Archives for posts with tag: ethique

Mon dîner chez les cannibales – Ruwen Ogien –  2016

 Image result for ruwen ogien

Dans une société à forte ségrégation sexuelle, les femmes peuvent ne pas être malheureuses du fait qu’elles soient moins éduquées que les hommes. Elles peuvent estimer que c’est normal et même que c’est une bonne chose. […] Si le seul critère de la justice sociale est le bonheur, il faudra admettre qu’une société peut être juste même si elle est profondément inégalitaire ou esclavagiste : il suffirait que les plus pauvres ou les esclaves ne s’y sentent pas malheureux.

Même si l’accroissement de la richesse des plus démunis au-delà d’un certain seuil ne contribue nullement à augmenter leur bonheur, ce n’est certainement pas une raison suffisante de ne pas militer en sa faveur.

Les inégalités de revenue etc. ne sont pas toujours injustes car elle sont souvent la sanction de choix individuels défectueux ou la récompense du mérite. Je ne (le) pense pas.

Les libertariens : les inégalités résultent de transactions consenties par les parties, elles ne sont ni injuste ni dépourvues de valeur morale. Objection : difficile de savoir si l’acquisition initiale ou le transfert de richesse était juste (et équitable), une quantité considérable de biens ont été acquis par le vol, l’exploitation massive, l’esclavage…

Les sociaux-démocrates : les inégalités sont moralement justifiées quand elles sont a l’avantage de la société et qu’elles profitent aux plus défavorisés. Objection : les pauvres pourraient avoir intérêt a vivre dans un société inégalitaire si leur condition matérielle y était meilleure. La conception social-démocrate réduit la justice sociale aux conditions matérielles : il y a toutes sortes de raisons de préférer une société plus égalitaire même si notre condition matérielle y serait plus mauvaise.

La justification social-libérale : les inégalités ne sont pas injustes quand elle engage la responsabilité des personnesObjection : il y a des limites très clair à ce raisonnement : un citoyen bourré d’alcool sans permis ni assurance et planté contre un arbre devrait être abandonné sans assistance car il est responsable. Aucun social-démocrate ne va jusqu’à la.

Aucune des trois justifications morales n’est donc bonne.

La pente « glissante » ou « fatale ». Un exemple : si on autorise le mariage gay, on en viendra nécessairement à admettre les unions de groupe, le mariage polygame, les familles incestueuses etc. Le même argument existe pour la consommation du cannabis ou l’euthanasie. L’histoire démontre que les pentes glissantes ne le sont pas tant que cela (exemple l’avortement n’a pas favoriser l’infanticide). On peut être disposé à accepter que certains engrenages sont dangereux, mais il faut aussi savoir pourquoi – la « « pente glissante » ne donne pas de raison.

Argument similaire : « aller contre la nature ».  Il aurait pu être utilisé contre la pilule contraceptive, les transplantations d’organes, la vie en ville gigantesques…c’est un argument avancé pour rejeter les revendications des couples de même sexe au droit de fonder une famille (loi naturelle, nécessité psychologique d’avoir deux parents…). Or les études empiriques ne semblent pas confirmer l’existence de différences significatives du point de vue émotionnel, cognitif, social ou sexuel entre les enfants de couples homo et hétérosexuels.

Il faut distinguer le choquant, l’immoral et ce qui devrait être interdit par la loi : il est choquant de nettoyer les toilettes avec un drapeau national, mais ce n’est pas immoral ni punissable par la loi.

La pente fatale,  la mise en garde de jouer contre la nature, le glissement du choquant a l’immoral n’exprime rien qu’un « principe de précaution » moral, utilisé par les plus conservateurs pour exclure tout changement social.  Il a servi à justifier l’esclavage, l’inégalité sociale, la discrimination raciale, l’assujettissement des femmes, le refus de décriminalise l’homosexualité. Son pedigree n’est pas très glorieux.

A la suite du referendum de 2012, la distribution et consommation recreative du cannabis est libre au Colorado. La fin de l’illégalité n’a pas été suivie d’une disparition du désir d’en consommer : elle a provoqué une explosion de l’offre et de la demande. Un tourisme du plaisir s’est développé rapidement, la criminalité a diminué. Pour le philosophe, la question est : est-ce une bonne chose? Pour Hannah Arendt, la loi ne doit pas prétendre nous protéger contre nous-mêmes (mais seulement contre autrui).  L’accès au cannabis  peut s’appuyer sur la liberté qu’a chacun de se nuire à lui-même.

Les philosophes moraux sont-ils moraux ? Non. Il n’y a aucune relation entre le fait de pratiquer la philosophie moral et celui de conduire comme un saint.  Les spécialistes des questions éthiques devrait rendre leur livre de bibliothèque en temps : ce n’est pas le cas, les livres d’éthique sont volés ou non-restitués deux fois plus… Pratiquer la philosophie morale n’est pas un certificat de bonne conduite ou une garantie d’être un bon juge des questions morales.

Advertisements

Le dernier qui s’en va éteint la LUMIERE – Paul Jorion – 2016

Crise environnementale, crise de la complexité (les interactions augmentent entre des populations de plus en plus nombreuses dans un environnement de plus en plus mécanisé où nous confions nos décisions à l’ordinateur), crise économique et financière due au fait que nos systèmes sont une gigantesque machine a concentrer la richesse (alimentées par les intérêts de la dette et dont les effets délétères sont encore amplifiés par la spéculation (pari sur la hausse ou la baisse des titres financiers).

Nous croissons aujourd’hui a raison de 77 millions d’êtres humains supplémentaires par an.

Thomas Hobbes – la guerre du tous contre tous.

Depuis d’adoption du protocole de Kyoto visant a reduire les emissions de gas a effet de serre, les émissions annuelles de carbone sont passées de 6400 à 8700 millions de tonnes. On mesure la l’efficacité de nos efforts en la matière.

Il s’agit de réintroduire des notions telles que le bonheur, non pas mesuré puisqu’il est d’une nature qui ne se prête pas à la mesure, mais comme quelque chose de présent plutôt qu’absent.

Aristote : les valeurs et les prix relèvent de domaines absolument distincts. Il n’y a pas de valeur cachée derrière un prix, la seule chose qu’il y ait la est un rapport de forces entre êtres humains.

Trop de CO2 ou de dioxyde d’Azote, trop de phosphates….Aussi longtemps qu’il ne sera pas questions de qualités, tout calcul est condamné à n’être que comptes d’apothicaire dont aucune vérité profonde n’émergera jamais.

Gilens et Page, 2014 : ils ont comparé un catalogue d’objectifs politiques exprimés dans l’opinion publique (1779 en tout) et examiné si les mesures ont été, oui ou non, mis en œuvre. Conclusion : l’opinion de la majorité est ignorée : elle ne compte pas et n’est pas reflétée dans les mesures qui sont prises. Aux etats unis règne un système politique caractérisé par la domination d’une élite écconomique.

Lacordaire (1802-1861) avait dit « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maitre et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Les entreprises innovantes d’aujourd’hui exigent désormais une mise de fonds importante en capital, ne créent pour l’essentiel que des emplois très qualifiés en petit nombre par rapport au chiffre d’affaires. La firme WhatsApp ne comptait que 50 employes quand elle fut rachetée pour 19 milliard de dollars par Facebook. La technologie ne crée pas nécessairement d’emploi.

On progresse vers une économie ou le vainqueur emporte tout (the winner takes all) ou un très petit nombre de travailleurs très qualifies créent une part disproportionnée de la richesse.

Alain Supiot : L’imaginaire cybernétique tend à effacer la différence entre l’homme, l’animal et la machine, saisi comme autant de système homéostatique communiquant les uns avec les autres.  A ce nouvel imaginaire correspond le passage du libéralisme économique – qui place le calcul économique sous l’égide de la loi – à l’ultralibéralisme, qui place la loi sous l’égide du calcul économique. Etendu a toutes activités humaines, le paradigme du marché occupe désormais la place de norme fondamentale à l’échelle du globe.

L’invention du statut de la personne morale, calqué sur celui de la personne physique (la justification intuitive en étant que celle-ci dispose, comme souvent la personne physique, d’un patrimoine) prit place aux Etats Unis au milieu du XIXe siècle.

Au fils des ans, les droits des personnes morales ne cessèrent de croitre et leurs devoirs de se réduire, tandis que l’immortalité potentielle qui leur était dorénavant assurée leur permettait une accumulation quasi infinie de patrimoine et du pouvoir qui lui est associe.

La formulation juridique des principes ultralibéraux crée par anticipation le cadre de fonctionnement d’un univers peuplé seulement de robots.

Lord Adair Turner, patron du régulateur des marchés financiers au royaume uni qui dressa en 2010 la liste des activités inutiles, voire nocives, de la finance. Il est nocif qu’un secteur dépasse la taille correspondant à son véritable rôle économique. A un contradicteur prétendant que le secteur financier devait s’efforcer de devenir le plus gros possible, il avait répondu que l’on imagine pas des centrales électriques cherchant à excéder la demande du marché.

La promotion implicite du court termisme par la philosophie qui sous-tend la règlementation comptable date des années 1980 et est lié à l’internationalisation et la privatisation de la rédaction des règles comptables (grandes firmes d’audit et l’International Accounting Standard Board – qui est finance par ces mêmes firmes). IASB est domicilié dans l’état du Delaware qui constitue un havre fiscal. Conflit d’intérêt, puisque IASB est aussi finance par les mêmes firmes d’audit, et aucun contrôle démocratique….

La comptabilité moderne a évolué en trois temps : primo, début du XIX, les bénéfices ne sont comptabilises que lorsqu’ils sont apparus : pour distribuer des parts il faut d’abord  avoir couvert les coûts. Secundo au milieu du XIX, les bénéfices apparaissent anticipées en enkystant le passif, et ce pour ne pas décourager les petits investisseurs dont on avait besoin pour financer les grands projets de construction. Tertio, les années 1980, la comptabilité  « mark to market » au prix du marché, les bénéfices sont distribués à titre anticipé. Le moindre bénéfice est aussitôt partagée entre amis, et s’il manque de l’argent pour l’entreprise, on l’emprunte !

Les docteurs de l’Eglise, au Moyen Age, appelait « usure » ce que nous appelons « crédit à la consommation » et bannissaient le paiement d’intérêts sur des sommes empruntées pour la seule et unique raison que l’emprunteur y était forcé.

Au cours des premiers siècles de notre ère, la concentration de la richesse a condamné une part toujours croissante de la population au surendettement, entrainant l’apparition d’un statut social inédit : celui, devenu rapidement héréditaire, de serf attaché de génération en génération a la terre de son maitre.

Le système économique nécessite la croissance comme l’un de ses éléments constituants en tant qu’il est un système capitaliste, et qu’il est donc impossible de parler de décroissance sans remettre en question la nature capitaliste de notre système économique. Le système économique n’est pas monolithique : il est à la fois « capitaliste », « de marché », « libéral » voire « ultralibéral ».

Comptabiliser le travail comme coût (qu’il convient donc de minimiser pour augmenter les dividendes) et les dividendes comme part de profit est en réalité arbitraire : c’est l’expression d’un choix politique. Un juste partage exige la remise en cause des règles comptables qui traitent les salaires comme des coûts, et les bonus de la direction et les dividendes des actionnaires comme des parts de bénéfices, pour considérer tous ensemble comme avances faites au même titre à la production de marchandises ou de services.

Le coût de la crise des « subprimes » fut considérable : 8% du PIB de la zone euro. Les garanties des Etats de la zone euro au secteur financier équivalaient en 2014 à 2.7% du PIB en 2014.

Un article signé Vitali, Glattfelder et Battiston mettait en évidence en 2011 l’existence, en parallèle du réseau de pouvoir que forme les Etats, d’un autre réseau constitué en son cœur par un nombre restreint  (147) de compagnies transnationales dont la puissance économique est considérablement supérieur à celle des Etats.  Un nombre réduit d’individu (737) exerce le pouvoir effectif au sein de (80%) ces compagnies. Les trois quarts des 147 compagnies sont des établissements financiers.

Apple, jouant sur les ambiguïtés des codes des impôts nationaux, a même réussi la gageure de n’avoir aucune domiciliation fiscales pour les principales composantes de son conglomérat, et d’être ainsi pleinement déterritorialisé. Aucun devoir, aucun engagement ne lie (ces entreprises internationales) à une véritable communauté de citoyens en aucun endroit du globe.

Si l’on veut stopper le processus de destruction en cours, le choix est simple : il faut imposer à la finance, l’éthique qui prévaut dans les autres départements de nos sociétés : mettre fin le plus rapidement possible à l’extraterritorialité éthique dont elle bénéficie à l’heure actuelle.

The Economist 2012 : à la questions envers qui il conviendrait qu’il se sentent davantage responsables, les leaders de la finance considèrent : leur PDG (pour 48%), leur actionnaires (pour 44%)…les choix les moins populaires sont la société dans son ensemble (pour 25%) l’Etat (11%). Le monde financier reste convaincu du bien-fondé de son extraterritorialité sur le plan éthique.

Francois Debauche nous à enseigné des choses précieuses, consciencieusement retenues.

Rien ne permet d’exclure que les processus biologiques ne produisent eux aussi ultérieurement, par émergence,  un type de phénomène d’une nature inédite. Et que, du coup, ce qui nous avions imaginé à tort comme étant intervenu avant nous, la présence d’un Dieu démiurge ayant été la cause de notre monde, n’apparaisse en fait ultérieurement au sein du monde. Dieu non comme la cause mais comme la conséquence de cet univers.

Rees : « Notre ère d’intelligence organique constitue un triomphe de la complexité sur l’entropie mais un triomphe passager, qui sera suivi d’une période considérablement plus longue d’intelligence inorganique, beaucoup moins contrainte par son environnement.  Il est probable que les extraterrestres auront opéré la transition qui permet de dépasser le stade organique il y a déjà très longtemps ».  Proposition intrigante qui implique que nous perdons notre temps quand nous recherchons aujourd’hui des manifestations de vie intelligente. Devons-nous attrister que l’être humain ne soit pas le point culminent de l’évolution ? Que les humains ne soient que les précurseurs fugaces d’une culture dominée par les machines ?

Hegel – S’impose a nous la question de savoir si, derrière le vacarme, ne se trouverait pas une œuvre intérieur dans laquelle serait emmagasinée la force des phénomènes et à laquelle tout profiterait. C’est la catégorie de la Raison, celle de la pensée d’une fin ultime en elle-même. Le ruse de la Raison : la Raison s’accomplit, quelque que soit la représentation qu’en ont les hommes par le truchement de ce qui se réalise dans le monde. Mais pour Hegel toujours, ce n’est pas tant l’histoire qui réalise la raison, que nous qui la lisons dans son déroulement. La Raison est donc cette chose qu’on est à même de lire dans l’histoire, bien davantage qu’elle n’y est véritablement présente.

Au péril des idées, Tariq ramadan, Edgar Morin, 2014

 

 

 

E.M. La France ou s’accroissent une répulsion et une incompréhension, voire une réduction de l’islam à ses minorités les plus violentes.

E.M. Car la démocratie, ce n’est pas seulement la séparation des pouvoirs ni la loi de la majorité, c’est aussi l’existence de la diversité et de la conflictualité des idées.

Journaliste : Un arrêté municipal de septembre 1900 interdisant le port de la soutane au Kremlin-bicêtre…

E.M. Le statut légal ne règle pas tout aujourd’hui. Le fait d’être citoyen ne dit rien sur le sentiment d’appartenance. C’est ce sentiment qui façonne la personne, pas le passeport.

Journaliste : A propos du statut de la femme, le plus important n’est pas de répertorier ce qui la différencie de l’homme, mais au contraire d’établir ce qui fait qu’un homme et une femme possèdent un patrimoine en commun, de manière à mieux le défendre.

E.M. Il y a encore des régions en France, au Pays basque par exemple, où les femmes ne s’assoient pas avec les hommes à l’église. L’émancipation féminine est une œuvre historique très longue, encore inachevée dans nos pays.

T.R Mircea Eliad écrit qu’il a rencontré partout des hommes et des femmes en quête de sens, animés d’une aspiration en soi religieuse. Il ajoute que la croyance fait partie de la structure de la conscience humaine.

E.M. les dieux sont le produit de l’esprit humain. Et ce que je dis des dieux, je le dis des idéologies. Et quand l’humanité mourra, je crois que ces dieux n’existeront plus.

E.M. Je pense qu’en cas de contradiction éthique, face à deux impératifs moraux antagonistes, on peut adopter une morale provisoire et […] traiter ces contradictions au cas par cas.[…] Ainsi la révolution francaise, merveilleux lever de soleil, besoin de liberté, etc.S’ensuivent la Terreur, Bonaparte, l’Empire…Les événements, les contextes trompent les bonnes intentions, devient, voire détournent le sens de l’action. L’éthique est aléatoire.

E.M. Mon idée c’est qu’il faut être conscient de faire un pari. Je garde en moi la capacité de corriger mon action.

Hoderlin : « la où croît le péril, croît aussi ce qui sauve »

E.M. Devant un film, nous voyons des personnages que, dans la vie, nous ne regardons même pas – le vagabond incarné de Charlot. Voilà un personnage que, dans la vie normale, nous réduisons à l’élément extérieur, le moins avantageux de leur personnalité ; or, au cinéma, nous apparaît leur complexité.

E.M. La métamorphose de la chenille qui s’entoure d’un cocon pour devenir papillon. Elle commence par détruire certaines de ses fonctions, son tube digestif, alors qu’elle conserve son système nerveux. Au terme de nombreuses transformations, ressort un être tout à fait nouveau qui est cependant le même. Il a gardé son identité tout en transformant sa forme.

E.M. La révolution ne peut être que violente (du passé faisons table rase), de façon à arracher jusqu’à la racine les éléments de l’ancienne société. L’idée de métamorphose maintient une continuité dans la transformation.

E.M. Même le discours religieux est nourri par ce populisme qui galvanise les peuples au nom d’une identité qui les distinguerait des autres peuples et d’un discours essentiellement fondé sur l’altérité. C’est extrêmement dangereux.

E.M. Dans notre civilisation occidentale développée et mondialisée, on observe un sous-développement de tout ce qui est solidaire et communautaire et un surdéveloppement de ce qui est égocentrique et égoïste. Ce n’est pas l’individualisme en soi qui est mauvais, car il peut permettre la responsabilité et l’autonomie, c’est l’égoïsme et la fermeture sur soi.

Pascal : « le contraire d’une vérité n’est pas une erreur, mais une vérité contraire »

T.R. la conception occidental a souvent été de considérer que l’art échappe à la morale et que c’est son essence même de transgresser, de dépasser des limites et qu’au fond, littérairement, artistiquement, tout est permis ou doit l’être. Les autres civilisations du monde n’ont jamais abordé les choses de cette façon. L’art y est toujours considéré comme une invitation à l’élévation, nourrie par des considérations éthiques.

 

Spinoza – Pascal Sévérac, Ariel Suhamy 2008

severac-pascal 

Si l’on se préoccupait de l’achèvement des choses on n’entreprendrait jamais rien. François 1er

 

11.Socrate « je sais que je ne sais rien ».  en rupture avec les présocratiques qui étudiait la nature. Premier divorce entre la science et la philosophie.

 

12.Une certaine conception de la philosophie qui perçoit les systèmes comme de grandes machines de guerre, caparaçonnées contre toute objection et destinées à livrer bataille aux grands systèmes, tout aussi irréductibles.

 

13.Le but étant non de parcourir la doctrine à grande enjambées, et faire, comme on dit, le tour de la question, mais plutot soutenir les premiers pas sans perdre pied, d’amorcer l’entreprise sans préjuger de ses fins les plus hautes, ni laisser ce qu’on ignore encore recouvrir ce qu’on sait déjà.

 

14. Chaque fois que Spinoza dévoile un de ces gouffres d’ignorance, il ajoute aussitôt : cela ne fait rien : l’objectif est de  distinguer avec soin ce qu’on sait de ce qu’on ne sait pas, afin d’éviter non pas tant comme Socrate, de croire savoir quand on ne sait pas,  que de se laisser emporter à croire qu’on ne sait pas quand et là où l’on sait.

 

16 ne faite pas de l’entreprise de connaître une affaire de tout ou rien : le savoir a, non pas des limites mais des degrés.

 

17 le vrai est en effet à lui-même sa marque, ainsi que celle du faux.

Il faut avoir l’esprit malade pour douter de l’évidence.

 

18les hommes sont ignorants des causes et désirent l’utile, ce dont ils ont conscience.

 

19ignorance est fondée sur des totems que Spinoza veut combattre : premier totem : les causes finales .  Parce que nous ignorons les causes des choses, nous prenons les effets pour des causes. Ensuite parce que nous ignorons les causes de nos désirs nous pensons qu’ils n’en ont pas, et nous nous croyons libres (deuxième totem : le libre arbitre)….Troisième totem : les dieux parce que nous constatons dans la nature des effets que nous n’avons pas produit, nous imaginons des dieux. Mais a quels fins les Dieux font ils cela pour nous. Puisque nous n’en savons rien, nous projetons sur eux ce que nous savons sur savons de nous : c’est dans le but d’obtenir la reconnaissance, honneur et adoration. La raison ultime de l’univers est la gloire de Dieu.

 

Dilection : amour et tendresse spirituelle (Theol)

 

Peccable : enclin à pécher (Theol.)

 

20 Car ils savent bien (les prêtres) que, ôtée l’ignorance, l’étonnement imbécile, c’est-à-dire leur unique moyen d’argumenter et de maintenir leur autorité, est suprimé.

 

Doit on reconnaître qu’il y a des choses qu’un esprit créé ne puisse comprendre puisque resultant de la création divine ? Et spinoza de repondre :  avons-nous de la nature une connaissance suffisante qui nous permet de déterminer jusqu’ou s’étendent sa force et sa puissance et ce qui est au-dessus d’elles ? Comment peut on savoir d’avance ou s’arrete le savoir et ou commence l’ignorance ?  Et pour les faits qu’on ne peut expliquer, le meilleur parti sera de suspendre son jugement et d’appuyer la religion sur la seule sagesse de la doctrine enseignée.

 

22. Exemple de Luis Bunuel : un mendiant traverse la route, voit un cigare tombant d’une fenetre de voiture, se penche pour le rammaser et se fait ecraser.  On peut suivre la vie du mendiant, la vie du cigare etc. On peut remonter la chaine des causes a l’infini et prolonger a l’infini le scenario. Prolonger par les deux bouts, dans ses causes et dans ses consequences : cette methode n’est pas sans parenté  avec celle que propose le traité de la réforme de l’entendement.

 

p31 L’ecclesiaste : qui augmente sa science, augmente sa douleur ou comme dit Ovide je vois le meilleur, je l’approuve, je fais le pire – justement parce que cette vue du meilleur me tétanise. A l’origine par faire,  c’est mener une chose à son point ou le projet initial a été atteint : il présuppose un désir projetant dans l’avenir son dessein et la méconnaissance de ce dessein.

 

Le mot perfection se raccroche à l’illusion finaliste selon laquelle Dieu agirait selon des fins. Mais ces fins nous apprenons qu’il ne les atteint pas toujours. « cette doctrine finaliste renverse totalement la nature, elle considère comme effet ce qui est cause et vice versa. Elle détruit la perfection divine car si dieu agit pour une fin, il désire nécessairement quelque chose dont il est privé.  Dieu étant tout puissant, c’est absurde. Donc Dieu ne poursuit aucune fin. Et le monde qui existe est nécessairement le meilleur qu’il soit.  La réalité est donc la perfection même. C’est un de ces coups d’éclat dont le philosophe a le secret, qui causent une sortent d’éblouissement, à la fois éclairant et aveuglant.

 

P 47L’idée adéquate du cercle exprime la manière dont s’engendre et fonctionne le cercle ; ce qui cause cette idée, ce n’est pas son objet, le cercle, ce sont d’autres idées. De même l’âme est au corps ce que l’idée du cercle est au cercle : elle est l’idée du corps. Aucune interaction donc mais deux expressions, mentale et corporelle, d’une seule et même réalité.

 

Comment échapper à l’illusion, et transformer l’idée reçue du corps en idée conçue, et parvenir la connaissance de l’essence du coprs, qui serait en même temps connaissance de l’âme ? Ici le somnanbule nous aide (car il nous permet de passer outre les réponses habituelles : parce que je le veux, pour aller d’ici à la, parce que mon esprit commande à mon corps…Le somnanbule marche et entretient avec l’univers un rapport de convenance (il sent le sol, l’espace etc.

 

Aux affections du corps correspondent dans l’âme les idées de ces affections.

 

Toutes nos idées sensibles sont comme des conséquences sans leurs premisses….l’illusion n’est pas dans la perception même, mais dans le fait de prendre pour complete une idée partielle. L’imagination est donc bien une connaissance, encore qu’inadequate : la connaissance du premier genre.

Il y a un autre type de connaissance : celle de ces notions communes exprimant ce par quoi les choses conviennent entre elles : ces idées ne peuvent être tronquées aussi l’esprit les conçoit toujours adéquatement. C’est en développant cette connaissance (autrement nommée raison) que nous pouvons commencer de connaître la Nature. Connaissance des propriétés communes d’où l’on peut dégager des lois…ainsi s’amorce la science. La connaissance du second genre, l’esprit maitrise les idées qu’il produit pas sa propre force.

Le troisieme genre de connaissance est le plus parfait : il saisit les choses, non plus selon les lois mais d’apres leur essence même. Mais la capacité de l’esprit sera proportionnelle aux aptitudes du corps dont il est l’idée. La vérité se possède dans une âme et un corps.

Pour Spinoza connaître le corps ce n’est pas le décomposer sur une table d’anatomie, l’isoler des causes exterieures mais au contraire considérer son affectivité comme sa puissance même : celle d’établir des rapport de convenance avec les autres corps. Toute convenance se signale par un affect de joie. Aussi faut il développer les affections du corps, pour que le corps entier soit apte a tout se qui peut suivre de sa nature et pour que l’âme soit aussi également apte à comprendre plusieurs choses à la fois.

 

P 51 A l’autorité du texte se substitue bientôt celle du spécialiste…autorité vite contredite par d’autres spécialistes….

Tout bonnement, de faire la part entre ce que nous comprenons et ce que nous ne comprenons pas encore, que peut être nous ne comprendrons jamais.

 

Spinoza ne cherche pas et n’exige pas la transparence de la totalité du texte. Il cherche bien plutôt la délimitation rigoureuse entre ce qui est connu et ce qui ne l’est pas.

 

P 59 De quels moyens un prince  emporté par la seule passion de la domination doit user pour consolider et conserver son Etat, Machiavel l’a montré en detail ; mais à quelle fin, c’est ce qui n’apparaît pas suffisamment…..

 

P 60 Ce qui interesse l’homme sage, ce sont avant tout les causes qui font du prince un tyran. Pour les moralistes, cette question n’a pas de sens : si le prince est un tyran c’est qu’il a fait le choix du mal au lieu du bien.  Une tautologie qui fustige plus qu’elle n’aide a comprendre. Spinoza s’interesse au pourquoi et cette nécessité (de devenir un tyran) vient de la crainte que le prince éprouve.  Et les causes de cette crainte sont dans le peuple. Quelle imprudence alors de destituer un tyran alors que les causes qui font du prince un tyran, loin d’être supprimées, sont d’autant plus forte que le prince a plus de motifs de crainte. Le peuple ne doit pas se tromper d’objectif : supprimer un tyran n’est pas supprimer la tyranie mais au contraire la renforcer puisque le successeur n’aura d’autre choix que de sevir devant l’arrogance de la multitude..

 

P63 Il n’y a pas d’opposition entre la puissance du souverain et la puissance du peuple, ces puissances ne s’accroissent pas en raison inverse l’une de l’autre, mais au contraire ne sont qu’une seule et même puissance et un seul et même droit.

Il ne faut pas attendre vainement que tous les hommes soient raisonnables, ou du moins que le souverain le soit, mais ce sont les institutions qui doivent user rationnellement des passions humaines, en disposant les hommes à agir « comme si » la raison les conduisait. Il faut préparer des institutions mimant le comportement de la vertu, afin d’en préparer l’émergence.

 

Spinoza et le Spinozisme, Jean Pierre Moreau, PUF – Feb 2009

 Spinoza

 Rationaliste absolu : le réel est intelligible par la raison et il n’y a rien de mieux que la raison pour comprendre la nature.

 

Un objectif : faire partager a tous les hommes la paix, la sécurité et la liberté politique jusqu’à la libération de l’âme.

 

Pantheiste : Dieu est la Nature. Il est tout et partout.

 

Né en 1632 a Amsterdam, d’origine portugaise. (Galilée condamné en 1633 pour la theorie copernicienne du siècle précédent…) Il a 16 ans lorsque les pays bas deviennent indépendant de l’Espagne. La lutte contre l’Espagne au nom du protestantisme contre l’intolerance catholique espagnole. Unis pendant le conflit espagnol, les différents courants Calviniste strict et ceux qui revendique la liberté de croyance et de culte. Scission au sein des Calviniste entre ceux qui croient a la prédestination et ceux qui croient au libre arbitre. La maison d’Orange soutient les radicaux, Amsterdam est elle plus tolérante. Ces conflits et équilibres précaires  imposent une situation de tolérance de fait. Apres quelques conflit politique/religieux graves – accompagnés de m’execution du chef de l’état (le grand pensionnaire),vers 1650 les pays bas connaissent une liberté de penser inconnue ailleurs en Europe. Grande question de l’époque : le droit de affaires religieuses : qui nomment les pasteurs etc. ?La sépration de l’église et de l’etat est impensable, l’un doit controler l’autre. Pour Spinoza (Grotius, Hobbes) L’état doit garder le contrôle de l’église. Enfin, les provinces unies bénéficient de la marque de Erasme (prestige universitaire, érudition, histoire, science et philosophie). ( Juste Lipse (philologue, humaniste de overisje ) ‘ure, seca’ ‘brule, coupe’ signifiant le droit et devoir du souverain de maintenir par force l’unité du corps de l’Etat – le Conseil est construit sur l’ancien rue qui porte son nom – il aime les tulipes et les chiens….). Amsterdam est un grand lieu du cartesianismes : un point de départ (on y traite des questions que Descartes n’a pas traité), un emblème (on applique sa methode – on se que l’on a compris de sa methode – a toute nouvelle philosophie, un lieu de contradiction (on interprete les textes de Descartes, parfois de façon opposée). Spinoza participe aux débats scientifiques de son époque (optique, probabilité, chimie, mathématiques). Les pays bas forment un creuzet extraordinaire – veritable point de départ des lumières.

 

Exclu de la Communauté juive en 1656 il ne peut plus continuer les affaires. Il travaille alors pour Hyugens a polir des lentilles – mais il participe active à la reflection theorique en matière d’optique avec les frères Huygens.  

 

La famille de Spinoza, juive du Portugal (à l’époque soumis a l’Espagne) convertie (marrane) quitte le pays pour échapper à l’inquisition (les convertis qui ont conservé énormément de pouvoir et font des enviieux. Ils sont suspectés de n’être pas suffisamment chrétien – d’où la revendication de « pureté du sang » qui naît à l’époque. Or beaucoup n’ont pas la religion au cœur de leur vie et se trouve forcé de réfléchir à leur identité du fait même de l’Inquisition. Les juif portugais viennent auparavant d’Espagne. Il y a un héritage culturel ibérique – ils ont le portugais comme langue courante et l’espagnol comme langue de culture.

Les juifs convertis ont peu a peu perdu leur judaïsme (pas d’école, pas de livres etc.). Ils doivent le retrouver grâce à des rabbins italiens, de Venise notamment. La Communauté a Amsterdam est très unis et très contrôlés avec un système éducatif efficace. Les Calvinistes voient les juifs positivement : ils ont besoin de leur compréhension de l’ancien testament pour les aider a refondé leur confession. Ils existent de nombreuse relations entre le monde juif et le monde chrétien qui l’entoure.

Il apprend le latin ( Térence – en particulier ‘l’Eunuque’ cité abondamment par Spinoza, Salluste, Tacite). Spinoza connaît aussi les esprits libre répondant au modèle des « mercator sapiens » commerçants sages qui prônent l’idéal républicain, un commerce vertueux et un discourt honnête – fondement d’un capitalisme hollandais…

 

Descartes, Bacon representent ensemble ce mouvement de la nouvelle philosophie qui combat Aristote et s’édifie à partir d’une reflexion sur la nouvelle physique…(kepler, galilée)

 

Le TIE est d’horizon cartesien, non que Spinoza s’y pose en disciple de Descartes, mais parce que le lexique, le sujet.. y sont en partie hérités du cartesianisme ou en confrontation avec lui…

Fasciné par certain passage de la Bible – la fondation de l’Etat par Moise, la destruction de jérusalem)

 

A rebours de tout les bavardages sur la nécessaire opacité de la philosophie, le temps de l’écriture spinozienne est celui de la clarification maximale.

 

Le traite de la réforme de l’entendement

On peut concevoir une nature humaine plus parfaite que ce que ce qui existe et on appelle vrai bien tout ce qui permet de s’en rapprocher. Le souverain bien consiste a jouir d’une telle nature. Pour y parvenir il faut corriger l’entendement afin qu’il comprenne le mieux possible.

Il existe 4 genres de connaissances : par oui-dire, l’expérience vague, la perception vrai (mais inadequate) qui remonte de l’effet a la cause ( qui tire une conclusion d’un universel parce qu’il est toujours accompagné d’une propriété) et la perception adéquate ou la chose est percu par son essence ou par sa cause. ( distinction entre le vrai (3eme genre) et  adequate (4eme genre).

Spinoza insiste sur la relativite du bien et du mal, comme du parfait et de l’imparfait.

La methode pour atteindre le 4eme niveau d’entendement est d’amender, d’ameliorer l’activité spontanée de l’entendement. Comme l’homme fabrique des outils de plus en plus perfectionner grace au départ à des outils en pierre et en bois, l’entendement s’ameliore en ameliorant les idées et la méthode.

La vérité n’est plus pensable dans un simple rapport avec le faux.

L’ame et l’esprit (animus /mens) sont tourmentés par les occurrences de la vie, distraient par les biens ordinaires : ce sont les incertitudes, les erreurs. L’entendement doit les dépasser pour atteindre la pensée vraie. L’imagination est décrite par contraste avec l’entendement.

 

Le court traité

Un plan embryonnaire comprenant celui de l’Ethique.

La premier partie traite de Dieu conçu comme un principe premier, cause immanente d’où tout est issue. Il distingue les attributs de dieu qui definissent son essence (pensée et étendue), les attributs qui lui appartiennent sans nous le faire connaître, la necessité de son action (idée de providence) et le fait que tout soit causé necessairement (idée de prédestination).

Distingue 3 types de connaissance :  opinion, croyance, savoir.

 

Les principes de philosophie de Descartes

Contre Descartes, il ne considere pas qu’il existe des choses au dessus de l’humaine entendement. Il enseigne la philosophie de Descartes sans être d’accord avec l’ensemble de ses idées.

 

Le traité théologico politique.

Le mot philosophie  signifie deux choses : le bavardage spéculatif caractéristique des grecs ( délirer avec les grecs) et l’usage de la raison (dans les sciences et la philosophie au sens d’aujourd’hui)

Ce qui est prophetique affirme une verité sans pour autant la demontrer.

Il existe deux types d’hommes : les hommes d’entendement (celui qui a recours a la raison) et les hommes d’imagination (qui s’indigne des situations injustes, qui appelle a plus de justice et de charité. C’est un interpretation laique du prophete. Justice et charité sont les seuls thèmes commun à tous les prophètes. Il faut distinguer alors les sujets sur lesquels les prophètes n’ont pas autorité pour parler. Le prophète ne parle pas de questions spéculatives (l’essence de dieu, de l’Etat), il apporte des réponses pratiques – et il utilise le language des hommes lorsqu’il ne parle pas de son objet propre. Les prophètes ont raison du point de vue éthique mais ne sont pas des spécialistes de la politique…il prétend que la prophétie est supérieure à la raison (une facon de se mettre sur le terrain de l’adversaire)

Il n’y a pas de divergence de fond entre les sciences du sens et les sciences physiques.

Le prophète est celui qui ne démontre pas mais qui affirme, il revendique la vérité sur la démonstration. Pour Spinoza le prophète est un homme pieux dont l’imagination est particulièrement vive.

Il analyse l’etat – selon le contrat social qui a l’époque l’explique. Alors que la contrat social prône de lutter contre les passions humaines, privilégiant la raison, Spinoza soutien que les passions ne sont pas vices regrettables mais elles sont parts essentielle de la nature humaine. Elle ne disparaissent pas avec le contrat social et le menace de l’intérieur. Une façon de se défendre est d’utiliser la force mais cela n’est guère possible sur le long terme. L’état peut alors utiliser d’autres passions – notamment la passion religieuse – qu’il conviendra alors pour l’Etat de contrôler, afin qu’elle ne s’autonomise point rendant le remède pire que la mal. Il conçoit alors que la liberté d’opinion doit être défendu par l’Etat car elle est un contrepouvoir efficace de la religion qui généralement cherche elle a limiter la liberté des citoyens.

La liberté de penser correspond au droit réel (à la puissance) de l’Etat.

 

L’éthique

Le dieu de Spinoza n’est pas le dieu des religions révélées, il ne crée pas par libre arbitre un monde qu’il transcende. Il est le lieu des lois nécessaires et il produit nécessairement une infinité d’effets. Toutes les choses sont animés d’une puissance qui est directement la puissance divine. Dieu lui-même n’est dieu qu’en se modalisant, et chaque mode n’est mode qu’en produisant ses effets.

Le principe de similitude : il explique les passions qui naissent en nous non pas à propos d’un objet externe mais à partir de la conduite de quelqu’un d’autre chose qui nous ressemble. On passe d’un univers  ou nos passions se donnent a des objets à un univers ou elle se complique de nos relations avec nos semblables : une innovation de Spinoza. Avec quelque élément que reprendra Freud : le psychique ne se limite pas au conscient (mais Spinoza ne parle pas d’inconscient), le corps manifeste des événements qui ont lieu dans le psychisme. Pour tout deux il y a une volonté de comprendre rationnellement ce qui semble échapper à la raison.

La raison peut se deployer dans un individu mais elle est au départ trop faible pour lutter contre la vie affective. C’est pourquoi je vois le meilleur et je fais le pire. Comme pour l’ecclesiaste, qui augment son savoir augmente sa douleur.

La raison peut conduire à un modèle de comportement mais ne permet pas encore d’accéder à la liberté. L’Ethique se fonde sur une confiance ferme en la raison tout en reconnaissant qu’elle n’est pas toute puissante, mais que rien ne peut lui être superieur ou offrir des ressources qu’elle n’a pas.

 

Le Traité politique.

C’est l’exposition de l’ensemble des matières qui concerne la vie des hommes dans la société civile. Il faut regarder les phénomènes humains comme ils sont et non pas à la lumière d’une essence supposée ou de ce qui est souhaitable. Face a la longue tradition (Platon) qui identifie le bon gouvernement avec le gouvernement par les bons (les sages, philosophes, princes instruits) le traité affirme que la vertu des dirigeants est indifférente à la politique. Des institutions qui ne tiennent que la vertu de leur dirigeants ou des citoyens sont de mauvaises institutions. C’est a l’Etat de rendre les hommes vertueux et non d’attendre qu’ils le soient.

Il passe de la theorie du contrat aux principes d’équilibre des passions, des intérets , des institutions.

Spinoza est impartial face aux differents types d’etats (alors qu’il prend parti pour la democratie dans son Traité Theologico-politique) pour lesquels il recherche les conditions de la liberté des hommes. Pour Spinoza, l’experience est close. L’experience a montré tous les genre de cité qui peuvent se concevoir et  tous les moyens par lesquels se gouverne la multitudes.  Spinosa est aussi prudent indiquant qu’il à la politique d’avoir recours à des moyens connus plutot qu’a des moyens nouveaux et dangereux). Il s’agit donc de refuser que des constructions sorties de l’esprit d’un philosophe puissent avoir des chances de se réalisé si elle s’oppose à l’expérience.

 

Les personnages : Alexandre, Moise, Salomon, le Christ et Paul.

Complexion : Constitution d’une personne – etre d’une conplexion délicate.

Eternité des lois de la nature, vanité de biens usuels (chez Spinoza comme chez Salomon).

Incidente : accessoire, annexe, secondaire

Epistémologie : étude des sciences, des conditions de la connaissance scientifique.

Les mathématiques sont une voix d’acces à la vérité – la méditation sur la vie humaine, l’expérience peuvent arracher certains hommes aux cercles de la finalité…Salomon, en se plaçant au dessus de la Loi a tort d’un point de vue ethique (car même le Roi doit être soumis à la Loi) mais s’offre une chance d’un point de vue épistémologique : en ecartant la peur ( la Loi qui régi les hommes dans une théocratie telle que la connaît Salomon), il accede à une connaissance interdite à ses sujets.

 

Amsterdam : la liberté est pour le plus grand profit de la ville. Pour octroyer un prêt, on ne se soucie que si l’on est riche ou pauvre, de bonne foi ou tricheur. La religion n’entre pas en compte.  De même la religion ne contribue en rien à faire gagner ou perdre une cause devant le juge.

 

Spinoza répète, d’un écrit à l’autre, quelques formules clés, qui ne sont pas des axiomes, mais plutôt des thèses centrales, qui peuvent se déduire dans l’ordre démonstratif mais ont en même temps assez de force par elles-mêmes pour avoir été saisies par l’expérience. Ces principes servent à régler des objections d’une façon qui exclut la discussion. Ce qui souligne qu’il n’y a pas uniquement des déductions linéaires dans le système Spinoziste (malgré le more geometrico)

 

La nature humaine a des lois constantes.

Il y a quelque chose en l’homme de plus fort que la vérité, la vertu n’est pas réductible à la science. C’est une énigme (pour tous les philosophes du XVII) : on peut savoir et ne pas appliquer ce que l’on sait. Il n’y a pas de salut par le connaissance (machine de guerre contre la morale socratique (première doctrine de la science et père de la logique). C’est la force de la connaissance – et non de sa seule présence- qu’il faut attendre quelque chose. C’est pourquoi la raison ne suffit pas à arracher l’homme a sa servitude.

Conduire autrui à vivre selon sa façon de penser à soi (le principe de similitude)L’homme passionné essaie de transmettre ses passions. Le philsophe a pour ‘passion’ la raison, qu’il essaie de communiquer : c’est pourquoi le Spinozisme est une philosophie militante (alors que Spinoza ne l’était pas) il vise a donner la liberté à tous les hommes….