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Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux – Frans De Waal (2017)

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La perspective d’une récompense n’avait rien à voir (avec le comportement du chat). La présence d’une personne amicale était le seul élément nécessaire pour provoquer le frottement de flanc, qui est le geste de tous les félins pour dire bonjour et faire la cour.

Les grands singes et les humains n’ont pas eu assez de temps pour produire indépendamment des comportements d’une ressemblance frappante, comme s’embrasser sur la bouche ou respirer bruyamment quand on les chatouille. [Il y a là] des connections évolutives évidentes.

Je n’étais pas convaincu que le comportement animal put être réduit à une histoire d’incitations. Cette théorie présentait les animaux comme passifs, alors que je les voyais chercher, vouloir et lutter. Les behavioristes ont complètement occultés les inclinations propres aux espèces (le lapin ne rapportera jamais une balle, peu importe le nombre de balles que vous lui jetterez).

Les mouettes tridactyles nichent sur d’étroites aspérités des parois de falaise pour dissuader les prédateurs. Ces oiseaux lancent rarement des cris d’alarmes et ne défendent pas leur nid – ce n’est pas nécessaire. Le plus étonnant est qu’elles ne reconnaissent pas leurs petits et ne font pas la différence avec un étranger : les oisillons normalement ne peuvent pas bouger du nid. En revanche, les mouettes qui nichent au sol, et dont les oisillons circulent aux alentours après l’éclosion, reconnaissent leurs petits en quelques jours et n’hésitent pas à expulser les intrus.

Chez les espèces de rongeurs a promiscuité sexuelle, les males s’orientent plus facilement dans les labyrinthes que les femelles, alors que chez les rongeurs monogames il n’y a aucune différence entre les sexes (car les mâles et les femelles occupent le même territoire et ont acquis le même talent pour apprendre à se repérer dans l’espace).

De nombreux laboratoires maintiennent leurs animaux à 85% de leur poids normal pour être certain qu’ils seront motivés par la nourriture. Il est curieux de supposer qu’un estomac vide favorise l’apprentissage.

Puisque la musculature faciale des hommes et des chimpanzés est pratiquement identique, le rire, le sourire et la moue des deux espèces doivent surement remonter à un ancêtre commun. La compréhension de ce parallèle en anatomie et comportement a été un grand pas en avant.

Je n’ai rien contre l’anecdote mais je la considère toujours comme un point de départ pour la recherche, jamais comme un aboutissement.  « Le pluriel d’anecdote n’est pas données »

Hans le malin – un cheval qui semblait savoir compter mais qui en réalité était sensible aux signaux que son propriétaire lui envoyait sans intention (notamment la position du chapeau de son propriétaire qui relevait la tête lorsque le cheval atteignait le chiffre voulu).

Le lavage des patates douces par de macaques japonais a été la première preuve de culture animale. Au départ la tradition de lavage s’est diffusée chez les singes du même âge, mais aujourd’hui elle se transmet d’une génération à l’autre, de mère à enfant.

Je ne peux que m’étonner, je le répète, du décalage entre conviction et expertise.

Les chimpanzés tentent de comprendre l’ordre des évènements : ils cherchent une logique fondée sur la façon dont ils pensent que le monde fonctionne, ils remplissent les blancs (lorsqu’ils participent à une expérimentation dont une partie ne leur est pas accessible).

Il n’est pas rare qu’une dispute d’enfants dégénère en conflit d’adultes. Les deux mères se toisaient nerveusement tout en observant la scène. L’une d’elle a remarqué la femelle alpha assoupi non loin de là et est allé lui tapoter le flanc. La mère lui a montré la querelle en balançant le bras dans cette direction. Mama a fait un pas en avant avec un grondement menaçant. Son autorité était telle que les jeunes se sont tus. La mère avait trouvé une solution rapide et efficace à son problème.

L’altruisme chez les chimpanzés : de jeunes femelles vont chercher de l’eau ou des fruits pour une femelle plus âgée.

La reconnaissance des visages, a conclu la science, est une compétence cognitive spécialisée des primates. Ensuite on à découvert la reconnaissance des visages chez les corbeaux, les moutons et même les guêpes (les guêpes qui vivent dans des colonies hiérarchiques reconnaissent les marques faciales des individus – celles dont la vie sociale est moins différenciée ne possèdent la reconnaissance des visages – la cognition dépend de l’écologie)

Lorenz était tellement persuadé de l’aptitude à la rancune des corbeaux qu’il se déguisait chaque fois qu’il devait capturer et baguer ses choucas. De toute évidence ils sont capables de différencier les individus.

Les scientifiques ont situé l’aptitude des moutons à reconnaitre les visages au même niveau que celle des primates, et jugé qu’un troupeau soit en fait très différencié. Mêler des troupeaux, comme on le fait parfois, doit causer plus de stress que nous le pensions.

La science de l’évolution distingue l’homologie (les traits dérivés d’un ancêtre commun dans deux espèces – la main et l’aile de la chauve-souris) et l’analogie (les traits similaires que l’évolution fait apparaitre indépendamment dans les deux espèces – l’aile de la chauve-souris et celle de la libellule). La sensibilité aux visages est apparue indépendamment chez les guêpes et chez les primates (deux espèces dont les cerveaux diffèrent fondamentalement, celui de la guêpe étant constitué de minuscules ganglions nerveux).

Pour se servir de leurs outils, les chimpanzés doivent anticiper et planifier plusieurs étapes, ce qui correspond au type d’organisation des activités souvent soulignées chez nos ancêtres humains. Les outils peuvent paraitre primitifs (pierres et bâtons) mais l’usage qu’ils en font est extrêmement avancé. Les chimpanzés sauvages utilisent 15 à 25 outils différents par communautés (bâton pointu pour chasser, ouverture de noix avec pierre, bâton collecteur pour récupérer le miel, cuillères en écorce pour ramasser le miel…). L’usage d’outils existe chez les bonobos, le gorille ou l’orang-outan mais les observations sont rares : il n’est courant que chez les chimpanzés.

On a mené des fouilles sur un site de technologie lithique de percussion en Côte d’Ivoire : il est certain que les chimpanzés cassent de noix depuis au moins 4000 ans. Cette découverte avait abouti à l’idée d’une culture lithique commune aux humains et grands singes…mais on a découvert la même pratique chez les singes capucins (séparé de l’ordre des primates il y a 30 ou 40M d’année). Un cas possible d’analogie…

Sur l’ile de Piak Nam Yai, au large des côtes thaïlandaises, Michael Gumert a trouvé une population entière de macaques à longue queue utilisant des outils de pierre pour écraser les huitres et déloger les coquillages des rochers.

Les corbeaux de Nouvelle-Calédonie modifient spontanément des branches pour obtenir un petit crochet en bois permettant de pêcher les larves dans les fissures des arbres.

Confirmant le dicton « la nécessité est mère de l’invention » ainsi que l’histoire d’Esope, les corbeaux ont réussi le test du ver flottant en élevant le niveau de l’eau dans le tube grâce à des cailloux.

Taylor  essaie des tests comportant des étapes encore plus nombreuses, et les corbeaux relèvent le défi (et ils font infiniment mieux que les singes qui ont du mal avec les taches à étapes multiples).

Il est aujourd’hui admis que le langage n’est pas la matière de la pensée, même s’il assiste la réflexion humaine en lui offrant des catégories et des concepts. Mais nous n’avons vraiment besoin du langage pour penser (les enfants préverbaux pensent…)

La communication animal n’est ni symbolique, ni infiniment flexible comme le langage. Elle reste presque entièrement dans l’ici et maintenant. Un chimpanzé peut détecter des émotions dans une situation précise mais il ne peut pas communiquer la moindre information sur des évènements décalés dans l’espace ou dans le temps. Un chimpanzé n’a aucun moyen d’expliquer après coup comment il a été blessé.  Si son agresseur passe par là et qu’il lui hurle dessus, les autres pourront déduire le lien entre son comportement et la blessure, mais ce n’est possible qu’en présence du rival.

On a fait récemment une découverte : les expérimentateurs masculins – pas les femmes – stressent tellement les souris que cela influe sur leurs réactions. Mettre dans la pièce un t-shirt porté par un homme produit le même effet, ce qui suggère l’importance de l’odorat.  Les détails méthodologiques sont beaucoup plus importants que nous ne voulons l’admettre.

Lolita (une chimpanzé) a montré qu’elle comprenait que je trouverais son nouveau-né plus intéressant de face que de dos. Adopter la perspective visuelle de quelqu’un d’autre, c’est faire un pas de géant dans l’évolution sociale.

Cultures animales : lavage de patates douces chez les macaques, cassage de noix chez les chimpanzés,  chasse au filet de bulles chez les baleines à bosses.

Une femelle chimpanzé a été la première à s’introduire un brin d’herbe dans l’oreille, le laissant dépasser quand elle circulait et toilettait les autres. Au fils des ans, d’autres chimpanzés ont suivi son exemple, et plusieurs ont adopté le même nouveau look. Les modes vont et viennent chez les chimpanzés comme chez les humains. Selon moi, l’apprentissage social des primates prend racine dans un désir d’appartenance, un conformisme qui nait du désir d’agir comme les autres et d’être parfaitement intégré.

Cela exige de voir dans la cognition un phénomène biologique comme un autre. Si ces caractéristiques de base dérivent  graduellement de la descendance avec modification, toute idée de bond, de frontière et d’étincelle est exclue.

Le principe de base est un paradoxe : la force est une faiblesse. L’acteur le plus puissant est le moins attractif pour une alliance politique, car il n’a pas vraiment besoin des autres. Il estime que leur soutien va de soi et les traite sans égards.

D’une chimpanzé qui aide sa partenaire : pourquoi a-t-elle travaillé si dure pour un objectif qui l’intéresse si peu ? la réponse est vraisemblablement la réciprocité. Ces deux chimpanzés se connaissent, il est probable qu’elles vivent ensemble, donc chaque coup de main donné sera surement rendu. Elles sont amies, et les amies s’entraident.

Les chimpanzés sont très coopératifs. Ils n’ont pas le moindre problème à réguler ni à atténuer les différends pour mener un effort commun et en partager les fruits.

Nous postulons que les animaux ne regardent pas simplement ce qu’ils obtiennent, mais le compare aussi avec ce qu’obtient leur partenaire. L’inégalité les préoccupe. S’il recevait des concombres, le singe faisait une scène terrible dès qu’il remarquait que son compagnon obtenait du raisin. Pourtant un dollar c’est toujours mieux que pas de dollar du tout. Nous n’en sommes pas convaincus qu’une réaction de ce genre soit irrationnelle, puisqu’elle cherche à égaliser les résultats, et que c’est le seul moyen de pérenniser la coopération.  Les grands singes vont mêmes plus loin : ils ne sont pas d’accord quand ils obtiennent moins que l’autre, mais aussi quand ils obtiennent plus. Cela nous rapproche  du sens humain de la justice.

Chez les écureuils, ce qui déclenche le stockage, ce sont les jours qui raccourcissent et la présence des noix, que les animaux sachent ou non ce qu’est l’hiver. La planification des grands singes s’ajuste aux circonstances et s’exprime en souplesse de multiples façons.

Les pieuvres ont une très bonne vue mais elles se fient rarement à ce sens pour chasser. Elles utilisent le toucher et les informations chimiques, et sans ces indices elles ne peuvent reconnaitre leur proie. [Alors qu’elle ne touchera le bocal même s’il y a une proie à l’intérieur,] dès que l’extérieur du bocal a été couvert de mucus de hareng, la pieuvre est entrée en action et l’a manipulé jusqu’à l’ouverture du couvercle.  Une fois ces talents développés, c’est devenu une opération de routine.

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Il était une fois la paléoanthropologie – Pascal Picq – 2010

 

 

En revanche, dès qu’ils concernent les théories de l’évolution et ses mécanismes appliqués à l’homme, alors les présupposés inculqués par les religions et les philosophies exercent un effet déformant et détournent des principes les plus élémentaires de l’épistémologie scientifique.

[A propos de la defaite des français au baslet] Waterloo dans un gymnase, avec une ambiance délirante, orchestre et pom pom girls.

Les travaux expérimentaux montrent sans ambiguïté que la région au-dessus des orbites subit peu de contraintes [lors de la mastication], que ce soit sur les cranes d’hommes ou de gorilles. Si la région sus orbitaire n’est pas associé à une fonction  mécanique – l’usage des dents antérieures (incisives et canines) – chez les homos et les Neandertals, alors ce caractère aurait une signification structurelle, lié à la biologie du développement et plaideraient pour une différence au niveau de l’espèce.

On ne déduit pas la fonction a partir de la forme ; c’est la forme qui est la conséquence des fonctions.

1980 Yves Coppens et l’east side story : les origines de la lignée humaine à l’est de la vallée du rift. Au moment on se rend compte que Neandertal et homo sapiens sont contemporains, enterrent leurs morts et partagent le complexe culturel du Moustérien. Neandertal devient « Homo sapiens neanderthalis » (pour 10 ans…)

1988 les paranthropes (australopithèques robustes) descendant de Lucy sont réhabilités : comme les premiers hommes ils ont un cerveau plus gros, sont bipèdes, omnivores et utilisent des outils de pierre taillé.

1990 Les Neanderthals sont une autre espèce, sur la base de leur morphologie. Confirmé 10 ans plus tard par la paléo génétique.

1996 on trouve Abel au Tchad : il y a des australopithèque a l’ouest de la vallée du rift. Fin de l’East side story.

2000 Orrorin, au Kenya, a 6 millions d’année (confirme l’east side story).

2002 Toumai est trouvé au Tchad, 7 million d’année : il réfute l’est side story. Derniers ancêtres communs aux hommes et chimpanzés.

2009 Ardi en Ethiopie – squelette presque complet de 5.7 million d’année.  Notre origine est bien en Afrique.

1992 Les hommes de Damnisi en Georgie attestent d’une sortie tres anciennes des hommes aux alentours de 2 millions d’années.  Et des populations s’aventure dans le sud de l’europe (Atpuerca en Espagne).

La séquence linéaire en Europe, reprise par Leroi-Gourhan  vers 1950-60: Les homo habilis sont associés à l’Oldowayen ; les Homo erectus sont les artisans de l’Acheuléen (bifaces emblématiques) ; Neanderthaliens sont les hommes du Mousterien (outils sur eclats) ; homo sapiens sont les hommes du paleolithique superieur et de l’art préhistorique, des outils sur lame et aussi en os et en ivoire.

En 1980 : il existe des formes fossiles – les australopithèques – qui ont précédé les hommes modernes et les plus anciens outils ; les relations entre les groupes d’hommes et les cultures ne sont pas aussi univoques.

4 concepts réfutés par les théories modernes de l’évolution. L’essentialisme : l’homme est une entité ontologique à part, idée hérité de la philosophie et de la religion. Le scalisme : voit dans les espèces proches de nous (chimpanzé) une image de notre ancêtre commun. Le finalisme : assigne a la vie un but ultime : l’homme. L’anthropocentrisme : place l’homme au cœur du cosmos.

1994 Grottes chauvet a 30,000 ans. Des artefacts striés et enduits d’ocre révèlent des créations symboliques âgées de plus de 70,000 ans a Bomblos en Afrique du sud. Les fouilles de Tafforalt au Maroc : colliers de coquillages datant de plus de 100,000 ans. Une flute de Slovénie de plus de 45,000 ans (a une époque ou il n’y avait que des Neanderthaliens). Des 1980 on comprend que Cro-Magnon et Neanderthaliens ont été contemporains en Europe et qu’il y a eu des influences culturelles et technique entre eux, autrement dit acculturation.

1990 Altapuerca en Espagne : daté d 1.2M jusqu’aux âges des métaux. 32 individus des deux sexes et de tous ages datant de 300,000 ans. Au Kenya des dizaines d’ateliers de taille de pierre sont découverts. Ils datent de 2.6M. L’idée selon laquelle « l’homme ou le genre homo, c’est l’outil de pierre taillée » éclate définitivement.

1987 avènement de l’Eve mitochondriale et 1997 de l’Adam chromosomique fondés sur la comparaison de l’ADN. Eve et Adam proviennent bien d’Afrique, mais plus de 100,000 ans les séparent.

1990 L’arbre phylogénétique des gènes des populations humaines actuelles se superpose a celui des langues.

2007 une analyse comparée des génomes de l’homme actuel et d’un Neandertal révèle que ce dernier possède deux variantes du gène FOXP2 associé au langage : Neandertal avait donc l’aptitude de parler.

Il y a cependant une grave confusion entre les mutations qui modifient des comportements et l’idée que des gènes déterminent des comportements. Un fusible qui saute exprime le dysfonctionnement d’une installation, mais ce n’est pas le fusible qui fait fonctionner l’installation. Il en va de meme pour le gène FOXP2.

2010 : séquençage de la phalange de Denisova, au sud de la Sibérie, dans l’Altaï. Il a existé une autre ligné humaine en Asie, qui se forme il y a un million d’année. La même année le séquençage plus précis de l’ADN de Neandertal indique que tous les individus non africains possèdent 1 à 4% d’ADN de Neanderthal. Il y a eu des mélanges entre 500.000 et 80.000 ans, date a laquelle les deux espèces étaient trop différentes pour pouvoir avoir une descendance.

En ce qui concerne la lignée humaine, il importe de connaitre les comportements sociaux et cognitifs des espèces les plus proches de nous, les chimpanzés et autres grands singes. Il s’agit que reconstituer le « sociotype ancestral »

1950 des macaques de l’ile de Koshima s’empare de patates douces et les lavent dans l’eau, puis dans l’eau de mer. Ce comportement est imité et se diffuse, devenant un tradition. Les chercheurs japonnais parle de proto-culture.

Vers 1985 A Mahale ainsi qu’a Gombe, Itani et Jane Goodall sont les temoins de manœuvres délibérées de males coalisés qui agressent et tuent les males de la communauté voisine. Des comportement similaire sont observe a Kibale, en Ouganda.

Il s’avere que tous les grands singes hominoides sont capables d’inventer de nouveaux comportements, d’en faire des traditions et des cultures.

En 2010 Franz de Waal montre que l’empathie, la sympathie, le partage, les négociations et les entraides calculées ou non et des comportements autour de la mort se retrouve chez de nombreux grands singes.

La sélection naturelle n’est pas une loi en soi. Il n’y a sélection que dans le cadre de relations entre les individus et leur milieu. Ce n’est pas la loi du plus fort. La sélection naturelle exprime tout simplement le fait que certains individus laissent une plus grande descendance que d’autres.

L’expression de Jacques Monod «  le hasard et la nécessité » devient plus précise. A la variabilité des mutations – le hasard – s’ajoute celle de contrainte et de plasticité associées à la génétique du développement. Quand a la nécessité, il s’agit toujours de la sélection naturelle mais aussi de la sélection sexuelle, sachant que l’histoire de la vie est contingente. Autrement dit des lignées et des plans d’organisation ont pu être sélectionnés au cours de l’évolution à la suite de catastrophes ou de goulots d’étranglement. Depuis 1990 on parle de la théorie évo-dévo pour évolution et développement dans la cadre des contraintes phylogénétiques et en s’appuyant sur les avancées de la génétique du développement.

Depuis 20 ans, j’ai introduit la reconstitution de la vie sociale de nos ancêtres en prenant en compte les avancées sur l’éthologie comparée des grands singes. Le fait que nous partagions des comportements sociaux avec les seuls chimpanzés implique qu’ils nous ont été légués par une dernier ancêtre commun. Nous partageons un héritage comportemental commun.

L’idée de la psychologie évolutionniste est que nos capacités cognitives et nos caractéristiques cognitives auraient en partie une signification adaptative, qu’elles découleraient de l’évolution (on sort enfin de l’instinct contre l’acquis). Il ne fait aucun doute qu’une partie de nos caractères psychologiques a été sélectionné.

Le jeux complexe des interactions entre biologie et culture s’appelle la coévolution. La maitrise du feu et de la cuisson il y a 600,000 ans, qui s’accompagne d’un accroissement du volume cérébrale, comme l’invention de l’agriculture, qui entraine une diminution de la taille corporelle, sont deux exemples.

Phylogénétique , epigénétique ??

Les jeunes grands singes élevés par les hommes tendent à marcher plus volontiers debout tandis que les enfants humains abandonnés des hommes se déplacent à quatre pattes. Les jeunes hominoïdes naissent avec la possibilités d’un répertoire locomoteur impliquant des aptitudes à la brachiation, à la bipédie et à la marche quadrupède ; nous possédons des neurones miroirs qui nous portent à imiter les autres.

Si, comme l’admettent de plus en plus de paléoanthropologues, le genre Homo apparait avec homo Ergaster, alors le genre Homo au sens strict voit le jour environ 500,000 ans après les plus anciens outils de pierre taillée.

Les observations des trois dernières décennies sur les chimpanzés et les orangs-outans dans leurs habitats naturels ont mis en évidence des traditions culturelles. On parle de « primatologie culturelle. ». Il existe des différences culturelles entre les populations de chimpanzés puisque certaine se contentent d’un type de noix alors que d’autres en sélectionnent plusieurs. D’autres part si dans certaines communautés, les chimpanzés utilisent des pierres (pour casser les noix), ailleurs les individus emploient de gros bout de bois.

 

L’emprunt, la diffusion, l’adaptation et la transmission des techniques constituent les éléments fondamentaux des cultures. Les chimpanzés en font preuve….

Chez les chimpanzés, ce sont les femelles qui utilisent le plus toutes sortes d’outils, qui innove et qui transmettent à leurs jeunes. On peut espérer en terminer avec l’homme, c’est « l’outil de pierre taillé= l’homme-mâle-chasseur »…

L’orang outang s’est séparé de la lignée des grands singes il y a 13 million d’années. Cela signifie que la superfamille des hominoïdes possède dans ses bagages phylogénétiques les capacités cognitives d’inventer et de transmettre des comportements culturelles.

Si l’on se réfère à l’éthologie des chimpanzés, il s’avère plus probable que les outils et les éclats aient d’abord été produits fortuitement par des femelles pour accéder à des nourritures végétales et que par la suite la fonction « couper » soit devenu de plus en plus employée, conduisant à la fabrication voulue de ces éclats.

Pourquoi les singes n’utilisent pas d’outils pour découper une carcasse (alors qu’ils utilisent des outils pour casser les noix) ? La spécialisation sexuelle est peut-être la réponse : les femelles utilisent des outils pour accéder a de la nourriture végétale alors que les mâles, plus enclins à chasser, et moins habitué à l’usage de l’outil, n’ont pas l’idée de procéder ainsi.

La canine ne sert pas à déchirer les chairs, mais à perforer, transpercer et trucider les proies.

Chez les lémuriens elle sert à l’épouillage, une fonction importante chez les primates. La canine chez les simiens n’intervient jamais dans des fonctions alimentaires, mais sexuelles. Le dimorphisme sexuel des canines ne sont aucunement corrélés au régime alimentaire.  Les espèces a harems polygynes – un male plusieurs femelles – sont nantis de canines très saillantes.  Elles sont longues – et fragiles – et servent essentiellement pour intimider les concurrents.  Pour les espèces monogames, la taille des canines est identique chez le male et la femelle. Ce n’est pas la taille des canines qui compte mais la différence relative entre males et femelle.

Si les arbres ont acquis des défenses qui protègent leur feuilles, ils ont développés un mode de reproduction qui passe par la production de fleurs pollinisées par des insectes, ce qui donne des fruits dont la dispersion de graines est assurée par les oiseaux et les singes. La compétition entre les arbres donne des espèces capables de produire des fruits de plus en plus riches en sucres, ce qui attire les singes dont le gout est de plus en plus sensible. C’est la coévolution.

On ne chipe pas le travail des autres chez les chimpanzés, ce qui induit des mœurs plutôt aimable.

La capture étant faite (chez les chimpanzés), c’est celui qui a saisi la proie qui distribue les portions. Même les individus hiérarchiquement dominants doivent attendre leur tour.

Les chimpanzès sont les seuls a rechercher des associations de gouts, mélangeant certaines feuilles avec des morceaux de viande pour susciter une autre saveur. La cervelle constitue la part du chef que se réserve le leader de la chasse. C’est la partie qui contient le plus de matière grasse. Sucres et matières grasses sont des ressources rares dans la nature et les plus recherchés . En raison du plaisir qu’elles procurent, elles créent une incitation à anticiper et à agir individuellement et collectivement. Elles participent ainsi au développement des jeux sociaux.

Les paranthropes présentent des adaptions que l’on croyait propres à l’homme, comme un cerveau relativement plus développé et l’usage d’outils en pierre taillée, tout en ayant un régime végétarien.

Les hommes au sens stricte arrivent avec Homo Ergaster autour de 2 millions d’années. Très vite ils se retrouve en Asie et en Europe. La viande étant la seule nourriture qu’on trouve sous toutes les latitudes et à toutes les époques, cela facilite l’expansion géographique. Sa taille et ses outils en font un prédateur redoutable. A cela s’ajoute l’usage du feu des 1.5 million d’années et sa maitrise à partir de 700,000 ans.

Le déplacement de la moyenne (espérance de vie) vers des âges plus tardifs ne signifie pas que l’espérance de vie de notre espèce léguée par l’évolution à augmentée. Ce qui a changé, c’est la distribution au sein de cet intervalle.

Depuis 30 ans l’homme semble avoir accepté le fait qu’il ne pourra jamais totalement maitriser la nature et qu’il lui faut plutôt construire en respectant l’environnement. C’est un véritable retournement de la pensée entre un habitat qui protège de la nature à un habitat qui protège la nature (NDLR : nonsense!!??) . C’est un changement de paradigme et cela concerne toutes nos actions.

Face a une crise, une attitude consiste a se recroqueviller, à protéger les acquis en demandant des décisions protectionnistes. Cela peut aider un temps, mais jamais longtemps, car l’isolement dans l’évolution, c’est l’avant dernière étape avant l’extinction.

Le mécanisme de l’évolution repose sur 3 faits : chez les espèces sexués les individus sont différent les uns des autres, les caractères qui les différencient sont en partie héréditaires, un facteur limite les effectifs des populations qui, sinon, envahiraient toute la Terre.

La sélection naturelle n’a rien à voir avec la loi du plus fort (des idées caricaturales forgées par Spencer). Cela signifie que certains individus laissent une plus grande descendance que d’autres : c’est le succès reproducteur différentiel.