est courant que chez les chimpanzés.

On a mené des fouilles sur un site de technologie lithique de percussion en Côte d’Ivoire : il est certain que les chimpanzés cassent de noix depuis au moins 4000 ans. Cette découverte avait abouti à l’idée d’une culture lithique commune aux humains et grands singes…mais on a découvert la même pratique chez les singes capucins (séparé de l’ordre des primates il y a 30 ou 40M d’année). Un cas possible d’analogie…

Sur l’ile de Piak Nam Yai, au large des côtes thaïlandaises, Michael Gumert a trouvé une population entière de macaques à longue queue utilisant des outils de pierre pour écraser les huitres et déloger les coquillages des rochers.

Les corbeaux de Nouvelle-Calédonie modifient spontanément des branches pour obtenir un petit crochet en bois permettant de pêcher les larves dans les fissures des arbres.

Confirmant le dicton « la nécessité est mère de l’invention » ainsi que l’histoire d’Esope, les corbeaux ont réussi le test du ver flottant en élevant le niveau de l’eau dans le tube grâce à des cailloux.

Taylor  essaie des tests comportant des étapes encore plus nombreuses, et les corbeaux relèvent le défi (et ils font infiniment mieux que les singes qui ont du mal avec les taches à étapes multiples).

Il est aujourd’hui admis que le langage n’est pas la matière de la pensée, même s’il assiste la réflexion humaine en lui offrant des catégories et des concepts. Mais nous n’avons vraiment besoin du langage pour penser (les enfants préverbaux pensent…)

La communication animal n’est ni symbolique, ni infiniment flexible comme le langage. Elle reste presque entièrement dans l’ici et maintenant. Un chimpanzé peut détecter des émotions dans une situation précise mais il ne peut pas communiquer la moindre information sur des évènements décalés dans l’espace ou dans le temps. Un chimpanzé n’a aucun moyen d’expliquer après coup comment il a été blessé.  Si son agresseur passe par là et qu’il lui hurle dessus, les autres pourront déduire le lien entre son comportement et la blessure, mais ce n’est possible qu’en présence du rival.

On a fait récemment une découverte : les expérimentateurs masculins – pas les femmes – stressent tellement les souris que cela influe sur leurs réactions. Mettre dans la pièce un t-shirt porté par un homme produit le même effet, ce qui suggère l’importance de l’odorat.  Les détails méthodologiques sont beaucoup plus importants que nous ne voulons l’admettre.

Lolita (une chimpanzé) a montré qu’elle comprenait que je trouverais son nouveau-né plus intéressant de face que de dos. Adopter la perspective visuelle de quelqu’un d’autre, c’est faire un pas de géant dans l’évolution sociale.

Cultures animales : lavage de patates douces chez les macaques, cassage de noix chez les chimpanzés,  chasse au filet de bulles chez les baleines à bosses.

Une femelle chimpanzé a été la première à s’introduire un brin d’herbe dans l’oreille, le laissant dépasser quand elle circulait et toilettait les autres. Au fils des ans, d’autres chimpanzés ont suivi son exemple, et plusieurs ont adopté le même nouveau look. Les modes vont et viennent chez les chimpanzés comme chez les humains. Selon moi, l’apprentissage social des primates prend racine dans un désir d’appartenance, un conformisme qui nait du désir d’agir comme les autres et d’être parfaitement intégré.

Cela exige de voir dans la cognition un phénomène biologique comme un autre. Si ces caractéristiques de base dérivent  graduellement de la descendance avec modification, toute idée de bond, de frontière et d’étincelle est exclue.

Le principe de base est un paradoxe : la force est une faiblesse. L’acteur le plus puissant est le moins attractif pour une alliance politique, car il n’a pas vraiment besoin des autres. Il estime que leur soutien va de soi et les traite sans égards.

D’une chimpanzé qui aide sa partenaire : pourquoi a-t-elle travaillé si dure pour un objectif qui l’intéresse si peu ? la réponse est vraisemblablement la réciprocité. Ces deux chimpanzés se connaissent, il est probable qu’elles vivent ensemble, donc chaque coup de main donné sera surement rendu. Elles sont amies, et les amies s’entraident.

Les chimpanzés sont très coopératifs. Ils n’ont pas le moindre problème à réguler ni à atténuer les différends pour mener un effort commun et en partager les fruits.

Nous postulons que les animaux ne regardent pas simplement ce qu’ils obtiennent, mais le compare aussi avec ce qu’obtient leur partenaire. L’inégalité les préoccupe. S’il recevait des concombres, le singe faisait une scène terrible dès qu’il remarquait que son compagnon obtenait du raisin. Pourtant un dollar c’est toujours mieux que pas de dollar du tout. Nous n’en sommes pas convaincus qu’une réaction de ce genre soit irrationnelle, puisqu’elle cherche à égaliser les résultats, et que c’est le seul moyen de pérenniser la coopération.  Les grands singes vont mêmes plus loin : ils ne sont pas d’accord quand ils obtiennent moins que l’autre, mais aussi quand ils obtiennent plus. Cela nous rapproche  du sens humain de la justice.

Chez les écureuils, ce qui déclenche le stockage, ce sont les jours qui raccourcissent et la présence des noix, que les animaux sachent ou non ce qu’est l’hiver. La planification des grands singes s’ajuste aux circonstances et s’exprime en souplesse de multiples façons.

Les pieuvres ont une très bonne vue mais elles se fient rarement à ce sens pour chasser. Elles utilisent le toucher et les informations chimiques, et sans ces indices elles ne peuvent reconnaitre leur proie. [Alors qu’elle ne touchera le bocal même s’il y a une proie à l’intérieur,] dès que l’extérieur du bocal a été couvert de mucus de hareng, la pieuvre est entrée en action et l’a manipulé jusqu’à l’ouverture du couvercle.  Une fois ces talents développés, c’est devenu une opération de routine.

Les salauds de l’Europe – Jean Quatremer – 2017

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D’ici 20 ans, plus aucun des pays européens du G7 n’en fera partie.

L’Europe et ses 500 millions d’Européens concentrent 50% des dépenses sociales de la planète de 7 milliard d’habitants.

L’euroscepticisme  prend sa source dans les demi-vérités et dans l’absence de mise en perspective.

Les salauds de l’Europe ce sont les élites nationales et Européennes, celles qui ont fait de l’Europe une post démocratie ou les citoyens sont tenus a l’écart, celles qui décident a Bruxelles de politiques qu’ils n’assument pas dans leur capitale…Mais ce sont aussi les démagogues, du Front National au Mouvement 5 Etoiles, en passant par l’UKIP, l’AfD allemand, le PVV néerlandais…Des démagogues qui mentent sans retenue, déforment les faits, attisent les haines et qui ne trouvent personne pour leur répondre, puisque personne l’assume plus l’Europe, notamment en France…ce sont ceux qui détruisent l’idée européenne que Barack Obama a vantée…comme l’une des plus grandes réalisations politiques et économique des temps modernes.

Personne ne conteste que l’unification politique du continent n’a pas été portée par un irrésistible mouvement populaire.  Aucun gouvernement n’a jamais pensé consulter les citoyens lorsque la construction communautaire a été lancée dans les années 50….il était politiquement impossible pour la France de convoquer une assemblée constituante européenne qui aurait adopté une Constitution à la suite d’un large débat citoyen. Une telle aventure aurait débouché sur un échec certain.  Schuman prône une Europe qui se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait.

Entre 1950 et 1952, les projets de création d’une Europe des transports, d’une Europe agricole et d’une Europe de la santé publique, toutes trois gérées par des Hautes Autorités, échouèrent face aux oppositions du Parlement ou de tel ou tel gouvernement…parce qu’il n’avait pas la porté politique de la CECA et parce qu’ils n’avaient pas été préparés dans le secret, ce qui a permis une mobilisations des opposants…

Schuman indique en 1951 qu’il proposer au moment voulu la création d’une organisation politique européenne pour la formation d’une politique étrangère commune.

EN 1950 la France prépare la Communauté Européenne de Défense, une armée européenne. Elle sera ratifiée facilement par les partenaires de la France alors qu’elle est rejetée par le parlement Français. De Gaulle «  l’Europe sera construite sur le cadavre de la France »  en 1952.

Intéressée par une « communauté de l’atome » la France, pour l’obtenir, s’engage alors dans un Marché commun européen qui, lui, intéresse ses partenaires Allemand et au Benelux.

Raymond Aron – l’idée de l’unité européenne est d’abord une conception d’hommes raisonnable, ce n’est pas un sentiment populaire

Cette capacité du referendum à fédérer les « non » surtout lorsque les bénéfices du « oui » sont hypothétiques et lointains est telle connue que ceux qui réclament des référendums  sur l’Europe sont toujours ceux qui lui sont opposés.

L’Europe n’a pas été fondée contre ses peuples mais pour eux, en respectant les processus démocratiques internes. (Aucun état n’a jamais été fondé à la suite d’un référendum).

Les rois qui ont fait la France ont-ils  demandé aux Angevins, aux Lorrains, aux Alsaciens s’ils acceptaient de faire partie du royaume ? A la fin du XVIIIe siècle, le français est une langue minoritaires comprise par seulement 10 à 20% des habitants…ce n’est qu’après la première guerre mondiale que la majorité des français parle le français a la maison.

Le point Godwin : «  plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis s’approche de 1 » ; moment dans un débat ou les adversaires s’injurient et ou toute discussion constructive devient impossible.

Le Conseil européen est devenu dès les années 80 de facto l’institution qui préside aux destinées de l’Union. Les présidents de la Commission après Delors (Santer, Prodi, Barroso) ont transformé la Commission en un simple secrétariat exécutant servilement les ordres du Conseil. Apres la crise de l’Euro en 2010, son rôle est encore renforce avec des réunions quasi mensuelles…

L’exécutif européen dispose du monopole d’initiative législative – il peut ne rien faire même si les états souhaitent qu’il agisse, ou orienter la discussion, car celui qui tient la plume peut faire passer ses idées.

Il reste néanmoins qu’un pays peut se voir imposer une décision dont il ne veut pas. Mais souvent les gouvernements demandent à être mis en minorité pour pouvoir incriminer Bruxelles (alors qu’ils soutiennent la position mais ne peuvent la vendre politiquement dans leur pays…)

Majorité qualifiée : 55% des pays représentant 65% des Européens.

Il n’est arrivé que très rarement qu’un gouvernement tombe à cause de ce qu’il a décidé à Bruxelles. C’est arrivé à ma connaissance une fois en Slovaquie, en 2011, lorsque le Parlement n’a pas accepté le principe de solidarité financière avec la Grèce (pourtant accepté par la Première ministre).

Apres tout, cette absence de contrôle direct (des citoyens sur les institutions de l’Europe) est-elle si grave ? En France ou aux USA, le Président ne peut pas non plus être censuré ou contrôlé : ce qui est important, ce sont les contre-pouvoirs mis en place.

Une zone Euro échappant a tout contrôle : le Parlement (bien qu’ayant des pouvoirs de codécisions étendus et faisant jeu égale avec le Conseil -sauf dans certains nombre de domaine y compris le budget !- qui doit maintenant compter avec lui) n’a pas son mot à dire au sein de la zone Euro. Alors que la zone Euro ne se réduit plus uniquement à la politique monétaire, mais touche désormais a la politique économique et budgétaire, aucun contrôle parlementaire n’existe (sauf au niveau national ou ils exercent un contrôle sur la partie qui concerne leur pays  et non sur l’ensemble de la politique applicable à la zone Euro).

Neelie Kroes : sous la surveillance directe de Junker a cause de sa participation dans une vingtaine de conseils d’administration laissant craindre des conflits d’intérêt.

Canete :  a fondé deux compagnies pétrolières (désormais dirigées par des membres de sa famille) et conserve son poste de commissaire à l’énergie et au climat (car soutenu par le PPE qui a pris en otage la candidature Moscovici…)

Depuis 1999 (chute de la Commission Santer) la Commission ménage come jamais le Parlement qui est devenu un acteur important de l’Union. Il est indéniable que l’Europe est partiellement entrée dans l’ère de la démocratie parlementaire.

En France, le referendum est devenu la forme la plus achevée de la démocratie alors qu’il en est une forme dégradée, comme l’ont bien compris les Allemands qui l’ont interdit.

Les referendums sur l’Europe : 10 votes négatifs contre 29 positifs. Ce qui en dit long sur le soi-disant rejet de l’Europe par les peuples.

Le non au référendum de 2005 – le traité constitutionnel européen : la principal motivation du non était les risques qu’il faisait peser sur l’emploi…alors que le TCE reformait surtout les institutions (mais reprenait aussi les textes des traités précédents). Les principales modifications furent intégrées deux ans plus tard dans le traité de Lisbonne.

La Commission tend à devenir au fil du temps un problème pour l’intégration communautaire, sans doute supérieur à celui que représentent les Etats. L’exécutif Européen … a oublié ce qu’était l’intérêt général Européen. Je me demande sincèrement s’il y a encore quelque chose a sauver dans cette institution qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut.

Le chef d’Etats ont convenu qu’il ne fallait plus nommer a ce poste que d’anciens Premiers ministres afin de ‘rehausser’ la fonction. En réalité le but était de raccourcir la laisse de la Commission : un ancien Premier Ministre a été membre du Conseil européen et a tendance à se comporter comme tel – en clair il cherchera à ne pas déplaire à ses collègues et mandants.

La réforme de Neil Kinnock en 2004 a consisté à briser ce qui avait été à l’origine conçu comme un corps d’élite construit sur le modèle de l’administration française pour passer a une logique de management privé proches de normes anglo-saxonnes. Il y eu un affaiblissement de l’esprit Européen due à l’accroissement des taches de pure exécution. Le recrutement ne se fait plus sur la connaissance des affaires communautaires et leur engagement Européen. Faute de capacité interne, la Commission doit faire appel des consultants extérieurs, généralement britanniques ou américains….

Le commissaire à la concurrence veille a empêcher la constitution de monopole sur le marché européen, même si cela interdit la constitution de champions européens mondiaux (Apple, Amazon, Microsoft n’auraient jamais pu naitre dans l’Union.

La Commission est incapable de remplir sa tâche, qui est non seulement d’aider à la construction communautaire, mais aussi de faire aimer le projet européen. Elle est incapable de la moindre empathie, car dénuée de tout sens politique.  Cette absence de sens politique se fait sentir dans tous les domaines, comme le montre, par exemple, la négociation de l’accord d’association avec l’Ukraine qui a déclenché les foudres russes et entrainé l’annexion de la Crimée et la guerre dans l’Est du pays…la bonne approche aurait consisté à parler à Moscou avant toute négociation pour l’assurer que jamais l’Ukraine n’adhèrerait a l’Union ou l’OTAN, comme cela avait été fait avec l’Autriche avant 1989.

Le CETA était un accord mixte – et non pas purement communautaire, c’est-à-dire qu’il devait être ratifié par le Parlement Européen et l’ensemble des parlements nationaux

Guy Verhofstadt, président du groupe libéral, ancien Premier ministre belge, émarge dans pas moins de 7 conseils d’administration (pour 12,000 euro/mois en plus de son salaire d’eurodéputé.

Le traité de Lisbonne a introduit  la possibilité de réduire les compétences de l’Union : c’est un symbole fort, puisqu’il était acquis jusque-là que l’extension des compétences de l’Union était infinie.

En matière de politique sociale, l’union n’a rien à dire dans les domaines des salaires, du droit syndical, du droit de grève, du droit de fermeture temporaire d’entreprise. Elle peut simplement adopter à la majorité qualifiée des normes minimales en santé, sécurité et conditions de travail des travailleurs, consultation des travailleurs, lutte contre la discrimination et modernisation des systèmes de protection sociale. Pour les autres compétences, l’exigence de l’unanimité paralyse l’exercice.

L’union n’était que la spectatrice du traite de Lisbonne : les gouvernements ont même refusé que la Commission publie un tableau de bord des reformes accomplies et restant à accomplir.

Si on ajoute a cela la propension des Etats a communautariser les échecs et a nationaliser les succès européens, on comprend mieux la frustration qu’engendre la construction européenne.

Ce procès en ultralibéralisme de l’union, contre la concurrence libre et non faussée, est une spécificité hexagonale. L’union regroupe des pays qui ont en commun la démocratie et l’économie de marche. Mais une économie sociale de marché comme l’affirme les traites, l’union concentrant la moitié des dépenses sociales de la planète

La concurrence libre et non faussée, son but est double; réguler la concurrence sur les marchés et entre les états. L’exact contraire de l’ultralibéralisme.

La politique de la concurrence a une fâcheuse tendance à retenir une définition très étroite du ‘marche pertinent’ ; elle se limite trop souvent au marché européen, voire une partie de se marche, alors que la concurrence est mondiale. Avec la Commission, ni Google, Amazon etc. n’aurait pu voir le jour en Europe.

En 2014, les Etats Membres ont été autorisé à aider leurs entreprises à hauteur de 152 milliard d’Euro (y inclus 41 milliard pour le rail). La Commission n’a mis son veto qu’a 1,8 milliard d’aide jugées illégales.

Fonds structurels : les pays de l’Est reçoivent 4% de leur PIB en aide communautaire, comme cela a longtemps été le cas pour l’Ireland, le Portugal ou la Grèce.

On a oublié aujourd’hui ce qu’était une crise monétaire qui faisait perdre de sa valeur à une monnaie sans qu’on le souhaite et perturbait les échanges. Cela se chiffrait en point de croissance perdu, inflation et récessions.

Il y a, à la Commission et chez les états membres, puisque la première ne peut rien faire sans les seconds, une véritable religion libre-échangiste. 90% en volume des marches publiques sont ouverts à la concurrence en Europe, 32% au Etats Unis, 28% au Japon, 16% au Canada. On cherchera en vain un Buy European Act comme il en existe aux Etat Unis depuis 1933. L’instauration d’une préférence européenne pour les acteurs publiques est une possibilité, tout comme les l’utilisation ferme des instruments de défense commerciale.

Pékin concurrence l’Europe dans tous les secteurs. L’erreur de l’Europe est  d’avoir accepté d’entrer en concurrence avec un pays qui ne respecte aucune règle du jeu, qu’elles soient concurrentielles, environnementales, monétaires ou sociales (et de croire que toute la planète va accepter le jeu de concurrence ouverte qu’elle développe en Europe…)

Traite de Maastricht : la grande Bretagne a réussi à affaiblir, tout au long de la négociation, les articles sociaux avant de réclamer, lors du sommet de Maastricht de décembre 1991, un ‘opt out’, ce qui obligea ses partenaires à placer tout le chapitre, pourtant peu contraignant, dans une charte à part.

Les coopérations renforcées, qui permettent à quelques pays d’avancer plus vite dans certains domaines, n’ont débouché sur rien en matière fiscale. Le dumping fiscal et social est bien le résultat de la volonté des Etats, pas de l’Union.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Swimming with Sharks – Joris Luyendijk (2015)

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In the years before the crash, commercial banks and mortgage providers lent far too much money to people who could not afford such debts – primarily in the US and the UK, mostly for mortages. This continued for a long period of time because the easy money drove up houses prices, making many people feel richer than they were. Commercial banks had no reason to worry about the risk of default on loans because they could sell them on to investment banks, which the chopped them up and repackaged them into ever more complex financial products. Assets managers at pension funds were keen to buy them because interest rates were low and these new instruments offered better returns. For protection, pension funds and others relied on American insurance giant AIG. In turn AIG trusted the credit rating agencies’ triple AAA ratings.

In 2007, millions of buyers would not be able to meet their financial obligations. Financial products that contained their mortgages began to lose value. Investors had to take big losses but banks, too, had kept some of these products. They had to write off huge sums but how much was difficult to estimate: not only some of the products where mind-bogglingly difficult to value but the same was true for the ‘vehicles’ in off-shore tax havens where banks had placed many of them. At Leman Brothers the buffers were not enough and the bank had to announce bankruptcy. Other banks and financial institutions stopped lending to each others (as none knew the financial solidity of the others). Suddenly the financial world was gripped by a paralysing fear. In response, Governments reached deep into the state coffers and central banks lowered interest rates and pumped unprecedented amounts of newly created money into the economy.  They had saved the system.

For bankers, the crash of 2008 was a perfect storm, or rather a black swam: unique and literally unforeseeable. But isn’t it all the more alarming if virtually nobody in the sector realised how dangerous these complex financial products could be?

The salaries of those who manage the risks in banks has always come from the revenues raised by those taking the risks. Historically, investment bankers worked in small partnership where management and owners partly overlapped. Partners were personally liable. From mid eighties these partnership started to list on the stock exchange or were taken over by publicly listed commercial banks who wanted to take advantage of the deregulation and move into investment banking. Those commercial banks took over dozens of other banks and became ‘too big to fail’.  In listed companies, the risk lies with shareholders rather than partners, while bankers are paid partly in shares and options. And a good way to raise the share price is to take risk (which ultimately the taxpayer will bear).  It was genuinely eye-opening to realise just how recently the investment banks had mutated in this way. Those who take the risks are no longer those who bear them.

If you can be out of the door in five minutes, your horizon becomes five minutes. That was the essence of zero job security. Not only does all loyalty evaporates, but continuity does too. Nobody can built on anyone else, the best can be poached at anytime and meanwhile there are swords of Damocles hanging over everyone’s head.

We need to get rid of the idea of ‘the bank’: that term implies a unity of action and purpose. There is no such a thing.

Perverse incentives: rewards for undesirable actions.

Traditionally there were separate firms for trading, for asset management and for deal making (mergers,listing of new companies etc.) . Since the 80’s, all three activities have been brought under the roof of one bank, through mergers and acquisitions in the financial sector. This is a conflict of interest of the highest order and banks have been asked to set up Chinese wall between their divisions and activities to avoid leaking of information and pressure from one sector to another (e.g. investing in companies whose listing is done by the same bank…)

Corporations can be hit hard by currency fluctuations (with increasing volatility in the 1970’s). So banks invented derivatives that allowed parties to protect themselves. This was a good idea that perform a useful service to the economy and society. But fast forward 20 years and you see the British bank Barings collapse as a result of a rogue trader using advance foreign currency derivatives.  A company or government can go bust, meaning investors lose money. Banks developed an insurance of sort: the Credit Default Swap (CDS). This was a good idea but a good decade later (in 2008) CDS played a crucial role in the financial crisisMortgages are good long term investments for pension funds but as a pension funds you are not going to by individual mortgages. Banks found a way to package those in instruments allowing investment by pension funds. 15 years later, those products would sank Lehman Brothers.

In 2012, a trader at JP Morgan (and his team) run up a 6.2bn loss. The year before, his pay came to 7m. He did not break any law and has never been prosecuted. (Bruno Iksil)

While doing research there are sometimes points at which lines of investigation suddenly coalesce into an insight.

Around 2000, the dot-com scandal revealed fundamental conflicts of interest between activities that used to be done by separate firms; taking company public, trading and asset management. The regulatory response was not to prevent those conflicts, it merely forced the banks to install Chinese wall – policed by their own risk and compliance staff.

Tony Blair is making 2.5M pound a year as adviser to JP Morgan. Hector Sants, chief regulator in 2008, has a top job at Barclays. His estimated compensation was 3M pound a year. The three major credit rating agencies have kept their de-facto cartel; as have the four accountancy firms who continue to do lucrative consultancy jobs for the banks there are meant to audit independently.

After quizzing interviewees on their motives, greed seemed a highly inadequate explanation of their behaviour. I have come to believe that the focus on greed is the biggest mistake outsiders have made in the aftermath of Lehman’s collapse. (The Wolf of Wall Street kept this popular). [The system was to blame in more general term, short termism etc.]

To think that blinkered bankers will one day wake up and decide to change finance from inside is wishful thinking.

Andrew Haldane, number 2 at English central bank told that the balances of the big banks are the blackest of black hole.

Four changes the laws should bring: banks must be chopped up into units so that they are no longer too big to fail; banks should not have activities under one roof that create conflict of interests; banks should not build or sell overly complex financial products, the bonus should land on the same head as the malus.

Political parties, politicians, regulators have come to identify themselves with the financial sector and the people in it. The term is ‘capture’. Politicians started to believe the world works in the way that bankers say it does.

As put by interviewee: The left insists on solidarity across the nation, with higher tax rates for rich people to help their less fortunate countrymen. But this solidarity is predicated on a sense of national belonging, to which the left is allergic; national identity comes with chauvinism and nationalism and creepy right wing supremacists.

Nobody is helped more by cynicism about politics than cynical politicians.