Thérèse Delpech – L’ensauvagement – 2005

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P19 – raymond Aron « guerre improbable, paix impossible » à propos de la guerre froide.

P30  La politique ne pourra être réhabilitée sans une réflexion éthique. Sans elle de surcroit nous n’aurons ni la force de prévenir les épreuve que le siècle nous prépare, ni surtout d’y faire face si par malheur nous ne savons pas les éviter.

P42 l’histoire du siècle passé a montré comme des bouleversements historiques d’une violence inouie pouvait succéder sans crier gare à la plus belle des époques. Des leçons de prudence en ont été tirées par la maison Europe. Mais ce qui se joue aujourd’hui c’est la capacité de l’Europe à assumer des responsabilités internationales dans un monde profondément troublé.

P54 La volonté de revanche d’Etats sur l’occident qui a, de leur point de vue, trop longtemps fait connaître sa loi au reste du monde est une question d’une autre nature. Le désir de réequilibrage stratégiques est fort. Les pays qui portent se message (Inde, Chine, Iran) feront écouter leur voix. Le problème est moins de contenir leurs ambitions que de leur donner une forme qui ne trouble pas la paix régionale et mondiale. C’est au XXème ce que l’on a pas su faire avec l’Allemagne. On connaît les conséquences de cette faute.

P 85 Une sauvage indifférence aux êtres humains telle est la plus importante régression du XXème siècle.

P118 En stratégie comme en politique la pensée européenne est surtout réactive. L’Europe n’a rien a dire.  Comme le soulignent Alain Franchon et Daniel Vernet dans l’ouvrage qu’ils ont consacrés au néo-conservateurs, « elle se conduit comme si les problèmes n’existaient que lorsque les Etats-Unies les posent. »

P146 quand on a les questions asiatiques en tête, il ne faut jamais oublier la surprise et l’imagination stratégique.

P 164 a propos de la periode 30-39 et  l’Allemagne : A un moment où l’expansion européenne se faisait hors d’Europe avec la colonisation, il était difficile d’imaginer une volonté d’expansion en europe.

P192 Nous ne croyons pas suffisament a nos valeurs pour les enseigner et encore moins les défendre, telle est la racine du problème, que les terroristes n’ignorent pas. C’est même une des raisons principales pour lesquelles ils sont convaincus qu’ils finiront par l’emporter.

P204 A propos des investissement militaire chinois (le budget militaire croit de 10% par an depuis 30 ans) comme le dit Clausewitz « on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir très longtemps dessus ».

P238 Dans le paysage d’ensemble, la soudaineté et l’ampleur des changements en cours en Europe orientale, au Moyen-orient, en Asie font une contraste saisissant avec la léthargie de l’Europe. Tout se passe comme si les changements qui se produisent dans le monde ne la concernaient pas. Aurait-elle abandonné cette curiosité pour les autres régions de la planète ? Aurait-elle perdu le sens de l’appel de la liberté et des valeurs démocratiques qui ont pris naissance chez elle ? Elle ne semble pas comprendre que les résultats de 50 années d’efforts continus peuvent disparaître. Les résultats de cette myopie ne se font pas attendre. Plus personne ne se réclame de l’Europe, alors que c’est elle qui a créer la liberté comme catégorie politique, contribué a façonner le monde et témoigné d’une compréhension remarquables des civilisations les plus lointaines.

P289  Car le mépris des droit de l’homme et de la vie humaine, qui avait fait dire a Fernand Braudel : « l’homme vaut si peu en Chine » a des incidences évidentes en matière de sécurité. Le pouvoir ne reculera pas devant le sacrifice de millions d’hommes, si ce sacrifice est jugé nécessaire à ses ambitions ou à sa survie.

P319 Les pays occidentaux refusent d’intervenir dans les zones a risque quand leurs intérêts de sécurité ne sont pas en danger, une conception contradictoire avec la reconnaissance du caractère « transnational » des menaces contemporaines. Le besoin d’ordre continue a être perçu comme un objectif supérieur au besoin de justice et la survie de l’Etat est toujours plus urgente que celle des populations dont ils ont la charge. Si les populations sont plus importantes que l’Etat – comme le dit la charte des Nations Unies – quels Etats sont prêts à en faire un principe de relations internationales.

P328 Ce qui est incontestable, c’est que l’Europe n’est plus le centre de gravité des affaires stratégiques mondiales. Celui-ci se trouve désormais en Asie…un conflit majeur, si par malheur il éclatait, ne se déroulerait pas en Europe. Mais loin de la pousser a prendre une sorte de retraite historique (les dividendes de la paix) cette chance devrait lui permettre d’assumer a nouveau ses responsabilités dans le monde.

 La régression politique, culturelle et morale fait désormais partie de notre horizon politique; la déshumanisation dont nous sommes les héritiers est une menace pour notre survie ; la mémoire des crimes est une condition de la sécurité internationale.