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Le dernier qui s’en va éteint la LUMIERE – Paul Jorion – 2016

Crise environnementale, crise de la complexité (les interactions augmentent entre des populations de plus en plus nombreuses dans un environnement de plus en plus mécanisé où nous confions nos décisions à l’ordinateur), crise économique et financière due au fait que nos systèmes sont une gigantesque machine a concentrer la richesse (alimentées par les intérêts de la dette et dont les effets délétères sont encore amplifiés par la spéculation (pari sur la hausse ou la baisse des titres financiers).

Nous croissons aujourd’hui a raison de 77 millions d’êtres humains supplémentaires par an.

Thomas Hobbes – la guerre du tous contre tous.

Depuis d’adoption du protocole de Kyoto visant a reduire les emissions de gas a effet de serre, les émissions annuelles de carbone sont passées de 6400 à 8700 millions de tonnes. On mesure la l’efficacité de nos efforts en la matière.

Il s’agit de réintroduire des notions telles que le bonheur, non pas mesuré puisqu’il est d’une nature qui ne se prête pas à la mesure, mais comme quelque chose de présent plutôt qu’absent.

Aristote : les valeurs et les prix relèvent de domaines absolument distincts. Il n’y a pas de valeur cachée derrière un prix, la seule chose qu’il y ait la est un rapport de forces entre êtres humains.

Trop de CO2 ou de dioxyde d’Azote, trop de phosphates….Aussi longtemps qu’il ne sera pas questions de qualités, tout calcul est condamné à n’être que comptes d’apothicaire dont aucune vérité profonde n’émergera jamais.

Gilens et Page, 2014 : ils ont comparé un catalogue d’objectifs politiques exprimés dans l’opinion publique (1779 en tout) et examiné si les mesures ont été, oui ou non, mis en œuvre. Conclusion : l’opinion de la majorité est ignorée : elle ne compte pas et n’est pas reflétée dans les mesures qui sont prises. Aux etats unis règne un système politique caractérisé par la domination d’une élite écconomique.

Lacordaire (1802-1861) avait dit « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maitre et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Les entreprises innovantes d’aujourd’hui exigent désormais une mise de fonds importante en capital, ne créent pour l’essentiel que des emplois très qualifiés en petit nombre par rapport au chiffre d’affaires. La firme WhatsApp ne comptait que 50 employes quand elle fut rachetée pour 19 milliard de dollars par Facebook. La technologie ne crée pas nécessairement d’emploi.

On progresse vers une économie ou le vainqueur emporte tout (the winner takes all) ou un très petit nombre de travailleurs très qualifies créent une part disproportionnée de la richesse.

Alain Supiot : L’imaginaire cybernétique tend à effacer la différence entre l’homme, l’animal et la machine, saisi comme autant de système homéostatique communiquant les uns avec les autres.  A ce nouvel imaginaire correspond le passage du libéralisme économique – qui place le calcul économique sous l’égide de la loi – à l’ultralibéralisme, qui place la loi sous l’égide du calcul économique. Etendu a toutes activités humaines, le paradigme du marché occupe désormais la place de norme fondamentale à l’échelle du globe.

L’invention du statut de la personne morale, calqué sur celui de la personne physique (la justification intuitive en étant que celle-ci dispose, comme souvent la personne physique, d’un patrimoine) prit place aux Etats Unis au milieu du XIXe siècle.

Au fils des ans, les droits des personnes morales ne cessèrent de croitre et leurs devoirs de se réduire, tandis que l’immortalité potentielle qui leur était dorénavant assurée leur permettait une accumulation quasi infinie de patrimoine et du pouvoir qui lui est associe.

La formulation juridique des principes ultralibéraux crée par anticipation le cadre de fonctionnement d’un univers peuplé seulement de robots.

Lord Adair Turner, patron du régulateur des marchés financiers au royaume uni qui dressa en 2010 la liste des activités inutiles, voire nocives, de la finance. Il est nocif qu’un secteur dépasse la taille correspondant à son véritable rôle économique. A un contradicteur prétendant que le secteur financier devait s’efforcer de devenir le plus gros possible, il avait répondu que l’on imagine pas des centrales électriques cherchant à excéder la demande du marché.

La promotion implicite du court termisme par la philosophie qui sous-tend la règlementation comptable date des années 1980 et est lié à l’internationalisation et la privatisation de la rédaction des règles comptables (grandes firmes d’audit et l’International Accounting Standard Board – qui est finance par ces mêmes firmes). IASB est domicilié dans l’état du Delaware qui constitue un havre fiscal. Conflit d’intérêt, puisque IASB est aussi finance par les mêmes firmes d’audit, et aucun contrôle démocratique….

La comptabilité moderne a évolué en trois temps : primo, début du XIX, les bénéfices ne sont comptabilises que lorsqu’ils sont apparus : pour distribuer des parts il faut d’abord  avoir couvert les coûts. Secundo au milieu du XIX, les bénéfices apparaissent anticipées en enkystant le passif, et ce pour ne pas décourager les petits investisseurs dont on avait besoin pour financer les grands projets de construction. Tertio, les années 1980, la comptabilité  « mark to market » au prix du marché, les bénéfices sont distribués à titre anticipé. Le moindre bénéfice est aussitôt partagée entre amis, et s’il manque de l’argent pour l’entreprise, on l’emprunte !

Les docteurs de l’Eglise, au Moyen Age, appelait « usure » ce que nous appelons « crédit à la consommation » et bannissaient le paiement d’intérêts sur des sommes empruntées pour la seule et unique raison que l’emprunteur y était forcé.

Au cours des premiers siècles de notre ère, la concentration de la richesse a condamné une part toujours croissante de la population au surendettement, entrainant l’apparition d’un statut social inédit : celui, devenu rapidement héréditaire, de serf attaché de génération en génération a la terre de son maitre.

Le système économique nécessite la croissance comme l’un de ses éléments constituants en tant qu’il est un système capitaliste, et qu’il est donc impossible de parler de décroissance sans remettre en question la nature capitaliste de notre système économique. Le système économique n’est pas monolithique : il est à la fois « capitaliste », « de marché », « libéral » voire « ultralibéral ».

Comptabiliser le travail comme coût (qu’il convient donc de minimiser pour augmenter les dividendes) et les dividendes comme part de profit est en réalité arbitraire : c’est l’expression d’un choix politique. Un juste partage exige la remise en cause des règles comptables qui traitent les salaires comme des coûts, et les bonus de la direction et les dividendes des actionnaires comme des parts de bénéfices, pour considérer tous ensemble comme avances faites au même titre à la production de marchandises ou de services.

Le coût de la crise des « subprimes » fut considérable : 8% du PIB de la zone euro. Les garanties des Etats de la zone euro au secteur financier équivalaient en 2014 à 2.7% du PIB en 2014.

Un article signé Vitali, Glattfelder et Battiston mettait en évidence en 2011 l’existence, en parallèle du réseau de pouvoir que forme les Etats, d’un autre réseau constitué en son cœur par un nombre restreint  (147) de compagnies transnationales dont la puissance économique est considérablement supérieur à celle des Etats.  Un nombre réduit d’individu (737) exerce le pouvoir effectif au sein de (80%) ces compagnies. Les trois quarts des 147 compagnies sont des établissements financiers.

Apple, jouant sur les ambiguïtés des codes des impôts nationaux, a même réussi la gageure de n’avoir aucune domiciliation fiscales pour les principales composantes de son conglomérat, et d’être ainsi pleinement déterritorialisé. Aucun devoir, aucun engagement ne lie (ces entreprises internationales) à une véritable communauté de citoyens en aucun endroit du globe.

Si l’on veut stopper le processus de destruction en cours, le choix est simple : il faut imposer à la finance, l’éthique qui prévaut dans les autres départements de nos sociétés : mettre fin le plus rapidement possible à l’extraterritorialité éthique dont elle bénéficie à l’heure actuelle.

The Economist 2012 : à la questions envers qui il conviendrait qu’il se sentent davantage responsables, les leaders de la finance considèrent : leur PDG (pour 48%), leur actionnaires (pour 44%)…les choix les moins populaires sont la société dans son ensemble (pour 25%) l’Etat (11%). Le monde financier reste convaincu du bien-fondé de son extraterritorialité sur le plan éthique.

Francois Debauche nous à enseigné des choses précieuses, consciencieusement retenues.

Rien ne permet d’exclure que les processus biologiques ne produisent eux aussi ultérieurement, par émergence,  un type de phénomène d’une nature inédite. Et que, du coup, ce qui nous avions imaginé à tort comme étant intervenu avant nous, la présence d’un Dieu démiurge ayant été la cause de notre monde, n’apparaisse en fait ultérieurement au sein du monde. Dieu non comme la cause mais comme la conséquence de cet univers.

Rees : « Notre ère d’intelligence organique constitue un triomphe de la complexité sur l’entropie mais un triomphe passager, qui sera suivi d’une période considérablement plus longue d’intelligence inorganique, beaucoup moins contrainte par son environnement.  Il est probable que les extraterrestres auront opéré la transition qui permet de dépasser le stade organique il y a déjà très longtemps ».  Proposition intrigante qui implique que nous perdons notre temps quand nous recherchons aujourd’hui des manifestations de vie intelligente. Devons-nous attrister que l’être humain ne soit pas le point culminent de l’évolution ? Que les humains ne soient que les précurseurs fugaces d’une culture dominée par les machines ?

Hegel – S’impose a nous la question de savoir si, derrière le vacarme, ne se trouverait pas une œuvre intérieur dans laquelle serait emmagasinée la force des phénomènes et à laquelle tout profiterait. C’est la catégorie de la Raison, celle de la pensée d’une fin ultime en elle-même. Le ruse de la Raison : la Raison s’accomplit, quelque que soit la représentation qu’en ont les hommes par le truchement de ce qui se réalise dans le monde. Mais pour Hegel toujours, ce n’est pas tant l’histoire qui réalise la raison, que nous qui la lisons dans son déroulement. La Raison est donc cette chose qu’on est à même de lire dans l’histoire, bien davantage qu’elle n’y est véritablement présente.

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Thérèse Delpech – L’ensauvagement – 2005

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P19 – raymond Aron « guerre improbable, paix impossible » à propos de la guerre froide.

P30  La politique ne pourra être réhabilitée sans une réflexion éthique. Sans elle de surcroit nous n’aurons ni la force de prévenir les épreuve que le siècle nous prépare, ni surtout d’y faire face si par malheur nous ne savons pas les éviter.

P42 l’histoire du siècle passé a montré comme des bouleversements historiques d’une violence inouie pouvait succéder sans crier gare à la plus belle des époques. Des leçons de prudence en ont été tirées par la maison Europe. Mais ce qui se joue aujourd’hui c’est la capacité de l’Europe à assumer des responsabilités internationales dans un monde profondément troublé.

P54 La volonté de revanche d’Etats sur l’occident qui a, de leur point de vue, trop longtemps fait connaître sa loi au reste du monde est une question d’une autre nature. Le désir de réequilibrage stratégiques est fort. Les pays qui portent se message (Inde, Chine, Iran) feront écouter leur voix. Le problème est moins de contenir leurs ambitions que de leur donner une forme qui ne trouble pas la paix régionale et mondiale. C’est au XXème ce que l’on a pas su faire avec l’Allemagne. On connaît les conséquences de cette faute.

P 85 Une sauvage indifférence aux êtres humains telle est la plus importante régression du XXème siècle.

P118 En stratégie comme en politique la pensée européenne est surtout réactive. L’Europe n’a rien a dire.  Comme le soulignent Alain Franchon et Daniel Vernet dans l’ouvrage qu’ils ont consacrés au néo-conservateurs, « elle se conduit comme si les problèmes n’existaient que lorsque les Etats-Unies les posent. »

P146 quand on a les questions asiatiques en tête, il ne faut jamais oublier la surprise et l’imagination stratégique.

P 164 a propos de la periode 30-39 et  l’Allemagne : A un moment où l’expansion européenne se faisait hors d’Europe avec la colonisation, il était difficile d’imaginer une volonté d’expansion en europe.

P192 Nous ne croyons pas suffisament a nos valeurs pour les enseigner et encore moins les défendre, telle est la racine du problème, que les terroristes n’ignorent pas. C’est même une des raisons principales pour lesquelles ils sont convaincus qu’ils finiront par l’emporter.

P204 A propos des investissement militaire chinois (le budget militaire croit de 10% par an depuis 30 ans) comme le dit Clausewitz « on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir très longtemps dessus ».

P238 Dans le paysage d’ensemble, la soudaineté et l’ampleur des changements en cours en Europe orientale, au Moyen-orient, en Asie font une contraste saisissant avec la léthargie de l’Europe. Tout se passe comme si les changements qui se produisent dans le monde ne la concernaient pas. Aurait-elle abandonné cette curiosité pour les autres régions de la planète ? Aurait-elle perdu le sens de l’appel de la liberté et des valeurs démocratiques qui ont pris naissance chez elle ? Elle ne semble pas comprendre que les résultats de 50 années d’efforts continus peuvent disparaître. Les résultats de cette myopie ne se font pas attendre. Plus personne ne se réclame de l’Europe, alors que c’est elle qui a créer la liberté comme catégorie politique, contribué a façonner le monde et témoigné d’une compréhension remarquables des civilisations les plus lointaines.

P289  Car le mépris des droit de l’homme et de la vie humaine, qui avait fait dire a Fernand Braudel : « l’homme vaut si peu en Chine » a des incidences évidentes en matière de sécurité. Le pouvoir ne reculera pas devant le sacrifice de millions d’hommes, si ce sacrifice est jugé nécessaire à ses ambitions ou à sa survie.

P319 Les pays occidentaux refusent d’intervenir dans les zones a risque quand leurs intérêts de sécurité ne sont pas en danger, une conception contradictoire avec la reconnaissance du caractère « transnational » des menaces contemporaines. Le besoin d’ordre continue a être perçu comme un objectif supérieur au besoin de justice et la survie de l’Etat est toujours plus urgente que celle des populations dont ils ont la charge. Si les populations sont plus importantes que l’Etat – comme le dit la charte des Nations Unies – quels Etats sont prêts à en faire un principe de relations internationales.

P328 Ce qui est incontestable, c’est que l’Europe n’est plus le centre de gravité des affaires stratégiques mondiales. Celui-ci se trouve désormais en Asie…un conflit majeur, si par malheur il éclatait, ne se déroulerait pas en Europe. Mais loin de la pousser a prendre une sorte de retraite historique (les dividendes de la paix) cette chance devrait lui permettre d’assumer a nouveau ses responsabilités dans le monde.

 La régression politique, culturelle et morale fait désormais partie de notre horizon politique; la déshumanisation dont nous sommes les héritiers est une menace pour notre survie ; la mémoire des crimes est une condition de la sécurité internationale.

André Malraux Une Vie – Olivier Todd – 2001 – Folio.

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 «Nous ne pouvons sentir que par comparaison, écrit-il ; quiconque connaît Andromaque ou Phèdre sentira mieux ce qu’est le génie français en lisant « Le Songe d’une nuit  d’été » qu’en lisant toutes les autres tragédies de Racine. Le génie grec sera mieux compris par l’opposition d’une statue grecque à une statue égyptienne ou asiatique, que par la connaissance de cent statues grecques. »45 : 

 

  Pour ce qui importe comme pour le train-train quotidien. Il élabore une théorie pragmatique de la vérité : le vrai. C’est ce qui m’amuse, me convient, me fait avancer.49 :

 

Quand Malraux lui déclare, comme à tant d’autres, qu’il a été «commissaire du Kuomintang de la Cochinchine au début de 1925 et pour l’indochine en juin, puis membre du Comité central de la Propagande du Kuomintang, Paulhan ne le croit pas. Paulhan aime la vérité mais accepte que certains écrivains se bâtissent une légende. Clara, qui n’apprécie guère Paulhan, entendra l’impétueux Malraux répéter que ce qu’il affirme finit par devenir vrai.132

 

Malraux affirme que «la jeunesse européenne est plus touchée par ce que le monde peut être que par ce qu’il est ». Elle ne vit pas à l’ombre de la  Grande Guerre et elle cherche des valeurs. « notre première faiblesse vient de la nécessité où nous sommes de prendre connaissance du monde grâce à une « grille » chrétienne, nous qui ne sommes plus chrétiens ».  140

 

 Le romancier se projette en Garine, « un type de héros en qui s’unissent l’aptitude à l’action, la culture et la lucidité »….Garine aime certaines abstractions plus que les êtres humains : «Je n’aime pas les hommes, je n’aime pas même les pauvres gens, le peuple, ceux en somme pour qui je vais combattre ». Il rejoint l’homme. Malraux. Alors pourquoi se bat-il donc avec le peuple ? Uniquement parce qu’ils sont les vaincus. Oui, ils ont dans l’ensemble plus de cœur, plus d’humanité que les autres ; vertu de vaincus. »143

 

 Si l’on ne fait rien, on est toujours innocent.338

 

 « Quand un communiste parle dans une assemblée, il met le poing sur la table. Quand un fasciste parle.., il met les pieds sur la table. Quand un démocrate – Américain, Anglais, Français- parle…il se gratte la nuque et se pose des questions. »372

 

« Nous, démocrates, nous croyons à tout sauf à nous-mêmes. Si un état fasciste ou communiste disposait de la force des Etats-Unis, de l’Angleterre et de la France réunis, nous en serions terrifiés. Mais comme c’est « notre » force, nous n’y croyons pas. Sachons ce que nous voulons. Ou bien disons aux fascistes : hors d’ici, sinon vous allez nous y rencontrer ! Et la même phrase le lendemain aux communistes si besoin est. »

 

« La tragédie de la mort… transforme la vie en destin… à partir d’elle, rien ne peut plus être compensé. » «Le grand intellectuel est l’homme de la nuance, du degré, de la qualité, de la vérité en soi, de la complexité. Il est par définition anti-manichéen. Or, les moyens de l’action sont manichéens parce que toute action est manichéenne. »390

 

 Exposé à travers l’Europe, le Guernica de Picasso, grande peinture épique du siècle, mal reçue par 3 critiques communistes et le gouvernement espagnol, ne contribue pas à la victoire espérée des loyalistes. Chansons et tableaux ne font pas la guerre. Ils témoignent, sans plus.391

 

 Malraux critique l’U.R.S.S. et Staline en privé, pas en public. Au cours d’un dîner, Raymond Aron lui demande de rompre avec éclat : par loyauté pour les camarades espagnols, Malraux refuse de briser là avec les communistes français. A Bernanos qui attaqua les évêques franquistes, il a dit : « Vous avez écrit la vérité contre votre parti. Moi je ne serai jamais capable d’écrire la vérité contre le PC. ». La fidélité aux hommes l’emporte sur l’évolution des idées. 422

 

 L’homme sait que le monde n’est pas à l’échelle humaine ; mais il voudrait qu’il le fût. Et lorsqu’il le reconstruit c’est à cette échelle qu’il le reconstruit.435

 

Jusqu’en 1942 au moins, beaucoup de Français voyaient en Pétain le bouclier et en de Gaulle l’épée de la France, divisée en apparence mais, au fond, unie.466

 

Il n’y a pas de reproduction fidèle, les yeux varient dans leur perception des couleurs.547

 

En 1956…l’armée populaire de libération bombarde, de temps en temps, comme par distraction, les îlots de Quemoy et Matsu qui dépendent de Taïwan. Les nationalistes répondent avec des bombinettes remplies de jouets et de bonbons.683

 

Tout homme d’État est en représentation. Le Général, à la télévision, en civil ou en uniforme, joue de Gaulle. Même le vertueux Pierre Mendès France interprète Mendès France, avec sa barbe drue qui perce le maquillage.737

 

Certains hauts fonctionnaires ayant affaire à Langlois ont été parfois cassants. Langlois les traita en philistins. Il s’est montré insupportable. Malraux ne le supportait plus et l’a remercié avec la brutalité de ceux qui doutent de la forme et du fond de leur décision.757

 

Les siècles, en s’écoulant, détachent l’objet d’art de sa fonction d’origine, et le sacralisent. «L’œuvre d’art surgit dans son temps et de son temps, mais elle devient œuvre d’art par ce qui lui échappe ».  Enjambant l’histoire, donnée qu’il se refuse à traiter, il suppose que l’œuvre d’art possède toutes les clefs pour la comprendre. La culture n’est pas de l’ordre de la connaissance mais de la révélation.818

 

Jeune et vieux, Malraux concentre avant tout son attention sur le «génie », notion qui n’est pas discutable; le génie accède à la Vérité. Définition spontanée et orale de Malraux : « Un génie, en art, c’est un homme qui crée ce qui n’avait pas d’expression avant lui ».

 

Il cherche à percer le mystère, le secret de la création qui, affirme-t-il, l’a toujours « plus intéressé que la perfection ». « Les Grecs pensaient… que la beauté est la raison unique de l’œuvre d’art. » Pour l’écrivain, c’est là une abstraction vaine.

 

«Dans sa recherche de l’insaisissable en littérature, il affirme l’impossibilité de soumettre à la raison «le problème du sens de la vie – moins problème qu’angoisse. »859

 

Chez lui, l’intuition, juste ou fausse, l’emportait sur le raisonnement. Il ne croyait pas plus à la Raison et au Progrès qu’à la lutte des classes, socialisme scientifique, ou au gaullisme des gaullistes. Mais il croyait, comme beaucoup de ses concitoyens, qu’existe un savoir supérieur, la métaphysique, englobant toutes les connaissances, découvrant l’essence de l’Homme, effleurant l’Absolu, perçant le secret de l’Art ou d’un chef-d’œuvre.872

 

Malraux : Vol de bas-relief au Cambodge pour lequel il échappe de peu à une condamnation (1923). Editeur de Indochine – feuille de choux d’Indochine pour prévenir les dérives de la colonisation (pendant 2 ans). Trafiquant d’œuvre d’art accessoirement. Fausse découverte de la capital du royaume de Saba au Yemen. Membre du parti communiste (soutient Lénine, pas Staline). Leader (spirituel au moins) de la formation Espana pendant 6 mois avec les brigades internationales. Ses premiers romans sont écris avant 1940. Entre en résistance au printemps 44 (tout en prétendant avoir résiste depuis 42 et être responsable de la résistance dans le centre de la France (lot…). Semble avoir bénéficier des détournements de l’argent de la résistance à la fin de la guerre. Dirige, effectivement cette fois, la brigade Alsace-Lorraine pour la reprise de la région fin 44-45. Rejoins De Gaulle au pouvoir en 45 pour quelques mois et lui restera fidèle jusqu’à la fin (il est la caution morale et gauchisante de De Gaulle).

 

Il sera avec De Gaulle de 58 à 69, ministre de la culture pendant 10 ans. Il est Responsable de la communication du parti RPF en utilisant des méthodes du PC. Voyage beaucoup dans le cadre de son ministère, rencontre Nixon, Kennedy, Mao, Nehru…des rencontres toujours romancées – et rallongées- par l’auteur dans ses écrits. Il est friand des rencontres avec les grands de ce monde. Effraie son administration par ces discours, propositions et engagements financiers sans fondement.

 

Il écrit les anti-mémoire (années 60) et écrits sur l’art jusqu’à sa mort en 76. N’hésite par a travestir la réalité, il est aussi décrié par les experts dans les divers domaines qu’il approche (qui le trouvent général et souvent dans l’erreur) de façon superficielles et rapides. Il à une mémoire exceptionnelle – des œuvres d’art notamment – et est capable d’établir des liens, des ponts entre des domaines culturellement séparés ou opposés.  Il écrit magnifiquement et son aura d’homme d’action/intellectuelle et politique prévient la critique la plus radicale (qui existe mais qui est difficilement publiée). Il passe pour un charlatan de première pour certains, un héros national pour d’autres.

 

 L’empire et les nouveaux Barbares – Jean Christophe Rufin – Edition 2001.

 PARIS : Jean-Christophe Rufin

La théorie de la Fin de l’Histoire a été critiquée, rejetée etc. Mais elle a survécu dans la notion de globalisation : un seul système s’étend désormais sur le monde entier. La recrudescence des conflits locaux constituait l’objection la plus forte à cette théorie. La notion de choc des civilisations  est venue donner a ces phénomènes une interprétation. Les deux théories ne sont pas uniquement opposées : elles se complètent.

« Dans ce mouvement de globalisation […] les différentes couleurs culturelles de l’humanité reprennent une tendance naturelle au frottement sinon à l’affrontement » P 10 :

 

Durant la guerre froide, lorsque l’une des deux puissances reculait, l’autre prenait immédiatement sa place. Il y a belle lurette qu’on a plus d’exemple de tels appétits et nombre de pays en conflit sont abandonnés : la nouveauté de cette décennie (90-00) est l’existence de tels trous dans les relations internationales.

 

L’opposition en Afrique entre les comptoirs et les « terrae incognitae ». Les comptoirs vitrines des pays ou l’occident peut faire des affaires sans pour autant s’intéresser au sort du pays dans son ensemble parfois livré à la guerre, à des pouvoirs archaïques, à la famine etc. P 13.

 

Les rebellions, longtemps soutenu par l’une ou l’autre des factions, est désormais conduite par des forces locales qui prennent des aspects étranges à nos yeux.

 

La notion de guerre de civilisation n’est pas pertinente : le terme s’applique a des entités vastes et stables tandis que la scène identitaire est floue, mouvante, en perpétuelle reconstruction. Valeur explicative réduite donc.

 

La fonction des deux théories est plus idéologique que cognitive. Ce livre, tout à l’inverse, cherche à comprendre, non à mobiliser.

 

Nous assistons à une globalisation limitée, selon laquelle deux évolutions divergentes sont observables. D’un coté une unification démographique, politique, économique et culturelle du Nord. De l’autre, le décrochage d’un nombre croissant de régions et de peuples situés dans un au-delà hétérogène : le Sud.  [Le recours aux élections et une démocratie parfois de façade, mais toujours dans la bonne direction, étant considéré comme le rite de passage d’un Sud a l’abandon vers un Sud réhabilité et générant un intérêt particulier pour le Nord.]

 

P 18. L’affrontement Est/ouest est mort. L’affrontement Nord/Sud le remplace. Une symétrie si pure enchante l’esprit. Ce chassé-croisé de points cardinaux à quelque chose de religieux, comme un signe de croix planétaire.

 

La chute de Carthage est sans doute la dernière circonstance historique dans laquelle une civilisation, perdant l’ultime adversaire qui lui fut semblable, a dû se penser face au vide.

A cette image angoissante du vide, Polybe substitue l’exaltante idée de responsabilité impériale, d’une mission universelle. C’est évidemment une construction idéologique.

 

L’opposition Nord/Sud ressuscite cette idéologie de l’inégalité, de l’asymétrie. Le Sud se voit confier le rôle de nouveaux barbares face à un Nord supposé réunifié, impérial, dépositaires des valeurs universelles de la civilisation libérale et démocratique.[Imposer des valeurs du Nord, défense de valeurs du Nord, promotion des valeurs du Nord – élections libre etc…réguler par les NU : on ne va pas jusqu’à imposer un système mais un corpus d’élément, le plus petit dénominateur commun de la démocratie. Même s’il existe des organismes régionaux pour observer les élections, ces organismes procèdent d’une même idéologie unificatrice qui prend sa source dans des valeurs mis en musique au Nord (même si elle existe partout – solidarites etc). L’EU comme modèle de l’OUA ou de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest)] P 25

 

3 mouvements caractérisent la transition de la guerre froide à l’idée nouvelle d’opposition Nord/Sud.

D’abord (1er mouvement) la « chute du communisme » s’est transformé en « victoire du capitalisme ».  L’idée de réunification (Allemagne) s’est étendu au pays de l’Est selon un processus d’universalisation de la démocratie occidentale. Les élections libres en Europe de l’Est ont fortement contribué a cette prise de conscience de valeurs communes a cet ensemble réunifié.

Ensuite (2nd mouvement), La réunification du Nord est fragile voir paradoxale comme en témoigne le destin incertain de l’URSS et des pays d’Europe de l’Est : L’Etat libérale démocratique ne supprime pas les inégalités, ni les antagonismes ethniques ou religieux. Unification pas si aisé que cela .

Finalement (3ème mouvement) une véritable unification n’est possible qu’en définissant ces valeurs communes par leur opposé, ce qui les contrarie ou les menaces.  Les barbares sont ceux qui s’oppose a l’Empire, ceux qui, a contrario, le conforte et le définit.

 

P.28. Le mythe du développement (1990) éclate et laisse apercevoir une réalité longtemps dissimulée : Sud et Nord ne sont pas dans un rapport relatif d’avance ou de retard. Ils évoluent en sens contraire. Quels sont les règles de cette opposition ?  Quelles sont les propriétés  de cette ligne (Limes) qui sépare l’empire des barbares ?

De part et d’autre du Limes, l’homme n’a pas le même prix, n’obéit pas au même règles et l’histoire n’a pas le même sens.

Dans l’idée de Limes il y a aussi l’idée de protection du Nord par l’abandon du Sud violent. De façon politique, au soutien universel de la démocratie se substitue une complaisance nouvelle à l’égard des Etats totalitaires du tiers monde qui se révèle capables de contribuer à des stabilités régionales et surtout d’empêcher des mouvements migratoires massifs.

L’opposition Est/Ouest était une idéologie de guerre qui installait un équilibre de paix. Le Limes Nord/Sud se présente comme un nouvel ordre pacifique : il contient le déséquilibre et l’affrontement. [il contient aussi toute la diversité des idéologies –extrémistes aussi- qui n’existait pas auparavant. L’opposition Est/ouest était idéologique,  l’opposition Nord/Sud est pragmatique – on se bat pour vivre tout simplement, non pas pour un modèle de vie qu’on trouve meilleur qu’un autre]

 

Les régions du Sud dont je parle connaissent une évolution beaucoup plus grave : elles s’écartent du monde, se replient. Leur vie n’est pas assoupie : elles sont souvent le théâtre de grand drames. Mais ces drames sont inconnus, indifférents, ignorés du reste du monde. P 35

 

L’idée de rétrécissement du monde connu heurte en nous un idée, une évidence familière : la certitude qu’un longue marche historique a conduit les européens a pénétrer jusqu’aux retraits les plus ultimes de la planètes. Or, commence depuis 10 ans, un retrait de certaines régions : les terrae incognita reprennent du terrain, le « blanc » se retire…

 

P 37 : Nouvelle terrae ingognitae : les régions en rébellion. De vastes pan de la Colombie, des Philippines, de la Birmanie échappent à l’autorité centrale depuis de nombreuses années [Election en Colombie, Moz 98 dans 33 villes, région du Nepal inaccessibles, quartier de Karashi ou Lagos  ou le danger est tel que les NU/US les qualifient de « no go areas » et la Police n’y circule plus. Nord du Sri lanka. L’évaluation des risques a partir des palais de verre des Nations Unies n’est pas toujours réaliste.]

 

Les mouvements rebelles autrefois soutenus souhaitaient une reconnaissance internationale. On conviait les internationaux pour témoigner, aider.  Ces régions sont en voix de disparition et les expatriés pris pour cible, pris en otage, rançonner.

 

Auparavant même les pouvoirs antidémocratiques savaient qu’à partir d’un point extrême leurs meilleurs alliés refuseraient de les soutenir et les pousseraient à quitter le pays. Somoza, Marcos, Le Shah…A répéter que ces pouvoirs étaient des dictatures, on finit par oublier qu’ils avaient le respect de cette forme ultime d’alternance qui consiste a reconnaître qu’on a perdu.[…] lorsque ces pouvoirs tombent, la situation est si dégradée qu’une anarchie complète se développe. La terreur provient de la décomposition anarchique, de l’éclatement en factions rivales. Elle peut aussi être délibérer (Perou – Sentier Lumineux, Guerilla Tamil au Sri Lanka.) Les rebelles souhaitent couper du monde les régions qu’ils contrôlent et éloigner les témoins. [ Particularité des pays dans lesquelles on observe les élections : violence et groupes rebelles actifs. Enfin, Exemple du Congo Brz 2002 et du pasteur N’Toumi dont les rebelles restent actifs et gênent le bon déroulement du processus électoral. Transformation des factions en partis politiques, cas de Sierra Leone et du leader emprisonné Fodé Sanko…] P42

 

La fin des soutiens aux guérillas pousse certaine a recourir à la prédation et aux terrorismes. C’est le cas dans les territoires contrôlées par la Renamo en 1983 et suivante alors qu’elle avait perdu le soutien sud africain. [référence au rapport sur le Libéria ou les gens vote non pas pour le futur mais parce qu’il on connu 10 ans de guerre…et encore nécessité de soutenir les partis politiques issues des guérillas, au risque de le voir échouer et recourir à la violence a nouveau (Moz/ Sierra leone)]

 

Les mégapoles du tiers monde forme des zones particulièrement instable, des terrae incognitae : ces zones sont aussi impénétrable incontrôlable que les zones de rébellion. A tort, les villes sont considérés comme politiquement stable [elles sont la ou le vote ethnique à le moins d’influence car les populations sont plus mélangé et les liens traditionnels s’effacent peu a peu. En revanche, les banlieues peuvent abriter des réfugiés apeurés et dont le vote est éminemment sécuritaire (Angola, banlieues de Luanda)] P46

 

Un courant de pensée tiers-mondiste pousse a avoir une vision positive de ces formes urbaines : encourager l’organisation  de leur habitants, donner les moyens de se constituer en véritable communautés structurées. Beaucoup d’organisations de coopération travaille sur cette idée. Pourtant la socialisation qui s’y opère s’organise plus souvent (dans le bidonville au moins) autour de la criminalité organisée. Misère urbaine et trafic en tout genre se développe symbiotiquement. C’est régime mafieux vont de pair avec une redistribution des pouvoirs, une déliquescence de l’autorité de l’état, une corruption croissante politique et policière.  Les favelas de Rio de Janeiro en sont un exemple frappant. L’ordre règne le jour, une importante présence de police privée (vigiles, communauté de défense  citoyenne…). Loi du silence et pouvoir occulte sur des populations soumises par la force et/ou l’intérêt.  D’autre favelas, plus récentes, sont un amas d’habitat précaire, de cartons, de branche, de matériaux de récupération. Les rivalités entre bande y sont très présentes.

[Utilisation par les partis des ces bandes, de ces hommes désoeuvrés, de ces jeunes délaissés par les familles près a tout pour gagner quelques dollars…(Niger et marabout des carrefours)]

 

Apres l’abandon des touristes, puis le départ des journalistes, l’élimination des organisations humanitaires signe, pour une région, son entrée dans le chaos. [ on peut ajouter départ des hommes d’affaires . A l’opposé, les observateurs consacrent le retour des expatriés signe d’une stabilisation de la région. Naissance du tourisme de post conflit : en 1990 on faisait visiter l’URSS et les camps de Sibérie, avec hébergement local. En 2000, on fait visiter aux touristes la Bosnie déchirée et en phase de réconciliation…] P. 51.

 

faute d’avoir contrôle les variables démographiques par des méthodes douces, on voit entrer en scène des moyens brutaux ( contrôle totalitaire de la fécondité, fléau venant accroître la mortalité) Ces moyens sont spécifique au Sud et ne seraient pas toléré au Nord. Il n’est qu’une solution malthusienne que nous soyons prêts a combattre vigoureusement : la migration. La complaisance a l’égard des méthodes totalitaires de contrôle démographiques naît de la : la peur de l’invasion. P 66 : 

 

La misère actuelle est le produit de 30 ans de développement. Les masses déracinées et dépendantes qu’ont déplacées ces 30 glorieuses se répartissent en agglomérat, en îlots : réfugiés et bidon villes. [ traitement du cas de réfugiés dans les élections : Mozambique 94 incluant une phase de réintégration des réfugiés, Sierra Léone 2002 aussi). ] Pourtant, notons qu’au Sud mouvement n’est pas nécessairement déracinement : il y a en Afrique une longue tradition de mobilité, par rapport au catastrophe naturelle notamment. P70 :

 

Deux grands obstacles sur le chemin des migrations : la frontière et la ville.

 

l’exode rural au Sud concerne essentiellement les grandes villes : plus elle s’accroît plus son effet d’attraction augmente, au détriment même des villes intermédiaires. Secteur informel, économie parallèle, absence d’état et quelques opportunités de travail mais surtout accès a l’eau et l’électricité, voir la TV, le tout même en partage. C’est une société du spectacle : le rêve de la richesse est la à coté, inaccessible mais visible. Oisiveté vigilante des populations : toujours prêt pour une bonne affaire qui permettra de tenir quelques jours.  [Difficultés de planifier, de prévoir l’avenir, de la concevoir, capacité limité a imaginer le futur est une caractéristique commune aux réfugiés et au personne vivant dans la précarité. Valeur affecté au futur est limité et de loin moins importante que l’intérêt pour le présent : risque est plus acceptable.  (acheter sa nourriture en petite quantité plusieurs fois par jour, pas d’argent liquide, vêtements usager etc, une survie grâce à un réseau plus ou moins dense de contacts…). Des individus facilement manipulables et qui ne sont guère sensible au programme politique de long terme…favorisent le clientélisme. Solution de long terme dans l’éducation]. P 80 :

 

Dans les camps de réfugies, les mouvements politiques contrôle les masses, obtenant une stricte allégeance de ces dernières.

 

Le concept de « Politique du ventre » : tout se résume à l’acquisition de richesse et non à leur production.

 Le clientélisme politique prend différent aspects : en campagne électorale il revêt des allures caricaturales. AU brésil,  pendant les municipales, chaque conseiller d’arrondissement mène sa propre campagne. Des troupes misérables sont engagées pour des sommes modestes, et animent des défilés sur des rythmes de samba. Les T shirts distribués par les candidat sont portés bien après les élections : ceux qui les reçoivent n’en ont souvent pas d’autres. Le dénuement est tel que les sommes dépensées pendant la campagne permettent de procéder à de véritable d’achat d’électeur.  P 86 :

 

Oscar Lewis « Une attitude critique à l’égard de certaine valeurs et institutions des classes dominantes, la haine de la police, la méfiance à l’égard du gouvernement et des personnalités haut placées et un cynisme qui s’étend même à l’égard de l’église donnent à la culture des pauvres une qualité d’opposition et un potentiel utilisable dans les mouvements politiques dirigés contre l’ordre social existant » (Oscar Lewis, La Famille Sanchez, P33, Gallimard 1963) Ces populations n’ont rien a perdre, rien a craindre. P.87

 

Ce dessèchement rapide et mortel végétaux, certains hommes, certaines idées en sont victimes tout autant. P. 91 :

Aujourd’hui pour le Nord, Le sud apparaît comme une sorte de gigantesque poubelle des idéologies périmées. P 94 :

 

Les idéologie du Sud contemporain ne s’est pas construit « vers » mais « contre » : Il y a une volonté de rupture. Le marxisme est aussi un produit de l’occident, il est aussi rejeté.  L’activités révolutionnaires du tiers monde a quelques caractéristiques dont celle d’autoriser la négations des valeurs gréco-latines : culture scientifique, progrès technique, démocratie politique, liberté des mœurs, rationalité économique. [ Plus généralement, on peut placer l’observation dans le cadre de la o-confrontation occident/islam : aucune démocratie en terre d’Islam. Dans les pays qui ont les moyens. Seules les anciennes colonies ou l’Islam est plus doux, bien qu’en voie de radicalisation, peuvent prétendre à un caractère démocratique.] P98

 

L’économie exprime les différences sous forme d’écarts quantitatifs mais elle atteste implicitement que l’Etre dans les deux entités comparées est identique. Enveloppés de la sorte, Malawi et Etats Unis sont deux objets de dimension inégale mais de même nature. L’un est plus avancé que l’autre mais tout deux sont situés sur une ligne continue, avec le temps on peut rattraper le retard. [Concept d’enveloppement économique que l’on peut reprendre en matière de démocratie : enveloppement démocratique] P118

 

La dimension que je veux souligner dans cette religion du micro-projet, c’est la résignation [titre du chapitre : Micro-projet – Macro indifférence]. Le micro-projet se fait dans les mailles du réseau de corruption local. Il le contourne ou lui paie un tribut pour acheter sa tranquillité. P129 :

 

Ces politiques [de coopération internationale] auront désormais moins comme but de promouvoir le développement économique du sud que de prévenir les dangers politiques et sociaux de ce développement. La Coopération devient un outil au service du Nord : c’est l’instrument de stabilité du sud malgré le développement ou sans lui. P132 :

 

Seul nous importe ce qui concerne le Nord : la zone cruciale est à sa périphérie, la ligne le long de laquelle il jouxte les nouveaux barbares. Plus question la de lutte indirecte, de camouflage, c’est soi-même qu’on défend. On peut libérer toute la puissance, ouvertement, avec pour seule limite le respect du Droit puisque le Nord entend le représenter et le défendre. P 142 :

 

Les Sud et ses spécificités : croissance de la population, l’ampleur et l’aspect de sa misère, les racines séculaires de ses conflits, dans la violence de ses idéologies.

 

sur le moyen orient : Par une politique d’affaiblissement, d’équilibre et de neutralisation des Etats de la région, il sera sans doute possible d’aboutir à une sanctuarisation d’Israël et des zones pétrolières. Mais ces sanctuaires resteront situés au milieu d’Etats dont la nature sudiste ne se démentira pas avant longtemps. P162 :

 

Le conseil de sécurité, où les principales capitales du Nord disposent d’une place permanente et d’un veto, les met en mesure d’énoncer le Droit et de l’imposer. P 175 :

De même les critiques à l’égard du boucher de Bagdad, n’ont pas empêché d’opérer un rapprochement avec l’Iran (dont on connaît les vertus démocratiques), la Chine et de laisser la Syrie s’emparer du Liban chrétien. Il est clair que le nouvel ordre mondial fondé sur la démocratie et le Droit est limité dans l’espace.  Les Etats unis sont prêts a soutenir des Etats qui ne respectent ni la démocratie ni le droit pourvu qu’ils remplissent une fonction utile de stabilisation du « limes ».

 

Cette définition théorique de l’Etat tampon, on peut la résumer d’un mot : stabilité.  Lorsqu’il touche les limes, un état du sud n’a qu’une chose à vendre, une chose sans prix, un richesse inépuisable : sa stabilité. P196 :

 

L’expression « infériorité civile des femmes ». P 198

 

La vie dans les tiers-mondes nous a toujours paru exagérément peu cotée : pourtant, jusqu’à présent, la rivalité Est/Ouest contribuait à en soutenir fermement le cours. Aujourd’hui, il s’effondre. La vie au Sud ne vaut plus rien, rien là-bas, ce qui n’est pas nouveau, mais rien non plus ici. P 204

 

Si l’aide humanitaire est née au Biafra (70), elle est morte au Liberia (90). A vingt ans de distance, ces deux guerres alignent un nombre sans doute égal de morts atroces […] Le choc des reportages sur le Biafra avait été énorme : c’est à peine si le Libéria est entrevu sur les écrans.

 

St Ambroise, par exemple, encourageait la vente de vin aux barbares « afin qu’ils s’anéantissent dans l’ivresse et qu’ils en soient affaiblis »…Autrement dit : avec des gens qui nous menacent, que nous devons combattre, les lois ordinaires ne s’appliquent pas. Ce qui n’est pas licite dans l’Empire, le devient au-delà du limes. On accepte dans cet espace barbare ce qu’on ne saurait tolérer en pays civilisé. P 208 :

Dans le domaine politique, l’idéal démocratique s’applique au Nord mais sur le limes comme dans le reste du monde barbare l’impératif de stabilité prime tout. Au Sud , le totalitarisme peut être accepté.

De même le soutien de  régimes autoritaires n’est plus tabou s’il apparaît que face à un Sud incontrôlable, ils sont les derniers remparts de l’ordre.

 

La diplomatie du limes est un périlleux exercice de maintien de l’inégalité. Si elle néglige les Etats tampons et les laisse dans le chaos, elle met en danger le Nord très directement. Si, au contraire, elle développe cette zone, elle pose, à terme, la question de son intégration dans le Nord. Faute d’être récompensés de leurs efforts mimétiques, les bons élèves de la zone tampon risquent de se tourner vers les idéologies de rupture pour obtenir ce qu’ils veulent par la force. Le limes est incontestablement un lieu de tension progressive est d’affrontement non parce qu’il sépare deux mondes différents mais parce qu’il égalise ses deux berges et tend à faire perdre toute justification à l’inégalité de statut qui les distingue. P 226 :

 

Post face écrite en 2001

 

Les années 90 ont été marqués par une intense activité diplomatico-militaire qui a pu faire illusion. La Communauté internationale fraîchement réunifiée a proclamé sa volonté de pratiquer partout une diplomatie morale que les opérations de maintien de la paix engagées par l’ONU ont symbolisé. […] La communauté internationale semblait vouloir affirmer sa vocation mondiale, sans distinction de proximité ou de richesse (Cambodge, Moz, Salvador, Kurdistan, Bosnie). Le Slogan du « droit d’ingérence » était brandi comme un mot d’ordre universel. P243 :

 

De 95 à 99 s’est accompli un double mouvement contradictoire, désengagement international sur certains théâtres, engagement massif sur d’autre, en accord avec la théorie du Limes qui rend nécessaire, pour le bien du Nord, son intervention dans certains états su sud, son aveuglement vis-à-vis de certains régimes politiques favorisant la stabilité de tels ou tels régions, son abandon total de régions périphériques.

 

Le Maghreb est stabilisé, malgré les fortes turbulences qu’il connaît, par l’action autonome de régimes politiques durs. [révision constitutionnelle en Tunisie permettant 14 ans de pouvoirs supplémentaire au président actuel : media doit lutter contre mais au niveau de la démocratie, peu à dire sur la révision constitutionnelle.] Concernant l’Algérie, le soutien de l’occident ne lui a jamais été disputé et peu de répressions ont été menées avec une telle tranquillité. P246

 

Au Kosovo, le rôle des troupes internationales est de sanctuariser ce découpage.

 

La crise des états du Sudan pris une ampleur qu’il était difficile de soupçonner : crise politique qui va jusqu’à l’effondrement comme dans plusieurs pays d’afrique, crise économique qui va jusqu’à la banqueroute comme dans certains pays pourtant prometteurs d’Amérique latine, crise sociale, volontiers exprimée sur le mode de tensions religieuses et ethniques dans la sous continent indien et en extrême orient. [la démocratie électorale n’a pas aidé la Cote d’Ivoire a évoluer favorablement après Oufouet Boigni, La démocratie au Pakistan a apporté la corruption de la classe politique (qui n’a jamais fini son mandat. – Comment se placer par rapport à l’armée dont le role dans le fonctionnement des états est essentiel. L’armée siège à l’assemblé nationale en Indonésie, au Conseil de Sécurité National au Pakistan, garante de la république turque : l’argument étant d’intégrer l’armée aux institutions afin que cette dernière soit  parties prenantes de la politique et ne souhaite pas renverser les institutions..] P249 :

 

La disparité Nord/Sud ne cesse de s’aggraver ; le fossé se creuse, même si le sud, bien sur, reste hétérogène et comporte en son sein des inégalités non moins criantes.

 

Quelques exemples positifs : la stabilisation de l’Ouganda, Mandela en Afrique du sud, la transition démocratique au Mali.

 

P250 : Je vois la une des principales erreurs de cette ouvrage : la tendance à négliger les évolutions spontanées, la capacité de réaction et de réponse des peuples à la crise.

 

Partout où se répand la culture de la pauvreté que nous avons évoquée, se constituent des forces politiques radicales dont nous n’avions pas assez estimé la force. Le fondamentalisme islamique est évidemment la plus en vue aujourd’hui et ceci, sans être tout à fait une surprise, constitue néanmoins une nouveauté.

 

De nombreux pays sont ainsi découpé et, autour d’îlots de prospérité (relative), laissent croître de vastes zones en déréliction. […] Cette logique de comptoir est évidemment très condamnable.

 

(a reprendre)

Le modele occidental?

Il y a une tendance claire a considere la liberte politique et la democracy comme une valeur fondamentale et ancienne de la culture accidentale. Elle s’oppose  a l’autoritarisme implicite d’un confucianisme simplifie. Les promoteurs occidentaux de la democratie sont ainsi souvent considere comme des promoteurs dela democratie occidentale.

En realite, cette tradition n’est pas occidentale, bien qu’on en trouve des elements eparse pour soutenir l’idee dans nombre d’ecrit. Mais ces memes elements peuvent se retrouve dans des ecrits asiatiques. Considerons la liberte individuelle, elle peut se decomposer en valeur de la liberte individuelle et egalite de la liberte pour tous. Aristote a defendu le premier point mais pas le second (femme et esclaves etant exclu). Enfin dans les societe de classe la liberte est souvent considere essentielle (pour les hautes classes).  Meme chose pour la valeur de la tolerance et egalite de la tolerance. de la meme facon des auteurs supportant le premier points sont nombreux. Le second sont rares. Les racines des idees democratiques et liberales modernes peuvent etre recherche en terme d’elements constitutifs, plutot que comme un tout.  La question est de savoir si c’est composant sont present dans la litterature asiatique de la facon dont elle existe dans la litterature occidentale. La presence d’element libertaire ne doit pas etre donfondu avec la presence d’element autoritaire dans les textes. A ce titre confucius est tout autant autoritaire que Platon ou St Augustin. La vrai question est desavoir si leselements de liberte sont presents.

Ce la qu’intervient la diversite du systeme de valeur asiatiques – qui incorpore mais transcende la diversite regionale- intervient. Un exemple evident est le role du boudhisme comme forme de pensee. Dans la tradition buddhist, une grande importance est attachee a la liberte, et la aprtie des theories indienne d’origine aux quelles il se refere a beaucoup de place pour volonte personnel/plein gre et libre choix. Noblesse de conduite doit etre atteinte dans la liberte et meme l’idee de liberation a cette caracteristique. La presence de ces elements dans la pensee bhuddist n’enleve pas l’importance pour l’asie de l’ordre et la discipline mis en exergue par  Confucius, mais ce serait une erreur de considere le confucianisme comme la seule tradition d’asie, ou meme de la chine. Puisque tant d’interpretation  des valeur asiatiques qui font autorite se concentre sur le confucianisme, cette diversite est particulierement importante a souligner….idem inde moghols, turquie…

…Ce qu’il faut retenir c’est que les avocats moderne de l’autoritarisme decoulant des valeurs asiatiques fonde leur opinion sur une interpretations arbitraire et une selection fortement etroite d’auteurs et de traditions. La liberte est en valeur pas seulement dans une culture, et la culture occidentale n’est pas la seule qui puisse nous preparer a une  comprhension social fonde sur la liberte…

  Chap 6 l’importance de la democratie

Sen prend l’exemple de travailleurs risquant leur vie a travailler dans des conditions dangereuses. La puissance des besoins economiques depasse tout autre demande, y inclus celle pour plus de liberte politique et civile. La priorite doit etre a satisfaire les besoins economiques meme si cela signifie compromettre les liberte politique. It is not hard to think that focusing on democracy and political liberty is a luxury that a poor country cannot afford.

 Cette conception a eu un echo important a la conference de Vienne sur les DH en 93 ou les delegues de plusieur pays (chine, singapour, asie du sud est) ont soutenu la contredit l’idee de droit civile et politique de base pour toute la planete, et en particulier pour les pays pauvres. L’accent fut mis sur les droits economiques.

Une question resume la situation qu’est ce qui doit primer – supprimer la pauvrete ou guarantir les libertes politiques, qui ne servent de toute facon a rien pour les pauvres? Mais est il raisonnable de poser la question en ces termes? Non c’est une mauvaise facon de voir la puissance des besoins economiques et la force des libertes politiques. Les vrais problemes sont ailleurs et ils impliquent de considerer les interconnections entre les libertes politiques et la comprehension et satisfaction des besoins economiques. Les liens ne sont pas seulement instrumentals (les libertes pouvant aider a resoudre les problemes politiques) mais aussi constructif: il faut dialogue et debat publics pour obtenir une vision precise des problemes economiques et sociaux. L’impotance des problemes economiques ajoute a l’urgence des libertes politiques.

Les droits politiques et civils ont une importance directe sur la vie des hommes par la participation politique et social qu’ils qutorisent. Ils ont un role instrumentale dans l’amelioration de l’ecoute accorde aux demandes d’attention politique. Enfin ils ont un role constructif puisqu’il permette une conceptualisation des besoins economique dans leur contexte social.

Arguments contre les libertes Politiques et droits civils

3 arguments existent: d’abord les libertes limitela croissance et le developpement, ensuite il est compris que devant le choix entre avoir des droits politiques et satisfaires des besoins economiques, les pauvres choisiraient le second, enfin que les liberte politique sont un arguments occidental peu  adapte aux valeurs asiatiques plus sujettes a l’ordre et la discipline (voir chap 10 pour le dernier argument)

Democratie et croissance economique.

Certain regime autoritaire s’en sotrte plutot bien (coree du sud, singapore…) mais il n’y a pas de preuve convainquante pronant une suppression des libertes politiques. Les analyses du succes de pays du sud est asiatique ont identifies une liste plutot complete de politique utile de type:concurence, recours au marche internationaux, haut degree d’education et de alphabetisme, reforme agraire,aide au investissement, export et industrialisation. Rien n’indique que ces elements soient incompa           tible avec la democratie ni qu’il ait ete soutenu par autoritarism qui ete de mise dans les pays sus cite.

Juge du dev economique implique de considerer aussi l’impact de la democratie et les libertes politiques sur la vie et les capacites des citoyens. Il est important dans ce contexte d’examiner les liens entre liberte pollitique et la prevention de drsastres de type famines. Les droits politiques permettent l’apparition des besoins generaux. Les gouvernements  repondent mieux au soufrance des peuples lorsque ceux ci peuvent s’exprimer (vote, critique, manifestation etc.)

Est ce que les pauvres s’interessent a la democracy et les droits politiques.

Comment le savoir puisque les pauvres vivant sous un regime autoritaire n’ont pas la parole pour le dire. Un premier element pourrait etre de considerer les elections indiennes, sous Indira Gandhi, qui ont durement sanctionne le gouvernement, lors des premiere election aui suivirent, pour sa politique dite “d’urgence” qui limitait les droits politiques des citoyens. Enfin, le fait que les pauvres choisiront de satisfaire les besoins economiques avant leur droits politiques n’a pas d’etayage solide.

Importance instrumentale de la liberte politique.

Il n’est pas irresonable de considerer la liberte, la liberte d’expression, la particpation sociale ou politique. Argumentation et dialogue sont essentiels. Le role des elections comme principe de validation des decisions prises pour le bien du peuple est essentiel. Car elle assure que les decisions prises ne vont pas a l’encontre des volontes du peuple. Les famines n’apparaissent jamais dans les pays ou des elections ont lieu regulierement et ou la presse est libre, ou l’opposition peut s’exprimer.

Le role constructif de la liberte politique

La liberte rend plus probable une reponse politique a un besoin d’ordre economique. Comprendre les problemes economiques implique discussion et dialogue. ces elements sont essentiels pour faire des choix  informer et sont cruciaux pour la formation de valeur et priorites commune. Dialogue et discussion semblent avoir joue un role social important dans la reduction des taux de fertilite dans les provinces indiennes les plus alphabetisees. Bien entendu c’est ce haut degree d’alphabetisation, particulierement chez les femmes, qui a permis le dialogue et les debats publics.

Une democratie qui fonctionne.

Les valeurs intrinseque, le role protectif et le role constructif de la democratie risque de provoque des attentes indues. les elements democratiques sont de elements positifs: leur efficacite dependra du degree d’utilisation qu’on en fera. Le succes de la democratie a vaincre les famines est ternis par les echecs a vaincre la denutrition chroniques, les inegalite de genre, l’analphabetisme persistent. Ces derniers problemes, pour etre resolu, font appel a une conception plus profonde de la democracy. La situation des afroamericains au USA traduit elle aussi les limites de la democratie. On en revient alors a l’importance de la pratique democratique: nombre d’afroamericain ne vote pas! La liberte doit non seulement exister mais elle doit aussi etre pratiquee.

La pratique democratique et le role de l’opposition

Les success de la democratie dependent des regles et procedures qui la preservent, mais aussi de l’utilisation effective des opportunites crees. Le challenge politique sur la planete entiere n’est pas simplement de remplacer les regimes autoritaires par de regimes democratiques mais c’est de faire marcher la democractie pour les citoyens ordinaires.

La democratie cree des opportunite encore faut il les saisir. Cela depend de nombreux facteurs incluant le multipartism politique, le dynamisme des arguments moraux et de la formation des valeurs. En inde c’est lactivisme politique qui a permis d’eviter les famines en condannant les gouvernements qui laissaient mourrir leur peuple. La rapidite et force de reaction ont permis aux catastrophes previsibles d’etre evite. En revanche certains aspects tel que les reformes agraire, l’analphabetisme ou la malnutrition n’ont pas donne lieu a des prises de position permettant un changement. L’opposition aux regimes totalitaires parfois est source de programme sociaux destine a lui couper tout appui. L’opposition a donc bien un role, meme la ou elle ne peut acceder au pouvoir. Pour evoluer, les questions doivent venir sur la place publique: l’equite et education de base sont maintenant des sujets pleinement debattus et les consequence de cette ouverture ne seront sensibles que dans le futur.Malgre la situation difficile de l’apres colonisation, la democratie a permis au pays de se developper et d’evoluer. La diversite importante fait de ce pays une zone sensible au sectarisme politique. Mais le rejet public de ce type de politique montre que la democratie peut guarantir son echec a grande echelle.

Conclusion

Plusieur role donc:valeur intrinsec, role  instrumental, role constructif de la democratie. Mais les institutions democratiques ne sont pas un mecanisme automatique generant le developpement. Il faut que la democratie soit pratique et l’opposition politique a un role important a cet egard.

Le dialogue et le debat ont l’interet de permettre l’identification des vrais problemes. Les citoyens sont informes et reagissent..

Amartya Sen – Development as freedom – 1999

 (a reprendre)

 Amartya_Sen_NIH

“Alain : ces doctrines faible, dont la force est quelle traduisent tres bien nos pensees faible”. Pleiade- P 751

L’idee de Droits Humains a parcouru un long chemin ces dernieres annees et a acquis un statut quasi officiel dans discusions internationales. De solides comites se reunissent regulierement pour discuter du respect et violation des droits de l’homme dans les differents pays de la planete. De facon certaine,la rhetorique des Droits Humains est beaucoup plus largement acceptee aujourd’hui-et effectivement beaucoup plus frequement invoquee- qu’elle ne l’a jamais ete par le passe. Au moins, le langage des communications nationales et internationales semblent refleter un changement de priorite et d’emphase, en comparaison avec le style dialectique qui prevalait encore il y a quelques decennies. Les Droits Humains sont aussi devenus une part importante de la literature du developpement.

Et cependant, cette apparente victoire de l’idee et de la pratique des Droits Humains coexiste avec un septicisme reel, dans des cercles exigeants et important, sur la profondeur et la coherence de cette approche. Le doute est qu’il y a quelque chose d’un peu simpliste dans la construction conceptuelle qui sous-tend le discours des Droits Humains.

Trois critiques

Quel est donc le probleme? Je pense qu’il y a trois points d’achoppement distincts que les critiques ont tendance a exprimer vis-a-vis de l’edifice intellectuel des DH. Le premier  est l’inquietude que les DH confondent les consequences des systemes de loi, qui donnent au peuple certains droits bien definis, avec les principles d’avant-la-loi qui ne peut pas vraiment donner a quelqu’un un droit juste. C’ est le probleme de la legitimite des exigeances des DH: comment les DH peuvent-ils avoir un statut reel en dehors d’un don,(d’une obligation de respect) qui serait sous la coupe des etats consideree comme derniere autorite legal? Les etres humains a l’etat de nature, dans cette esprit, ne naissent pas plus des droits humains qu’ils ne naissent tout habilles; les droits devront etre acquis grace aux lois comme les habits seront acquis grace aux tailleurs. Il n’y a pas d’habit avant le travail du tailleur, pas plus qu’il n’y a de droit avant les lois. J’appelerai cette ligne d’attaque la critique de legitimite.

La deuxieme ligne d’attaque touche a la forme que prend l’ethique et la politique des DH.Les droits sont des dons (entitlement) qui, dans cette vision, requierent des devoirs en contrepartie. Si une person A a un droit d’obtenir quelques x, alors il doit y avoir quelque agence, disons B, dont c’est le devoir d’approvisionner A en x. Si ce devoir n’est pas reconnu, alors le droit suppose, dans cette vision, est vide. C’est ce qui pose le probleme gigantesque de considerer les DH comme des droits.

C’est peut etre tres bien, continue l’argument, de dire que chaque etre humain a droit d’etre nourri et d’etre soigne mais, tant que les devoirs d’une agence specifique ne sont pas definis, ces droits ne signifient pas grand chose. Les DH, dans cette conception sont des sentiments qui font chaud au coeur mais, pour parler franc, incoherent. Ainsi considere, ces demandes ne sont pas vu comme des droits mais comme des tremolos dans la gorge. J’appelerai cela la critique de coherence.

La troisieme ligne des sceptiques ne prend ces formes legals ou institutionnel, mais considere les DH comme etant du domaine de l’ethique sociale. L’authorite morale des DH, dans cette optique, est conditionne a la nature de l’ethique acceptable  Mais une telle ethique est-elle universelle? Que se passe-t-il si quelques cultures ne regardent pas les droits comme particulierement valables compare a d’autres valeurs ou qualites plus attirantes.Les debats sur la porte des DH viennent souvent de ces critiques culturelles; peut etre la plus proeminente de ses critiques est fondee sur le suppose sceptitisme des valeurs Asiatiques envers les DH. Les DH, pour justifier  le nom,  requiere l’universalite, mais il n’y a pas de telles valeurs, disent les critiques. Je l’appelerai la Critique culturelle.

 La critrique de legitimite a une longue histoire. Elle a ete diffusee, sous differents formes, par des sceptiques du raisonnement a base legal sur les questions d’ethiques. Il y a d’interessantes similitudes ainsi que des differences entre les differentes variantes de cette critique. Il y a,  d’une part, l’insistence de Kalr Marx comme quoi les droits ne peuvent pas vraiment preceder {mais plutot suivre) l’institution de l’etat. L’ennonce en est fait dans pamphlet puissant et combatif “La question Juive”.Il y a d’autre part les raisons que Jeremy Bentham a donne pour decrire “le droit naturel” (comme indique precedement) comme “un non-sens” et le concept de “droits naturels et imprescritibles” comme des “non-sens sur des echasses”. Mais commune a ces lignes de critiques – ainsi qu’a beaucoup d’autres – est l’insistence que les droits doivent etre vu en termes post-institutionel comme des instruments, plutot que comme des dus ethiques pre-existants. Ceci milite,de facon fondamentale, comme l’idee de base d’un DH universel.

Certainement, prise comme entite legal en devenir (aspiring), les plaintes morales pre-legal ne peuvent pas donner droits en justice ou devant les autres institutions de mise en oeuvre de la loi.  Mais rejeter les DH sur ces bases, c’est manquer l’objectif. La requete pour une legalite n’est rien d’autre qu’une requete qui est justifie par l’importance ethique de reconnaitre que certain droits son des dus appropries pour tout les etres humains. Dans ce sens, DH peut s’eleve pour reclamation, pouvoirs et immunites (et d’autres formes de guarantie associees au concept de droits) soutenu par le jugement ethique, qui attache une importance intrinsec a ses guaranties.  

En fait,DH peuvent aussi depasser le domaine du potentiel, par opposition a reel/actuel, droits legaux. DH peuvent etre effectivement invoques  meme si sa mise en oeuvre peut apparaitre peu appropriee. Le droit moral d’une femme a participer pleinement, equitable, aux decisions serieuses engageant le menage – quelque soit le degre de chauvinisme du mari – peut etre accepte par beaucoup qui ne souhaiterai pour autant une legislation a cette egard et un controle policier de son application. Le “droit au respect”  est un autre exemple ou legiferer et applicabilite serait problematique, voir meme bewildering.

En effet, mieux vaut voir DH comme une serie de demande ethique, qui ne doivent par confondu avec les droits d’origine legale. Mais cette interpretation normative ne doit pas diminuer l’utilite de l’idee de DH dans les contextes dans lesquels ils sont generalement invoque. Les libertes qui sont associes aux droits particuliers peuvent etre des sujet de debat approprie. Nous devons juger la plausibilite des DH comme un systeme de reasonnement ethique et comme base des demamdes politiques.

La crtique de coherence

Je me tourne maintenant vers la seconde critique : peut on parler de DH sans specifier qui aura le role d’en assurer  la guarantie. Il y a en effet un courant d’approche des droits qui pose que les droits peuvent uniquement etre formule de facon sensee qu’en combinaison avec des devoirs y afferant (correlated). Le droit d’un personne a quelque chose est associe au devoir d’un agent charge de produire ce quelque chose pour cette personne. Ceux qui insiste sur ce lien sont tres critique en general du fait d’invoquer la rethorique des droits humains sans une specification exacte des agents responsables et de leurs devoirs. DH sont vues comme des paroles vides.

Une question qui motive le scepticisme: comment etre sur que les droits sont realisables a moins qu’il ne soit appareille a  des devoirs correspondants? en effet certains ne voient aucun sens dans le droits sa            uf s’il sont contrebalance par ce qu’Emmanuelle Kant appelais Obligation parfaite: un devoir specifique d’un agent particulier pour la realisation de ce droit.

C’est possible, cependant, de s’opposer a cette proposition comme quoi une utilisation du droit, a l’exception d’une oblifation parfaite, doit manque de conviction. Dans de nombreux contexte legaux, cette proposition peut en effet avoir quelque merite, mais dans une discussion normale les droits sont souvent battu par dus, des pouvoirs ou immunites qu’il serait bon au gens d’avoir. DH sont vues comme des droits partage par tous -independament de la citoyennete – dont tous doivent beneficier. Bien que ce ne soit pas le devoir specifique de personne que d’assurer que la personne a ses droits respectes, la proposition peut etre adresse a tous ceux qui sont dans la position de pouvoir aider. En effet, Kant lui meme a caracterise cette demande generale comme une obligation imparfait et en a discuter la relevance dans la vie social. Ces propositions sont generalement adresse a n’importe qui qui puisse assister, meme si personne en particulier (agence ou individu) ne puisse etre ataque pour apporte la satisfaction des droits impliques.

Il est possible bien sur que les droits, ainsi formules, pqrfois restent insatisfait. Mais il est possible pour nous de distingue entre le droit d’une personne qui n’a pas ete satisfait et le droit qu’une personne n’a pas.   Finallement, l’assertion ethique d’un droit va au dela de la valeur de la liberte correspondante  seulement dans la limite que certaines demandes sont mises sur d’autres qui doivent essayer d’aider. Alors que nous pouvons etre capable de nous en sortir correctement  en utilisant les termes!de libertes plutot que de droits (en fait c’est effectivement le lnaguage de la liberte que j’ai invoque dans Development as freedom) il pourait y avoir des bons cas pour suggerer  -ou exiger- que d’autres aide la personne pour arriver a la liberte dont on parle. Lelanguage des droits peut complementer celui de liberte.

La critique culturelle et les valeurs asiatiques

La 3eme ligne de critique est peut etre plus engageant, et a certainement recu plus d’attention. Estce que les droits de l’homme sont universelles? N’y a-t-il pas d’ethique, tel que celle du monde de confucius, qui tendent a se concentre sur la discipline plutot que les droits, sur la loyaute plutot que sur les entitlements? Dans la mesure ou les DH incluent des demandes de liberte politique et droits civils, des difficultes reelles ont ete identifies en particulier par quelques theoriciens asiatiques.

La nature des valeurs asiatiques a souvent ete invoque dans les annees precedentes pour justifier les arrangement politique autoritaire en asie. Ces justifications d’autoritarisme sont venues non pas d’independant historiens mais des autorites elles memes (membre du gouvernement, porte parole) ou de ceux qui leur etait proche, mais leur vue ont  ouvertement des consequences dans le mode de gouvernance  et influence aussi les relations entre pays.

est ce que les valeurs asiatiques sont opposes -ou indiferrentes- au droits politique de base? Ces generalisations  sont`souvent faites mais sont elles fondees? en fait, generalisations sur l’asie  ne sont pas simple, compte tenu de sa taille. Asie c’est 60% de la population totale. Qu’est ce au’on peut identifier comme valeur asiatique qui s’applique a une si vaste region, si diverse? Il ny a pas de(valeur quintessencielle qui s’applique  a cette immensement large et heterogene population, aucune qui ne separe du reste de la planete.

Parfois les avocats des veleurs asiatiques ont eu tendance a regarder en Asie de l’est comme une region ou l’idee etait particulierement axplicable. La generalisation du comtrast entre l’ouest et l’asie se concentre souvent sur les territoires a l’est de la Thailand, meme s’il y a une propositon plus ambitieuse qui dit que le reste de l’asie est aussi plutot similaire. Par exemple Lee Kuan Yew souligne “la difference fondamentale entre les concepts occidentaux de societe et gouvernement et les cgncepts est asiatique” en expliquant “quand je dis East asian, j’entend Coree, japon, vietnam en distinguant de la culture du sud est asiatique, un melange de Sinic et d’indien, cependant que la culture indienne elle meme met l’emphase sur des valeur similaire”.

En fait, cependant, meme les valeur est asiatique sont tres diverses, et il y a beaucoup de variations entre japon et chine, koea et les autres regionss de asie de l’est. Plusieur influence culturelle de la region et de l’exterieur ont affecte les vivants au cours de l’histoire de cette region. Ces influences surbvivent a diverse niveau. Pour donner une image, mon almanac Hougton Mifflin indique la religion de 124 millions de japonnais de la facon suivante: 112 millions de shintoist et 93 million de Buddhist. Les influences culturelles diverse colgr toujours des aspects identitaires du Japonnais d’aujourd’hui, et la meme personne peut etre a la fois Shintoist$et buddhist.

Culture et tradition s’entrecroisent dans des regions telles que l’asie de l’est et meme au sein de pays quels que le japon, la coree, la chine, et les tentatives de generaliser les valeurs asiatiques (avec des implications puissantes – et souvent brutales – pour des millions de personnes de la regions avec des croyances, des convictions et de engagement divers) ne peuvent manquer d’etre extermement brutal. Meme les 2,8 millions de Singaporiens ont un vast panel de culture et tradition historique. En effet, Singapoor a un superbe resultat pour enraciner les amities intercommunautaires et la coexistance amicale.

 « Pendant des centaines de milliers d’années, la destinée d’un homme se confondait avec celle de son groupe, de sa tribu, hors laquelle il ne pouvait survivre. La tribu, quant à elle, ne pouvait survivre et se défendre que par sa cohésion. D’où l’extrême puissance subjective des lois qui organisaient et garantissaient cette cohésion. » Jacques Monod.

 Tout le mouvement d’émancipation, surtout depuis les Lumières, peut être compris comme progressive valorisation de l’individualisme impliquant un recul correspondant du holisme.

L’opposition entre hétéronomie et autonomie : l’hétéronomie désigne le fait de recevoir de l’exterieur les règles organisant sa conduite. Tocqueville définissait les avantages paradoxaux d’une certaine dose d’hétéronomie religieuse lorsqu’il notait: «En même temps que la loi permet au peuple américain de tout faire, la religion l’empêche de tout concevoir et lui défend de tout oser ».

Nos sociétés démocratiques ont définitivement récusé toutes ces formes, même résiduelles, d’hétéronomie.  Nous nous sommes définitivement libérés de ce que John Stuart Mill appelait « le despotisme des coutumes ». (p288). Le fameux théorème de Gôdel, les systèmes consistants ne peuvent être complets et les systèmes complets ne peuvent être consistants. Transposé au domaine des sciences humaines, cela signifie qu’une collectivité n’est pas capable de trouver en elle même ce qui la fonde. Or c’est cette prétendue fatalité de l’hétéronomie que récusent nos sociétés démocratiques. »

Cette victoire du « moi » sur le « nous » et l’individualisme est, de toutes les valeurs, celle qui est considérée comme la plus occidentale.  

 On peut même dire que le renoncement progressif au sacrifice, la lente, très lente substitution du système judiciaire à la vengeance privée, pourraient suffire à caractériser l’émergence de ce que nous appelons civilisation (p321)

Nietzsche : « L’individu a été si bien pris au sérieux, écrivait-il, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains. [Or] cette pseudo-humanité qui s’intitule christianisme veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. » 

La « pénalisation de la société » se définit en peu de mots : la prévalence de la sanction pénale comme ultime mode de régulation sociale. A mesure que croyances ou les représentations collectives – jadis intériorisées – s’évanouissent, la punition se renforce. Le droit pénal tend à devenir – avec la loi du marché le dernier mécanisme régulateur d’une société dépourvue de croyances fortes et de valeurs réellement partagées.

Cette individualisation du droit ne fait plus primer l’idée de cohésion sociale mais la protection des individus.

«On repais les dommages sans faire de distinction entre l’acte volontaire et involontaire, car désormais c’est la victime qui demande réparation, ce n’est plus l’État ou la société, des entités fictives. » 

Notre pratique du droit procède, au bout du compte, d’une dérive redoutable : la privatisation de la justice, c’est-à-dire le retour de la vengeance. La vie collective se ramène à l’éternelle quête, de réparations personnelles pour des préjudices – réels ou imaginaires – qu’on n’accepte plus de passer par pertes et profits, ni de mettre au compte des inconvénients de la vie commune. Nous ne somme plus disposés à la moindre «perte» pour vivre en semble.  « la perception individuelle des intérêts augmente la potentialité de conflits ».

Un vers du poète brésilien Moacyr Felix – Le verbe avoir est la mort de Dieu. “O verbo ter é a morte de Deus.”

Pour les utilitaristes, le bénéfice du plus grand nombre peut légitimer la « perte » subie par quelques-uns, moins bien armés ou moins talentueux. La pensée utilitariste est ainsi minée par une contradiction éthique qu’elle n’est jamais parvenue à surmonter. En acceptant l’idée du sacrifice d’un tiers exclu, elle contrevient aux principes mêmes de la conscience civilisée dont pourtant elle se réclame.

 Les licenciements ne sont-ils pas justifiés par le souci de sauver une entreprise ? Le chômage n’est-il pas le prix à payer pour améliorer la compétitivité d’une économie ? En réalité, au-delà de cette prétendue clarté rationaliste, l’argumentation libérale revient à consentir au sacrifice

Le sacrifice n’a donc pas grand-chose à voir avec un violence « gratuite ». II est central. II touche au contenu même du « vivre ensemble ». René Girard a bien montré en effet que le sacrifice n’a de sens et de fonction qu’à une condition expresse : que chaque acteur du lynchage soit convaincu de culpabilité du lynché.

Cette résignation à l’immédiateté du monde et à la disparition de l’avenir menace de dissoudre à son tour la politique et, avec elle, l’aspiration minimal a l’égalité et à la justice. « La politique, c’est le goût de l’avenir», disait Max Weber. (p365)

La crise de la démocratie, ce n’est pas seulement l’hégémonie du privatif du marché, c’est le retour inexorable au règne de « quelques-uns ». Ces « quelques-uns » dont aucun contrepoids représentatif n’équilibre plus le pouvoir suscitent la fureur sporadique du plus grand nombre. La chasse aux puissants, notamment judiciaire, vient donc corriger, à intervalles réguliers, la dérive oligarchique.