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Le dernier qui s’en va éteint la LUMIERE – Paul Jorion – 2016

Crise environnementale, crise de la complexité (les interactions augmentent entre des populations de plus en plus nombreuses dans un environnement de plus en plus mécanisé où nous confions nos décisions à l’ordinateur), crise économique et financière due au fait que nos systèmes sont une gigantesque machine a concentrer la richesse (alimentées par les intérêts de la dette et dont les effets délétères sont encore amplifiés par la spéculation (pari sur la hausse ou la baisse des titres financiers).

Nous croissons aujourd’hui a raison de 77 millions d’êtres humains supplémentaires par an.

Thomas Hobbes – la guerre du tous contre tous.

Depuis d’adoption du protocole de Kyoto visant a reduire les emissions de gas a effet de serre, les émissions annuelles de carbone sont passées de 6400 à 8700 millions de tonnes. On mesure la l’efficacité de nos efforts en la matière.

Il s’agit de réintroduire des notions telles que le bonheur, non pas mesuré puisqu’il est d’une nature qui ne se prête pas à la mesure, mais comme quelque chose de présent plutôt qu’absent.

Aristote : les valeurs et les prix relèvent de domaines absolument distincts. Il n’y a pas de valeur cachée derrière un prix, la seule chose qu’il y ait la est un rapport de forces entre êtres humains.

Trop de CO2 ou de dioxyde d’Azote, trop de phosphates….Aussi longtemps qu’il ne sera pas questions de qualités, tout calcul est condamné à n’être que comptes d’apothicaire dont aucune vérité profonde n’émergera jamais.

Gilens et Page, 2014 : ils ont comparé un catalogue d’objectifs politiques exprimés dans l’opinion publique (1779 en tout) et examiné si les mesures ont été, oui ou non, mis en œuvre. Conclusion : l’opinion de la majorité est ignorée : elle ne compte pas et n’est pas reflétée dans les mesures qui sont prises. Aux etats unis règne un système politique caractérisé par la domination d’une élite écconomique.

Lacordaire (1802-1861) avait dit « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maitre et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Les entreprises innovantes d’aujourd’hui exigent désormais une mise de fonds importante en capital, ne créent pour l’essentiel que des emplois très qualifiés en petit nombre par rapport au chiffre d’affaires. La firme WhatsApp ne comptait que 50 employes quand elle fut rachetée pour 19 milliard de dollars par Facebook. La technologie ne crée pas nécessairement d’emploi.

On progresse vers une économie ou le vainqueur emporte tout (the winner takes all) ou un très petit nombre de travailleurs très qualifies créent une part disproportionnée de la richesse.

Alain Supiot : L’imaginaire cybernétique tend à effacer la différence entre l’homme, l’animal et la machine, saisi comme autant de système homéostatique communiquant les uns avec les autres.  A ce nouvel imaginaire correspond le passage du libéralisme économique – qui place le calcul économique sous l’égide de la loi – à l’ultralibéralisme, qui place la loi sous l’égide du calcul économique. Etendu a toutes activités humaines, le paradigme du marché occupe désormais la place de norme fondamentale à l’échelle du globe.

L’invention du statut de la personne morale, calqué sur celui de la personne physique (la justification intuitive en étant que celle-ci dispose, comme souvent la personne physique, d’un patrimoine) prit place aux Etats Unis au milieu du XIXe siècle.

Au fils des ans, les droits des personnes morales ne cessèrent de croitre et leurs devoirs de se réduire, tandis que l’immortalité potentielle qui leur était dorénavant assurée leur permettait une accumulation quasi infinie de patrimoine et du pouvoir qui lui est associe.

La formulation juridique des principes ultralibéraux crée par anticipation le cadre de fonctionnement d’un univers peuplé seulement de robots.

Lord Adair Turner, patron du régulateur des marchés financiers au royaume uni qui dressa en 2010 la liste des activités inutiles, voire nocives, de la finance. Il est nocif qu’un secteur dépasse la taille correspondant à son véritable rôle économique. A un contradicteur prétendant que le secteur financier devait s’efforcer de devenir le plus gros possible, il avait répondu que l’on imagine pas des centrales électriques cherchant à excéder la demande du marché.

La promotion implicite du court termisme par la philosophie qui sous-tend la règlementation comptable date des années 1980 et est lié à l’internationalisation et la privatisation de la rédaction des règles comptables (grandes firmes d’audit et l’International Accounting Standard Board – qui est finance par ces mêmes firmes). IASB est domicilié dans l’état du Delaware qui constitue un havre fiscal. Conflit d’intérêt, puisque IASB est aussi finance par les mêmes firmes d’audit, et aucun contrôle démocratique….

La comptabilité moderne a évolué en trois temps : primo, début du XIX, les bénéfices ne sont comptabilises que lorsqu’ils sont apparus : pour distribuer des parts il faut d’abord  avoir couvert les coûts. Secundo au milieu du XIX, les bénéfices apparaissent anticipées en enkystant le passif, et ce pour ne pas décourager les petits investisseurs dont on avait besoin pour financer les grands projets de construction. Tertio, les années 1980, la comptabilité  « mark to market » au prix du marché, les bénéfices sont distribués à titre anticipé. Le moindre bénéfice est aussitôt partagée entre amis, et s’il manque de l’argent pour l’entreprise, on l’emprunte !

Les docteurs de l’Eglise, au Moyen Age, appelait « usure » ce que nous appelons « crédit à la consommation » et bannissaient le paiement d’intérêts sur des sommes empruntées pour la seule et unique raison que l’emprunteur y était forcé.

Au cours des premiers siècles de notre ère, la concentration de la richesse a condamné une part toujours croissante de la population au surendettement, entrainant l’apparition d’un statut social inédit : celui, devenu rapidement héréditaire, de serf attaché de génération en génération a la terre de son maitre.

Le système économique nécessite la croissance comme l’un de ses éléments constituants en tant qu’il est un système capitaliste, et qu’il est donc impossible de parler de décroissance sans remettre en question la nature capitaliste de notre système économique. Le système économique n’est pas monolithique : il est à la fois « capitaliste », « de marché », « libéral » voire « ultralibéral ».

Comptabiliser le travail comme coût (qu’il convient donc de minimiser pour augmenter les dividendes) et les dividendes comme part de profit est en réalité arbitraire : c’est l’expression d’un choix politique. Un juste partage exige la remise en cause des règles comptables qui traitent les salaires comme des coûts, et les bonus de la direction et les dividendes des actionnaires comme des parts de bénéfices, pour considérer tous ensemble comme avances faites au même titre à la production de marchandises ou de services.

Le coût de la crise des « subprimes » fut considérable : 8% du PIB de la zone euro. Les garanties des Etats de la zone euro au secteur financier équivalaient en 2014 à 2.7% du PIB en 2014.

Un article signé Vitali, Glattfelder et Battiston mettait en évidence en 2011 l’existence, en parallèle du réseau de pouvoir que forme les Etats, d’un autre réseau constitué en son cœur par un nombre restreint  (147) de compagnies transnationales dont la puissance économique est considérablement supérieur à celle des Etats.  Un nombre réduit d’individu (737) exerce le pouvoir effectif au sein de (80%) ces compagnies. Les trois quarts des 147 compagnies sont des établissements financiers.

Apple, jouant sur les ambiguïtés des codes des impôts nationaux, a même réussi la gageure de n’avoir aucune domiciliation fiscales pour les principales composantes de son conglomérat, et d’être ainsi pleinement déterritorialisé. Aucun devoir, aucun engagement ne lie (ces entreprises internationales) à une véritable communauté de citoyens en aucun endroit du globe.

Si l’on veut stopper le processus de destruction en cours, le choix est simple : il faut imposer à la finance, l’éthique qui prévaut dans les autres départements de nos sociétés : mettre fin le plus rapidement possible à l’extraterritorialité éthique dont elle bénéficie à l’heure actuelle.

The Economist 2012 : à la questions envers qui il conviendrait qu’il se sentent davantage responsables, les leaders de la finance considèrent : leur PDG (pour 48%), leur actionnaires (pour 44%)…les choix les moins populaires sont la société dans son ensemble (pour 25%) l’Etat (11%). Le monde financier reste convaincu du bien-fondé de son extraterritorialité sur le plan éthique.

Francois Debauche nous à enseigné des choses précieuses, consciencieusement retenues.

Rien ne permet d’exclure que les processus biologiques ne produisent eux aussi ultérieurement, par émergence,  un type de phénomène d’une nature inédite. Et que, du coup, ce qui nous avions imaginé à tort comme étant intervenu avant nous, la présence d’un Dieu démiurge ayant été la cause de notre monde, n’apparaisse en fait ultérieurement au sein du monde. Dieu non comme la cause mais comme la conséquence de cet univers.

Rees : « Notre ère d’intelligence organique constitue un triomphe de la complexité sur l’entropie mais un triomphe passager, qui sera suivi d’une période considérablement plus longue d’intelligence inorganique, beaucoup moins contrainte par son environnement.  Il est probable que les extraterrestres auront opéré la transition qui permet de dépasser le stade organique il y a déjà très longtemps ».  Proposition intrigante qui implique que nous perdons notre temps quand nous recherchons aujourd’hui des manifestations de vie intelligente. Devons-nous attrister que l’être humain ne soit pas le point culminent de l’évolution ? Que les humains ne soient que les précurseurs fugaces d’une culture dominée par les machines ?

Hegel – S’impose a nous la question de savoir si, derrière le vacarme, ne se trouverait pas une œuvre intérieur dans laquelle serait emmagasinée la force des phénomènes et à laquelle tout profiterait. C’est la catégorie de la Raison, celle de la pensée d’une fin ultime en elle-même. Le ruse de la Raison : la Raison s’accomplit, quelque que soit la représentation qu’en ont les hommes par le truchement de ce qui se réalise dans le monde. Mais pour Hegel toujours, ce n’est pas tant l’histoire qui réalise la raison, que nous qui la lisons dans son déroulement. La Raison est donc cette chose qu’on est à même de lire dans l’histoire, bien davantage qu’elle n’y est véritablement présente.

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Globalisation : le pire est à venir. Patrick Artus, Marie Paule Virard, 2008

 virardartus

P25 Etats-Unis Royaume Unis, dans ces pays les ménages peuvent se ré endetter quand la valeur de leur maison monte par rapport au niveau de leur dette hypothécaire. Au japon les prix (de l’immobilier) ont chutés pendant 15 années consécutives.

 

Le décrochage boursier de 2007 doit moins au fondamentaux qu’a l’inquiétude des investisseurs.

 

P26 plus ou moins fragilisées, le banques ont fermé le robinet de crédit grand ouvert auparavant.

 

P27 La seconde globalisation : recentrage de la globalisation vers les pays émergents, un basculement du centre de gravité de l’économie-monde

 

P33 La population en age de travailler en EU, US Japon est de 450M. Elle est de 2.3MM  dans le monde émergent. L’effet est simple : baisse des salaires relativement à la productivité, et hausse de la profitabilité (puisqu’il y a plus de travailleur par unité de capital) et le pouvoir de négociation des salariés est réduit. De 99 a 2007, productivité a baissé de 30% et le salaire par tête réel de 18% seulement.

 

P42 le monde peut-il se refermer ? La première globalisation n’a pas résisté au catastrophe du XXème: il a fallut attendre les années 80 pour retrouver le degré d’ouverture d’avant 1914 (Niall Ferguson et Harold James 2002 et 2007 respectivement). Aujourd’hui la question est posée. La révolution technologique va continuer, les communications seront moins chères et plus rapides, les pays avancés sont désormais incapables de produire des biens dont ils ont délocalisé la production, certains imports des pays émergents proviennent des pays riches (moyen de production etc.) pourtant on peut assister a un retour du national (mise en place de barrières, protectionnisme) alors que les structures de gestion de mondialisation sont inexistantes ou faibles. L’hétérogénéité du monde qui cassa la première mondialisation après 14 peut encore jouer…

 

P56 La progression des émissions de gaz a effets de serre s’emballe : +3% par an depuis 2000.

 

P60 Dans de nombreux pays en développement la bataille du développement se confond désormais avec celle de l’environnement. Les UN estiment a 86MM de dollars par an la somme nécessaire au financement de l’adaptation des pays les plus pauvres (voir PNUD 07/08)

 

P61 La bataille des ressources rares. L’accès est conditionné de plus en plus par la politique. L’occident perd la main : en 2008 en matière de pétrole, les majors n’ont plus accès qu’a 15% des réserves prouvées. 75% sont contrôlés par les firmes publiques des pays producteurs. Les réserves des majors ne se maintiennent plus et beaucoup de contrats sont renégociés.  Le Venezuela et la Bolivie ont poussé les compagnies privées dehors et nationalisé une partie de la production et renégocié les contrats.

 

P89 Les sub-primes : les liquidités ne s’investissent plus dans des actifs productifs d’entreprise (actions, obligations) mais sur des actifs qui ne sont pas favorable a la croissance des pays de l’OCDE : les matières premières ou les actions indiennes s’envolent mais sans bénéfice de croissance pour l’OCDE. La régulation par les crises financières est plus aléatoire que la régulation par l’inflation : la liquidité est une bombe a retardement. Une solution : le rééquilibrage des taux d’épargne (les chinois épargnent 54% des revenus, les américains 1%) afin de réduire les déséquilibres globaux. Ce sont la des processus difficile a mettre en place sans une coordination forte et de longue haleine.

 

P106 Comment la crise des subprimes sur un marché de moins de 1000 MM a pu faire tant de dégâts ? c’est après tout un coût de 400MM sur une marché de l’épargne américain de 58000 MM ! C’est par un phénomène de contagion, de variation de prix et d’appréciation des risques et du capital des institutions financières. Les bilans sont valorisés quotidiennement au prix du marché (pour éviter une sous estimation des risques), les variations des prix d’actifs y apparaissent instantanément  et provoque une série de réaction en chaîne. Cela a un impact sur les résultat et fonds propres des banques beaucoup plus important que les pertes économiques réelles. Comme tous les intervenants sont affectés en même temps, un cycle de réaction en chaîne s’enclenche car les institutions financières adoptent des positions similaires (mimétisme – c’est aussi pourquoi les bulles ne cessent de se créer dans divers domaine économique). Pour éviter ces mouvements et ces bulles, il faut que les investisseurs reviennent vers d’autres actifs productifs sous évalués : c’est le cas des actions d’entreprise. En revanche celle-ci ont un rendement inférieur au 20-25% l’an auquel les banques et institutions se sont habituées

 

P119 Dans une union monétaire et économique efficace il existe effectivement une spécialisation productive des régions, mais aussi une mobilité du travail et un fédéralisme fiscal. Nous n’avons pas cela en Europe. Au Etats unis personne ne se demande si cela pose problème que l’informatique soit en Californie, les médias en Georgie, le tourisme en Floride, l’automobile dans les Grands Lacs…

 

P121 16 ans après Maastricht les pays de l’Union européenne élabore toujours leur stratégies de politique économique sur une base nationale. Nous avons une addition de pays en guerre économique qui on simplement en commun une monnaie et la liberté d’établissement mais qui partagent un désintérêt pour une solidarité à l’intérieur et une vision commune vis-à-vis de l’extérieur. Sans compter la pratique du passager clandestin dans certains cas…

 

P30 Certains modèles de développement (Allemand avec encore beaucoup de production industrielle, machines-outils etc. vs France/Italie plus de services…) bénéficient plus de la globalisation (Allemagne avec un excédent considérable due a de forte exportations vers les régions émergentes….) car ils permettent d’accompagner la croissance du commerce mondiale et la demande des pays producteurs de matières premières.

 

P140 a moyen terme les grandes économies des pays de l’Union vont diverger et auront des intérêts en conflit : l’Europe devra renoncer a être active par rapport à la mondialisation et ne fera que suivre : elle sera alors une des grandes perdantes.

 

P 143 les risques : 1. les délocalisations vers les pays émergents laminent les segments intermédiaires de leurs économies qui se polarisent sur deux pôles : les secteurs qui bénéficient de la mondialisation (finance, transport.. avec des travailleurs qualifiés bien payés) et les secteurs non touchés par la globalisation (services a la personne, construction, loisirs etc. peu productif avec des employés peu qualifié et peu payé).  Il y a une disparition des classes moyennes.

2. l’exigence de rentabilité forte (20%) et croissance de la liquidité mondiale attisée par les réserves des pays émergents. Cet excès génère des bulles d’investissement qui provoquent des crises régulières.  Solution : coordonnés les politiques des pays exportateurs et des pays déficitaires au niveau mondiale…difficile !

P154 La « civilisation » de la globalisation reste a inventer.