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Vers une sobriété heureuse – Pierre Rabhi – 2010

 

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1960 – « la France s’ennuie » lisait-on parfois dans la presse. Contrairement à aujourd’hui la jeunesse avait un avenir assuré. Elle ressentait néanmoins un étrange malaise, comme si les excès de l’avoir abolissaient les besoins de l’être, la société de consommation créant simultanément besoins et frustrations.

Cette jeunesse pressentait la confiscation de sa propre créativité par une société matériellement trop sécurisante, et pétrifiée dans un fait accompli à caractère, semblait-il, irréversible.  Cette jeunesse aspirait probablement à un destin auquel le risque, l’inconnu donne sens et saveur.

La joie de vivre est une valeur suprême à laquelle nous aspirons tous, mais que des milliards de dollars ne peuvent offrir.

Appartenir à une terre est un impératif vital pour tous les peuples.

Aujourd’hui, à la culture vivante s’est substitué l’encyclopédisme, un amas de connaissances et d’information dignes des jeux télévisés, qui ne construisent rien d’autre que des abstractions, et ne procurent pas une identité culturelle originale, reliée à quoique ce soit de pérenne. Tous est de plus en plus provisoire et éphémère au cœur d’une frénésie en évolution exponentielle.

Mais les acquis positifs (de la modernité), au lieu de venir enrichir les acquis antérieurs, en ont fait table rase, comme si le génie de l’humanité n’avaient été avant nous qu’obscurantisme, ignorance et superstition. C’est à cette arrogance totalitaire que nous devons l’uniformisation et la standardisation du monde d’un pôle à l’autre.

La modernité semble percevoir la réalité d’une manière fragmentée et mécaniste, appelant à une prolifération de spécialistes, ce qui est contraire à la vision unitaire et interdépendante qui est celle de l’écologie.

La liste serait longue de tous les superflus qui ont précipité l’histoire dans les pires convulsions, au détriment du nécessaire.

L’anthropologie a considérablement progressé dans le déchiffrage du phénomène humain, mais beaucoup reste à faire. [Il rejette pourtant l’approche ‘fragmentée des spécialistes’ ci-dessus]

Mais il est impératif d’œuvrer pour que les choses évoluent vers la cohérence, et que l’incohérence ne soit plus la norme et encore moins une fatalité. Il ne faut surtout pas minimiser l’importance et la puissance des petites résolutions qui contribuent à construire le monde auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer.

Rajid Rahnema « Quand la misère chasse la pauvreté » : les mécanismes de l’immodération, qui engendre la misère. La terre, de mère nourricière devient pourvoyeuse d’argent, lequel est responsable de la destruction d’organisation sociale séculaire, et des inégalités.

Toutes les disciplines scientifiques réunies ne peuvent nous éclairer [sur le sens de la vie]. Elles ont cependant le mérité de mettre en évidence l’impossibilité pour la pensée, de nature limitée, de nous permettre l’accès à une réalité de nature illimitée. Cependant elle peut nous conduire aux rivages de l’inconnu. Elle s’apaise alors, découvre la sobriété et nous introduit à la contemplation dénuée de tout questionnement sans objet.

La vérité semble préexister à tout ce qui existe : une approximation intuitive, et sous l’aiguillon d’un doute permanent, la puissance du divin. [Rabhi est spinosant !]

Nicholas Georgescu-Roegen : la décroissance soutenable, qui produit du bonheur avec de la modération.

La société est à l’évidence de plus en plus anxiogène. Et cela va s’amplifier en même temps que le ravage de la biosphère et l’indigence dont est responsable l’avidité accrue du genre humain.

www.terre-humanisme.org

 

 

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Mon dîner chez les cannibales – Ruwen Ogien –  2016

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Dans une société à forte ségrégation sexuelle, les femmes peuvent ne pas être malheureuses du fait qu’elles soient moins éduquées que les hommes. Elles peuvent estimer que c’est normal et même que c’est une bonne chose. […] Si le seul critère de la justice sociale est le bonheur, il faudra admettre qu’une société peut être juste même si elle est profondément inégalitaire ou esclavagiste : il suffirait que les plus pauvres ou les esclaves ne s’y sentent pas malheureux.

Même si l’accroissement de la richesse des plus démunis au-delà d’un certain seuil ne contribue nullement à augmenter leur bonheur, ce n’est certainement pas une raison suffisante de ne pas militer en sa faveur.

Les inégalités de revenue etc. ne sont pas toujours injustes car elle sont souvent la sanction de choix individuels défectueux ou la récompense du mérite. Je ne (le) pense pas.

Les libertariens : les inégalités résultent de transactions consenties par les parties, elles ne sont ni injuste ni dépourvues de valeur morale. Objection : difficile de savoir si l’acquisition initiale ou le transfert de richesse était juste (et équitable), une quantité considérable de biens ont été acquis par le vol, l’exploitation massive, l’esclavage…

Les sociaux-démocrates : les inégalités sont moralement justifiées quand elles sont a l’avantage de la société et qu’elles profitent aux plus défavorisés. Objection : les pauvres pourraient avoir intérêt a vivre dans un société inégalitaire si leur condition matérielle y était meilleure. La conception social-démocrate réduit la justice sociale aux conditions matérielles : il y a toutes sortes de raisons de préférer une société plus égalitaire même si notre condition matérielle y serait plus mauvaise.

La justification social-libérale : les inégalités ne sont pas injustes quand elle engage la responsabilité des personnesObjection : il y a des limites très clair à ce raisonnement : un citoyen bourré d’alcool sans permis ni assurance et planté contre un arbre devrait être abandonné sans assistance car il est responsable. Aucun social-démocrate ne va jusqu’à la.

Aucune des trois justifications morales n’est donc bonne.

La pente « glissante » ou « fatale ». Un exemple : si on autorise le mariage gay, on en viendra nécessairement à admettre les unions de groupe, le mariage polygame, les familles incestueuses etc. Le même argument existe pour la consommation du cannabis ou l’euthanasie. L’histoire démontre que les pentes glissantes ne le sont pas tant que cela (exemple l’avortement n’a pas favoriser l’infanticide). On peut être disposé à accepter que certains engrenages sont dangereux, mais il faut aussi savoir pourquoi – la « « pente glissante » ne donne pas de raison.

Argument similaire : « aller contre la nature ».  Il aurait pu être utilisé contre la pilule contraceptive, les transplantations d’organes, la vie en ville gigantesques…c’est un argument avancé pour rejeter les revendications des couples de même sexe au droit de fonder une famille (loi naturelle, nécessité psychologique d’avoir deux parents…). Or les études empiriques ne semblent pas confirmer l’existence de différences significatives du point de vue émotionnel, cognitif, social ou sexuel entre les enfants de couples homo et hétérosexuels.

Il faut distinguer le choquant, l’immoral et ce qui devrait être interdit par la loi : il est choquant de nettoyer les toilettes avec un drapeau national, mais ce n’est pas immoral ni punissable par la loi.

La pente fatale,  la mise en garde de jouer contre la nature, le glissement du choquant a l’immoral n’exprime rien qu’un « principe de précaution » moral, utilisé par les plus conservateurs pour exclure tout changement social.  Il a servi à justifier l’esclavage, l’inégalité sociale, la discrimination raciale, l’assujettissement des femmes, le refus de décriminalise l’homosexualité. Son pedigree n’est pas très glorieux.

A la suite du referendum de 2012, la distribution et consommation recreative du cannabis est libre au Colorado. La fin de l’illégalité n’a pas été suivie d’une disparition du désir d’en consommer : elle a provoqué une explosion de l’offre et de la demande. Un tourisme du plaisir s’est développé rapidement, la criminalité a diminué. Pour le philosophe, la question est : est-ce une bonne chose? Pour Hannah Arendt, la loi ne doit pas prétendre nous protéger contre nous-mêmes (mais seulement contre autrui).  L’accès au cannabis  peut s’appuyer sur la liberté qu’a chacun de se nuire à lui-même.

Les philosophes moraux sont-ils moraux ? Non. Il n’y a aucune relation entre le fait de pratiquer la philosophie moral et celui de conduire comme un saint.  Les spécialistes des questions éthiques devrait rendre leur livre de bibliothèque en temps : ce n’est pas le cas, les livres d’éthique sont volés ou non-restitués deux fois plus… Pratiquer la philosophie morale n’est pas un certificat de bonne conduite ou une garantie d’être un bon juge des questions morales.

Le miracle Spinoza – Frederic Lenoir-2017

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Comment cet homme a-t-il pu, en moins de 2 décennies, édifier une construction intellectuelle aussi profonde que révolutionnaire ?

Il libère l’esprit humain des traditions et des conservatismes.

Spinoza place la raison au centre de tout.

L’homme n’est pas un ‘empire dans un empire’, il est une partie de la nature.

Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas détester, mais comprendre.

L’ignorance est la cause de tous les maux, comme l’affirmaient déjà le bouddha et Socrate.

La recherche du ‘bien véritable’ est l’essence même de la quête de la sagesse selon les anciens : un bonheur profond et durable que l’on peut obtenir en devenant indifférent aux événements extérieurs.

L’œuvre de Descartes a exercé une influence considérable sur Spinoza. Mathématicien et physicien, Descartes a cherché a émanciper la philosophie moderne de la théologie chrétienne.

Spinoza ne cesse de s’interroger sur les raisons qui font que le peuple préfère souvent être asservi a un pouvoir fort plutôt que de s’émanciper au sein d’une république tolérante et libérale.

La religion comme « les vestiges d’un asservissement antique de l’esprit », fondée sur la superstition qui nous aide a conjurer la crainte et à allumer l’espoir dans une vie incertaine.

Le discours prophétique ne doit jamais être pris à la lettre, mais toujours interprété, relativisé, précisément parce qu’il est relatif au mode de vie du prophète. C’est la raison pour laquelle les prophètes divergent entre eux sur de nombreux points.

Dieu a élu les Hébreux parmi les autres nations pour les exhorter à la connaissance de la loi et a cause de la « puérilité de leur esprit ». Comme il ne pouvaient accéder à la véritable béatitude par les lumières naturelles de la raison, il fallait, en les flattant, les inciter a suivre la loi divine qui se résume dans la pratique de la justice et de la charité.  L’élection du peuple hébreu comme un artifice pédagogique.

Dieu comme les lois universelles de la nature : une telle conception est aux antipodes de celle dominante chez les juifs et les chrétiens, qui imaginent un Dieu extérieur, doué de sensibilité et de volonté à la manière humaine.

Notre souverain bien et notre plus grande félicité consistent dans la perfection de notre esprit.

On peut considérer Spinoza comme le fondateur de l’exégèse moderne. Sa méthode propose trois critères : maîtrise des langues dans lesquelles les écritures ont été rédigées ; regrouper les thèmes abordés et révéler les contractions et ambiguïtés, recueillir le maximum d’informations historiques sur la période. Il conclut que la Torah n’a pas été écrite par Moise mais par un prêtre (Esdras) bien plus tard qui ramena des juifs de Babylone vers la Judée en 459 avant notre ère, dans un soucis de revivifier la religion juive.  Cette interprétation fait aujourd’hui l’unanimité chez les savants.

Ce qui frappe dans le discours du Christ, c’est que cet homme simple, qui n’a reçu aucune éducation poussée, ne prononce que des paroles véritables, profondes et universelles. Au fond, le Christ incarne le modèle du sage.  L’essentiel du message de Jésus allait ressurgir dix-huit siècle plus tard, de manière laïcisée et contre les Eglises, a travers la morale universelle des droits de l’homme.

Selon Spinoza, c’est le particularisme des juifs et leur refus de s’assimiler qui suscitent l’antijudaïsme. De la dire que les juifs sont responsables de leurs malheurs, il n’y a qu’un pas (que Spinoza ne franchit pas). En fait, Spinoza fait personnellement  peu de cas de l’identité juive. Il se sentait citoyens du monde par la raison.

Il propose un dépassement de toutes les religions par la sagesse philosophique, qui conduit a un « amour intellectuel » de Dieu. La religion est utile a ceux qui ne peuvent accéder a la compréhension des décrets éternels de Dieu par la raison.

Le traite théologico-politique : il s’agit de démontrer que la meilleure organisation publique est celle qui laisse a chacun la liberté de croire, de penser et de s’exprimer. La démocratie n’est pas nécessairement le système le plus vertueux d’un point de vue moral, mais c’est le plus efficace, le plus à même d’assurer la cohésion sociale.

« Ce qu’on ne peut interdire, il faut nécessairement le permettre, malgré le dommage qui en résulte souvent. »

Il a perçu les limites de nos démocraties : le manque de rationalité des individus qui suivent la loi plus par peur de la punition que par adhésion profonde.

Spinoza avait compris, trois siècles avant Gandhi, que la véritable révolution est intérieur et que c’est en se transformant soi-même (en délaissant les émotions au profit de la raison) qu’on changera le monde.

Deleuze : Spinoza fait de la philosophie a coup de marteau (il touche a la morale, aux sentiments établis)

A la suite de Descartes, Spinoza est convaincu que la structure du monde est mathématique, et que l’exposition d’un problème et de sa solution sera d’autant plus parfaite qu’elle  aura une forme géométrique.

Marcel Maus : le don et le contre don, les humains échangeaient des biens avec les Dieux, en échange d’une protection divine. On passe de croyances polythéistes – ou tous les dieux sont égaux, à l’hénothéisme (un Dieu est supérieur aux autres – Egypte, Grèce) au monothéisme.

« la volonté de Dieu, cet asile de l’ignorance » Pour lui, la religion est superstition destinée a rassurer l’humain fondamentalement mû par les affects de crainte et d’espoir.

Spinoza identifie Dieu à la nature « Deus sive Natura » entendu comme le cosmos entier dans toutes ses dimensions, visibles et invisibles, matérielles et spirituelles.

Chaque pensée ou idée est donc un mode singulier et concret de l’esprit infini, comme chaque corps et chaque chose est un mode singulier de la matière infinie.

La nature est réglée par des lois immuables (« les décrets de Dieu »). Ce déterminisme rend tout aussi absurde la notion de pêché que celle de miracle, et il n’est pas sans poser de questions essentielles sur la liberté humaine.

C’est une vision moniste du monde – Dieu et le monde ne font qu’un.

L’itinéraire de la sagesse ne sera donc pas une ascension vers le ciel ou l’au-delà indicible, mais un approfondissement de l’existence elle-même, dans notre monde unique, la Nature.

Einstein : je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle dans l’harmonie de tout ce qui existe, mais non en un Dieu qui se préoccuperait du destin et des actes humains.

L’esprit ne peut penser ou imaginer sans le corps, le corps ne peut se mouvoir ou agir sans l’esprit. Nous retrouvons [l’idée de] connaissance prophétique : elle est toujours relative á l’imagination, á la sensibilité, á l expérience corporelle du prophète.

La philosophie pessimiste de Schopenhauer est certainement liée a sa santé fragile, comme la pensé optimiste de Montaigne á sa puissance corporelle et sa joie de vivre.

Il existe une forme de dualité en nous, pas entre le corps et l’esprit, ni entre la raison et les passions, mais entre la joie et la tristesse, deux sentiments fondamentaux affectés par de nombreux autres corps et idées qui proviennent du monde extérieur, et qui augmentent ou diminuent notre puissance.

C’est le désir qui nous fait apprécier qu’une chose est bonne, et non l’inverse : voila de quoi relativiser toute la morale traditionnelle (qui affirme avec Platon qu’on désir une chose parce qu’elle est bonne). Une chose n’est jamais bonne dans l’absolue (certains n’aiment pas le chocolat ou la musique de Bach). C’est parce qu’on désir la chose qu’on la dit bonne.

C’est la grande difficulté de Spinoza, que tout est déterminé et que le libre arbitre n’existe pas. Le liberté individuelle n’est pas le libre arbitre qui est une illusion (seulement parce que nous ne connaissons pas les causes de leur désirs). Pourtant la liberté existe lorsque nos actes sont déterminés non plus par des causes extérieures mais en fonction de notre propre nature, par notre raison. Cependant notre conduite ne sera pas due au hasard, mais a la détermination de notre propre nature. Pour Spinoza, la liberté c’est l’intelligence de la nécessité (les lois de la nature) et libération par rapport aux passions.

Alors qu’il a réussit á dépasser les préjugés de sa culture et de son temps en maintes domaines, Spinoza n’a pas su pousser plus loin sa réflexion sur la question de la femme ( ‘la condition de la femme dérive de leur faiblesse naturelle’). Il est ancré dans la misogynie congénitale des sociétés patriarcales…

Slavoj Zizek, Trouble in Paradise, 2014

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There is something very hypocritical in the formula ‘forgive but do not forget’ which I deeply manipulative as it means: I forgive you, but by not forgetting your misdeed, I will make sure that you will for ever feel guilty about it.

One of the main danger of capitalism: although it is global and encompass the whole world, it sustains a stricto sensu worldless ideological constellation, depriving the large majority of people of any meaningful cognitive mapping. Capitalism is the first socio-economic order which de-totalizes meaning: it is not global at the level of meaning. There is no global ‘capitalist world view’: the fundamental lesson of globalization is precisely that capitalism can accommodate itself to all civilisations.

While modernization in Europe was spread over centuries, the Muslim world has been exposed to this impact directly, without temporal delay, so their symbolic universe has been perturbed much more brutally – they have lost their symbolic ground with no time left to establish a new balance. No wonder, then, that the only way for some of these societies to avoid total breakdown was to erect in panic the shield of fundamentalism.

People do no rebel when things are bad but when their expectations are disappointed (the French revolution, 1956 revolt in Hungary, Egypt in 2011).

Willy Brandt knew that the capitalist system is ready to make considerable concessions to the workers and the poor only if there is a serious threat of an alternative, of a different mode of production which promises workers their rights. The moment this alternative vanishes, one can proceed to dismantle the welfare state.

Fareed Zakaria has pointed out that if developing countries are prematurely democratized, the result is a populism which ends in economic catastrophe and political despotism. No wonder that today’s economically most successful third world countries (Taiwan, South Korea, Chile) embraced full democracy only after a period of authoritarian regime. Does this line of thinking not provide the best argument for the authoritarian regime in China?

Austerity politics is not really a science, not even in a minimal sense. It is much closer to a contemporary form of superstition – a kind of gut reaction to an impenetrably complex situation.  Austerity is not ‘too radical’, as some leftist critics claim, but, on the contrary, too superficial: an act of avoiding the true roots of the crisis.

The ultimate triumph of capitalism comes about when each worker becomes his or her own capitalist, the ‘entrepreneur of the self’ who decides to invest in his or her own future (education, health) paying for these investment by becoming indebted. What were formally rights (to education, to health, to housing) thus become free decision to invest.

Philanthropic colonialism (by Peter Buffett, Warren’s son): As more lives and communities are destroyed by the system that creates vast amounts of wealth for the few, the more heroic it sounds to give back. But this just keeps the existing structure of inequality in place.  With more business minded folks getting into the act, business principles are trumpeted as an important element to add to the philanthropic sector….micro-lending and financial literacy: doesn’t all of this just feed the beast?

The work of charity (of Gates, Soros etc.)  is not a personal idiosyncrasy, whether sincere or hypocritical, it is the logical concluding point of capitalist circulation, necessary from the strictly econonomic stand point since it allows the capitalist system to postpone its crisis.

Velle bonum alicui : charity is the past-time of those who are indifferent.

Jean Claude Milner – the stabilising class: the class of those who, even when they call for change, do so only to enforce changes that will make the system more efficient and ensure that nothing will really change.

Zardoz (1974) – post apocalyptic, a world radically divided along class line.

Peter Sloterdijk – the world interior of capitalism which is inhabited by one and a half billion winners of globalisation. Three times this number are left standing outside the door. After the process that transformed the world into the globe, social life could only take place in an extended interior. As cultural capitalism rules, all world-forming upheavals are contained: no historic event could take place, only domestic accident.

One of the terrifying effects of the non-contemporaneity of different level of social life is the rise of violence against women – not just random violence, but systemic violence, violence specific to a certain social context, follows a pattern, and transmit a clear message (e.g. gang rape in India by poor people)

The social dislocation due to fast industrialisation and modernisation (in Canada, Mexico, India) provokes a brutal reaction of men who experience this development as a threat.

The Pope to Napoleon: I know your aim is to destroy Christianity. But believe me, Sire, you will fail – the Church has been trying to do this for 2000 years and still hasn’t succeeded.

T.S. Eliot : there are moment when the only choice is the one between heresy and non-belief, when the only way to keep a religion alive is to perform a sectarian split from its main corpus.

Kant : all actions relating to the right of other men are unjust if their maxim is not consistent with being rendered public. A secret law would legitimise the arbitrary despotism of those who exercise it.  Compared this to title of a recent report on China : ‘Even what’s secret is a secret in China.’

The ideological stakes of such individualisation (of the efforts to save the planet through recycling, use of different transport system etc.) are easily discernible: I get lost in my own self-examination instead of raising much more pertinent global questions about the entire industrial civilisation.

Fukuyama: the protest movement that toppled Mubarak was predominantly the revolt of the educated middle class, with the poor workers and farmers reduced to the role of observers. But once the gates of democracy were open, the Muslim Brotherhood, whose social base is the poor majority, won the elections. The core of secular protester understandably turn against them and was ready to endorse even a military coup.

Jean Pierre Taguieff: Islam is turning out to be the Marxism of the twenty first century, prolonging, after communism, its violent anti-capitalism.

Is the rise of radical Islam correlative to the disappearance of the secular Left in Muslim countries?

Arab countries were all more or less authoritarian, so that the demand for social and economic justice was spontaneously integrated into the demand for democracy, as if poverty was the result of the greed and corruption of those in power, and it was enough to get rid of them. What happens is that we get democracy, but poverty remainsWhat to do then?

Badiou: a true idea is something that divides, in a true idea, universality and division are two sides of the same coin.

IN hindsight, we can now see that the original trouble in paradise was the Khomeini revolution in Iran, a country which was officially thriving, on the fast track to pro-western modernization, and the West staunchest ally in the region.

Turkey : the protesters intuitively sensed that market freedom and religious fundamentalism are not mutually exclusive, that they can work hand in hand – a clear sign that the eternal marriage between democracy and capitalism is nearing divorce.

Sometimes, because it lacks legitimacy, an authoritarian regime can be more responsible towards its subjects than a democratically elected one. On the contrary a democratically elected government can fully exert its power for the narrow private interest of its members.

It is crucial to see this ethical regression (racism, protest against gay marriage etc.) as the obverse of the explosive development of global capitalism – they are two sides of the same coin.

Aid resemble the case of domestic social welfare policies within those (donor) countries: in both cases, redistribution simply functions as another link in the process of capitalist accumulation. Far from eliminating inequality, redistributive justice actually proliferates inequality.

Incentives may be useful in getting people to accomplish boring routing work, but with more intellectually demanding tasks, the success increasingly depends on being nimble and innovative, so there is more need for people to find intrinsic value in their work.

The best use of money as a motivator is to pay people enough to take the issue of money off the table.

The stabilization under the reign of Putin mostly amounts to the newly established transparency of these unwritten rules: now, again, people mostly know how to act or react in the complex cobweb of social interaction.

In the 1990s, a silent pact regulated the relationship between the Western power and Russia: Western states treated Russia as a great power on condition that Russia effectively didn’t act as one.

The British colonization of India created the conditions for the double liberation of India: from the constraints of its own tradition as well as from colonization itself.

Steve Jobs: a lot of times, people don’t know what they want until you show it to them.

The French revolution offered the promise of a state founded on a set of principles as opposed to one based upon a nation or a people.

China: As an organization, the Party sits outside, and above the law. It should have a legal entity, in other word, a person to sue, but it is not even registered as an organization. The Party exists outside the legal system itself.

Matière Première, Raphael Enthoven, 2013

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Vous avez bien-sur déjà acquis notre carte de fidélité, puisque le simple fait que vous soyez client est une preuve irréfragable de votre sagesse.

Qui est ce ‘je’? Une médiocre volonté générale qui, au lieu d’en appeler à la dimension publique d’un individu, sacrifierait paradoxalement l’intérêt commun à l’intérêt prive, élèverait au rang de principe et rendrait interchangeable l’expression picrocholine d’un désir particulier.

L’indignation n’est pas une valeur, mais une réaction. Elle ne relève pas de la réflexion, mais du reflexe. Elle est compatible avec tous les discours, toutes les opinions (on peut s’indigner de tout). L’indignation est comme l’ultra levure : elle a sa place dans tous les gâteaux. Simultanément plastique et stable, l’indignation s’adapte a tous les combats, dignifie toutes les luttes, embellit tous les dogmes. C’est commode. L’indignation permet a chacun d’émettre un avis qu’un raisonnement n’invalide. C’est évident : comment remettre en cause un discours qui ne s’occupe que des effets ? Autant contester l’incontestable.

Le politiquement incorrect part d’une bonne intention. Quand on fait la guerre aux bons sentiments, on ne peut pas être tout à fait mauvais. Parce que le politiquement incorrect se refuse a tenir l’impuissance pour une bonté, la pauvreté pour une vertu, la jeunesse pour une valeur, la lâcheté pour une patience, la faiblesse pour de l’humilité et l’humilité pour une faiblesse, il se donne comme le poison ‘dont meurent les natures les plus faibles’ mais qui ‘fortifie les forts’ (Nietzsche). Le politiquement  incorrect, essentiellement négatif, est […] ce que le scepticisme est a la connaissance : une connaissance nécessaire et non-suffisante, un point de départ qu’il serait intellectuellement suicidaire de tenir pour une fin en soi. C’est à l’inévitable dévoiement du politiquement incorrect qu’on doit de subir les imprécations démagogiques des histrions qui, réduisant la sincérité au courage de déplaire, déclare sans vergogne que ‘les civilisations sont inégales’, qu’il y a ‘trop de juif dans les medias’, et mendient ensuite le suffrage d’un scandale.

Rousseau incarne, a son corps défendant, l’anti talent de penser comme tout le monde quand on pense tout seul. Rousseau est le porte-parole des théories naturelles, c’est-à-dire des façons de voir, d’entendre et de penser qui nous viennent naturellement quand on se prend pour le centre du monde et qu’on prend la contradiction pour une offense.

On peut se réjouir que l’esprit humain sache voir du mouvement la ou il n’y a que de l’immobilité (photo) et constater qu’une telle illusion n’est pas étrangère a celle qui donne a la fiction un pouvoir de réalité incomparablement supérieure a la simple et fade retranscription des faits – il arrive que la technique rapproche du monde.

Pourquoi les indignes ont-ils élu Fawkes a sa tête ? A quoi Fawkes doit-il d’être le joker des mécontents ? A son tempérament de conspirateur qui flatte en chacun le sentiment de traquer la vérité que lui dérobent les puissants ? Il est vrai que la tendance a s’effacer derrière la cause que l’on défend juxtapose opportunément l’esprit de révolte et l’oubli de soi […] et le masque va comme un slogan ‘just a guy’ a ceux qui se déguisent ainsi pour cracher en cadence a la figure d’un ennemi lui-même sans visage.

De la même manière qu’on ne sauve pas les gens qui ne meurent pas, on ne condamne pas à mort les gens qu’on n’a pas sauves. Cette façon bizarre de présenter les choses cède implicitement a l’illusion d’un monde possible dans lequel, les bonnes décisions n’ayant pas été prises, il y aurait plus de morts que dans celui-ci. […] C’est aussi absurde de dire d’un vers ‘que ce n’est pas de la prose’ .Ce faisant, comme l’explique Bergson, vous traduisez les données de perception, qui montre un vers, dans la langue de l’attente qui est fixée sur l’idée de prose et ne veut entendre parler que d’elle.

Au pays du buzz, on se moque de se qui compte, et seul compte ce dont on peut se moquer. Ce n’est pas parce qu’un fait est intéressant qu’on en parle, c’est parce qu’on en parle qu’il est intéressant. A l’heure du Buzz, le nombre de clic est une valeur en soi ; qu’on en parle bien, qu’on en parle mal, l’important, c’est qu’on en parle.

À l’antipode du témoignage, le micro-trottoir brandit l’extime conviction d’une foule que les convenances combles. Le micro-trottoir […] c’est l’âge de pierre de l’opinion, […] le cercle des gens convaincus qu’il leur suffit d’être dans le vague pour avoir des idées larges.

[Lady Gaga] profondément superficielle ou bien superficielle par profondeur, la reine des avatars est une preuve que le sens du monde ou nous vivons  se trouve à la surface des simulacres qu’il produit.

Difficile simplicité: toute la complexité d’une doctrine, enseigne Bergson, tient à l’abime qui sépare la simplicité d’une intuition, des moyens dont on dispose pour l’exprimer.

Le dernier qui s’en va éteint la LUMIERE – Paul Jorion – 2016

Crise environnementale, crise de la complexité (les interactions augmentent entre des populations de plus en plus nombreuses dans un environnement de plus en plus mécanisé où nous confions nos décisions à l’ordinateur), crise économique et financière due au fait que nos systèmes sont une gigantesque machine a concentrer la richesse (alimentées par les intérêts de la dette et dont les effets délétères sont encore amplifiés par la spéculation (pari sur la hausse ou la baisse des titres financiers).

Nous croissons aujourd’hui a raison de 77 millions d’êtres humains supplémentaires par an.

Thomas Hobbes – la guerre du tous contre tous.

Depuis d’adoption du protocole de Kyoto visant a reduire les emissions de gas a effet de serre, les émissions annuelles de carbone sont passées de 6400 à 8700 millions de tonnes. On mesure la l’efficacité de nos efforts en la matière.

Il s’agit de réintroduire des notions telles que le bonheur, non pas mesuré puisqu’il est d’une nature qui ne se prête pas à la mesure, mais comme quelque chose de présent plutôt qu’absent.

Aristote : les valeurs et les prix relèvent de domaines absolument distincts. Il n’y a pas de valeur cachée derrière un prix, la seule chose qu’il y ait la est un rapport de forces entre êtres humains.

Trop de CO2 ou de dioxyde d’Azote, trop de phosphates….Aussi longtemps qu’il ne sera pas questions de qualités, tout calcul est condamné à n’être que comptes d’apothicaire dont aucune vérité profonde n’émergera jamais.

Gilens et Page, 2014 : ils ont comparé un catalogue d’objectifs politiques exprimés dans l’opinion publique (1779 en tout) et examiné si les mesures ont été, oui ou non, mis en œuvre. Conclusion : l’opinion de la majorité est ignorée : elle ne compte pas et n’est pas reflétée dans les mesures qui sont prises. Aux etats unis règne un système politique caractérisé par la domination d’une élite écconomique.

Lacordaire (1802-1861) avait dit « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maitre et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Les entreprises innovantes d’aujourd’hui exigent désormais une mise de fonds importante en capital, ne créent pour l’essentiel que des emplois très qualifiés en petit nombre par rapport au chiffre d’affaires. La firme WhatsApp ne comptait que 50 employes quand elle fut rachetée pour 19 milliard de dollars par Facebook. La technologie ne crée pas nécessairement d’emploi.

On progresse vers une économie ou le vainqueur emporte tout (the winner takes all) ou un très petit nombre de travailleurs très qualifies créent une part disproportionnée de la richesse.

Alain Supiot : L’imaginaire cybernétique tend à effacer la différence entre l’homme, l’animal et la machine, saisi comme autant de système homéostatique communiquant les uns avec les autres.  A ce nouvel imaginaire correspond le passage du libéralisme économique – qui place le calcul économique sous l’égide de la loi – à l’ultralibéralisme, qui place la loi sous l’égide du calcul économique. Etendu a toutes activités humaines, le paradigme du marché occupe désormais la place de norme fondamentale à l’échelle du globe.

L’invention du statut de la personne morale, calqué sur celui de la personne physique (la justification intuitive en étant que celle-ci dispose, comme souvent la personne physique, d’un patrimoine) prit place aux Etats Unis au milieu du XIXe siècle.

Au fils des ans, les droits des personnes morales ne cessèrent de croitre et leurs devoirs de se réduire, tandis que l’immortalité potentielle qui leur était dorénavant assurée leur permettait une accumulation quasi infinie de patrimoine et du pouvoir qui lui est associe.

La formulation juridique des principes ultralibéraux crée par anticipation le cadre de fonctionnement d’un univers peuplé seulement de robots.

Lord Adair Turner, patron du régulateur des marchés financiers au royaume uni qui dressa en 2010 la liste des activités inutiles, voire nocives, de la finance. Il est nocif qu’un secteur dépasse la taille correspondant à son véritable rôle économique. A un contradicteur prétendant que le secteur financier devait s’efforcer de devenir le plus gros possible, il avait répondu que l’on imagine pas des centrales électriques cherchant à excéder la demande du marché.

La promotion implicite du court termisme par la philosophie qui sous-tend la règlementation comptable date des années 1980 et est lié à l’internationalisation et la privatisation de la rédaction des règles comptables (grandes firmes d’audit et l’International Accounting Standard Board – qui est finance par ces mêmes firmes). IASB est domicilié dans l’état du Delaware qui constitue un havre fiscal. Conflit d’intérêt, puisque IASB est aussi finance par les mêmes firmes d’audit, et aucun contrôle démocratique….

La comptabilité moderne a évolué en trois temps : primo, début du XIX, les bénéfices ne sont comptabilises que lorsqu’ils sont apparus : pour distribuer des parts il faut d’abord  avoir couvert les coûts. Secundo au milieu du XIX, les bénéfices apparaissent anticipées en enkystant le passif, et ce pour ne pas décourager les petits investisseurs dont on avait besoin pour financer les grands projets de construction. Tertio, les années 1980, la comptabilité  « mark to market » au prix du marché, les bénéfices sont distribués à titre anticipé. Le moindre bénéfice est aussitôt partagée entre amis, et s’il manque de l’argent pour l’entreprise, on l’emprunte !

Les docteurs de l’Eglise, au Moyen Age, appelait « usure » ce que nous appelons « crédit à la consommation » et bannissaient le paiement d’intérêts sur des sommes empruntées pour la seule et unique raison que l’emprunteur y était forcé.

Au cours des premiers siècles de notre ère, la concentration de la richesse a condamné une part toujours croissante de la population au surendettement, entrainant l’apparition d’un statut social inédit : celui, devenu rapidement héréditaire, de serf attaché de génération en génération a la terre de son maitre.

Le système économique nécessite la croissance comme l’un de ses éléments constituants en tant qu’il est un système capitaliste, et qu’il est donc impossible de parler de décroissance sans remettre en question la nature capitaliste de notre système économique. Le système économique n’est pas monolithique : il est à la fois « capitaliste », « de marché », « libéral » voire « ultralibéral ».

Comptabiliser le travail comme coût (qu’il convient donc de minimiser pour augmenter les dividendes) et les dividendes comme part de profit est en réalité arbitraire : c’est l’expression d’un choix politique. Un juste partage exige la remise en cause des règles comptables qui traitent les salaires comme des coûts, et les bonus de la direction et les dividendes des actionnaires comme des parts de bénéfices, pour considérer tous ensemble comme avances faites au même titre à la production de marchandises ou de services.

Le coût de la crise des « subprimes » fut considérable : 8% du PIB de la zone euro. Les garanties des Etats de la zone euro au secteur financier équivalaient en 2014 à 2.7% du PIB en 2014.

Un article signé Vitali, Glattfelder et Battiston mettait en évidence en 2011 l’existence, en parallèle du réseau de pouvoir que forme les Etats, d’un autre réseau constitué en son cœur par un nombre restreint  (147) de compagnies transnationales dont la puissance économique est considérablement supérieur à celle des Etats.  Un nombre réduit d’individu (737) exerce le pouvoir effectif au sein de (80%) ces compagnies. Les trois quarts des 147 compagnies sont des établissements financiers.

Apple, jouant sur les ambiguïtés des codes des impôts nationaux, a même réussi la gageure de n’avoir aucune domiciliation fiscales pour les principales composantes de son conglomérat, et d’être ainsi pleinement déterritorialisé. Aucun devoir, aucun engagement ne lie (ces entreprises internationales) à une véritable communauté de citoyens en aucun endroit du globe.

Si l’on veut stopper le processus de destruction en cours, le choix est simple : il faut imposer à la finance, l’éthique qui prévaut dans les autres départements de nos sociétés : mettre fin le plus rapidement possible à l’extraterritorialité éthique dont elle bénéficie à l’heure actuelle.

The Economist 2012 : à la questions envers qui il conviendrait qu’il se sentent davantage responsables, les leaders de la finance considèrent : leur PDG (pour 48%), leur actionnaires (pour 44%)…les choix les moins populaires sont la société dans son ensemble (pour 25%) l’Etat (11%). Le monde financier reste convaincu du bien-fondé de son extraterritorialité sur le plan éthique.

Francois Debauche nous à enseigné des choses précieuses, consciencieusement retenues.

Rien ne permet d’exclure que les processus biologiques ne produisent eux aussi ultérieurement, par émergence,  un type de phénomène d’une nature inédite. Et que, du coup, ce qui nous avions imaginé à tort comme étant intervenu avant nous, la présence d’un Dieu démiurge ayant été la cause de notre monde, n’apparaisse en fait ultérieurement au sein du monde. Dieu non comme la cause mais comme la conséquence de cet univers.

Rees : « Notre ère d’intelligence organique constitue un triomphe de la complexité sur l’entropie mais un triomphe passager, qui sera suivi d’une période considérablement plus longue d’intelligence inorganique, beaucoup moins contrainte par son environnement.  Il est probable que les extraterrestres auront opéré la transition qui permet de dépasser le stade organique il y a déjà très longtemps ».  Proposition intrigante qui implique que nous perdons notre temps quand nous recherchons aujourd’hui des manifestations de vie intelligente. Devons-nous attrister que l’être humain ne soit pas le point culminent de l’évolution ? Que les humains ne soient que les précurseurs fugaces d’une culture dominée par les machines ?

Hegel – S’impose a nous la question de savoir si, derrière le vacarme, ne se trouverait pas une œuvre intérieur dans laquelle serait emmagasinée la force des phénomènes et à laquelle tout profiterait. C’est la catégorie de la Raison, celle de la pensée d’une fin ultime en elle-même. Le ruse de la Raison : la Raison s’accomplit, quelque que soit la représentation qu’en ont les hommes par le truchement de ce qui se réalise dans le monde. Mais pour Hegel toujours, ce n’est pas tant l’histoire qui réalise la raison, que nous qui la lisons dans son déroulement. La Raison est donc cette chose qu’on est à même de lire dans l’histoire, bien davantage qu’elle n’y est véritablement présente.

Justice, Michael J. Sandel (2009)

To acknowledge the moral force of the virtue argument is not to insist that it must always prevail over competing consideration.

Aristotle maintains that we can’t figure out what a just constitution is without reflecting first on the most desirable way of life. Law can’t be neutral on questions of the good life. By contrast, modern political philosophers (Kant to Rawls) argue that the principle of justice should not rest on any particular conception of virtue, or of the best way to live. Instead, a just society respects each person’s freedom to choose his or her conception of a good life.

Utilitarianism seeks the greatest happiness for the greatest number. Other theories connect justice to respect for individual rights, though they disagree about which rights are most important. Finally, some theories see justice bound up with virtue and good life, virtue often identified with cultural conservatives and religious right. But the notion that a just society affirms certain virtues has inspired political movements and arguments. Not only the Taliban, but also abolitionists to Martin Luther King…

Killing the three afghan goatherds would have saved the lives of his three comrades and the 16 US troops who tried to rescue them. He could not bring himself to kill unarmed civilians in cold blood (despite his team calling for it)

Plato’s point is that to grasp the meaning of justice and the nature of a good life, we must rise above the prejudices and routines of everyday life.

Two rival approach of justice. The first says that the morality of an action depends solely on the consequences it brings about. The second considers that certain duties and rights should command our respect, for reason independent of the consequences.

Bentham’s utilitarianism : there are no rights that are fundamental (‘nonsense upon stilts’). The right thing to do is to maximize utility, whatever produces pleasure or happiness. The most glaring weakness of utilitarianism is that it fails to respect individual rights. If only each person’s preference matter, norms of decency and respect can be violated. Throwing Christian to lions is justified if enough romans derive enough pleasure from the spectacle…

Philip Morris study: although smokers impose higher medical costs on the budget while they are alive, they die early and so save the government on health care, pensions, housing for the elderly. Once positive effects are taken into account – including cigarette tax revenues – the net gain to the treasury is $147million per year. A fuller cost-benefit analysis would add an amount representing the cost of dying early for the smoker and his family…

In the early 70s the cost of traffic fatalities in the US, taking into account future productivity losses, medical costs, funeral costs, and the victims pain and suffering, High Traffic Safety Administration arrived at $200,000 per fatality. In 2003 the US Environmental Protection Agency presented a cost-benefit analyses of new air pollution standard: $3.7 million per life – $2.3million for those older than 70. Today US government agencies us $6 million per life when setting pollution standards and health and safety regulations. Trading off certain levels of safety for certain benefits and conveniences is unavoidable, they argue, we should do so with our eyes open even if that means putting a price tag on human life.

It is not possible to measure and compare all values and goods on a single scale (critics of utilitarianism).

 

John Stuart Mill, a generation after Bentham, tried to recast utilitarianism in a more humane, less calculating doctrine and attempted to reconcile it with individual rights: people should be free to do whatever they want, provided they do no harm to others. Mill thinks we should maximize utility, not case by case, but in the long run. And, over time, respecting individual liberty will lead to the greatest human happiness. But since it appeals to moral ideals beyond utility – ideals of character and human flourishing – it is a renunciation of Bentham utilitarianism, despite claims to the contrary.

Bentham died in 1832, at the age of 84. His body has been preserved  and can be found at University College London in a glass case. International Bentham Society.

Libertarianism: taxing the rich to help the poor is unjust. It violates their liberty to do with their money whatever they please. Milton Friedman in 1962 argued that any widely accepted state activities are illegitimate infringements on individual freedom. Friedman reject social security or minimum wage law on such grounds. Libertarians sees a moral continuity from taxation (taking my earnings) to forced labor (taking my labor) to slavery (denying that I own myself).

Conscription ran against the grain of the American individualist tradition, and the Union draft (1862) made a striking concession to that tradition: anyone who was drafted and didn’t want to serve could hire someone else to take his place.

For those with limited alternatives, the free market is not all that free.

Proportionate to the population, today’s active-duty military establishment is about 4 percent of the size of the force that won World War II. This makes it relatively easy for policy-makers to commit the country to war without having to secure the broad and deep consent of the society as a whole.

Once you accept the notion that the army should use the labor market to fill its ranks, there is no reason in principle to restrict eligibility to American citizens – no reasons, unless you believe military service is a civic responsibility after all, an expression of citizenship.

The Indian city of Anand may soon be to paid pregnancy what Bangalore is to call centers. In 2008 more than fifty women in the city were carrying pregnancies for couples in the US, Taiwan, Britain etc. They earn $4500 to $7500, more than what they would make in 15 years.  At $25,000 for the parents, it is a third of what it would be for gestational surrogacy in the US.

Locke rejects the notion that we may dispose of our life and liberty however we please.

Kant offers an alternative account of duties and rights. It does not depend on the idea that we own ourselves. It depends on the idea that we are rational being, worthy of dignity and respect.  What we commonly think as market freedom or consumer choice is not true freedom, Kant argues, because it simply involves satisfying desires we haven’t chosen in the first place. Basing morality on interests and preferences destroys its dignity. It does not teach us how to distinguish between right and wrong, but “only to become better at calculation”. He argues that we can arrive at the supreme principle of morality through the exercise of “pure practical reason”. According to Kant, the moral worth of an action consists not in the consequences that flow from it, but the intention from which the act is done. He maintains that only the motive of duty confers moral worth of an action. The compassion of the altruist (compassion or taking pleasure to help the others) deserves praise and encouragement, but not esteem (reserved to moral behavior).

Kant “Act only on that maxim whereby you can at the same time will that is should become a universal law”.

For Kant, justice requires us to uphold the human rights of all persons simply because they are human beings, capable of reason, and therefore worthy of respect. This is the categorical imperative that requires us to treat persons with respect, as ends in themselves.

When we think ourselves as free, we transfer ourselves into the intelligible world as members and recognize the autonomy of the will together with its consequence – morality.

Science can investigate nature and inquire into the empirical world, but it cannot answer moral questions or disprove free will. Moral and free will can’t prove they exist, but neither can we make sense of our moral lives without presupposing them.

The categorical imperative requires that I treat all persons (including myself) with respect – as an end, not merely as a means (Kant).

Wouldn’t it be right to lie to a murderer? Kant says no. The duty to tell the truth holds regardless of the consequences.

Kant thought that there is a morally relevant difference between a lie and a misleading truth. The difference, I think, is this: a carefully crafted evasion pays homage to the duty of truth-telling in a way that an outright lie does not. Anyone who goes to the bother of concocting a misleading but technical true statement when a simple lie would do expresses, however obliquely, respect for the moral law.

The mere fact that a group of people in the past agreed to a constitution is not enough to make that constitution just.

 Rawls believes that two principles of justice would emerge from the hypothetical contract. The first provides equal basic liberties for all citizens, such as freedom of speech etc. the second concerns social and economic equality. Although it does not require an equal distribution of income and wealth, it permits only those social and economic inequalities that work to the advantage of the least well off members of society.

The veil of ignorance (of Rawls) ensures the equality of power and knowledge that the original position requires. By ensuring no one knows his or her place in society, his strength or weaknesses, his values or ends, the veil of ignorance ensures that no one can take advantage, even unwittingly, of a favorable bargaining position.

The difference principle (of Rawls) represents an agreement to regard the distribution of natural talents as a common asset and to share in the benefits of this distribution. Those who have been favored by nature may gain from their good fortune only on terms that improve the situation of those who have lost out.

Rawls reject moral desert as the basis for distributive justice on two grounds: 1st my having talents to enable me to be more successful than others is not entirely my own doing.2nd the quality the society happens to value at any given time is also morally arbitrary.

Can we ever have a moral responsibility to redress wrongs committed by a previous generation?

In 1922 Harvard’s president proposed a 12% limit on Jewish enrollment, in the name of reducing anti-Semitism. “the anti-Semitic feeling among students is increasing” he said, “ and it grows in proportion to the increase in the number of Jews”.

Debates about distributive justice are about not only who gets what but also what qualities are worthy of honor and reward.

For Aristotle, “the end of the state is not to provide alliance for mutual defense….or to ease economic exchange and promote economic intercourse”. Politics is about something higher. It is about learning to live a good life. Only in political association can we deliberate about justice and injustice and the nature of the good life.

The case went to the United States Supreme Court, where the justices found themselves wrestling with what seemed to one a silly questions, at once beneath their dignity and beyond their expertise: “ is someone riding around a golf course from shot to shot really a golfer?”

Anyone can deplore an injustice. But only someone who is somehow implicated in the injustice can apologize for it.  Critics of apologies correctly grasp the moral stakes. And they reject the idea that the current generation can be morally responsible for the sins of their forebears.

Kant: To be free is to be autonomous and to be autonomous is to be governed by a law I give myself.

The notion that we are freely choosing selves supports the idea that the principles of justice should not rest on any particular moral or religious conception; instead they should be neutral among competing visions of the good life.

MacIntyre we all approach our own circumstances as bearers of particular social identity. I inherit from the past of my family, my city, my tribe… a variety of debts, inheritances, expectations and obligations. These constitute the given of my life, my moral starting point. This however is at odds with modern individualism. Are we bound by some moral ties we haven’t chosen and that can’t be traced to a social contract?

Obligation of solidarity are particular, not universal, they involve moral responsibilities we owe, not to rational beings as such, but to those with whom we share a certain history. They do not depend on an act of consent. They derive from the recognition that my life story is implicated in the stories of others.

The capacity for pride and shame in the actions of family members and fellow citizens is related to the capacity for collective responsibility.

A politics emptied of substantive moral engagement makes for an impoverished civic life. It is also an open invitation to narrow, intolerant moralisms. Fundamentalists rush in where liberals fear to tread.

Kennedy: his religious faith was a private matter and would have no bearing on his public responsibilities. For Obama however it is a mistake to insist that moral and religious convictions play no part in politics and law because “addressing problems such as poverty and racism, the uninsured and the unemployed” would require changes in hearts and a change in mind.

Rawls’ test: To check whether we are following public reason we might ask: how would our argument strike us presented in the form of a supreme court opinion?  This is a way to make sure our argument are neutral in the sense that liberal public reason requires.

For abortion or stem cell research, it’s not possible to resolve the legal question without taking up the underlying moral and religious question. Regarding same sex marriages, three policies can be summarized as follows: recognize only marriages between a man and a woman; recognize same sex and opposite sex marriages; don’t recognize marriage of any kind (and privatize them, without state sanction or interference). The real issue in the gay marriage debate is not freedom of choice but whether same-sex unions are worthy of honor and recognition by community – whether they fufill the purpose of social institution of marriage.

We have seen three approaches of justice.  One says justice is to maximize utility or welfare; one says justice means respecting freedom of choice and one says justice involves cultivating virtue and reasoning about common good.