Spinoza et le Spinozisme, Jean Pierre Moreau, PUF – Feb 2009

 Spinoza

 Rationaliste absolu : le réel est intelligible par la raison et il n’y a rien de mieux que la raison pour comprendre la nature.

 

Un objectif : faire partager a tous les hommes la paix, la sécurité et la liberté politique jusqu’à la libération de l’âme.

 

Pantheiste : Dieu est la Nature. Il est tout et partout.

 

Né en 1632 a Amsterdam, d’origine portugaise. (Galilée condamné en 1633 pour la theorie copernicienne du siècle précédent…) Il a 16 ans lorsque les pays bas deviennent indépendant de l’Espagne. La lutte contre l’Espagne au nom du protestantisme contre l’intolerance catholique espagnole. Unis pendant le conflit espagnol, les différents courants Calviniste strict et ceux qui revendique la liberté de croyance et de culte. Scission au sein des Calviniste entre ceux qui croient a la prédestination et ceux qui croient au libre arbitre. La maison d’Orange soutient les radicaux, Amsterdam est elle plus tolérante. Ces conflits et équilibres précaires  imposent une situation de tolérance de fait. Apres quelques conflit politique/religieux graves – accompagnés de m’execution du chef de l’état (le grand pensionnaire),vers 1650 les pays bas connaissent une liberté de penser inconnue ailleurs en Europe. Grande question de l’époque : le droit de affaires religieuses : qui nomment les pasteurs etc. ?La sépration de l’église et de l’etat est impensable, l’un doit controler l’autre. Pour Spinoza (Grotius, Hobbes) L’état doit garder le contrôle de l’église. Enfin, les provinces unies bénéficient de la marque de Erasme (prestige universitaire, érudition, histoire, science et philosophie). ( Juste Lipse (philologue, humaniste de overisje ) ‘ure, seca’ ‘brule, coupe’ signifiant le droit et devoir du souverain de maintenir par force l’unité du corps de l’Etat – le Conseil est construit sur l’ancien rue qui porte son nom – il aime les tulipes et les chiens….). Amsterdam est un grand lieu du cartesianismes : un point de départ (on y traite des questions que Descartes n’a pas traité), un emblème (on applique sa methode – on se que l’on a compris de sa methode – a toute nouvelle philosophie, un lieu de contradiction (on interprete les textes de Descartes, parfois de façon opposée). Spinoza participe aux débats scientifiques de son époque (optique, probabilité, chimie, mathématiques). Les pays bas forment un creuzet extraordinaire – veritable point de départ des lumières.

 

Exclu de la Communauté juive en 1656 il ne peut plus continuer les affaires. Il travaille alors pour Hyugens a polir des lentilles – mais il participe active à la reflection theorique en matière d’optique avec les frères Huygens.  

 

La famille de Spinoza, juive du Portugal (à l’époque soumis a l’Espagne) convertie (marrane) quitte le pays pour échapper à l’inquisition (les convertis qui ont conservé énormément de pouvoir et font des enviieux. Ils sont suspectés de n’être pas suffisamment chrétien – d’où la revendication de « pureté du sang » qui naît à l’époque. Or beaucoup n’ont pas la religion au cœur de leur vie et se trouve forcé de réfléchir à leur identité du fait même de l’Inquisition. Les juif portugais viennent auparavant d’Espagne. Il y a un héritage culturel ibérique – ils ont le portugais comme langue courante et l’espagnol comme langue de culture.

Les juifs convertis ont peu a peu perdu leur judaïsme (pas d’école, pas de livres etc.). Ils doivent le retrouver grâce à des rabbins italiens, de Venise notamment. La Communauté a Amsterdam est très unis et très contrôlés avec un système éducatif efficace. Les Calvinistes voient les juifs positivement : ils ont besoin de leur compréhension de l’ancien testament pour les aider a refondé leur confession. Ils existent de nombreuse relations entre le monde juif et le monde chrétien qui l’entoure.

Il apprend le latin ( Térence – en particulier ‘l’Eunuque’ cité abondamment par Spinoza, Salluste, Tacite). Spinoza connaît aussi les esprits libre répondant au modèle des « mercator sapiens » commerçants sages qui prônent l’idéal républicain, un commerce vertueux et un discourt honnête – fondement d’un capitalisme hollandais…

 

Descartes, Bacon representent ensemble ce mouvement de la nouvelle philosophie qui combat Aristote et s’édifie à partir d’une reflexion sur la nouvelle physique…(kepler, galilée)

 

Le TIE est d’horizon cartesien, non que Spinoza s’y pose en disciple de Descartes, mais parce que le lexique, le sujet.. y sont en partie hérités du cartesianisme ou en confrontation avec lui…

Fasciné par certain passage de la Bible – la fondation de l’Etat par Moise, la destruction de jérusalem)

 

A rebours de tout les bavardages sur la nécessaire opacité de la philosophie, le temps de l’écriture spinozienne est celui de la clarification maximale.

 

Le traite de la réforme de l’entendement

On peut concevoir une nature humaine plus parfaite que ce que ce qui existe et on appelle vrai bien tout ce qui permet de s’en rapprocher. Le souverain bien consiste a jouir d’une telle nature. Pour y parvenir il faut corriger l’entendement afin qu’il comprenne le mieux possible.

Il existe 4 genres de connaissances : par oui-dire, l’expérience vague, la perception vrai (mais inadequate) qui remonte de l’effet a la cause ( qui tire une conclusion d’un universel parce qu’il est toujours accompagné d’une propriété) et la perception adéquate ou la chose est percu par son essence ou par sa cause. ( distinction entre le vrai (3eme genre) et  adequate (4eme genre).

Spinoza insiste sur la relativite du bien et du mal, comme du parfait et de l’imparfait.

La methode pour atteindre le 4eme niveau d’entendement est d’amender, d’ameliorer l’activité spontanée de l’entendement. Comme l’homme fabrique des outils de plus en plus perfectionner grace au départ à des outils en pierre et en bois, l’entendement s’ameliore en ameliorant les idées et la méthode.

La vérité n’est plus pensable dans un simple rapport avec le faux.

L’ame et l’esprit (animus /mens) sont tourmentés par les occurrences de la vie, distraient par les biens ordinaires : ce sont les incertitudes, les erreurs. L’entendement doit les dépasser pour atteindre la pensée vraie. L’imagination est décrite par contraste avec l’entendement.

 

Le court traité

Un plan embryonnaire comprenant celui de l’Ethique.

La premier partie traite de Dieu conçu comme un principe premier, cause immanente d’où tout est issue. Il distingue les attributs de dieu qui definissent son essence (pensée et étendue), les attributs qui lui appartiennent sans nous le faire connaître, la necessité de son action (idée de providence) et le fait que tout soit causé necessairement (idée de prédestination).

Distingue 3 types de connaissance :  opinion, croyance, savoir.

 

Les principes de philosophie de Descartes

Contre Descartes, il ne considere pas qu’il existe des choses au dessus de l’humaine entendement. Il enseigne la philosophie de Descartes sans être d’accord avec l’ensemble de ses idées.

 

Le traité théologico politique.

Le mot philosophie  signifie deux choses : le bavardage spéculatif caractéristique des grecs ( délirer avec les grecs) et l’usage de la raison (dans les sciences et la philosophie au sens d’aujourd’hui)

Ce qui est prophetique affirme une verité sans pour autant la demontrer.

Il existe deux types d’hommes : les hommes d’entendement (celui qui a recours a la raison) et les hommes d’imagination (qui s’indigne des situations injustes, qui appelle a plus de justice et de charité. C’est un interpretation laique du prophete. Justice et charité sont les seuls thèmes commun à tous les prophètes. Il faut distinguer alors les sujets sur lesquels les prophètes n’ont pas autorité pour parler. Le prophète ne parle pas de questions spéculatives (l’essence de dieu, de l’Etat), il apporte des réponses pratiques – et il utilise le language des hommes lorsqu’il ne parle pas de son objet propre. Les prophètes ont raison du point de vue éthique mais ne sont pas des spécialistes de la politique…il prétend que la prophétie est supérieure à la raison (une facon de se mettre sur le terrain de l’adversaire)

Il n’y a pas de divergence de fond entre les sciences du sens et les sciences physiques.

Le prophète est celui qui ne démontre pas mais qui affirme, il revendique la vérité sur la démonstration. Pour Spinoza le prophète est un homme pieux dont l’imagination est particulièrement vive.

Il analyse l’etat – selon le contrat social qui a l’époque l’explique. Alors que la contrat social prône de lutter contre les passions humaines, privilégiant la raison, Spinoza soutien que les passions ne sont pas vices regrettables mais elles sont parts essentielle de la nature humaine. Elle ne disparaissent pas avec le contrat social et le menace de l’intérieur. Une façon de se défendre est d’utiliser la force mais cela n’est guère possible sur le long terme. L’état peut alors utiliser d’autres passions – notamment la passion religieuse – qu’il conviendra alors pour l’Etat de contrôler, afin qu’elle ne s’autonomise point rendant le remède pire que la mal. Il conçoit alors que la liberté d’opinion doit être défendu par l’Etat car elle est un contrepouvoir efficace de la religion qui généralement cherche elle a limiter la liberté des citoyens.

La liberté de penser correspond au droit réel (à la puissance) de l’Etat.

 

L’éthique

Le dieu de Spinoza n’est pas le dieu des religions révélées, il ne crée pas par libre arbitre un monde qu’il transcende. Il est le lieu des lois nécessaires et il produit nécessairement une infinité d’effets. Toutes les choses sont animés d’une puissance qui est directement la puissance divine. Dieu lui-même n’est dieu qu’en se modalisant, et chaque mode n’est mode qu’en produisant ses effets.

Le principe de similitude : il explique les passions qui naissent en nous non pas à propos d’un objet externe mais à partir de la conduite de quelqu’un d’autre chose qui nous ressemble. On passe d’un univers  ou nos passions se donnent a des objets à un univers ou elle se complique de nos relations avec nos semblables : une innovation de Spinoza. Avec quelque élément que reprendra Freud : le psychique ne se limite pas au conscient (mais Spinoza ne parle pas d’inconscient), le corps manifeste des événements qui ont lieu dans le psychisme. Pour tout deux il y a une volonté de comprendre rationnellement ce qui semble échapper à la raison.

La raison peut se deployer dans un individu mais elle est au départ trop faible pour lutter contre la vie affective. C’est pourquoi je vois le meilleur et je fais le pire. Comme pour l’ecclesiaste, qui augment son savoir augmente sa douleur.

La raison peut conduire à un modèle de comportement mais ne permet pas encore d’accéder à la liberté. L’Ethique se fonde sur une confiance ferme en la raison tout en reconnaissant qu’elle n’est pas toute puissante, mais que rien ne peut lui être superieur ou offrir des ressources qu’elle n’a pas.

 

Le Traité politique.

C’est l’exposition de l’ensemble des matières qui concerne la vie des hommes dans la société civile. Il faut regarder les phénomènes humains comme ils sont et non pas à la lumière d’une essence supposée ou de ce qui est souhaitable. Face a la longue tradition (Platon) qui identifie le bon gouvernement avec le gouvernement par les bons (les sages, philosophes, princes instruits) le traité affirme que la vertu des dirigeants est indifférente à la politique. Des institutions qui ne tiennent que la vertu de leur dirigeants ou des citoyens sont de mauvaises institutions. C’est a l’Etat de rendre les hommes vertueux et non d’attendre qu’ils le soient.

Il passe de la theorie du contrat aux principes d’équilibre des passions, des intérets , des institutions.

Spinoza est impartial face aux differents types d’etats (alors qu’il prend parti pour la democratie dans son Traité Theologico-politique) pour lesquels il recherche les conditions de la liberté des hommes. Pour Spinoza, l’experience est close. L’experience a montré tous les genre de cité qui peuvent se concevoir et  tous les moyens par lesquels se gouverne la multitudes.  Spinosa est aussi prudent indiquant qu’il à la politique d’avoir recours à des moyens connus plutot qu’a des moyens nouveaux et dangereux). Il s’agit donc de refuser que des constructions sorties de l’esprit d’un philosophe puissent avoir des chances de se réalisé si elle s’oppose à l’expérience.

 

Les personnages : Alexandre, Moise, Salomon, le Christ et Paul.

Complexion : Constitution d’une personne – etre d’une conplexion délicate.

Eternité des lois de la nature, vanité de biens usuels (chez Spinoza comme chez Salomon).

Incidente : accessoire, annexe, secondaire

Epistémologie : étude des sciences, des conditions de la connaissance scientifique.

Les mathématiques sont une voix d’acces à la vérité – la méditation sur la vie humaine, l’expérience peuvent arracher certains hommes aux cercles de la finalité…Salomon, en se plaçant au dessus de la Loi a tort d’un point de vue ethique (car même le Roi doit être soumis à la Loi) mais s’offre une chance d’un point de vue épistémologique : en ecartant la peur ( la Loi qui régi les hommes dans une théocratie telle que la connaît Salomon), il accede à une connaissance interdite à ses sujets.

 

Amsterdam : la liberté est pour le plus grand profit de la ville. Pour octroyer un prêt, on ne se soucie que si l’on est riche ou pauvre, de bonne foi ou tricheur. La religion n’entre pas en compte.  De même la religion ne contribue en rien à faire gagner ou perdre une cause devant le juge.

 

Spinoza répète, d’un écrit à l’autre, quelques formules clés, qui ne sont pas des axiomes, mais plutôt des thèses centrales, qui peuvent se déduire dans l’ordre démonstratif mais ont en même temps assez de force par elles-mêmes pour avoir été saisies par l’expérience. Ces principes servent à régler des objections d’une façon qui exclut la discussion. Ce qui souligne qu’il n’y a pas uniquement des déductions linéaires dans le système Spinoziste (malgré le more geometrico)

 

La nature humaine a des lois constantes.

Il y a quelque chose en l’homme de plus fort que la vérité, la vertu n’est pas réductible à la science. C’est une énigme (pour tous les philosophes du XVII) : on peut savoir et ne pas appliquer ce que l’on sait. Il n’y a pas de salut par le connaissance (machine de guerre contre la morale socratique (première doctrine de la science et père de la logique). C’est la force de la connaissance – et non de sa seule présence- qu’il faut attendre quelque chose. C’est pourquoi la raison ne suffit pas à arracher l’homme a sa servitude.

Conduire autrui à vivre selon sa façon de penser à soi (le principe de similitude)L’homme passionné essaie de transmettre ses passions. Le philsophe a pour ‘passion’ la raison, qu’il essaie de communiquer : c’est pourquoi le Spinozisme est une philosophie militante (alors que Spinoza ne l’était pas) il vise a donner la liberté à tous les hommes….