Vers une sobriété heureuse – Pierre Rabhi – 2010

 

Image result for pierre rabhi

1960 – « la France s’ennuie » lisait-on parfois dans la presse. Contrairement à aujourd’hui la jeunesse avait un avenir assuré. Elle ressentait néanmoins un étrange malaise, comme si les excès de l’avoir abolissaient les besoins de l’être, la société de consommation créant simultanément besoins et frustrations.

Cette jeunesse pressentait la confiscation de sa propre créativité par une société matériellement trop sécurisante, et pétrifiée dans un fait accompli à caractère, semblait-il, irréversible.  Cette jeunesse aspirait probablement à un destin auquel le risque, l’inconnu donne sens et saveur.

La joie de vivre est une valeur suprême à laquelle nous aspirons tous, mais que des milliards de dollars ne peuvent offrir.

Appartenir à une terre est un impératif vital pour tous les peuples.

Aujourd’hui, à la culture vivante s’est substitué l’encyclopédisme, un amas de connaissances et d’information dignes des jeux télévisés, qui ne construisent rien d’autre que des abstractions, et ne procurent pas une identité culturelle originale, reliée à quoique ce soit de pérenne. Tous est de plus en plus provisoire et éphémère au cœur d’une frénésie en évolution exponentielle.

Mais les acquis positifs (de la modernité), au lieu de venir enrichir les acquis antérieurs, en ont fait table rase, comme si le génie de l’humanité n’avaient été avant nous qu’obscurantisme, ignorance et superstition. C’est à cette arrogance totalitaire que nous devons l’uniformisation et la standardisation du monde d’un pôle à l’autre.

La modernité semble percevoir la réalité d’une manière fragmentée et mécaniste, appelant à une prolifération de spécialistes, ce qui est contraire à la vision unitaire et interdépendante qui est celle de l’écologie.

La liste serait longue de tous les superflus qui ont précipité l’histoire dans les pires convulsions, au détriment du nécessaire.

L’anthropologie a considérablement progressé dans le déchiffrage du phénomène humain, mais beaucoup reste à faire. [Il rejette pourtant l’approche ‘fragmentée des spécialistes’ ci-dessus]

Mais il est impératif d’œuvrer pour que les choses évoluent vers la cohérence, et que l’incohérence ne soit plus la norme et encore moins une fatalité. Il ne faut surtout pas minimiser l’importance et la puissance des petites résolutions qui contribuent à construire le monde auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer.

Rajid Rahnema « Quand la misère chasse la pauvreté » : les mécanismes de l’immodération, qui engendre la misère. La terre, de mère nourricière devient pourvoyeuse d’argent, lequel est responsable de la destruction d’organisation sociale séculaire, et des inégalités.

Toutes les disciplines scientifiques réunies ne peuvent nous éclairer [sur le sens de la vie]. Elles ont cependant le mérité de mettre en évidence l’impossibilité pour la pensée, de nature limitée, de nous permettre l’accès à une réalité de nature illimitée. Cependant elle peut nous conduire aux rivages de l’inconnu. Elle s’apaise alors, découvre la sobriété et nous introduit à la contemplation dénuée de tout questionnement sans objet.

La vérité semble préexister à tout ce qui existe : une approximation intuitive, et sous l’aiguillon d’un doute permanent, la puissance du divin. [Rabhi est spinosant !]

Nicholas Georgescu-Roegen : la décroissance soutenable, qui produit du bonheur avec de la modération.

La société est à l’évidence de plus en plus anxiogène. Et cela va s’amplifier en même temps que le ravage de la biosphère et l’indigence dont est responsable l’avidité accrue du genre humain.

www.terre-humanisme.org

 

 

Advertisements