La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme- Francis Fukuyama – 1992

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(a reprendre)

Synthèse : Le consensus autour de la démocratie libérale comme système de gouvernement par excellence semble être accepté par tous. Il a vaincu les autres système et demeure seul en lice. Fukuyama suggère qu’il pourrait y avoir là le point final de l’évolution idéologique de l’humanité en, en cela, la fin de l’histoire.

Contrairement au autres formes de gouvernement, la démocratie libéral semble exempte de contradictions fondamentales : ces principes sont justes et les difficultés rencontrés viennent simplement de difficultés dans leur mise en œuvre. L’idéal de la démocratie ne peut pas être amélioré sur le plan des principes.

 Fukuyama ne considère pas l’histoire comme succession d’évènements mais comme un processus simple d’évolution prenant en compte l’expérience des peuples, dans la tradition Hégélienne du  mot. Dans ce sens l’évolution des sociétés s’arrêtera lorsque l’humanité aura mis au point une forme de société satisfaisant les besoins les plus profonds de tous. Pour Hegel c’était la société libérale, pour Marx le Communisme. Les évènements continueraient d’exister mais les institutions fondamentales et les principes sous-jacent n’évolueraient plus.

peut-on parler d’une histoire cohérente et orientée qui finira par conduire la plus grande part de l’humanité vers la démocratie libérale ? la réponse est positive pour deux séries de raisons : d’abord des raisons économique ensuite pour des raisons psychologique (lutte pour la reconnaissance).

Vivant en fin de ce siècle, après 2 guerres mondiale, le nazisme, le communisme, il est difficile d’accréditer l’idée d’une société évoluant de façon cohérente. Et pourtant les 20 dernières années ont vu la chute de dictatures, de droite comme de gauche, au profit de la démocratie libérale, seul point commun entre des régions et des cultures différentes. Le libéralisme économique, qui précéde ou qui suit le libéralisme politique a permit d’atteindre dans certain pays des niveaux de prospérité sans précédent.

Fukuyama utilise la physique moderne comme mécanisme permettant d’expliquer l’orientation et la cohérence de l’histoire. La science est la seule activités bénéficiant d’un consensus général qui soit cumulative et orientée. Le développement des sciences a eu un effet uniforme sur les sociétés qui l’on connue pour 2 raisons : elle procure des avantages militaires consequents et elle élargit le champs des possibilités de production économique. Le processus  pemet ainsi une homogénéité croissante des sociétés : état central, urbanisation, nouvelles formes d’organisation sociale, division du travail et éducation adaptée aux besoins. Ces sociétés sont liées entre elles par les marchés mondiaux et la culture de la consommation.  Les régimes centralisés ont été capables de s’industrialiser facilement, car le processus est simple. En revanche elles sont inadaptées au développement de société complexe post industrielle ou l’information et l’innovation technologique joue un rôle providentiel.

 La science peut donc expliquer en grande partie l’uniformisation des sociétés. Mais elle ne peut rendre compte du phénomène de démocratisation. Il n’y a pas de raisons de considérer que l’avancement économique mène automatiquement à la liberté politique.  La logique des sciences n’est pas suffisante pour expliquer l’orientation générale de l’histoire. L’interprétation scientifique, économique de l’histoire est incomplète car l’homme ne se résume pas a l’homo économicus. D’ou la nécessite de faire intervenir un second principe : la lutte pour la reconnaissance (Hegel).

L’homme désire le désir de l’autre : il veut être reconnu, qu’on lui accorde prestige et dignité. Selon Hegel les batailles n’ont pas lieu pour des motifs économiques mais des motifs de prestige : l’enjeu de la bataille n’est pas déterminé par la biologie, preuve qu’il existe bien une liberté humaine.  Le moteur de l’histoire est donc cette volonté de l’homme de vouloir être reconnu a sa propre valeur : c’est la le premier principe de justice.

Cette volonté de reconnaissance mène à la lutte entre les hommes et la reconnaissance que certains sont plus fort que d’autre : naît ainsi la relation maître-esclave. Mais pour être reconnu, le maître doit l’être par tous, y compris l’esclave. Cette reconnaissance imparfaite n’était pas viable a terme et conduisit naturellement a l’abolition de l’esclavage et l’égalité de tous les hommes (1789) et la reconnaissance réciproque entre hommes de même statut. L’état reconnaîtra les même droits à tous.

Hobbes et Locke voient les droits comme moyen de préserver une sphère privée ou les hommes peuvent s’enrichir et satisfaire leur désir. Hegel pense au contraire que les droits sont la façon d’assurer la reconnaissance et la dignité a chacun. Hegel considère que l’histoire touche a sa fin avec la révolution (BHL dit qu’Hegel voit la fin de l’histoire dans les conquêtes Napoléonienne quelques années apres la revolution et la diffusion du code civil)

Le besoin de reconnaissance explique aussi l’évolution vers la démocratie libérale. A mesure que la société se développe, que le niveau d’éducation se développe, les hommes ont besoin d’être reconnu comme des citoyens actifs. Ils veulent, en adulte, participer au gouvernement. C’est la reconnaissance de l’autonomie d’homme libre. Ce désir de reconnaissance nous permet de réinterpréter les phénomènes comme la culture, la religion, le travail, le nationalisme, la guerre.

Pour que les démocratie fonctionnent, les citoyens ont besoins de développer une fierté irrationnelle dans leur propre institutions démocratiques et doivent développer un attachement orgueilleux à de petites communautés. Pourtant cet attachement limité va a l’encontre de la reconnaissance universelle qui fonde l’Etat Libéral.  L’état libéral, l’économie libéral ne réussit pas uniquement grâce a ces principes libéraux mais requière des formes plus irrationnels de croyance et d’appartenance qui joue de façon importante parfois positivement, parfois négativement.

Lutte pour la reconnaissance permet d’éclairer la nature de la politique internationale et, par analogie, les états se combattent pour être reconnus, pour avoir la suprématie : c’est la « politique des puissances » (Kissinger).

La démocratie libérale remplace cette volonté d’être le plus fort par celle d’être égal. Les démocratie libérale sont donc source de paix puisque chaque nation reconnaît les autres comme semblables.

La question reste posée de savoir si les démocratie établies peuvent le rester : les problèmes a résoudre au quotidien sont nombreux mais ils ne sont pas insolubles dans le cadre des principes du libéralisme. Il est donc peu probable de voir s’effondrer l’occident comme la Russie dans les 90.

C’est le phénomène de reconnaissance et son application par la démocratie qui la rend stable et durable. Mais les individus sont-ils satisfait de cette reconnaissance ? un système la garantissant aurait toute les chances de survivre longuement.  A gauche on dira que la reconnaissance est incomplète car le capitalisme fabrique les inégalités économique et requière une division du travail,  inégale par excellence.

La critique de droite, de Nietszche, par exemple, indique que la démocratie libérale a donné naissance a ce dernier homme, celui qui ne croit pas en sa propre valeur puisqu’il en a une de facto donné par le système et dont il se contente pour se préserver. Il n’y a plus d’initiative, plus de courage, juste des hommes capables de désir, de raisons et d’intérêt personnel. Ce dernier manque de la qualité de vouloir être meilleur et reconnu comme tel. Il est incapable de s’élever au-dessus de ses passions médiocres.

Ce dernier homme est-il donc cette humain sans vaillance ni aspiration ? n’a t-il pas une part humaine qui recherche le danger, la lutte, le risque, une reconnaissance de différence ? La peur même de devenir ce dernier homme, meprisable, ne poussera t’elle pas certain a devenir « premier homme », radicaux, brutaux et dangereux car armés des armes modernes ?

P30 : Au XIX on associait le mal a un état arriéré de développement. Mais le nazisme est arrivé dans le pays le plus industrialisé et le mieux éduqué d’europe. Si le développement économique, éducation et culture ne sont pas des garanties contre le nazisme, quel est le sens du progrès historique ?

P 34 : citant Revel, Les démocraties ont les plus grandes difficultés a soutenir les politiques extérieures sérieuses et de long terme car elle doivent tenir compte, la aussi, de l’avis de tous.  La critique permanente, qui est une partie intégrante de la démocratie, la rend vivable mais aussi fragile.

P 40 La légitimité d’un pouvoir n’est pas la justice ou le droit pris dans le sens absolu: c’est un concept relatif qui n’existe que dans la perception subjective du peuple. Ainsi les pires dictateurs dirigent parce qu’une partie au moins de la population accorde au chef une légitimité quelconque (pour Hitler, c’est le parti Nazi, la gestapo etc.)  Ainsi le pire chef de bande dispose d’une légitimité que lui attribue ses propres troupes, légitimité fondée sur un partage juste des butins.

P 46 : on remarque une constance vers la transition démocratique en Europe méridionale, en Amerique latine et en Afrique du sud. Mis a part Somoza au Nicaragua, aucun régime n’a été chassé du pouvoir par un soulèvement violent ou une révolution.  Le changement de régime a pour origine une décision volontaire de certains membres du pouvoir de désister en faveur d’un gouvernement démocratiquement élu. Cette retraite volontaire a eu des causes conjoncturelles mais a ete rendu possible par la conception de plus en plus admise que la démocratie était la seule source légitime dans le monde moderne. […] Mais il est un fait que le plus intransigeant des dictateurs croit toujours qu’il doit se donner au moins un vernis démocratique en organisant les élections.

P 49 L’état totalitaire était fondé sur une idéologie explicite fournissant un conception globale de la vie humaine. Il cherchait un contrôle total de la société. Le Communisme , le nazisme par exemple.  Par opposition au Facisme Italien ou au Franquisme Espagnol qui n’avait pas cette absolue idéologique et qui n’était finalement qu’un forme de gouvernement sans vision millénariste.