Théorie du ciel, Espace perdu, temps retrouvé. Michel Cassé. 1999.

 

M_Casse

 une idéé c’est de l’electricté – podcast France Inter

 Peut-on exiger que l’univers soit un concept clair? Univers : un seul mot pour tous les objets. Nommer un objet, c’est déjà accepter, par le fait même qu’on le nomme, d’avoir perdu continuité avec cet objet. Dans le moment même où l’étoile devient idée, elle s’exclut de la stellarité réelle. L’étoile imaginée n’est pas l’étoile vraie, même si elle en exprime certaines qualités.P.26

Un instant d’opacité totale, véritable désert l’esprit, 10-43 s, nous tient à distance de le l’insanité du temps zéro, qui est un instant dans temps qui n’existe pas encore. Faute de cet écart règnent le discours apologétique et les foudres de la théologie. P.30 

La métaphysique, effort pour embrasser monde dans son ensemble au moyen de la pensée, s’est développée, dès le début, grâce l’union et au conflit de deux tendances humaines qui poussent les hommes, l’une vers ers le mysticisme, l’autre vers la science.P.52

Le mot « cosmos » signifie ordre. II désigne l’univers considéré comme un tout ordonné et harmonieux, par opposition au chaos, état de vide, de ténèbres ou de désordre précédant l’avènement du cosmos. P.56 

A Ptolémée nous devons la somme de l’astronomie antique : son « Almageste » servira de référence à l’astronomie occidentale durant quatorze siècles, de 140 jusqu’à 1543, date de publication du « De revolutionibus » de Copernic.

Apercevant une nouvelle étoile, Tycho Brahé, une nuit de 1572, abolit d’un simple regard le dogme de l’immutabilité du ciel supralunaire, et volèrent en éclats les sphères cristallines d’Aristote.

La généralité de ce type d’équation est liée au mystère le plus profond de la science ; en dépit de la variété des phénomènes, toutes les lois qui les décrivent semblent dériver d’un unique principe : une certaine quantité, appelée action (combinaison linéaire de masse, de vitesse et de distance : mvr), reste aussi petite que possible en toute circonstance. Cette curiosité, connue sous le nom de principe de moindre action

Les équations différentielles sont des expressions qui montrent comment le taux de changement d’une certaine quantité évolue sous l’effet des influences extérieures.

En 1666, Ole Romer, s’aidant de Jupiter et de ses satellites, découvrit que la vitesse de la lumière est grande, certes, mais non infinie.

II y a plus de cent cinquante ans, Faraday révéla, à travers une série de brillantes expériences, que l’électricité et le magnétisme ne sont que les deux faces d’une même pièce, l’expression d’une seule force sous-jacente. 

Maxwell rassembla les lumières séparées et partagées en plusieurs espèces et les marqua du sceau de l’unité, celle de l’onde électromagnétiques. Les équations de Maxwell décrivent les variations du champ électromagnétique de place en place et d’instant en instant, à partir du moment où l’on se donne le champ initial. Maxwell montra que, lorsqu’un champ se propage sous forme d’onde électromagnétique, il transporte une quantité définie d’énergie. Mais, comme E = mc2, le champ de Maxwell a une masse. II est donc tout aussi « réel » ou irréel qu’une particule.

« La vitesse de la lumière est de 300 000 km/s » est une loi indépendante du mouvement de celui qui l’édicte. C’est une propriété de l’univers. 

… comprendre, pour nous, pauvres humains très attachés à l’aspect tactile, manuel des choses, prend toujours une connotation mécanique ; la pensée du monde et des phénomènes reste attachée à la main. P.116 

La théorie de Maxwell fut modifiée au début du XX siècle.Dans la théorie classique, il est possible d’accroître ou diminuer l’énergie en quantité quelconque, mais dans la version amendée les incréments ou décréments d’énergie ne peuvent prendre que des valeurs discrètes, les quanta, qui en l’occurrence sont appelés photons.

Les photons présentent des propriétés tant corpusculaires qu’ondulatoires, même si dans lexique de la physique moderne on les trouve sous la rubrique « particule » ; c’est oublier la moitié de leur nature. 

La nouvelle théorie quantique des champs décrit chaque particule comme l’excitation d’un mode ondulatoire du champ correspondant. La « Grande Théorie d’Unification » [a pour objective de réunir interaction faible et forte]. Poussant l’audace et l’ambition à leur comble, les voilà projetant un formalisme physico-mathématique qui embrasserait les quatre forces, y compris la gravité. La théorie quantique de la gravitation vise à fondre la physique quantique et la relativité générale. Elles sont d’ordinaire comme l’huile et l’eau.

 Les théories de l’interaction électrofaible et de Grande Unification reposent ainsi toutes les deux sur le concept de champ de Higgs. En conséquence, les bosons du même nom constituent la clé de tout l’édifice conceptuel de l’unification, et il convient de recueillir leur signature expérimentale pour légitimer la théorie. 

L’apparition d’infinis délétères dans les équations a grevé jusqu’ici toute tentative de quantification de la gravitation, mais une espérance s’est levée : la dernière aventure conceptuelle de ce siècle s’engage sous la bannière des supercordes. Ces entités bidimensionnelles obéissent aux équations de la mécanique relativiste (au sens de la relativité restreinte) et déterminent en grande partie l’espace-temps où elles se meuvent, aussi bien que les interactions auxquelles elles sont soumises, au prix, il est vrai, de l’introduction de dimensions supplémentaires. 

 L’univers est donc unifié par ses lois. Mais que sont ces lois ? Des rapports constants entre quantités variables. La matière même  se diversifie au gré de la température de l’univers.  Des lois de loi, ou « métaloi », gouverne l’écriture des lois concrètes et opérationnelles, des principes de symétrie régissent l’écriture des équations et limitent leurs formes. L’univers est donc un concept théorique seulement accessible au travers de la compréhension du modèle cosmologique…il ne peut être conçu sur le modèle de la chose car nous parlons de l’intérieur de cet univers de langage. Ce serait plutôt un ordre à retrouver.P 146

 La densité de matière estimée à partir du « pesage » des galaxies n’atteint pas 5 % de la densité critique. Cette disparité entre masse baryonique et matière lumineuse indique à l’envi que la matière baryonique qui ne brille pas (ou matière « noire ») l’emporte sur celle qui brille.P.155 

 L’astronomie des Grecs est laïque, l’astronomie babylonienne est sacerdotale. P 168

« II est maintenant admis, en physique, que les propriétés (les lois) de l’Univers pourraient être toutes différentes de ce qu’elles sont. Elles sont si improbables que certains cosmologistes n’ont pas hésité à avancer l’idée (métaphysique) qu’il existerait une infinie multitude d’Univers dont chacun aurait ses caractéristiques propres » P.180 

L’univers est contingent non seulement par son origine mais par ses lois, car origine de la substance et origine des lois ne peuvent se trouver en lui même (aucun système ne peut rendre justice de lui-même).Autrement dit, il n’existe pas d’explication physique (rationnelle) de l’origine de l’Univers.

La matière ne rêve que du temps béni de sa genèse : du temps zéro où elle n’était pas. Ayant transgressé la loi du vide, la symétrie parfaite, elle a été expulsée du paradis symétrique. Les guerres, les malheurs des hommes, les tourments de l’univers viennent peut-être de cette désobéissance à la symétrie. Le vide fait payer cet instant de folie qui consiste à sortir de la perfection, ne serait-ce qu’un infime moment. Il fait payer sa propre brisure de symétrie. Mais de la même brisure s’envolent des planètes, des regards étoilés, des blés et des bleuets et notre Mère la Beauté du Monde.