Présentation de la philosophie. André Comte-Sponville. Livre de poche 2002.

 Comte-sponville

La morale : elle n’est pas là pour punir ou réprimer, nous avons les tribunaux pour ça.  La morale commence là où aucune punition n’est possible, là ou aucune répression n’est possible.

Un choix n’est pas moral s’il est dicté par la précaution ou la prudence. La morale n’est pas une peur maquillée en vertu.

La question de morale ne concerne que l’individu : elle répond à la question « que dois-je faire ? » : c’est donc l’ensemble des devoirs que je reconnais légitimes.  Elle doit être distinguée du « moralisme » qui est représenté par « que doivent-faire les autres ?». La morale n’est jamais pour le voisin, disait Alain.

La morale ne vaut qu’a la première personne mais universellement, autrement dit pour tout être humain. C’est se soumettre à une loi qui nous paraît valoir, ou devoir valoir, pour tous.

 

Y a t ‘il un fondement à la morale : une fondement ce serait une vérité incontestable qui viendrait garantir la valeur de nos valeurs. Or aucun fondement ne peux exister sans présupposer la morale qu’il prétend fonder…Contre la violence, la cruauté nous avons moins besoin de fondement que de courage.  « il n’y a rien d’autre dans la morale que le sentiment de dignité » Alain.

 

L’esprit des lumières a inversé la causalité : ce n’est plus la religion qui fonde la morale mais la morale qui fonde ou justifie la religion.  (Comte-Sponville est athée – ceux qui ont écrit la bible ont bien saisi la nature humaine. Ils défendent ainsi des valeurs morales partagées par tous. Ainsi leur promesse de rédemption, de salut, de paradis, de vie après la mort sont des promesses que chacun veut entendre…d’ou le doute : la religion nous propose exactement ce que nous souhaitons…nous préexiste-elle réellement ? ).

 

La politique : c’est la gestion pacifique des conflits d’intérêts, des rapports de force.

La politique s’inscrit dans l’action, elle nous rassemble en nous opposant : elle nous oppose sur la meilleure façon de nous rassembler.

On ne peut réduire la politique à la morale : la morale ne peut vaincre la misère ou l’exclusion. La morale ne peut suffire à résoudre un quelconque problème social. La politique est l’expression collective de l’égoïsme de tous, une expression la plus efficace possible.

La générosité est une vertu morale : individuelle et désintéressée. La solidarité une vertu politique : un égoïsme de groupe pour être encore plus fort. 

La morale est désintéressement, la politique ne l’est pas.

La morale est universelle (ou y tend) : la politique ne l’est pas.

La morale est individuelle, la politique est collective.