Maurice Pialat – Lacombe Lucien – Film 1974

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L’histoire vrai d’un collaborateur de la dernière heure (il sera arrêté en Novembre 44, jugé et exécuté) qui met en avant : la dérive morale – accidentelle?- de Lucien, le “mal” au quotidien, les méthodes utiliser pour arrêter les résistants, la distance par rapport à la guerre qui existe à la campagne, la propagande allemande, les français de la collaboration (quelques vrais nazis mais aussi une collaboration quotidienne, presque banalisée, par lettre de dénonciation -200 par jour- généralement en réponse à des impératifs moraux – « le marché noir n’est pas chrétien »), la vie dans la clandestinité (et la fatigue) d’une famille juive…

Histoire d’un jeune homme entrant dans la collaboration en juin 44. Histoire vrai, Lacombe Lucien, inversion du nom comme des valeurs. Lucien est bête et méchant, pas d’éducation, naïf. Son père est au STO et sa mère trompe son père avec le propriétaire de leur ferme. Il veut entrer dans la résistance mais l’instituteur (chef du réseau) l’éconduit poliment…ce n’est pas un jeu pour les enfants et puis ils sont déjà nombreux… . Il devient collaborateur par inadvertance en expliquant  a des collaborateurs de la ville ou il travaille, qui est le chef du réseau de résistance de son village. Ce n’est pas fait méchamment, il est simplement abreuvé suffisamment mais ne montre pas de réticence a parler. Et lorsque le lendemain, il croise le chef des résistants (l’instituteur) dans les bureaux pour « interrogatoire », il semble ne pas comprendre…Son sort est joué, il est maintenant dans la collaboration et fait le coup de force.

Il se rend compte du pouvoir que lui donne son appartenance à la Police Allemande et en abuse arbitrairement. Il tombe amoureux de la fille d’un juif tailleurs. Ce tailleur est caché depuis le début de la guerre et travaillent, contraint, pour les collabos. Il s’introduit « de force » dans cette petite famille: il peut les faire arrêté, il aime la fille qui ne le lui rend pas (au début), elle couche avec lui pour essayer de sauver son père (qui doit passer en Espagne…), le père finalement imagine que sa fille se prostitue pour le sauver et choisi de se suicider en se rendant à la police allemande, pour discuter avec Lucien. Il se fait évidemment arrêté, plus par malchance qu’autre chose, et est déporté. Lucien ne fait rien pour empêcher cela.

S’en suit des relations difficiles avec la fille.

Lucien est dans un autre monde : lors d’une attaque des collabos contre une ferme ou sont réunis des résistants, en plein combat il se met à tirer un lapin qui détalle en courant, alors que son chef est grièvement blessé à cette occasion.

Sa mère vient le voir et lui indique qu’il ne peut plus revenir au village, qu’il sera tué par les résistants s’il revient. Sa mère l’aime toujours et le prévient. Elle prend l’argent que lui donne Lucien. La grand mère aussi lorsque Lucien part de l’appartement de la famille juive après la déportation du père. (Coté argent, toujours, Lucien joue avec des billets lorsqu’il est en fuite, réfugié dans la ferme à la fin du film : il y a cette fascination de l’argent facile, du vol légitime –puisqu’on prend des objets à ceux qui vont contre la loi -, de l’accès à des biens de marché noir –champagne- l’attrait de la belle vie dans un monde de rationnement )…

Les résistants font un coup de force contre la police allemande (a cette occasion, Lucien pourrait libéré un résistant qui propose de le « sauver » de la police allemande – Lucien refuse utilisant une formule qu’il a entendu du tailleur juif a l’occasion de son arrestation « pourquoi me tutoyez-vous ? » et qui traduisait le courage du père face à une mort quasi certaine. En représailles , les allemands arrêtent les derniers juifs. Lucien et un officier allemand viennent arrêter la fille et sa grand mère. Alors qu’il récupère la montre qu’il avait donné au père de la fille, l’officier la lui reprend. Lucien assassine alors l’officier allemand à la sortie de l’appartement et récupère la montre. Il s’enfuit en voiture, vers l’Espagne, avec la fille et la grand mère. Ils tombent en panne et se réfugient dans une vieille ferme abandonnée. Lucien et la fille (amoureuse) y passent des jours heureux quelques temps (semaines ?) avant que Lucien ne soit arrêté et jugé pour collaboration.