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L’Hypercapitalisme mondial -Alain Cotta- 2017.

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Deux révolutions: la révolution digitale et la mondialisation des activités économiques. La symbiose  des deux assure aujourd’hui l’envahissement planétaire du capitalisme.

Deux capitalismes : l’un occidental, d’Entreprise, instigateur de la conquête de la planète, l’autre plus oriental, d’Etat, ou la volonté de ne rien céder á la conquête de son prédécesseur historique prévaut désormais.

Le capital réel (tous les biens durables) s’élève a 200 trillions de dollars en 2014, la richesse financière a 300 trillions. L’économie mondiale est plus financière que réelle. Cette supériorité va en s’accroissant puisque le taux de croissance du produit réel est de 2.5% sur le long terme, celui du capital financier de 5%.

La stratégie des fonds de gestion il y a 25 ans obéissait aux objectifs de leurs déposants dont l’age moyen, 2 ans avant celui de leur retraite, expliquait qu’ils se contentaient du revenu assuré même modeste. Depuis, ces entreprises de gestion ont pris des participations importantes et croissantes dans des entreprises d’un même secteur. Elles ont ensemble le pouvoir d’orienter la stratégie de ces entreprises.

Le grand projet des instigateurs de la mondialisation est désormais aux oubliettes. Les états-nations ne se sont pas dissous dans la parousie ‘libérale’. Et la démocratie demeure un régime politique des plus minoritaires, qui donne même quelques signes de fatigue.

[Ces révolutions donne naissance] á une société mondiale dont la stabilité devrait être durable. La mondialisation s’accompagne de l’existence d’une classe moyenne de plus en plus homogène et de moins en moins combative, et de l’inévitable exclusion économique d’une fraction croissante de sa population.

Transformer en peu de temps un paysan en ouvrier non spécialisé est relativement aisé. En faire un employé digital implique d’avantage d’effort et surtout de temps, donc beaucoup plus d’exclus pour longtemps.

La naissance d’un gouvernement mondial est attendu par tous les pères de la révolution digitale. Et pourquoi pas un Etat universel tel qu’entrevu par Ernst Junger en 1961 (au début de la coexistence pacifique de l’après-guerre)

Etat assurance, Etat confort, Etat providence : trois fonctions dont aucun individu ne saurait se passer, légitimées par une mondialisation qui crée spontanément des inégalités.

Une crise systémique mondiale parait désormais fort improbable (meilleurs moyens pour maitriser a court terme les économies nationales ; début de  comptabilité mondiale permettant de porter un jugement sur la situation a tout moment)

La montée de la Chine, demain celle de l’Inde, rendra de plus en plus fragile et contesté l’imperium financier des Etats-Unis. Sans doute trois monnaies (dollar, euro, renminbi) dans leur zone de prééminence. Deux grandes nations, Inde et Russie, resteront a l’extérieur, sans mettre en cause la caractère permanent d’une instabilité limitée et ordonnée. Des adaptations permanentes mais sans que la mondialisation elle-même soit mise en cause, sinon par des ajustements locaux.

Des 2050, la population africaine devrait atteindre 2 milliard d’individus, 20% de la population mondiale, contre 5% en Europe. 6 fois plus de pauvres que de riches – si proches.

De tous les désordres, les désordres démographique seront les plus violents et les plus malaisés a traiter lorsqu’ils deviendront très pressants.

Opposition courante entre régime démocratique et régime autoritaire : la différence essentielle réside moins dans l’exercice du pouvoir que dans son origine.

Les décisions sociales importantes exclut un nombre croissant d’individus, ce dont manifestent les niveaux d’abstention aux différentes élections, qui ne peuvent qu’augmenter, les choix sociaux á effectuer devenant de plus en plus difficiles á exposer et á comprendre.

L’importance de la redistribution (pour permettre a un nombre croissant d’exclus de vivre) est condamnée a croitre et a devenir de moins en moins familiale mais étatique. Mais sur qui prélever ?

‘L’ordre social, devenu celui de tout l’espace, reposera sur la patience et la résignation des nouveaux pauvres’ (Mme de Staël).

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La société hyper-industrielle – Pierre Veltz – 2017

Paris-Saclay

La production de biens et services industrialisés est en croissance continue, et représente un part a peu près stable de la valeur ajoutée globale. Il faut relativiser le déclin manufacturier.

La société hyper-industrielle : l’industrie manufacturière, les services, les entreprises du numérique font désormais parti du même ensemble.

En 2010, 330 millions de personnes étaient employés dans l’industrie manufacturière. Le ratio de 5% de la population mondiale employé dans le secteur manufacturier semble être resté relativement stable. Depuis 1990 la croissance de l’emploi s’est concentrée dans un petit nombre de pays, et d’abord la chine.

Les vieux pays continuent à présenter une part essentielle de la production des biens industriels à fort contenu technologique.  Chine, Mexique, Corée, Taiwan, Turquie et quelques pays de l’Est européen (base arrière de l’industrie allemande) sont les bénéficiaires de la mondialisation.

La stratégie chinoise se recentre aujourd’hui sur le marché intérieur et surtout sur une rapide montée en gamme technologique.

Globalement on constate que les services ont plus contribués à la croissance des pays pauvres que l’industrie.

L’industrie a permis de structurer les catégories dominées de la population autour d’intérêts partagés par de grandes masses de travailleurs : intérêts plus difficiles à faire émerger dans un monde de services, plus éclatés, informel ou artisanaux. La désindustrialisation prématurée des pays du sud (hors Asie de l’Est) n’est donc guère favorable à une consolidation démocratique.

Peter Menzel a photographié des familles de 30 nations étalant toutes leurs possessions matérielles.

Les US ont consommé 4.56 gigatonnes de ciment durant tout le XXème siècle. La Chine en a englouti autant en 3 ans (2008-2010).

Effet Jevons : la consommation (par exemple de canettes) a augmenté beaucoup plus vite que la dématérialisation (une canette pesait 85g en 1960, 9.5g aujourd’hui et avec 50% d’alu recyclé). Optimiser pour dématérialiser de manière relative n’est donc pas suffisant.

Nous sommes entrés dans une société où l’industrie est devenue très minoritaire en termes d’emplois. La chute (de 5M a 3M entre 1980 et aujourd’hui) va continuer du fait de l’automatisation.

Les français ont eu vision négative de l’industrie : 36% seulement la juge attractive ; contre 67% des américains et 82% des Chinois.

Gains de productivité après 2000 : la production industrielle française a été multiplié par 2 ; le total des heures de travail divisé par 2 : le produit par heure a donc été multiplié par 4. C’est une industrie largement robotisée.

La society hyper industrielle

L’étape nouvelle consiste a ne plus vendre le bien, mais a sa mise a disposition, son usage et sa fonctionnalité (Michelin vend des pneus au kilomètre parcouru, Rolls Royce vend de l’heure de vol de réacteur). Dans cette économie de la fonctionnalité a normalement intérêt a faire durer la vie du produit (sauf si le client est captif – Apple, Microsoft).

La vague technologique semble se traduire par une élévation considérable des inégalités, surtout au Etats-Unis et en Chine, et une concentration des richesses au profit d’une couche sociale de plus en plus mince, et non par une élévation de la demande globale.

Design, marketing et contrôle de la logistique sont les piliers stratégiques, et la production est complètement sous-traite (Nike, Apple, Zara, H&M…).  Cette monte de l’amont et de l’aval se traduit aussi en volume d’emplois car les taches y sont moins automatisées que celles de la production.

Le changement majeur ne sera pas celui du véhicule (voiture dans les villes) mais celui du système de mobilité. Ce sont les villes qu’il faut repenser: réinvention des villes, création de systèmes énergétiques a la fois plus étendus, plus diversifies et plus décentralises, l’ingénierie des territoires et des ressources naturelles a grande échelle, la conversion écologique de l’agriculture. On peut aussi parier sur la montée spectaculaire des biens et services centres sur l’individu, le corps,  la sante, le sport, l’alimentation, le Plaisir, le divertissement, l’éducation. Comment éviter que l’économie centre sur l’individu débouche principalement sur l’abêtissement médiatique et le narcissisme de masse.

Cette concurrence par la recherche du moins-disant en termes de salaire ou de conditions de travail et contraintes environnementales existe. Mais elle ne concerne qu’une partie limitée de l’économie internationale. La chine cherche aujourd’hui a sortir de ce positionnement de fin de chaine.

L’organisation consiste a faire des choses extraordinaires avec des homes ordinaires (Peter Drucker)

Le nouveau modèle d’entreprise est un centre de coordination mettant en œuvre des ressources  de manière totalement flexible, le travail étant défini comme une ressource liquide de contributeurs indépendants mobilisable a volonté. Certains parlent de ‘human cloud’.  Le travail devient une prestation de services dans une logique de gestions par objectifs et non plus par les moyens.

Le synchronisme des techniques a l’échelle de la planète a une conséquence radicale: il réduit a néant l’une des plus vieilles forces structurantes de l’économie, a savoir la protection des innovations et activités par la géographie, la distance physique.

De 2002 a 2013, la part de R&D en Asie (chine, Corée, japon) a augmenté de 27% a 37% du total mondiale. US+Canada a 29%, l’Europe a 24%. En Asie 80% sont des dépenses de développement. La recherché continue d’être finance par les US et l’Europe. Il y a un rééquilibrage vers l’Asie mais encore très limite. Les revenues de licences technologiques sont de 130 milliard pour les US (2013); 55 milliard pour l’Europe, moins de 1.5 milliard pour la Chine et l’inde réunies. Le rattrapage des pays émergents est limites a un tout petit nombre de pays. Il y a en outre une forte polarisation aux échelles infranationales. En France, 40% de la recherché est concentrée en région parisienne. L’internet n’a pas entamé cette polarisation: dans les sciences et la technologie les relations face a face restent essentielles.

Le ‘Made in Monde’ devient la règle. L’IPhone réunit des composants de 10 pays et de plusieurs centaines de fournisseurs.

Pour la plupart des produits, le cout de transport maritime est devenu quasiment négligeable. Les trajets maritimes créent des délais mais pas de couts. Sans cette économie du transport maritime, la montée de la Chine eut été impensable.

L’iPhone: Samsung fournit près de 30% de la valeur (des composants) l ‘IPhone 4  (pour lphone 7 TSMC a remplacé Samsung).  L’assemblage est fait en Chine. Les salaires sont verses au deux tiers aux USA. Les salaires chinois ne représentent que 2-3% du cout total. Les marges sont considérable et vont a Apple au US essentiellement. L’Iphone 6 vendu 600 dollars, le cout des composants est estime à 200-240 dollars.

Aucune usine américaine n’est capable de concurrence la capacité quasi instantanée de monter et de descendre en volume de production des unités chinoises (ceci même si les couts salariaux en Chine venaient a augmenter)

Apres 20 ans de forte croissance, le commerce mondial croit désormais moins vite que le PIB, et s’est stabilise autour de 30% de ce dernier. Les investissements directs à l’étranger ont atteint leur maximum historique en 2006. Les politiques focalisées sur la défense des intérêts nationaux font leur retour. On a pu parler de de-mondialisation. Mais est-ce une pause ou un retournement? La part de la valeur ajoute étrangère dans les exportations est partout en hausse…les relocalisations dont la presse parle souvent sont très rares.

Le poids économiques des grandes villes ne cesse d’augmenter: NY ou Tokyo (de poids similaire) équivalaient grosso modo au Brésil ou a l’Espagne, 5 fois le Portugal, 3 fois la Suède.

Bad Banks – Alex Brummer – 2014

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In January 2013, for example, Bank of America Merril Lynch agreed to pay the government $11.6 billion in penalties relating to the mortgage transactions it had conducted with intermediary Fannie Mae. Withholding punishment until such a time as the banks were strong enough to take the pain was a shrewd move. Retribution may have come too slowly for some critics, but it did come eventually, and at a time when the offenders could afford to pay.

Draghi : “the ECB will do whatever it takes to preserve the euro. And believe me, it will be enough.” He was a major European figure making a clear and unequivocal guarantee.

The lack of substance to Drgahi’s plan symbolized a fundamental problem at the heart of euroland: so complicated are its central institutions and so diverse the political and economic outlooks of its various members that it is difficult to bang heads together and agree on decisive action.

Greece: Early 2010 an EU report highlighted severe irregularities in its public accounts. Aided by its adviser, the US investment bank Goldman Sacks, some critics argued it had used derivatives to shift debt obligations off its balance sheet and disguise the terrible underlying state of its finance. “Greece with the assistance of Goldman Sachs cooked the books totally.”

Ireland: the medicine doled out was strong and hard to swallow. Public sector employees had to accept real wage cuts of up to 40%. Pensions and workplace benefits were cut….It even look set to become the first country to leave the programme imposed by the troika. The Irish economy was projected to grow by 2% in 2014. But public debt that amounted to 25% of GDP in 2007 soared to a peak of 123% in 2013.

Out of control banks were not at the root of every struggling economy. Portugal had simply become uncompetitive (as opposed to Ireland and Greece, where crisis resulted from poor banking business).

Cyprus : a 20% levy was imposed on those depositors with over €100.000 in their accounts. Nicosia was obliged to sell off a range of assets, including €400 million of its gold reserve. Large deposits were paying the heavy price. It was a message that reverberated across the Eurozone. Russians seeking to leave the country with their aluminium suitcases found themselves out of luck. A combination of temporary bank closures and new capital controls made it far more difficult to extract funds.

By the spring of 2013, the EU had created the European Stability Mechanism, the ECB had cut interest rates and launch a huge three-year €1 trillion loan programme to stabilize over 1,300 debt-ridden banks in the region and the long term refinancing operations bought time for banks and trouble nations to begin restructuring the debt built up. But little was done to resolve the underlying problems of a banking system too weak to support any kind of economic recovery.

If one country can be said to embody both the wishful thinking and the huge problems still lurking in Europe it is Italy. The most emotive struggle for Italy has been the battle to save Banca Monte dei Paschi di Siena. Founded in 1472, the bank is regarded as the world’s oldest. Despite its distinguished history the bank has been brought low by cultural corruption that affected the bankers across the piece.

More than 3 years after the collapse of Lehman Brothers there was no indications that bonus structures which incentivize employees to take irresponsible decisions had been curbed. Under the ‘volker rule’ the type of risky activity these individuals became involved with would be banned by a bank insured by the US government.

Libor: the most important number in finance, it underlies some $800 trillion worth of financial instruments (about 6 times the world economy) ranging from interest rate derivatives to mortgages.  Each day 16 major banks have been asked at what rate could they borrow funds from the inter-banking market just before 11.00am. They would submit estimates to borrow across 10 currencies and 15 lengths of loan (from overnight to 12 months). Once submitted, Thomson Reuters (who collect the data) would remove the four highest and four lowest submission and average the remaining 8. Traders routinely asked banks’ submitters (of Libor data) to submit particular rates to benefit their derivatives trading positions which were priced on Libor.

Looking back over 30 years of investment banking he noted with regrets how bankers had gone from building businesses to focusing purely on increasing returns.

In 1969 just 6.6% of the UK stick market was held by institutions outside Britain. By 2013, this figure had leapt to 53.2%. This reflect globalization and Britain openness to trade.

Mervyn King (Governor of the Bank of England: It is not in our interest to have banks that are too big to fail, too big to jail, or simply too big.  His successor Mark carney : Fairness demands the end of a system that privatizes gains but socializes losses.

Swimming with Sharks – Joris Luyendijk (2015)

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In the years before the crash, commercial banks and mortgage providers lent far too much money to people who could not afford such debts – primarily in the US and the UK, mostly for mortages. This continued for a long period of time because the easy money drove up houses prices, making many people feel richer than they were. Commercial banks had no reason to worry about the risk of default on loans because they could sell them on to investment banks, which the chopped them up and repackaged them into ever more complex financial products. Assets managers at pension funds were keen to buy them because interest rates were low and these new instruments offered better returns. For protection, pension funds and others relied on American insurance giant AIG. In turn AIG trusted the credit rating agencies’ triple AAA ratings.

In 2007, millions of buyers would not be able to meet their financial obligations. Financial products that contained their mortgages began to lose value. Investors had to take big losses but banks, too, had kept some of these products. They had to write off huge sums but how much was difficult to estimate: not only some of the products where mind-bogglingly difficult to value but the same was true for the ‘vehicles’ in off-shore tax havens where banks had placed many of them. At Leman Brothers the buffers were not enough and the bank had to announce bankruptcy. Other banks and financial institutions stopped lending to each others (as none knew the financial solidity of the others). Suddenly the financial world was gripped by a paralysing fear. In response, Governments reached deep into the state coffers and central banks lowered interest rates and pumped unprecedented amounts of newly created money into the economy.  They had saved the system.

For bankers, the crash of 2008 was a perfect storm, or rather a black swam: unique and literally unforeseeable. But isn’t it all the more alarming if virtually nobody in the sector realised how dangerous these complex financial products could be?

The salaries of those who manage the risks in banks has always come from the revenues raised by those taking the risks. Historically, investment bankers worked in small partnership where management and owners partly overlapped. Partners were personally liable. From mid eighties these partnership started to list on the stock exchange or were taken over by publicly listed commercial banks who wanted to take advantage of the deregulation and move into investment banking. Those commercial banks took over dozens of other banks and became ‘too big to fail’.  In listed companies, the risk lies with shareholders rather than partners, while bankers are paid partly in shares and options. And a good way to raise the share price is to take risk (which ultimately the taxpayer will bear).  It was genuinely eye-opening to realise just how recently the investment banks had mutated in this way. Those who take the risks are no longer those who bear them.

If you can be out of the door in five minutes, your horizon becomes five minutes. That was the essence of zero job security. Not only does all loyalty evaporates, but continuity does too. Nobody can built on anyone else, the best can be poached at anytime and meanwhile there are swords of Damocles hanging over everyone’s head.

We need to get rid of the idea of ‘the bank’: that term implies a unity of action and purpose. There is no such a thing.

Perverse incentives: rewards for undesirable actions.

Traditionally there were separate firms for trading, for asset management and for deal making (mergers,listing of new companies etc.) . Since the 80’s, all three activities have been brought under the roof of one bank, through mergers and acquisitions in the financial sector. This is a conflict of interest of the highest order and banks have been asked to set up Chinese wall between their divisions and activities to avoid leaking of information and pressure from one sector to another (e.g. investing in companies whose listing is done by the same bank…)

Corporations can be hit hard by currency fluctuations (with increasing volatility in the 1970’s). So banks invented derivatives that allowed parties to protect themselves. This was a good idea that perform a useful service to the economy and society. But fast forward 20 years and you see the British bank Barings collapse as a result of a rogue trader using advance foreign currency derivatives.  A company or government can go bust, meaning investors lose money. Banks developed an insurance of sort: the Credit Default Swap (CDS). This was a good idea but a good decade later (in 2008) CDS played a crucial role in the financial crisisMortgages are good long term investments for pension funds but as a pension funds you are not going to by individual mortgages. Banks found a way to package those in instruments allowing investment by pension funds. 15 years later, those products would sank Lehman Brothers.

In 2012, a trader at JP Morgan (and his team) run up a 6.2bn loss. The year before, his pay came to 7m. He did not break any law and has never been prosecuted. (Bruno Iksil)

While doing research there are sometimes points at which lines of investigation suddenly coalesce into an insight.

Around 2000, the dot-com scandal revealed fundamental conflicts of interest between activities that used to be done by separate firms; taking company public, trading and asset management. The regulatory response was not to prevent those conflicts, it merely forced the banks to install Chinese wall – policed by their own risk and compliance staff.

Tony Blair is making 2.5M pound a year as adviser to JP Morgan. Hector Sants, chief regulator in 2008, has a top job at Barclays. His estimated compensation was 3M pound a year. The three major credit rating agencies have kept their de-facto cartel; as have the four accountancy firms who continue to do lucrative consultancy jobs for the banks there are meant to audit independently.

After quizzing interviewees on their motives, greed seemed a highly inadequate explanation of their behaviour. I have come to believe that the focus on greed is the biggest mistake outsiders have made in the aftermath of Lehman’s collapse. (The Wolf of Wall Street kept this popular). [The system was to blame in more general term, short termism etc.]

To think that blinkered bankers will one day wake up and decide to change finance from inside is wishful thinking.

Andrew Haldane, number 2 at English central bank told that the balances of the big banks are the blackest of black hole.

Four changes the laws should bring: banks must be chopped up into units so that they are no longer too big to fail; banks should not have activities under one roof that create conflict of interests; banks should not build or sell overly complex financial products, the bonus should land on the same head as the malus.

Political parties, politicians, regulators have come to identify themselves with the financial sector and the people in it. The term is ‘capture’. Politicians started to believe the world works in the way that bankers say it does.

As put by interviewee: The left insists on solidarity across the nation, with higher tax rates for rich people to help their less fortunate countrymen. But this solidarity is predicated on a sense of national belonging, to which the left is allergic; national identity comes with chauvinism and nationalism and creepy right wing supremacists.

Nobody is helped more by cynicism about politics than cynical politicians.

 

 

 

 

 

Le négationnisme économique, Pierre Cahuc et Andre Zylberberg, 2016

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Pour le grand public, un grand nombre d’intellectuels et de journalistes, et même certains économistes dissidents ou hétérodoxes, l’économie ne serait pas une discipline scientifique. Selon eux, l’analyse économique  se réduirait à des arguties théoriques, le plus souvent déconnecté de la réalité. Ce jugement est erroné. Ce n’est pas le sujet abordé qui permet de qualifier la discipline de scientifique, c’est la méthode employée pour valider les résultats. Depuis 3 décennies, l’économie est devenue science expérimentale dans le sens plein du terme.

Le négationnisme repose sur trois pilier: 1.L’ethos, la qualité de celui qui s’exprime. Avec deux figures ; l’intellectuel engage et le grand patron.2. La désignation de boucs émissaires: pour les uns, la Finance, pour les autres l’Etat. 3. Le logos ou l’art de construire le raisonnement, de le faire apparaitre logique et capable de répondre à toutes les objections.

Pour Sartre, le vrai intellectuel est un technicien du savoir conscient que sa connaissance est façonnée par l’idéologie dominante. Dès lors il doit combattre l’idéologie dominante afin d’être en mesure de produire du vrai savoir. Ce sont les économistes hétérodoxes qui se reconnaissent pour la plupart sous la bannière des ‘économistes atterrés’ (manifeste de 2010). Ils dénoncent une science économique orthodoxe au service du libéralisme, ne défendant que les intérêts de la classe dominante.

Faut-il changer d’école pour réussir: oui mais seulement si les enfants ont moins de 13 ans. Il existe de meilleur moyen pour permettre aux familles pauvres de réussir à l’école: investir dans les très jeunes enfants  de 3 et 4 ans (Perry Preschool programme). Pour les adultes les plus défavorisés, les politiques de formation n’améliorent pas significativement le sort de leurs bénéficiaires. A choisir, il vaut mieux subventionner l’embauche avec des baisses de charges sociales ou réduction d’impôts.

La hausse du salaire minimum n’a pas eu d’impact négatif sur l’emploi dans les fast-foods du New Jersey. Tant que le salaire minimum est plus faible que le salaire choisi par l’employeur, celui-ci voit sa marge réduite mais va continuer à embaucher. Les hausses de salaires minimums n’agissent pas toujours dans le même sens.

Fernand Braudel: tout au long de l’histoire, les entrepreneurs les plus puissants ont cherché à se protéger de la concurrence avec l’appui du pouvoir en place. Les plus farouches opposants à la dure loi de la concurrence sont le plus souvent des capitalistes à la tête de grandes entreprises qui cherchent à préserver ou augmenter leurs parts de marche.

Le programme Quaero a reçu 90 million d’euro pour relever le défi mondial des géants américains Google et Yahoo. Il s’est achevé en Décembre 2013 et on ne trouve pas trace de ce moteur de recherche sur internet…

En règle générale, la puissance publique, même épaulée par des chefs d’entreprises talentueux, n’est pas mieux a même que les investisseurs privés de choisir les bons projets.

Une synthèse des travaux d’évaluation des politiques volontaristes de regroupement d’entreprises (cluster) confirme que l’intervention des pouvoirs publics via subvention et la sélection de projets spécifiques n’améliore pas véritablement les performances des entreprises. Elles devraient plutôt créer un environnement favorable à la mobilité des entreprises, de la main d’œuvre et des organismes de formation…

La production d’une pseudoscience mettant en doute le consensus établi par la communauté des chercheurs est une constante de la stratégie négationniste.

La conclusion de Schumpeter revient à dire que nous serions collectivement beaucoup moins riches sans l’incessant mouvement de créations et de destructions d’emplois. La prospérité provient en grande partie des réallocations d’emplois.

Marché n’est pas synonyme d’absence de régulation. Au contraire, le marché financier ne peut remplir correctement son rôle que s’il est supervisé….

La cohérence d’un raisonnement ne prouve rien quant à la validité des conclusions.

Le consensus actuel s’appuyant sur plus de 40 ans de recherche sur la question va à l’encontre du jugement des économistes atterrés: un marché financier concurrentiel supervisé par des autorités de régulation indépendantes du pouvoir politique, avec des acteurs prives responsables de leurs ressources, constitue un moyen efficace d’allouer l’épargne et de favoriser la croissance.

Stiglitz, comme Tobin, se déclare partisan d’une taxe sur les transactions financières non pas pour prendre de l’argent là où il y en a (Sarkozy, Hollande, le pape…) mais pour améliorer le fonctionnement des marchés financiers (afin de limiter les transactions erratiques et mal informes des traders non-professionnels). Une comparaison entre Chine et Hong Kong montre qu’en moyenne une hausse des taxes  diminue la volatilité des cours financiers (1996-2009).

Moins d’impôt sur les revenus incite à travailler plus (Iceland). Au RU une hausse de la fiscalité équivalente à 1% du PIB se traduit au bout de 3 ans par une baisse de 2.5% du PIB (3% aux US). La pression fiscale a un impact négatif sur la croissance à moyen terme.

Effet Laffer: une hausse des taxes, au-delà d’une certaine limite, finit par diminuer les recettes fiscales. Mais pour la France on est  vraisemblablement très loin de cette situation…

Cette expérience naturelle (transfert de ressource de l’Etat fédéral aux Etats et montants additionnels résultant de la mise à niveau des chiffres de population suite au recensement) nous apprend que l’injection d’un dollar supplémentaire de dépenses publiques est associe en moyenne a une augmentation du revenu de 1.6 dollar. Les dépenses publiques ont donc un effet multiplicateur: elles entrainent  un accroissement de revenu supérieur au montant injecte. L’impact est plus élevé là où le revenu par habitant est faible. Il est pratiquement nul dans les comtes les plus riches. De façon similaire, une diminution de 1 dollar des dépenses publiques d’une collectivité locale en 2008-2009 a provoqué une contraction de 1.6 dollar du revenue sur son territoire.

Les Fonds Européens de Développement: un examen méticuleux de 600 programmes d’investissement de 1993 à 2006  révèle  un effet positif sur le revenu par habitant seulement dans 30% des cas. Les aides européennes  améliorant le revenu dans les régions ou le niveau d’éducation, de sante et de justice est élevé. Les dépenses publiques n’ont pas systématiquement des effets multiplicateurs dans les zones à sous-emploi important.

La médicine keynésienne faite de relance par les dépenses publiques financées par du déficit budgétaire, peut être adaptée en période de récession et sous-emploi. Le Recovery Act d’Obama a réussi car les conditions étaient réunies. Comment expliquer le soutien inconditionnel aux remèdes keynésiens? Ils sont indolores et universels. Il ne faut pas changer l’économie, juste augmenter la dépense publique…

La loi de Malthus (dans une économie agricole, la population a tendance à augmenter plus vite que les ressources) : la surpopulation réduit le revenu des habitants.  C’est ce que confirme le cas du Rwanda. Six années après la fin du génocide, les survivants ont des revenus plus élevés dans les zones ou les massacres furent les plus massifs. Ils cultivent des exploitations plus grandes, ont plus de bétails et consomment plus.

1980 – on estime à 125.000 le nombre de cubains ayant émigré avant la fermeture du port de Mariel en septembre 1980. La moitie s’était installé à Miami (soit une hausse de 7% de la population active). En comparaison avec 43 autres villes américaines en termes de salaires et d’emplois, l’immigration massive des cubains a été absorbée sans effet négatif sur les résidents (même sur les populations les plus exposées à la concurrence des nouveaux réfugiés).

L’Autriche a accueilli 100.000  refugies bosniaques entre 1992 et 1995 avec un effet très faible sur les salaires et l’emploi des populations d’origine. L’accroissement des populations en âge de travailler ne fait pas systématiquement baisser les salaires ou créer du chômage.

Les études en Allemagne, au Québec et en France aboutissent toutes à la même conclusion: la réduction du temps de travail ne crée pas d’emplois. L’emploi des jeunes ne s’améliore pas lorsque les seniors se retirent du marché du travail. Au contraire,  une baisse de l’emploi des seniors induite par interventions publiques est plutôt associée a une diminution de l’emploi des jeunes.

Les medias mettent ainsi aux mêmes niveaux des conclusions scientifiques et des opinions pseudo scientifiques (d’apparence crédible mais en opposition aux connaissances établies) afin de présenter des vues équilibrées. Ainsi, paradoxalement, le souci de maintenir une réputation d’objectivité de la part des medias ne favorise pas la connaissance scientifique.

La folie des banques centrales, Patrick Artus et Marie-Paule Virard, 2016

 

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Lorsque l’argent ne coute rien

On compte sur les banquiers centraux pour relancer la croissance, combattre la déflation, aider a résoudre l’endettement des Etats, conjurer l’éclatement de l’euro, faire repartir l’investissement…on a fini par vouloir régler avec la monnaie tous les problèmes, et d’abord ceux de l’économie réelle. Or le recours systématique à l’inondation monétaire dès qu’un déficit de croissance se fait jour n’a aucun sens.

En continuant à inonder la planète de liquidités, les banquiers centraux jouent un jeu dangereux et l’issue pourrait bien faire de la crise de 2007-2008 une aimable répétition avant un nouvel accident plus dévastateur encore. L’inflation étant revenue à un niveau inférieur à l’objectif de 2%, les banquiers centraux se sentent désormais les mains libres pour s’occuper de la croissance et de l’emploi dans un contexte ou la pression des politiques et des opinions publiques jouent dans ce sens. Par ailleurs, les politiques monétaires sont de plus en plus inefficaces à mesure que les pays sont de plus en plus endettés (plus on est endetté, moins on s’endette a nouveau). L’abondance de liquidité existante amène à pratiquer l’inondation monétaire pour espérer obtenir un résultat.

Un relèvement des taux américains serait le signe que l’injection massive de liquidités qui dopent les marchés depuis 2007, touche à sa fin. Et avec elle la période d’argent facile qui a permis de se refaire après la crise de 2007 et déclencher un incroyable boom sur les actifs financiers.

Il n’existe aucune limite technique à l’augmentation du bilan des banques centrales: une banque centrale peut toujours créer de la monnaie pour acheter des actifs.

Le Quantitative Easing fonctionne de la manière suivante. La banque centrale crée de la monnaie en créditant des lignes de dépôt des institutions financières, cette monnaie étant la contrepartie d’achat de titres (de la dette) détenus par les institutions financières sur les marches financiers. Pour ces institutions, ces créances sont donc converties en argent frais, leur permettant de distribuer d’avantage de crédits, ce qui est censé doper l’activité et la croissance. En outre, l’achat d’obligation fait baisser leur rendement (la demande fait monter leur prix donc leur rendement baisse) ce qui incite les investisseurs à acheter d’autres actifs (dont les prix montent créant un effet de richesse). De plus la baisse des rendements obligataires entraine une baisse des taux de prêts bancaires: autant de vitamines pour l’économie. En tirant l’ensemble des rendements vers le bas, le QE  peut espérer favoriser la dépréciation de la monnaie et rendre les exportations plus compétitives. Avec son programme de QE de 1140 milliard d’euro (10% de la masse monétaire) en 18 mois (fin Sept 2016), la BCE fait mécaniquement baisser le cours de l’euro.

La situation ou le taux d’intérêt est durablement inférieur au taux de croissance est bien pathologique puisqu’elle incite les acteurs économiques à s’endetter au-delà du raisonnable. C’est bien ce que l’on observe depuis une quinzaine d’année. De même en pratiquant une politique de taux d’intérêt à long terme très bas associée a la monétisation des dettes publiques dans les cadres du QE, elles ont encouragé les gouvernements à laisser filer les déficits publics (parce que les intérêts à payer sur la dette sont très faible). Lorsque la dette est détenu par la banque centrale, l’état lui verse les intérêts sur cette dette, mais ensuite la banque centrale, qui transfère ses profits a l’état, les lui rend

La base monétaire mondiale tourne autour de 20 000 milliards de dollars. Nous pensons que la liquidité mondiale va continuer d’augmenter pendant plusieurs années.

Les bulles sur les prix d’actifs sont de retour: la politique laxiste des banquiers centraux n’a pas fait revenir l’inflation (celles de salaires ou des biens) mais elle a nourri l’inflation des prix des actifs notamment actions et immobilier. Les banques font apparaitre un effet de richesse nécessaire à la stimulation de la demande par l’enrichissement des détenteurs de portefeuilles.

Avec des politiques monétaires très expansionniste et des taux d’intérêt à long terme demeurant inferieurs a la croissance nominale, les valeurs boursières sont tirés vers le haut.

A NY, le Standard & Poor’s 500 a progressé de 72% entre sept 2010 et sept 2015. Le Nikkei s’est apprécié de 93%. A Londres le QE a plutôt nourri la bulle immobilière. A Shanghai, la bourse s’est envole de 150% entre Juin 2014 et Juin 2015 et a alimente le train de vie d’un nombre croissant de Chinois de la classe moyenne. La bourse devient dans un certain nombre de pays un instrument de politique monétaire.

Les banques souhaitent compenser une demande trop faible en raison du manque de pouvoir d’achat des revenus salariaux par une expansion ininterrompue du crédit et des revenus non-salariaux. La manœuvre est périlleuse: les pires excès sont à craindre si les investisseurs sont incités à croire que les banques centrales encouragent la prise de risque et les ‘assurent’ contre une baisse des actifs. Il y a alors formation de bulle doublée d’une augmentation de l’endettement (grâce au taux d’intérêt faible).

Une remonte des taux d’intérêt provoqueraient des pertes massives sur les portefeuilles d’obligations achetés avec des coupons très faibles par les investisseurs.

Le recours au QE lorsque la situation des marches financiers est bonne ne peut que faire enfler les bulles: c’est bien la preuve qu’une banque centrale ne devrait pas utiliser celle-ci comme instrument de politique monétaire pour soutenir l’économie.

A l’été 2015, les perspectives de croissance des pays émergents a provoqué des sorties de capitaux de ces pays 10 fois plus importantes qu’il y a dix ans, ce qui explique l’effondrement de leurs devises (les devises –hors China- ont perdu 30% contre le dollar depuis Janvier 2014)

La création monétaire – indispensable lorsqu’il se produit une crise de liquidité en 2009 – ne sert strictement à rien lorsqu’on parle de la faiblesse de la productivité, de l’innovation, du niveau de qualification de la population active,  de l’insuffisance de l’investissement dans les infrastructures…Ces politiques ont des effets pervers sur le plan structurel: elles protègent les faibles contre le risque de défaut (grâce a des taux d’intérêt bas) mais les incitent aussi à profiter de cette protection. Elles contrarient le processus de ‘destruction créatrice’ en évitant la disparition des ‘faibles’ (et cela au détriment des agents économiques les plus dynamiques). Elles favorisent le développement de la partie de l’économie liée aux prix des actifs, a l’endettement, a la spéculation…

En Chine, la politique monétaire provoque une accélération du crédit qui ne finance pas l’investissement des entreprises, mais la construction, les infrastructures avec le risque d’excès à la fois d’investissement et d’endettement.

Au japon le programme de QE a fait perdre (volontairement) 35% de la valeur du yen face au dollar depuis l’automne 2012 (même politique de dévalorisation de la monnaie en Europe et en Chine) mais les exportations n’ont pas suivi. On a parlé de ‘dépréciation sans exportation’ avant de conclure que les stratégies de change des années 80 avaient perdu de leur pertinence avec la globalisation des chaines de production.

Dollar, euro, yen ont cédé plus de 20% de leur valeur en 3 ans. En l’absence de coordination internationale, on risque d’assister à une surenchère qui fera encore plus de dégât sur la croissance mondiale.

Il y a fort à parier qu’une remonté des taux d’intérêt n’est pas pour demain car la première banque qui le fera exposera sa monnaie a l’appréciation.

Même les périodes de croissance avec baisse du chômage ne font plus revenir l’inflation. La théorie économique qui lie la baisse du chômage a l’inflation par le biais de l’augmentation du pouvoir d’achat et des salaires ne fonctionne plus (la courbe de Phillips liant croissance des salaires, prix et taux de chômage, n’est plus vérifiée).

Des reformes pour éviter le pire

  1. Les banques centrales doivent laisser de cote l’objectif d’inflation (qui restera faible certainement) et veiller plus à la stabilité financière (contrôle des prix d’actifs, de la liquidité…)
  2. S’adapter à une faible croissance potentielle (plutôt que d’essayer de retrouver les niveaux élevés d’antan).
  3. Faire en sorte que le FMI coordonne les politiques monétaires et de changes.
  4. Renoncer aux politiques monétaires expansionnistes qui durent trop longtemps et notamment lorsque le problème de l’économie n’a rien à voir avec la politique monétaire mais est lie a l’absence de réformes etc. qui bloque la croissance.
  5. Se donner un objectif de liquidité mondiale et commencer à réduire les liquidités très doucement. La base monétaire devrait progresser a peu près comme le PIB mondial en valeur. Ce dernier a progressé de 8-9% par an entre 2000 et 2009. La base monétaire a augmenté de 17% par an

 

L’hydre mondiale, Francois Morin, 2015

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L’objectif de ce livre est de démontrer que « l’être » des plus grandes banques mondiales est effectivement de nature systémique et que seule action qui changerait cela est susceptible de prévenir un prochain cataclysme financier.

Cet ouvrage démontrera l’existence d’un oligopole bancaire a l’échelle mondiale. Celui-ci est constitué de banques systémiques, au nombre de 28 selon le G20. Nous observerons que 11 sont en fait beaucoup plus puissantes que les autres…et, face à des états surendettés, le rapport de force entre Etat et banques s’est progressivement inversé. C’est ce qui explique l’emprise de l’oligopole bancaire sur la conduite des politiques économiques et le cycle des affaires.

Plusieurs de ces banques ont pris l’habitude de s’entendre entre elles, notamment sur les prix essentiels que sont les taux de change et les taux d’intérêt.

Cet oligopole est de formation récente. Il est né de la globalisation des marchés monétaires et financiers survenue vers le milieu des années 90. Les premières ententes frauduleuses n’ont été détectées qu’autour de 2012.

Les banques systémiques sont les seules a proposer aux entreprises des contrats de produits dérivés.  Ces contrats permettent d’assurer contre les risques que représentent les variations de prix de produits dits sous-jacents, comme le cours des actions, le prix de matières premières, les taux de change. La valeur des produits assurés par ces contrats (dites valeurs notionnelles) représente des sommes astronomiques – en 2013, ce montant était de 710 000 milliard de dollars, soit 10 fois le PIB mondial.  Ces contrats fournissent une sorte de stabilité des prix, ce qui est absolument necessaire à la poursuite de leurs activités.

On sait que la création et la gestion de la monnaie dans le monde développé sont uniquement le fait de banques privées et de banques centrales indépendantes. Cela signifie que les états ont abandonné au cours des 40 dernières années toutes souverainetés en matière monétaire.

Depuis le milieu des années 90, les crises systémiques se sont enchainées ; leur cause est chaque fois la spéculation à base de produits dérivés crées par les grandes banques systémiques.

La crise de la dette publique ne tient pas à une soi-disant gabegie des finances publiques depuis 30 ou 40 ans. Le surendettement est dû à la réparation des dégâts toujours plus considérables causés par cette finance globalisée et l’oligopole qui en est le cœur.

Si l’on veut éviter le prochain cataclysme financier…il faut militer d’urgence pour un nouveau Bretton Woods qui permettrait de mettre en place une monnaie commune (et non unique) par rapport à laquelle toutes les autres monnaies pourrait se référer dans des rapports stables.

7 top banks in 2013:  JP morgan, Bank of America, Citigroup, HSBC, Deutsche Bank, Credit Agricole and BNPParibas.  Dans les 28 banques systémiques: Poids prééminent des acteurs bancaires occidentaux (30% US, 30% EU avec 8 banques chacun) et seulement 4 banques asiatiques (3 du Japon, une de Chine).

En 2013, les banques ont généré 200 milliard de profit, un chiffre d’autant important qu’il est réalisé en pleine crise économique.  Les rémunérations des dirigeants des 8 banques américaines concentre 50% des rémunérations de ce panel.  Ces hausses vertigineuses (pour Goldman Sachs l’écart entre le revenu du dirigeant principal au salaire moyen est de 400 (il est de 20 chez Sumitomo, Japon) de revenu des dirigeants est un phénomène récent, qui s’est accélérée seulement a partir des années 1980.

 

Endettement public mondial (200 pays) est de 48 000 milliard de dollars en 2012. Le bilan total des 28 banques systémiques est de 50 000 milliard de dollars.

Pour les seules produits dérivés, les hors bilans des banques systémiques sont près de 15 fois supérieurs à leurs bilans (et presque 10 fois le PIB mondiale en 2012). L’encours de valeurs notionnelles (710 000 milliards) apparait comme une mesure significative de capitaux qu’il convient de protéger pour combattre l’instabilité monétaire et financière internationales. Et le 14 premières banques gèrent 90% du total des encours notionnelles. Les 5 banques américaines ont un part de 38%, les 4 de la zone Euro représentent 26%, 3 banques britanniques 21% et 2 banques suisse (13%).

La BRI estime régulièrement qu’un peu plus de 90% des échanges de produits dérivés sont réalisés entre institutions financières. Il n’y a qu’une très faible proportion de ces échanges qui servent a la couverture de risques pour les acteurs de l’économie réelle.  Ceci est déjà un indice de l’existence d’une interconnexion périlleuse.

Les produits dérivés apparaissent ainsi comme le plus important vecteur de l’interconnexion financière des banques, et donc comme le principal facteur de fragilisation du système en cas de choc.

Il existe 5 institutions internationales (Global Financial Market Association pour les banques systémiques uniquement, Institute of International Finance, une source de recherche économique et la tête pensante de la finance globalise, International Swaps et Derivatives Association avec 800 membres…) à l’intérieur desquelles s’exprime la volonté de l oligopole dans la défense de ses intérêts dans le monde de la finance globalise. Les banques systemiques sont majoritaires dans les organes dirigeants de chacune d’elles et 4 en président un des conseils d’administration (JP Morgan Chase, HSBC, Société Générale et BNP Paribas). Ces institutions sont dévouées à la défense de l’intérêt collectif du secteur bancaire.

 

La majorité des exchanges sur les marche des changes (30 fois le PIB mondiale chaque annee): 80% des exchanges sont inities par les 10 premiers intervenants sur ce marche – ces derniers sont tous des banques systémiques. On peut conclure que la formation des taux de change des devises relève à l’évidence de l’action d’acteurs oligopolistiques mondiaux. Et la plupart des taux courts (Libor, Euribor, Tibor) sont des taux de marche qui dépendent principalement de relations directes entre les banques. Les banques centrales fixent toutefois certains de ces taux: les taux directeurs (les taux qu jour le jour par exemple)

Le dollar Libor a 3 mois : chaque jour 18 banques participant à l’élaboration du taux en annonçant les taux pratiques la veille. On en retire les 4 estimations les plus hautes et les 4 les plus basses et on calcule la moyenne des 10 restantes.  Or 14 des 18 banques sont des banques systémiques qui ont donc une capacité réelle d’exercer une influence sur la formation du taux d’intérêt Libor USD. Et ce marché sert aussi de référence pour un nombre important de produits financiers.

Les marchés obligataires sont dits aussi marchés de la dettes publiques.  Depuis que les banques centrales sont indépendantes de Etats, la seule voie de financement pour ces derniers est l’appel au marche obligataire. Toute dette publique est de lors compose a peu de chose près d’obligations. En raison de l’importance des besoins, les Etats font appel a des panels de grandes banques stables, les Primary Dealer, qui sont majoritairement des banques systémiques.

Depuis quelques annees, s’est développé le trading a haute frequence, qui confie a des logiciels ayant des temps de réponses extrêmement bref et qui s’accaparent désormais la majorité des ordres en bourse.  La part des transaction au comptant (38 pour cent des transactions mondiales) a bondi de 9 a 35% entre 2008 et 2013. Ce trading est devenu la nouvelle mine d’or des plus grandes banques (5 banques américaines représentant 54% des activités, Goldman Sachs en tête).

Entre 2007 et 2011, la dette publique mondiale s’est accrue de 54%, soit un rythme annuel deux fois plus grand qu’avant la crise financière: il a fallut recapitaliser des banques et soutenir l’activité économique (qui n’a elle progressée que de 26%). Ratio de dette publique sur PIB: US 111%, Japon 243% RU 90%, Allemagne 78%, France 93%, Italie 132%. Zone Euro 92% (alors que le critère de convergence est a 60%). Le surendettement est fondamentalement liée a la crise financière, et non pas à une gestion délétère des finances publiques.

Comparaison des bilans des trois principales banques (de 3 pays US,UK, France) par rapport a la dette de ces pays: BNP Paribas et Barclays gèrent des totaux de bilan supérieurs a la dette publique de leur pays: la force des banques révèle et accroit la faiblesse de leur Etats. Le résultat est moins marqué pour JP Morgan Chase dont le total de bilan n’est que de 24% de la dette publique américaine.

En 2014 le FMI a reproché au secteur bancaire de bloquer les reformes nécessaires a son assainissement (en matière  de produits dérivés, du principe de ‘too big to fail’…)

Du blanchiment d’argent aux affaires de manipulation de taux (Libor, Euribor) en passant par la vente de produit financiers toxiques, on ne compte plus les procédures judiciaires dans lesquels HSBC le groupe est impliqué (valable pour toutes les grandes banques). Ces mastodontes bancaires se relevant toujours indemnes des pires scandales due à la place central de ceux-ci dans le financement de l’économie.