Le Principe, Jerome Ferrari, 2015

 

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Les expérimentations livraient toujours plus de résultats non seulement incompatibles avec les connaissances les mieux assurées de la physique classique mais, de surcroit, scandaleusement contradictoires, des résultats absurdes, et pourtant irréfutables, qui interdisaient de former un tant soit peu sensée de ce qui se passait à l’intérieur d’un atome.

Avez-vous devinez ce qu’il en coute parfois de regarder par-dessus l’épaule de Dieu ?

Malgré la répugnance que vous avait d’abord inspirée cette affirmation gratuite qui s’exprimait avec l’autorité arbitraire d’une révélation prophétique (…) : ce qui compose la substance du monde n’est pas matériel.

Depuis que Max Planck avait découvert le quantum universel d’action, cette funeste constante h qui avait, en quelques années, contaminés les équations de la physique avec la célérité maligne d’un virus impossible à éradiquer, la nature semblait prise de folie : des brisures discrètes fissurait l’antique continuité des flux d’énergie, la lumières grouillait d’étranges entités granuleuses et, dans le même temps, comme si ce n’était pas suffisant, la matière se mettait à rayonner sauvagement dans un halo fantomatique d’interférences.

Un même phénomène apparaissait tantôt comme une onde, tantôt comme un corpuscule, alors que rien au monde ne saurait être à la fois l’un et l’autre, et plus le temps passait, plus il devenait évident que cette épouvantable dualité ne constituait nullement l’exception mais la règle, une règle à laquelle personne ne comprenait quoique ce soit.

En 1926 Erwin Schrödinger émit une hypothèse : il s’agissait de considérer que les électrons n’avaient jamais été des particules mais des ondes, des ondes toutes bêtes, qui se donnaient parfois de faux airs de particules. Pourtant la théorie de Schrödinger contredisait des faits avérés

Si nous choisissons de déterminer exactement la position, notre ignorance de la vitesse devient littéralement infinie – ce qui ne signifie pas que cette vitesse existe et que nous ne la connaissons pas mais plutôt que le concept de vitesse est alors dépourvu de sens précis. Si nous déterminons la vitesse, c’est la position qui devient floue, comme si l’électron s’étalait dans l’espace pour l’emplir en entier….

Le principe consistât d’abord dans votre conviction que nous n’atteindrons jamais le fond des choses, non en vertu d’une malédiction ou de la faiblesse de nos facultés, mais (…) parce que les choses n’ont pas de fond.

Ni Einstein, ni Schrödinger, ni De Broglie n’acceptent de renoncer à l’espoir, déraisonnable et magnifique, qui fut la raison d’être d’une quête menée depuis si longtemps, de parvenir un jour à la description objective du fond secret des choses, et ils n’acceptent pas qu’à cause de vous cet espoir soit aboli….

Niels Bohr : le contraire d’une vérité profonde est une autre vérité profonde.

Deux nouvelles désespérantes : la première que la science n’était pas un sanctuaire inviolable, à jamais préservé des souillures de l’idéologie et de la politique (en référence à des tracts présentant la théorie de la relativité comme exprimant la quintessence d’une abominable physique typiquement juive) ; et la seconde, également fâcheuse quoique infiniment moins tragique, que l’obtention du prix Nobel n’offrait aucune garantie durable contre l’imbécilité.

Une grandiloquence maladroite et sincère.

Des scientifiques enfermés à « Farm Hall » : ils s’imaginent que leurs tourments ont de l’importance. Ils vivent dans un monde qui n’existe pas.

Comme le stipule le principe, dans un laps de temps très court, l’indétermination de l’énergie est telle qu’elle peut connaitre des variations considérables d’intensités, au point d surgir brusquement du néant

En 1924, je suis devenu assistant à Göttingen et j’ai inventé la mécanique quantique pendant un séjour à Helgoland.

Vous écriviez que le scientifique doit être aussi un prêtre et qu’il est un lieu où l’on a l’assurance que l’amour de Dieu ne ment pas.

Rien ne peut sauver de la solitude l’homme qui ne rencontre plus que lui-même.

Mission Alsos : mission de renseignement du projet Manhattan visant à rassembler des informations sur les recherches nucléaires de l’Allemagne nazie. De 1944 à 1945.